Glaciers rocheux et glaciers de glace // Rock glaciers and ice glaciers

Le 24 mai 2026, j’ai publié une note concernant l’affaissement rapide du réservoir de la Loze, en amont d’un hameau de Courchevel (Savoie). Selon les experts, ce problème est en partie dû à la fonte d’un glacier rocheux sur lequel le réservoir a été construit.
J’expliquais dans mon article qu’un glacier rocheux est une masse de débris rocheux contenant de la glace. Qui dit glacier dit mouvement. C’est le fluage de la glace interstitielle qui est à l’origine du mouvement et donc des morphologies spectaculaires souvent rencontrées sur ce type de glacier.

Il faut toutefois noter que la vitesse de progression d’un glacier rocheux est beaucoup plus lente que celle d’un glacier fait uniquement de glace. Elle de l’ordre de quelques décimètres à quelques mètres par an, contre 100 à 200 mètres par an pour les ‘vrais’ glaciers des Alpes. À noter que les glaciers rocheux ne voient pas leur front reculer ; ils ne peuvent que progresser vers l’aval. Il est bien évident que la vitesse de progression d’un glacier rocheux varie en fonction du pourcentage de la pente. Les experts nous expliquent aussi que les glaciers rocheux peuvent “mourir” en s’immobilisant si la glace interne fond, par exemple à cause du réchauffement climatique.

Glacier rocheux du Laurichard, au-dessus du col du Lautaret (Photo : C. Grandpey)

Un article publié sur le site The Conversation révèle l’existence d’au moins 1 500 glaciers rocheux dans l’ouest des États-Unis. Ils revêtent une importance particulière. En effet, alors que les ‘vrais’ glaciers et leur glace blanche rétrécissent et disparaissent avec le réchauffement climatique, une nouvelle étude publiée dans Science Advances montre que les glaciers rocheux et leur réserve d’eau gelée demeurent globalement stables malgré la hausse des températures.
L’épaisse couche de débris protège la glace du rayonnement solaire et la maintient à une température plus basse. Résultat : les glaciers rocheux continuent d’alimenter les cours d’eau en eau de fonte durant l’été, sans pour autant disparaître comme leurs homologues de glace.

Coupe d’un glacier rocheux (Source : Utah Geological Survey)

Les auteurs de cette nouvelle étude examinent l’évolution de différents types de glaciers sous les sommets de la chaîne Teton – aussi appelée Chaîne des Tetons – dans le Wyoming.

