Où allons nous?

Concentrations de CO2 : 427,87 ppm (10 juillet 2026)             

Concentrations de CH4 : 1937,86 ppb (mars 2026)

En 2026, la France connaît depuis le mois de mai une succession de vagues de chaleur et les températures restent à des niveaux beaucoup trop élevés. Même s’il y a toujours des climatosceptiques, la cause de cette chaleur est admise par le monde scientifique : c’est le réchauffement climatique d’origine anthropique. Certains préfèrent parler de changement ou de dérèglement climatique, mais au final le résultat reste le même.

Ce n’est pas la première fois que notre pays connaît un coup de chaleur, mais les canicules sont de plus en plus rapprochées. L’une des plus sévères du 20ème siècle a eu lieu en 1976, avec le fameux ‘impôt sécheresse ‘ mis en place par le président Giscard d’Estaing et payé par plus de deux millions de Français pour venir en aide aux agriculteurs.

En 1976, la communauté scientifique évoquait encore peu le réchauffement climatique. Le premier article, intitulé « Sommes-nous à la veille d’un important réchauffement climatique ? », ne date que de 1975. On peut également lire dans cet article : « On doit envisager une intervention de l’homme » avec « l’accroissement du taux moyen de gaz carbonique dans l’atmosphère par suite de la progression de consommation des carburants fossiles. « 

En 1979, le volcanologue Haroun Tazieff expliquait parfaitement le phénomène. Il fait aujourd’hui figure de visionnaire :

https://www.youtube.com/watch?v=tPjHLRYZiHM

Au 21ème siècle le réchauffement climatique est évoqué à chaque vague de chaleur, mais force est de constater que si nous essayons de nous adapter aux nouvelles conditions climatiques, rien n’est fait pour s’attaquer aux causes. Aucun homme politique ne parle vraiment de réduire les quantités de gaz à effet de serre émises par les activités humaines. Le développement ultra rapide des centres de données – les data centers – très énergivores et nocifs pour l’environnement est là pour le prouver.

Si la sécheresse de 1976 est restée dans les mémoires, elle n’atteint pas les niveaux d’aujourd’hui. Quand on classe les étés les plus chauds depuis 1950, 1976 n’arrive qu’en 14ème position, loin derrière 2003, 2022, 2025, 2018 et 2023. Le schéma ci-dessous montre l’accélération du réchauffement climatique en France au cours des dernières décennies.

Comme l’affirment de nombreux climatologues, année après année, nous avançons en terre inconnue. Les phénomènes extrêmes se multiplient La circulation méridienne de retournement de l’Atlantique (AMOC) est menacée. Les calottes glaciaires fondent, entraînant une hausse du niveau des océans. Un jour ou l’autre, le bel équilibre qui régit notre planète s’effondrera…

La Mer reste beaucoup trop chaude // The Sea remains far too warm

Concentrations de CO2 : 429,80 ppm (09 juillet 2026) – 428 ppm en juillet 2025            

Concentrations de CH4 : 1937,86 ppb (mars 2026)

Le dernier bulletin semestriel du service européen Copernicus nous apprend qu’avec une température record de 21,0 °C de la surface de la mer à l’échelle mondiale, le mois de juin 2026 a été le plus chaud jamais observé, dépassant les records de juin 2023 et 2024 (environ 20,9 °C).. Le premier semestre 2026 a été marqué par des températures de surface de la mer constamment élevées et par des vagues de chaleur marines généralisées sur une grande partie de nos océans.

À l’échelle mondiale (entre les latitudes 60° S et 60° N), le premier semestre 2026 a été le deuxième plus chaud jamais enregistré, avec une température moyenne de surface de la mer d’environ 20,94 °C, soit une valeur légèrement inférieure au record établi en 2024 (environ 21,04 °C). Les vagues de chaleur marines se sont étendues de manière constante au cours de ces six mois. À la fin du mois de juin, environ 82 % de l’ensemble des océans connaissaient des conditions de vagues de chaleur marines d’intensités variables. Les zones critiques majeures ont été observées dans le Pacifique tropical et subtropical, au large des côtes chiliennes et californiennes, dans la partie subtropicale de l’Atlantique Nord et dans les eaux situées à l’ouest de l’Europe. Certaines zones ont atteint des niveaux records ou proches des records.

