Mission d’exploration du Loihi (Hawaii / Etats Unis) // An exploration of Loihi (Hawaii)

drapeau francaisDes scientifiques de l’Université du Minnesota, de l’IFREMER, de la Woods Hole Oceanographic Institution (Massachusetts) et de l’Université d’Hawaii ont commencé une mission d’exploration du Loihi, volcan sous-marin qui se trouve à une trentaine de kilomètres au sud-est de la Grande Ile d’Hawaï. Un des buts de l’expédition est de cartographier la base encore inexplorée du volcan. Elle permettra également de recueillir des échantillons d’eau et d’analyser les « Mangeurs de Fer de Loihi » – colonies de bactéries qui utilisent le fer comme source d’énergie, en laissant derrière elles des taches de rouille de couleur orange.

Grâce au ROV (véhicule télécommandé) « Sentry » de la Woods Hole Institution, les chercheurs pourront plonger jusqu’à environ 5.000 mètres de profondeur, ce qui leur permettra de remonter dans le temps car Loihi ressemble parfois à notre planète telle qu’elle était dans le passé. Comme l’a dit l’un des chercheurs, « c’est une fenêtre sur l’histoire de la Terre ».

L’exploration devrait fournir des indications sur la possibilité de vie dans des habitats comme Mars ou Europe, le satellite de Jupiter. Si les scientifiques peuvent identifier une signature chimique des formations géologiques créées par des microbes comme ceux présents autour de Loihi, cette signature pourrait finalement leur permettre de comprendre si des formations similaires sur d’autres planètes ont été produites biologiquement.

Les tapis de bactéries ferro-oxydantes ne sont pas propres aux sources hydrothermales des eaux hawaiiennes, mais leur interaction avec l’océan et les nutriments qui s’y trouvent reste en grande partie un mystère.

Source : West Hawaii Today.

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drapeau anglaisScientists from the University of Minnesota, France’s IFREMER, the Woods Hole Oceanographic Institution in Massachusetts and the University of Hawaii have started an exploration of Loihi, about 30 kilometres southeast of Hawaii Big Island. The expedition will seek to map the largely unexplored base of the volcano. It will also collect water samples and analyse the so-called “Iron Eaters of Loihi” — bacteria that use iron as an energy source, creating orange patches of rust as a byproduct.

Using Woods Hole’s underwater vehicle Sentry, the researchers will dive down about 5,000 metres, where they will be traveling back in time as Loihi today looks at times like what much of the Earth looked like in the past. Said one of the researchers, “It’s a window into Earth’s history.”

The exploration might provide clues about the potential for life in habitats that could exist on places like Mars or Europa. If scientists can identify a chemical signature for geological features formed by microbes like those around Loihi, that signature could ultimately allow them to decipher whether similar features on other planets were biologically produced.

Mats of iron-oxidizing bacteria are not unique to hydrothermal vents in Hawaii waters, but how they interact with the ocean and the nutrients available to them is still largely a mystery.

Source : West Hawaii Today.

Loihi 2

Source: HVO.

Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

drapeau francaisCela fait plusieurs années que la quantité de lave émise par le Kilauea le long de l’East Rift Zone est bien inférieure à ce qu’elle était au début de l’éruption du Pu’uO’o. En fait, les calculs montrent que, depuis 2010, le volume de lave émis correspond à peine à la moitié de ce qu’il était auparavant.
La raison de cette situation reste un mystère. Il se peut que ce soit une conséquence de l’ouverture de la bouche éruptive au sommet du Kilauea en 2008, dans le cratère de l’Halema’uma’u. Il se peut aussi que ce soit dû à une variabilité naturelle de l’arrivée de magma sous le volcan.
Au bout du compte, on a une activité de surface bien moindre, comme on peut s’en rendre compte en observant la coulée de lave Kahauale’a 2, active depuis mai 2013. De plus, aucune lave n’est entrée dans l’océan depuis un bon bout de temps.
Les cycles fréquents de déflation et d’inflation (« D/I events ») au sommet du Kilauea perturbent l’alimentation du Pu’uO’o et entraînent des fluctuations spectaculaires dans l’alimentation de la coulée Kahauale’a 2.
La combinaison de ces deux facteurs – faible débit effusif et perturbations répétées – a rendu très irrégulière l’avancée de la coulée Kahauale’a 2 au cours de l’année écoulée. C’est ce qui explique pourquoi le front n’a progressé que de 1,8 kilomètres depuis le début du mois de novembre 2013. La lave a de nouveau légèrement avancé fin avril et début mai 2014. Toutefois, cette période a correspondu à une forte augmentation de la pression dans la chambre magmatique sous le Kilauea, phénomène révélé par l’inflation et l’extension sommitale, qui a entraîné une forte montée de la lave dans le cratère de Halema’uma’u, jusqu’à une trentaine de mètres sous la lèvre.
Sur l’East Rift Zone, l’augmentation de pression a entraîné l’apparition de nouvelles coulées de lave à partir de plusieurs spatter cones sur le plancher du Pu’uO’o. Cette montée de lave dans le cratère constituait une menace pour les webcams du HVO sur le bord nord du cratère et elles ont dû être déplacées.
Cette période d’activité intense a brusquement cessé le 10 mai 2014. Une déflation brutale et l’augmentation de la sismicité au sommet du Kilauea ont alors marqué une chute de la pression sous le sommet, probablement à la suite d’une intrusion magmatique sous la surface, au sud du sommet. Les coulées de lave à l’intérieur et autour du Pu’uO’o ont rapidement cessé d’avancer, et l’avancée de la coulée Kahauale’a 2 a elle aussi été stoppée après avoir atteint 8,8 kilomètres.
Depuis la fin mai, le sommet du Kilauea connaît une nouvelle phase de gonflement, avec une pression semblable à celle qui a précédé l’intrusion magmatique de mai 2014. Le lac de lave de l’Halema’uma’u a retrouvé son niveau de début mai. Malgré cela, le débit effusif de la coulée Kahauale’a 2 est encore plus faible qu’avant, ce qui laisse supposer une importante modification dans le système d’alimentation magmatique.
Au vu de la forte pression sous le Kilauea et de la faible pression sous le Pu’uO’o, on peut se demander si une nouvelle intrusion va se produire sous le sommet du Kilauea ou si on se dirige vers quelque chose de plus important, comme l’ouverture de la fracture éruptive de Kamoamoa en mars 2011. Il peut aussi qu’il ne se produise rien de tout cela !
Source: HVO.

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drapeau anglaisFor the past several years, the amount of lava erupting from Kilauea’s East Rift Zone has been well below the long-term output rate established earlier in the Pu’uO’o eruption.

In fact, calculations show that, since 2010, only about half as much lava is being erupted as before.

The reason for this is unknown; it may be a consequence of the opening of Kilauea’s summit eruptive vent in 2008 within Halema’uma’u Crater, or perhaps it is a natural variability in the amount of magma arriving beneath the volcano.

The result has been less surface activity than usual, which is evident with the Kahauale‘a 2 lava flow, which has been active since May 2013. Moreover, no lava has entered the ocean for quite a long time.

Frequent cycles of deflation and inflation (DI events), which occur at Kīlauea’s summit, repeatedly disrupt the supply of magma reaching Pu’uO’o, causing the amount of lava feeding the Kahauale‘a 2 flow to fluctuate dramatically.

The combination of these two factors — low effusion rate and repeated disruptions — has resulted in the erratic forward movement of the Kahauale‘a 2 flow over the past year. In this way, the flow front has not advanced more than 1.8 km since the first time it stalled in early November, 2013. It slightly advanced in late April and early May 2014. This period, however, was accompanied by more profound pressurization within the magma chamber beneath Kilauea, as indicated by summit inflation and extension, which led to a relatively high lava level within the lava lake in Halema’uma’u Crater.

