Du Kilauea (Hawaii) à Io, la lune de Jupiter // From Kilauea Volcano (Hawaii) to Io, Jupiter’s moon

drapeau-francaisAu début du mois de décembre 2016, des scientifiques de l’USGS et de la NASA se sont rendus sur le Kilauea pour tester un système de caméra portable fonctionnant comme pyromètre d’imagerie optique. La caméra haute vitesse mise au point pour ce travail est capable d’acquérir plus de 50 images par seconde dans trois longueurs d’onde (verte, rouge et proche infrarouge). Elle a  été calibrée en recueillant les images d’un four d’étalonnage à haute température.
Au cours de leur travail sur le terrain, les scientifiques de l’USGS et de la NASA ont recueilli des milliers d’images de la lave émise par les deux éruptions du Kilauea : les sorties de lave le long de la coulée 61g, et les projections en bordure du lac de lave dans le cratère de l’Halema’uma’u.
La température de la lave du Kilauea est bien connue ; elle atteint environ 1 171°C au sommet et autour de 1 140°C sur l’East Rift Zone. De ce fait, le volcan est l’endroit idéal pour calibrer la caméra avec les températures fiables des coulées actives et du lac de lave.
Les résultats de cette étude permettront de valider une méthode générique de traitement des données applicable à d’autres ensembles de données de télédétection par satellite, avion et sur terre. Le but ultime de cette recherche financée par la NASA est de concevoir un instrument capable de mesurer de façon fiable la température de la lave active sur Io, la lune de Jupiter, le seul autre objet de notre système solaire connu pour avoir un volcanisme actif à haute température.
Source: USGS / HVO.

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drapeau-anglaisIn early December 2016, USGS and NASA scientists visited Kilauea Volcano to experiment with a portable, ground-based camera system for use as an optical imaging pyrometer. The custom-built, high-speed camera can acquire images at more than 50 frames per second in three wavelengths (green, red, and near-infrared). It was calibrated by collecting images of a high-temperature calibration oven.

During their field work, the USGS and NASA scientists collected thousands of images of active lava from Kilauea’s two ongoing eruptions. This included breakouts along the 61g lava flow, as well as spattering lava along the edges of the Halema’uma’u lava lake.

The eruption temperature of Kilauea lava is well-known—up to about 1,171°C degrees at the summit and around 1,140°C on the East Rift Zone. Because of this, the volcano is the perfect place to determine how these camera data can be used to retrieve reliable temperatures from the hottest parts of active flows and lava lakes.

The results of this study will establish the validity of a generic data processing method that could be applied to other satellite, airborne, and ground-based remote sensing data sets. The ultimate goal of this NASA-funded research is to design an instrument capable of reliably measuring the temperature of active lava on Jupiter’s moon, Io, the only other object in our solar system known to have active, high-temperature volcanism.

Source: USGS / HVO.

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Lac de lave et coulées permettront de calibrer la caméra.

(Photos: C. Grandpey)

 

Kilauea (Hawaii), Bogoslof (Alaska), Piton de la Fournaise (Réunion), Sabancaya (Pérou)

drapeau-francaisUn nouveau survol effectué par la compagnie Paradise Helicopters le 16 février a permis de d’observer la situation sur le Kilauea. Il y a toujours un lac de lave actif dans la partie NE du cratère du Pu’uO’o qui est la source de la coulée de lave 61g.
Le « firehose » (= la lance d’incendie !) continue à déverser des volumes énormes de lave dans le Pacifique sur le site de  Kamokuna. Les explosions continuent à secouer la falaise littorale qui est fissurée et donc instable. Les visiteurs ne doivent pas s’éloigner du point d’observation aménagé par le Parc des Volcans.
La chose nouvelle par rapport aux vols précédents est le grand nombre de coulées de surface, à la fois sur la plaine côtière et au-dessus du pali.
Le niveau du lac de lave à l’intérieur du cratère de l’Halema’uma’u continue de monter et descendre au gré des épisodes d’inflation et de déflation du sommet.
Voici une vidéo du dernier survol.
http://bigislandnow.com/2017/02/20/volcano-overflight-new-surface-flows-ongoing-lava-firehose/