La mer Méditerranée a connu une persistance de conditions inhabituellement chaudes. La température moyenne de surface de la mer entre janvier et juin a atteint 18,07 °C, faisant du premier semestre 2026 le troisième plus chaud jamais enregistré, derrière 2024 et 2025. Environ 80 % de la Méditerranée a connu des vagues de chaleur marine fortes, sévères ou extrêmes entre janvier et juin. Les épisodes les plus persistants se sont produits en Méditerranée occidentale.
En juin 2026, la température de surface de la Méditerranée a atteint une moyenne record de 24,3 °C, ce qui en fait le mois de juin le plus chaud jamais enregistré, dépassant les précédents records de 23,94 ± 0,44 °C (établi en 2003) et de 23,95 ± 0,40 °C (en 2025).

L’Atlantique Nord (0° – 60° N) a également connu des conditions exceptionnelles tout au long du premier semestre 2026. À l’échelle régionale, les températures de surface de la mer ont atteint des valeurs record dans la partie subtropicale de l’Atlantique Nord. Des records semblables ont été observés le long de certaines parties de la côte atlantique européenne. Un tiers de l’Atlantique Nord a été touché par des vagues de chaleur marine fortes, sévères ou extrêmes. Les épisodes les plus intenses et les plus persistants se sont développés dans le bassin central et dans les eaux situées à l’ouest de l’Europe.

Le Pacifique tropical (30° S – 30° N) a constitué un autre point chaud majeur au cours du premier semestre 2026. Les températures moyennes de surface de la mer, de janvier à juin 2026, ont égalé le record de 2016 (26,91 °C). Le réchauffement le plus intense et le plus persistant a été observé dans le Pacifique équatorial occidental et au large du Pérou et de la Californie.

Le mois de juin 2026 a été le plus chaud jamais enregistré dans le Pacifique tropical, avec une température moyenne de surface de la mer de 27,26 °C, dépassant le précédent record de 26,90 °C établi en 2023.

Ces conditions exceptionnellement chaudes concordent avec l’apparition d’El Niño (voir ma note précédente) qui contribue généralement à des températures supérieures à la moyenne dans certaines zones du Pacifique tropical tout en influençant les conditions météorologiques et océaniques à l’échelle mondiale.
Source : Copernicus.

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The latest Copernicus Marine mid-year bulletin informs the public that record global sea surface temperatures of 21.0°C made June 2026 the warmest June ever observed. The first six months of 2026 were characterized by persistently elevated sea-surface temperatures and widespread marine heatwaves across much of the global ocean.

Globally (60° S – 60°N), the first half of 2026 was the second warmest on record, with an average sea-surface temperature of approximately 20.94°C, slightly below the record set in 2024 (at around 21.04°C). Marine heatwaves expanded steadily throughout the six-month period. By the end of June, approximately 82% of the global ocean experienced marine heatwave conditions of varying intensity. The most persistent hotspots were observed across the tropical and subtropical Pacific, the upwelling regions off the Chilean and Californian coast, the subtropical part of the North Atlantic and the waters west of Europe. Some areas reached record or near-record conditions.

The Mediterranean Sea continued its run of unusually warm conditions. Average sea-surface temperature during January-June reached 18.07°C, making the first half of 2026 the third warmest on record, behind only 2024 and 2025. Around 80% of the Mediterranean experienced strong, severe or extreme marine heatwave condition between January and June, with the most persistent events occurring in the western Mediterranean.

In June 2026, global sea surface temperatures reached a record average of 24.3°, making it the warmest June on record and breaking the previous benchmark of 23.94±0.44°C  set in 2003 and and 23.95 ±0.40°C in 2025.

The North Atlantic (0° – 60°N) also experienced exceptional conditions throughout the first half of 2026. Regionally sea-surface temperatures reached record values in the subtropical part of the North Atlantic. Similar record-high conditions were observed along parts of the European Atlantic coastline. A third of the North Atlantic was affected by strong, severe or extreme marine heatwaves.The strongest and most persistent events developed across the central basin and the waters west of Europe.

The tropical Pacific (30°S – 30°N) remained another major hotspot during the first half of 2026. Mean Sea-surface temperatures from January to June 2026 matched the 2016 record (26,91°C). The strongest and most persistent warming was observed in the western equatorial Pacific and the regions off Peru and California.