Crédit photo : National Park Service

Entre 2014 et 2022, les glaciers de glace des Tetons ont perdu environ 0,85 mètre d’épaisseur par an, soit une vitesse sept fois supérieure à celle observée au cours du demi-siècle précédent. À l’inverse, les glaciers rocheux sont restés quasiment stables, ne perdant qu’environ 5 centimètres par an sur la période 2014-2022, sans changement notable par rapport à la période 1967-2014.
Chaque année, les glaciers classiques fondent partiellement avant de se reconstituer grâce aux chutes de neige hivernales. Toutefois, avec la hausse des températures, ils perdent davantage de glace qu’ils n’en accumulent. On prévoit que la grande majorité des glaciers situés dans des massifs montagneux tempérés, comme les Tetons, auront totalement fondu d’ici la fin du siècle. Ce sera une catastrophe, car avec eux, ce sera une source d’eau cruciale pour les cours d’eau et les lacs de montagne qui disparaîtra. En revanche, là où sont présents des glaciers rocheux, la glace qu’ils abritent continuera de libérer de l’eau de fonte dans les cours d’eau en aval, ce qui les protégera du réchauffement et de l’assèchement.
C’est pourquoi les cours d’eau alimentés par des glaciers rocheux apparaissent comme des refuges climatiques potentiellement essentiels. Ce sont des lieux susceptibles de rester frais alors que leur environnement se réchauffe.
Une grande variété d’espèces peuple déjà les eaux froides issues de la fonte des glaciers rocheux, depuis les plécoptères jusqu’aux ombles à tête plate (salvelinus confluentus) qui s’en nourrissent. À mesure que les glaciers classiques disparaissent, les liens entre ces espèces d’eaux froides et les glaciers rocheux ne feront probablement que se renforcer.
Cette nouvelle étude démontre que l’alimentation d’un cours d’eau par une source de glace importante a permis de limiter son réchauffement au cours de la dernière décennie. Les cours d’eau alimentés par des glaciers rocheux se réchauffent lentement – d’environ 0,6 degré Celsius sur une décennie – , tandis que ceux alimentés par des glaciers classiques se réchauffent d’environ 0,9 °C. En revanche, les cours d’eau alimentés par le manteau neigeux saisonnier, de petites plaques de glace et les eaux souterraines se réchauffent plus rapidement, soit de 3,4 °C sur la même période.
Les glaciers rocheux ne remplaceront pas les glaciers de glace et les champs de neige actuellement en voie de disparition. Une étude récente estime que les glaciers rocheux de la chaîne Teton renferment l’équivalent de 2,5 kilomètres cubes d’eau, soit environ un cinquième du volume contenu dans les glaciers de montagne.
Les projections climatiques indiquent que même les glaciers rocheux ne sont pas épargnés par le réchauffement climatique. Nombre d’entre eux pourraient perdre toute leur glace d’ici la fin du siècle si les tendances actuelles de réchauffement se poursuivent. Il est crucial de déterminer la quantité de glace contenue dans ces glaciers rocheux ainsi que leur vitesse de fonte probable, afin de permettre aux gestionnaires des ressources naturelles d’anticiper l’évolution des paysages dont ils auront la charge dans les prochaines années.
Les glaciers rocheux constituent également des modèles comparatifs uniques pour étudier ce qui semble être des glaciers recouverts de débris sur Mars. Mais est-ce vraiment la priorité pour notre propre planète ?
Source : The Conversation

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On 24 May 2026, I wrote a post about the Loze reservoir, located upslope from a hamlet in Courchevel (Savoie), is rapidly subsiding. According to experts, the problem is parly due to the melting of a rock glacier on which the reservoir was built.

I explained in my post that a rock glacier is a mass of rocky debris containing ice. Glaciers are inherently dynamic, and the movement of interstitial ice is what causes this movement and, consequently, the spectacular formations often found on this type of glacier. It should be noted, however, that the rate of advance of a rock glacier is much slower than that of a glacier composed solely of ice. Its rate is on the order of a few decimeters to a few meters per year (compared to 100 to 200 meters per year for the ‘true’ glaciers of the Alps). It should be noted that rock glaciers do not have their terminus retreating; they can only advance downhill. It is quite clear that the rate of advance of a rock glacier varies depending on the percentage of the slope. Experts explain that rock glaciers can also « die » by coming to a standstill if the internal ice melts, for example, due to global warming.

An article published in The Conversation informs us that there are at least 1,500 active rock glaciers across the western U.S. They’re important because while the icy white glaciers have been shrinking and even disappearing, a new study published in Science Advances shows that rock glaciers and their frozen water are remaining mostly stable despite rising temperatures.

The thick debris mantle shades the ice, keeping it colder. The result is that rock glaciers continue to provide meltwater for streams in summer as they always have, but they aren’t disappearing.

The authors of the new study examine how different types of glaciers are changing beneath the soaring peaks of the Teton Range of Wyoming.

The Tetons’ icy glaciers thinned by about 0.85 meters per year between 2014 and 2022, about seven times faster than in the previous half-century. Rock glaciers, on the other hand, were close to stable, losing only about 5 centimeters per year in 2014-2022, with no change relative to the 1967-2014 period.