In the East Rift Zone, the increased pressure manifested itself as new lava flows from several spatter cones on the floor of the Pu’uO’o crater. This renewed filling of the crater brought lava to within just a few metres of HVO webcams positioned on the north rim of the crater.

This period of heightened activity came to a sudden end on May 10th, 2014, when an abrupt deflation and increase in seismicity at Kilauea’s summit marked the release of summit pressurization, likely a result of the intrusion of magma beneath the surface just south of the volcano’s summit. The new lava flows within and around Pu’uO’o quickly stagnated, and the forward movement of the Kahauale‘a 2 flow was disrupted after it had reached 8.8 km.

Since late May, the summit of Kilauea has been inflating once again, reaching a pressurization state similar to that prior to the May 2014 intrusion. The summit lava lake has also risen to a level comparable to its level in early May. Despite this, the Kahauale‘a 2 flow has been even weaker than before, suggesting a fundamental change in the magmatic plumbing system.

With the current pressurized state of Kilauea, and especially with the lack of much pressurization at Pu’uO’o , we may wonder whether it will result in another small intrusion beneath Kilauea’s summit, or perhaps in something even more significant, such as the March 2011 Kamoamoa fissure eruption along the volcano’s East Rift Zone. Then again, it may lead to nothing !

Source: HVO.

Carte coulée hawaii

La coulée de lave Kahauale’a2 a très peu avancé au cours des dernières semaines  (Source: HVO)

Kilauea (Hawaii / Etats Unis): Poursuite de l’éruption // The eruption continues

drapeau francaisMême si l’Etna a montré une belle activité ces derniers jours (elle semble en passe de se terminer), cela ne doit pas nous faire oublier le Kilauea qui est en éruption continue depuis le mois de janvier 1983! Le HVO indique que l’éruption se poursuit, à la fois au sommet du volcan et sur l’East Rift Zone.

Au sommet, le niveau de la lave se situe actuellement à 41 – 42 mètres sous le plancher du cratère de l’Halema’uma’u. Les émissions de SO2 varient entre 2800 et 6400 tonnes par jour.

On observe toujours de l’incandescence dans plusieurs spatter cones à l’intérieur du cratère du Pu’uO’o. Celui qui se trouve dans la partie NE héberge un petit lac de lave avec une croûte à sa surface.

Les dernières observations de la coulée Kahauale`a 2 révèlent des sorties de lave à la base septentrionale du Pu’uO’o tandis que des panaches de fumée sont le signe que la lave continue à brûler la forêt sur les bords de la coulée. .

Source : HVO.

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drapeau anglaisEven if Mount Etna has been quite active these days (the eruption is now quickly declining), this should not make us forget Kilauea which has been erupting since January 1983! HVO indicates that the eruption continues at the summit and within the East Rift Zone.

At the summit, the lava-lake level fluctuates around 41-42 metres below the floor of Halema`uma`u Crater. The SO2 emission rate ranges between 2,800 and 6,400 tonnes/day.

Glow is observed from several spatter cones with a small lava lake within the northeast spatter cone within Pu’uO’o Crater.

Recent observations of the Kahauale`a 2 flow revealed active breakouts at the north base of the Pu’uO’o cone and distant smoke plumes indicating that lava has advanced to the flow edges and is burning the forest.

Source: HVO.