June 2026 marked the warmest June ever recorded in the tropical Pacific, with an average sea surface temperature of 27.26°C, surpassing the previous record of 26.90°C set in 2023.

These exceptionally warm conditions are consistent with the development of El Niño conditions, which typically contribute to above-average temperatures across parts of the tropical Pacific while influencing weather and ocean conditions around the world.

Source : Copernicus.

La Terre reste beaucoup trop chaude // Earth remains far too hot

Concentrations de CO2 : 429,80 ppm (09 juillet 2026) – 428 ppm en juillet 2025            

Concentrations de CH4 : 1937,86 ppb (mars 2026)

Selon le programme Copernicus, le mois de juin 2026 a été le plus chaud jamais enregistré en Europe occidentale et le deuxième plus chaud à l’échelle mondiale. Ces températures très élevées ont été favorisées par des températures de surface de la mer (TSM) atteignant des niveaux records pour ce mois.

L’Europe a connu une chaleur extrême, tant sur terre qu’en mer ; une grande partie de l’Europe occidentale a subi une vague de chaleur record, tandis que des vagues de chaleur marines ont touché l’ouest de la Méditerranée et les côtes atlantiques. À l’échelle mondiale, la moyenne mensuelle des TSM pour les océans hors zones polaires (entre 60°S et 60°N) a atteint un niveau record pour un mois de juin, dépassant de 0,01 °C le précédent record établi en juin 2024, en partie sous l’effet de conditions El Niño marquées dans le Pacifique équatorial.

La vague de chaleur qui a frappé une grande partie de l’Europe durant la seconde moitié du mois de juin est survenue quelques semaines seulement après un épisode de chaleur particulièrement intense en mai, alors qu’une nouvelle vague de chaleur s’amorçait début juillet.

Cet épisode de juin a battu des records de température, tant mensuels qu’absolus, dans plusieurs pays européens et a eu de graves conséquences sanitaires, notamment des décès liés à la chaleur.

L’Europe a également connu une sécheresse généralisée qui, conjuguée à la chaleur extrême, a favorisé les feux de forêt, en particulier dans la péninsule Ibérique et dans le sud de la France.

 Anomalie thermique pour l’Europe en juin 2026

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According to the Copernicus programme,June 2026 was the hottest June recorded for western Europe and the second warmest globally. The very high temperatures were driven by the highest sea surface temperatures (SSTs) on record for the month.

The month saw Europe hit by extreme heat over land and sea, with much of western Europe experiencing a record-breaking heatwave and marine heatwaves across the western Mediterranean and along the Atlantic coasts. Globally, the monthly average SST for the extra-polar ocean (60°S–60°N) was the highest for June, exceeding the previous record set in June 2024 by 0.01ºC, partly reflecting the development of strong El Niño conditions in the equatorial Pacific.

The heatwave that hit much of Europe during the second half of June came only a few weeks after a particularly intense heatwave in May, with another heatwave emerging in early July.

The June heatwave broke monthly and all-time temperature records across several European countries and contributed to severe health impacts, including heat-related deaths.

Europe also saw widespread dryness that, together with extreme heat, contributed to wildfire activity, particularly in the Iberian Peninsula and southern France.

Alpinisme et réchauffement climatique

Concentrations de CO2 : 429,79 ppm (08 juillet 2026)             

Concentrations de CH4 : 1937,86 ppb (mars 2026)

Comme je l’ai souligné à plusieurs reprises sur ce blog, le réchauffement climatique impacte profondément nos Alpes. Éboulements et laves torrentielles se multiplient avec le dégel du permafrost de roche. Plusieurs événements de ce type ont été recensés le 18 juin 2026 dans les départements de l’Isère et des Hautes-Alpes (voir ci-dessous).

Les canicules à répétition ont également des conséquences sur la pratique de l’alpinisme. Les guides de haute montagne en France, en Suisse et en Italie arrêtent de fréquenter certaines voies devenues trop dangereuses ou difficiles ; des sentiers sont fermés ou sont fortement déconseillés ; des refuges ferment par manque d’eau, etc. L’effondrement dramatique du glacier de la Marmolada dans les Alpes italiennes le 3 juillet 2022, qui a tué 11 randonneurs, est particulièrement représentatif de la situation.