Every year, mountain glaciers partially melt and then rebuild again as snow falls in winter. But as temperature rise, glaciers are losing more ice than they gain. The vast majority of glaciers in temperate mountain ranges like the Tetons are projected to melt away completely by the end of the century, meaning a critical source of water for mountain streams and lakes will disappear. However, where rock glaciers are present, their protected ice will continue to release meltwater into the streams below, buffering the streams against warming temperatures and drying.

Because of this, streams fed by rock glaciers have emerged as potentially critical climate refugia – places likely to stay cooler while everything around them warms.

A wide array of species already live in the cold meltwater that emerges from rock glaciers, from stoneflies to the bull trout that eat them. As glaciers fade, the ties between cold-water animals and rock glaciers will likely only become tighter.

The new study shows that having a major ice source feeding a stream has limited the warming of that stream over the past decade. Streams fed by rock glaciers warm slowly, by about 0.6 degrees Celsius over the decade, while icy glaciers warm by about 0.9 C. Streams that are fed by seasonal snowpack, small patches of ice and groundwater warm more rapidly, by 3.4 C over the same period.

Rock glaciers will not replace the glaciers and snowfields that are disappearing. A recent study estimates that rock glaciers in the Teton Range hold the equivalent of 2.5 cubic kilometers of water, about one-fifth the amount in mountain glaciers.

Climate projections show that even rock glaciers are not immune to a warming climate. Many could become ice-free by the end of the century under current warming projections. Understanding how much ice is contained in rock glaciers and how fast they are likely to melt is vital to help natural resource and land managers plan for the landscapes they will be managing later this century.

Rock glaciers also offer unique analogs for studying what appear to be debris-covered glaciers on Mars. But is that really the priority for our own planet?

Source : The Conversation,

Vers un Super El Niño ! // Toward a Super El Niño !

Concentrations de CO2 : 429,82 ppm (06 juillet 2026)             

Concentrations de CH4 : 1937,86 ppb (mars 2026)

Ce n’est pas une surprise. Météo France nous apprend que juin 2026 a été le mois de juin le plus chaud jamais enregistré (+3,8 °C par rapport à la normale 1991-2020). La France a connu du 17 au 30 juin 2026 une canicule précoce, durable et très intense, et de fortes chaleurs persistent localement sur le Sud-Est depuis début juillet. Par rapport à août 2003 qui servait de référence jusqu’à présent, cette vague de chaleur a été plus intense mais d’une durée inférieure (14 jours par rapport à 16 jours en 2003). Le déficit de précipitations a atteint près de 50 % sur l’ensemble du mois. La sécheresse est généralisée à l’ensemble du territoire français, aggravant le risque de feux de végétation et de forêt.

La vague de chaleur du mois de juin 2026 a fait suite à une autre, extrêmement précoce, au mois de mai. Après deux canicules, les climatologues surveillent un réchauffement exceptionnel du Pacifique. Un El Niño très fort – baptisé « super El Niño » par la NOAA aux États Unis – pourrait arriver d’ici l’hiver, avec des effets en cascade sur la chaleur mondiale, les pluies, les récoltes et les prix.

Selon le Climate Prediction Center de la NOAA, le risque d’un El Niño « très fort » atteint désormais 63 % pour la période novembre 2026-janvier 2027. Cela signifierait un indice Niño 3.4 supérieur à +2 °C, ce qui placerait l’épisode parmi les plus puissants jamais enregistrés depuis 1950. L’indice Niño 3.4 fait référence à une vaste zone du Pacifique équatorial qui se réchauffe, modifie la circulation atmosphérique et peut pousser la température mondiale vers le haut pendant plusieurs mois.

Ce signal rend la page du modèle saisonnier CFSv2 (Climate Forecast System Version 2) particulièrement surveillée. Ce modèle américain combine plusieurs simulations pour anticiper l’évolution du climat saisonnier, dont celle de la zone Niño 3.4, le cœur d’El Niño. L’axe vertical du graphique atteint +5 °C pour les projections de températures dans les prochains mois. Plusieurs scénarios envisagent un épisode exceptionnel, dans une planète déjà très chaude.