Kilauea-juin-2014

Vue de la coulée Kahauale`a 2  le 17 juin 2014, avec le Pu’uO’o à l’arrière-plan  (Crédit photo:  HVO)

Quelques frémissements sur le Mauna Loa, mais pas d’éruption en vue pour le moment // Some trembling on Mauna Loa, but no eruption in the short term

drapeau francaisBien qu’il n’y ait aucun signe d’éruption imminente, le HVO a observé une hausse de l’activité sismique sur les flancs et le sommet du Mauna Loa au cours des 13 derniers mois.
Quatre essaims ont été enregistrés depuis mars 2013. Chaque événement a débuté par des secousses au nord-ouest du sommet (Moku’āweoweo Crater), entre 4 et 15 km de profondeur ; ces secousses ont été suivies d’autres à faible profondeur au sommet, quelques jours à un mois plus tard. Elles avaient toutes des magnitudes inférieures à M2.2, sauf pour un événement de M3.5 le 9 mai 2014.
Les essaims récents ne se sont pas accompagnés d’une déformation de la surface du sol, facteur qui signifierait l’intrusion d’importantes quantités de magma à faible profondeur sous le Mauna Loa.
Il faut remarquer que le réseau de surveillance sismique du Mauna Loa a été considérablement amélioré depuis 1984. Les instruments sont maintenant en mesure de détecter et de localiser les très petits séismes, ce qui n’était pas le cas avec le matériel des années 1980. Il est probable que beaucoup de petites secousses observées actuellement n’auraient pas été détectées avant l’éruption de 1984.
Bien que la magnitude et le nombre de séismes observés au cours des 13 derniers mois aient été nettement plus faibles que dans les trois années qui ont précédé l’éruption de 1984, ils se sont produits dans les mêmes secteurs du volcan (voir cartes ci-dessous). L’essaim sismique de septembre-octobre 2013 a eu lieu sur le flanc nord-ouest, au même endroit que l’un des essaims qui se sont produits avant l’éruption de 1984. Le 9 mai 2014, un événement de M 3.5 s’est produit dans la même région de la Southwest Rift Zone que plusieurs événements d’une magnitude égale ou supérieure à M 3 avant l’éruption de 1984.
Un autre paramètre indique qu’une éruption est peu probable à court terme sur le Mauna Loa: Aucun changement significatif n’a été observé dans les émissions de SO2 et de CO2, ainsi que dans la température des fumerolles qui s’échappent du cratère Mokuaweoweo. En mai, ces températures atteignaient une moyenne de 75 à 76 ° C, supérieure toutefois aux 71,7 ° C relevés il y a plusieurs mois.

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drapeau anglaisWhile there are no signs of impending eruption, HVO has recorded an increased level of seismic activity on the flanks and summit of Mauna Loa over the past 13 months.

Four distinct earthquake swarms have occurred since March 2013. Each event began with earthquakes northwest of the summit (Moku‘āweoweo Crater) at 4 to 15 km deep, followed by shallow earthquakes at the summit from several days to one month later. These earthquakes have all been less than M2.2, except for an  M3.5 event on May 9th, 2014.

The recent swarms have not been associated with the deformation of the ground surface that would mean an intrusion of significant amounts of magma into shallow levels beneath Mauna Loa.

The seismic network that monitors Mauna Loa has been significantly improved since 1984. It is now better able to detect and locate smaller earthquakes than the previous equipment. It is likely that many of the small earthquakes that we currently observe would not have been detected by HVO’s seismic monitoring prior to the 1984 eruption.

Though the size and number of earthquakes observed over the past 13 months has been significantly smaller than those observed in the three years prior to the 1984 eruption, they have been occurring in the same general areas of the volcano (see maps below).

The swarm in September-October 2013 occurred on the northwest flank, the same location as one of the swarms that occurred prior to the 1984 eruption. The May 9, 2014, M 3.5 earthquake occurred in the same area of the upper Southwest Rift Zone as many M 3 or greater earthquakes prior to the 1984 eruption.

Another parameter indicates that an eruption is unlikely to occur in the short term on Mauna Loa: No significant changes in SO2, CO2 were recorded by the Mokuaweoweo gas and temperature monitors in May. Daily average fumarole temperature during the month declined from 76 to 75° C, still not back down though to the 71.7°C average of several months ago.

Mauna-Loa-séismes

Source:  USGS / HVO.

Mauna-Loa-blog

Moku’āweoweo Crater, un jour de février 1996, sous la neige…  (Photo:  C. Grandpey)