Le glacier de la Marmolada après l’effondrement (Source: presse italienne)

La thèse de Jacques Mourey (Université Grenoble Alpes) permet de mieux comprendre ce qui se joue avec le réchauffement climatique. Elle est intitulée L’alpinisme à l’épreuve du changement climatique : Évolution géomorphologique des itinéraires, impacts sur la pratique estivale et outils d’aide à la décision dans le massif du Mont Blanc. Vous pourrez la lire en cliquant sur ce lien :

https://theses.hal.science/tel-03510607

Avec la hausse des températures, la moitié des surfaces couvertes par des glaciers ont fondu depuis la fin du Petit Age Glaciaire. Les déstabilisations rocheuses en lien avec la dégradation du permafrost sont plus fréquentes et volumineuses. Comme je l’ai indiqué plus haut, les amas de roches et de sol récemment libérés par ces phénomènes de désenglacement s’érodent et donnent notamment lieu à des glissements de terrains et des laves torrentielles.

Photo: C. Grandpey

Face à ces modifications des milieux, les acteurs professionnels, politiques et scientifiques concernés par la haute montagne ont mis en place une démarche de diagnostic de l’évolution des itinéraires d’alpinisme.

Les impacts du réchauffement climatique sur les itinéraires d’alpinisme et leurs conditions d’ascension ont été étudiés par une comparaison, entre les années 1980 et la période actuelle, avec référence aux courses décrites dans les topo-guides emblématiques de la collection Rebuffat « Les 100 plus belles courses ». Au total, 201 itinéraires répartis dans le massif du Mont-Blanc, les Alpes valaisannes et les Écrins ont été étudiés.

Dans un premier temps, 26 processus géomorphologiques et glaciologiques, liés au réchauffement climatique, qui affectent les itinéraires, ont été identifiés. La traversée des dômes de Miage (3666 m, massif du Mont-Blanc), course classique souvent réalisée en préparation d’une ascension du mont Blanc est par exemple sujette à 20 processus différents. Ainsi, les crevasses y sont de plus en plus présentes, l’arête sommitale est plus fine, la descente ne se fait plus sur de la neige mais sur de la glace. En moyenne, un itinéraire d’alpinisme est affecté par 9 processus différents liés au réchauffement climatique. Les alpinistes doivent donc prendre en considération de plus en plus de paramètres lors de leur préparation à une ascension.

Photo: C. Grandpey

D’une manière générale, les effets du réchauffement climatique sur la haute montagne alpine changent les caractéristiques des itinéraires. Ces modifications les rendent plus dangereux et/ou plus difficiles techniquement ou moins intéressants d’un point de vue esthétique ou technique pour un alpiniste.

Dans chacun des trois massifs, 25 % des itinéraires étudiés ne sont plus fréquentables pendant la période estivale. En été, les conditions sont plus aléatoires, notamment en raison des périodes caniculaires plus précoces, nombreuses et intenses.

Les écroulements et les chutes de pierres sont souvent mis en avant dans la presse comme des processus qui affectent beaucoup les itinéraires d’alpinisme et effectivement ils sont plus fréquents et volumineux en lien avec la dégradation du permafrost. Toutefois, la fonte et l’augmentation de la pente des glaciers et des tabliers de glaces sont les processus qui modifient le plus les conditions d’ascension des itinéraires. Les itinéraires en neige sont les plus affectés par le réchauffement climatique. Les itinéraires rocheux sont, en général, plus préservés. Le report vers des voies rocheuses est d’ailleurs une stratégie d’adaptation régulièrement mise en place par les guides de haute montagne.

Source : Écho Sciences Grenoble.

Le 18 juin, un épisode orageux a provoqué d’importantes coulées de boue et de pierres dans la vallée du Véneon sur la commune de Saint-Christophe-en-Oisans (Isère). A environ 200 mètres après le hameau des Etages, cinq coulées de boue ont coupé la route d’accès à la Bérarde, hameau déjà fortement impacté par une lave torrentielle dans la nuit du 20 au 21 juin 2024 . L’événement n’a pas fait de victimes mais la circulation a été coupée dans les deux sens avant d’être rétablie.

Lave torrentielle de la Bérarde en 2024 (Source: presse régionale)

Ce même jour, un violent orage a causé un éboulement qui a coupé la route du col du Lautaret à Monêtier-les-Bains (Hautes-Alpes). Une voiture a été emportée par la coulée de boue, mais, heureusement, son conducteur est sain et sauf.

Source:presse régionale