La NOAA précise toutefois qu’un épisode fort ne garantit pas des impacts proportionnels partout. Ils peuvent varier d’une région du globe à l’autre. El Niño agit avant tout comme un multiplicateur. Il redistribue la chaleur accumulée dans le Pacifique, favorise des records de température mondiale et déplace les pluies. Certaines régions subissent des sécheresses, d’autres des pluies intenses.

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) indique que les conditions El Niño se sont installées dans le Pacifique tropical et que l’épisode devrait se renforcer rapidement, avec des anomalies de température de surface de la mer qui pourraient dépasser +2 °C dans les zones de surveillance. L’OMM appelle à se préparer à ces effets sur les températures, les précipitations et les événements extrêmes.

Lors des précédents épisodes El Niño forts, la Food and Agriculture Organization des Nations Unies (FAO) a documenté des perturbations sur le riz, le maïs, le café, le cacao, les huiles et l’alimentation animale. L’épisode de 2015-2016 avait touché plus de 60 millions de personnes et déclenché 5 milliards de dollars d’appels humanitaires.

Pour 2026, la FAO et le Programme alimentaire mondial ont déjà lancé un appel conjoint de 202 millions de dollars afin de protéger 8,8 millions de personnes dans 22 pays à risque.

Spurce : Météo France, NOAA, Copernicus, Nations Unies.

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This does not coma as a surprise. Météo France reports that June 2026 was the hottest June on record (+3.8°C above the 1991–2020 average). France experienced an early, prolonged, and extremely intense heatwave from June 17 to 30, 2026, and intense heat has persisted locally in the southeast since the beginning of July. Compared to August 2003- previously the benchmark – this heatwave was more intense but shorter in duration (14 days versus 16 days in 2003). Precipitation was nearly 50% below average for the month. Drought conditions are widespread across France, heightening the risk of vegetation and forest fires.
The June 2026 heatwave followed another extremely early heatwave in May. Following these two heatwaves, climatologists are monitoring exceptional warming in the Pacific. A very strong El Niño – dubbed « super El Niño » by NOAA in the United States – could arrive by winter, triggering cascading effects on global temperatures, rainfall, crop yields, and prices.
According to NOAA’s Climate Prediction Center, the probability of a « very strong » El Niño has now reached 63% for the November 2026–January 2027 period. This would entail a Niño 3.4 index exceeding +2°C, placing the event among the most powerful recorded since 1950. The Niño 3.4 index refers to a vast area of ​​the equatorial Pacific that warms up, alters atmospheric circulation, and can drive up global temperatures for several months.
This signal makes the CFSv2 (Climate Forecast System Version 2) seasonal model page a particular focus of attention. This US model combines several simulations to forecast seasonal climate trends, including those for the Niño 3.4 region, the heart of El Niño. The graph’s vertical axis reaches +5°C for projected temperatures over the coming months. Several scenarios point to an exceptional event occurring on an already very hot planet.
However, NOAA notes that a strong event does not guarantee proportional impacts everywhere; effects can vary significantly from one region of the globe to another. El Niño acts primarily as a multiplier: it redistributes heat accumulated in the Pacific, drives record global temperatures, and shifts rainfall patterns. Some regions experience droughts, while others face heavy rainfall.
The World Meteorological Organization (WMO) reports that El Niño conditions have taken hold in the tropical Pacific and that the event is expected to intensify rapidly, with sea-surface temperature anomalies potentially exceeding +2°C in monitoring zones. The WMO urges preparedness for the resulting impacts on temperatures, precipitation, and extreme weather events.
During previous strong El Niño events, the UN Food and Agriculture Organization (FAO) documented disruptions affecting rice, maize, coffee, cocoa, oils, and animal feed. The 2015–2016 event affected over 60 million people and triggered humanitarian appeals totaling $5 billion.
For 2026, the FAO and the World Food Programme have already launched a joint appeal for $202 million to protect 8.8 million people across 22 at-risk countries.
Sources: Météo France, NOAA, Copernicus, United Nations.

L’Aiguille du Midi, refuge climatique

A Chamonix, à 1000 mètres d’altitude, il fait chaud dans les appartements qui ne sont pas climatisés et certains de leurs occupants ont décidé de prendre le téléphérique et d’atteindre en une vingtaine de minutes le sommet de l’Aiguille du Midi (3842 m) pour prendre un bol d’air frais. En fait, la fraîcheur est relative car la température reste beaucoup trop élevée pour ce milieu de haute montagne. Normalement, elle devrait être autour de 5 à 10 °C. En ce moment, elle est plutôt autour de 10 à 13 °C. Le 27 juin, l’Aiguille du Midi a connu sa deuxième température la plus chaude jamais enregistrée pour un mois de juin.

Si la fraîcheur relative de la haute altitude soulage les uns, elle inquiète les autres, car pour les pratiquants de la haute montagne il fait beaucoup trop chaud pour la saison à cette altitude. Selon un guide, « c’est la première année que c’est comme ça, aussi tôt. La neige fond, il n’y a pas de regel la nuit, ça devient problématique. Je ne sais pas comment ça va être dans deux mois, mais la montagne est dangereuse, c’est sûr. » À cause des températures trop élevées, la neige est très lourde et il est difficile de marcher dessus. Les forums de discussion regorgent de témoignages sur l’apparition de crevasses et l’instabilité des rochers. Beaucoup de courses parmi celles recensées pat Gaston Rebuffat dans les années 1970 sont devenues impossibles.

Photos: C. Grandpey

Source : France 3 Auvergne Rhône Alpes.

À noter qu’il vous faudra débourser entre 70 et 83 euros (selon l’âge) pour faire l’aller et retour jusqu’à l’Aiguille du Midi, mais le panorama est superbe!

La grande dégringolade des glaciers italiens // The great collapse of Italian glaciers

Concentrations de CO2 : 430,07 ppm (3 juillet 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,43 ppb (janvier 2026)

Les glaciers italiens fondent à une vitesse alarmante, au point de risquer de disparaître totalement. Des mesures ponctuelles effectuées ces dernières années permettent de quantifier ces pertes avec plus de précision ; ces données sont communiquées par Legambiente, la principale ONG environnementale italienne.
Le dernier rapport public de l’organisation indique que la Marmolada est « le plus grand glacier des Dolomites, agissant comme un thermomètre du réchauffement climatique grâce à sa réaction immédiate, même face aux moindres variations de précipitations et de température ».

Le 3 juillet 2022, un sérac s’est effondré sur le massif de la Marmolada, dans les Dolomites. On a déploré onze morts et huit blessés.

Cicatrice laissée par l’effondrement de la Marmolada

Cet effondrement massif de sérac a provoqué l’un des accidents les plus graves survenus dans les Alpes depuis des décennies, mais la tragédie en dissimule une autre, plus terrible encore : le détachement d’une partie de la Marmolada n’est que la partie émergée d’un processus entamé il y a plus de soixante-dix ans et qui touche tous les glaciers italiens. Le problème réside dans l’impossibilité quasi totale de prédire l’effondrement d’un glacier. C’est pourquoi les experts préconisent des solutions structurelles pour faire face au réchauffement climatique actuel.
La plus ancienne étude sur les glaciers italiens remonte à 1925 : il s’agissait d’un inventaire complet des glaciers, suivi deux ans plus tard par la publication du premier atlas. Entre les années 1950 et 1960, le Comité glaciologique italien (CGI) a publié trois éditions successives. Toutefois, l’étude la plus détaillée a été réalisée en 2005, lorsque le groupe de recherche géologique de l’Université de Milan a entrepris de cartographier tous les glaciers italiens en analysant des photographies haute résolution prises jusqu’en 2011. Ces clichés révèlent une superficie totale de 368 km², répartie sur sept régions : la Lombardie, le Trentin-Haut-Adige, la Vallée d’Aoste, le Piémont, la Vénétie, le Frioul-Vénétie julienne et les Abruzzes.
L’analyse de l’évolution des 903 glaciers photographiés met en évidence une réduction significative de leur superficie dans toutes ces régions. L’exemple le plus marquant s’observe dans la Vallée d’Aoste, où la superficie totale est passée de 174 km² en 1962 à 132 km² aujourd’hui, soit une réduction de 24 % de la surface glaciaire totale de la région.
L’Adamello, en Lombardie, le plus vaste glacier d’Italie, résiste à ce recul général. Sa superficie est de 16 km² ; avec deux autres glaciers, il dépasse le seuil des 10 km². Ces deux autres glaciers sont le glacier des Forni, en Lombardie, et celui du Miage, dans la Vallée d’Aoste. J’ai consacré une note à ces glaciers le 6 septembre 2023. J’y expliquais qu’à la fin du 19ème siècle, la superficie de l’Adamello dépassait les 3 000 hectares, alors qu’elle était tombée à moins de 2 500 hectares dans les années 1920. Mesurée à 1 766 hectares en 1997, elle a ensuite diminué pour atteindre 1 630 hectares en 2007. Depuis la fin du 19ème siècle jusqu’à aujourd’hui, le glacier a perdu environ 2,7 kilomètres de longueur. Au cours des cinq dernières années, la perte moyenne a été de 15 mètres par an. La seule année 2022 a enregistré un recul de 139 mètres.

L’Adamello en 2019

Si l’on considère l’évolution des glaciers italiens au cours des dernières décennies, on constate une augmentation de leur nombre. On en dénombrait 835 dans les années 1950, contre 903 aujourd’hui. Toutefois, c’est une illusion. Cette donnée ne doit pas être interprétée comme le signe d’une augmentation de la surface glaciaire. La tendance révèle au contraire une nette diminution. Cette augmentation du nombre de glaciers résulte principalement de fragmentations causées par la hausse des températures : il arrive souvent qu’un glacier se scinde en plusieurs parties distinctes qui finissent par fondre avec le temps.
Il est extrêmement difficile de prédire l’évolution de la fonte des glaciers italiens et ce que révéleront les prochaines études. Toutefois, le Comité glaciologique italien (CGI) affirme que « si la tendance actuelle se confirme dans les années à venir, il est probable que la Marmolada disparaisse avant 2040 ». Jusqu’à il y a quelques années, les experts pensaient que la Marmolada ne disparaîtrait pas avant un ou deux siècles.
Les scientifiques soulignent la nécessité d’agir au plus vite à l’échelle internationale, en impliquant les États et les organisations et en les contraignant à réduire les émissions de gaz à effet de serre afin d’atténuer le réchauffement climatique. La seule façon de gérer ce processus est de mettre en place une gouvernance structurée, assortie d’objectifs à moyen et long terme susceptibles d’être vérifiés et révisés périodiquement.
Source : Legambiente, Comité glaciologique italien.

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Pour en finir avec les glaciers alpins, il faut signaler que le week-end du 4-5 juillet 2026 marque les derniers jours du ski d’été sur le glacier des Deux-Alpes. La pratique du ski n’est désormais plus possible nulle part, même pas à Tignes sur le glacier de la Grande-Motte.

Le ski d’été se fait sur les restes de neige de l’hiver, mais dès que la glace apparaît à la surface, la saison s’arrête. Sous l’effet du réchauffement climatique, le glacier de la Grande Motte fond avec une perte d’épaisseur de l’ordre de 2 à 4 mètres chaque année. Dans dix ans, le glacier aura quasiment intégralement fondu.

Au train où vont les choses, il reste probablement très peu d’années pour la pratique du ski en juillet. On comprend vite cette situation en observant les températures de ce week-end.Les minimales sont comprises entre +13 et +18 degrés en plaine, +9/+12 degrés vers 1500 mètres. Lrs températures maximales oscillent entre +30 et +34 degrés en plaine, +21/+25 degrés vers 1500 mètres.

Source : Météo Alpes.

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Italian glaciers are melting at high speed, to the point that they risk disappearing altogether. Punctual measurements operated in the last few years are indicating the losses more precisely. They are reported by Legambiente, the main environmental NGO in Italy.

In the organisation’s public report, one can read that Marmolada “is the biggest glacier in Dolomite, which represents a thermometer of global warming thanks to its immediate reaction also to the smallest variation of rainfall and temperature”. On 3 July 2022, a serac collapsed on the mountain of Marmolada, in the Dolomites.

Eleven people were killed and eight were wounded. The large-scale collapse of the serac led to one of the most serious accidents in the Alps in decades. The tragedy hides an even more awful one: the separation of a part of Marmolada is the tip of the iceberg of a process started more than seventy years ago, that affects all Italian glaciers. The problem is that it is almost impossible to predict a glacier’s collapse. For this reason, experts suggest structural solutions to tackle the current issue of global warming

The oldest study on Italian glaciers dates back to 1925: it is the drafting of all glaciers, followed two years later by the first atlas. Between the Fifties and the Sixties, the Italian Glacier Committee (IGC) edited three different editions. However, the most detailed study was carried out in 2005, when the Research Geological Group of the University of Milan started mapping all Italian glaciers, analyzing a special kind of high-resolution photo, shot until 2011. The picture highlights a surface of 368 km2, distributed in sever regions: Lombardy, Trentino Alto Adige, Aosta Velley, Piedmont, Veneto, Friuli Venezia Giulia and Abruzzo.

Studying the evolution of the 903 photographed glaciers, it is clear that a relevant surface reduction occurred in all regions.

The most important one can be seen in Aosta Valley, where the total surface was 174 km2 in 1962 versus 132 km2 today : a reduction of 24% of the total iced area of the region.

Adamello, in Lombardia, the vastest glacier in Italy, holds out against this general reduction. Its surface measures 16 km2 and, with other two glaciers, overcomes the extension of 10 km2. The other two are Ghiacciaio dei forni, in Lombardy, and Miage, in Aosta Valley. I had dedicated a post to these glacier on 6 September 2023. I explained that by the end of the 19th century, the glacier’s area exceeded 3,000 hectares, while by the 1920s it was reduced to less than 2,500 hectares. Measured in 1997, it amounted to 1,766 hectares, then reduced to 1,630 in 2007. From the end of the 19th century until today, the glacier has lost approximately 2.7 kilometres. In the last five years, there were average losses of 15 metres per year. 2022 alone saw a loss of 139 metres in a year.

Taking into account glaciers’ evolution in the last decades, one can notice an increase in terms of numbers. In 1950s were present 835 glaciers, today there are 903. However, this data must not be considered as a signal of increase in glaciers’ surface. The trend shows, instead, a clear reduction. This increase occurred mostly because of the separations caused by higher temperatures: it usually happens that a glaciers breaks down into small different parts, which start dissolving after some time.

It is extremely difficult to predict what will happen with Italian glaciers’ melting and what the next studies will show. However, the IGC states that “if the current trend is confirmed in the years to come, it is likely that Marmolada will disappear before 2040. Until a few years ago, experts thought that the Marmolada wouldn’t disappear before 100 or 200 years.

Experts stress the need to act as fast as possible at an international level, involving states and organizations by forcing them to reduce greenhouse gasses, to mitigate global warming. The only way to handle this process is to build a structured multi-level governance, with middle and long-term goals that can be checked and revised periodically.

Source : Legambiente, Italian Glacier Committee.