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En raison du manque d’équipement sur la plupart des volcans des Aléoutiennes, l’AVO est confronté à de grandes difficultés pour les surveiller. Le 20 février, un violent orage dans la région d’Unalaska a réduit à néant le système de communications de données à Dutch Harbor. En conséquence, la transmission des données sismiques et infrasoniques des réseaux d’Okmok et Makushin a cessé, ce qui n’a plus permis à l’AVO de détecter l’activité éruptive du Bogoslof. En outre, la zone était recouverte d’épais nuages jusqu’à 9 000 mètres d’altitude, ce qui limitait encore davantage l’observation de l’activité volcanique. L’AVO utilise en outre les signaux d’impacts de foudre et des données infrasoniques en provenance de stations éloignées pour détecter une activité éruptive explosive. Certaines, mais pas toutes, les éruptions du Bogoslof génèrent des éclairs détectables. Les données infrasoniques peuvent aider à confirmer une activité explosive, mais la détection de ces stations éloignées est retardée de plusieurs dizaines de minutes.
L’AVO indique que le Bogoslof reste très actif, mais cette activité est imprévisible. D’autres explosions produisant des nuages de cendre à haute altitude peuvent se produire à tout moment. La couleur de l’alerte aérienne est maintenue au ROUGE.

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L’éruption du Piton de la Fournaise débutée le 31 janvier 2017 se poursuit avec toutefois une tendance à la baisse du tremor qui a retrouvé son niveau du début de l’éruption. A noter que l’on observe depuis quelques jours une reprise de l’inflation de la zone sommitale du volcan.

Source : OVPF.

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Le  Sabancaya reste bien actif avec en moyenne une vingtaine d’ explosions chaque jour. Depuis le 13 février, on observe une augmentation du nombre de séismes hybrides, ce qui pourrait indiquer une nouvelle ascension du magma. Les nuages de cendre continuent à s’élever jusqu’à 2 800 mètres au-dessus du cratère. Les émissions de SO2 atteignent en moyenne 1 200 tonnes par jour.

Source: IGP.
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drapeau-anglaisA Paradise Helicopters overflight on February 16th allowed to see the situation on Kilauea Volcano. There is still an active lava lake in the NE part of Pu’uO’o Crater which is the source of the 61g lava flow.

The “firehose” is still pouring huge volumes of lava at Kamokuna. Littoral explosions continue to rock the coastline which remains cracked and dangerously unstable. Visitors should not walk away from the observation point.

The new event compared with the previous flights is the great number of surface flows, both on the coastal plain as well as a short distance above the top of the Pali.

The lava lake within Halema’uMa’u Crater is still moving up and down according to the inflation and deflation episodes at the summit.

Here is a video of the latest overflight.

http://bigislandnow.com/2017/02/20/volcano-overflight-new-surface-flows-ongoing-lava-firehose/

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Because of the lack of equipment on most volcanoes of the Aleutians, AVO is confronted with great difficulties to monitor them. On February 20th, a storm in the Unalaska area has impacted data communications at the Observatory’s facility in Dutch Harbor. As a consequence, all seismic and infrasound data from the Okmok and Makushin networks ceased transmission, which limited AVO’s ability to forecast and detect eruptions from Bogoslof. In addition, the area was covered by thick weather clouds to as high as 9,000 metres asl, further limiting the ability to observe volcanic activity. In the meantime, AVO uses lightning data, and infrasound data from distant stations, to detect explosive eruptive activity. Some but not all of the eruptions from Bogoslof in the current sequence have produced detectable lightning strokes. Infrasound data from distant stations can also confirm explosive activity, but detection at these distant stations is delayed by tens of minutes.
AVO indicates that Bogoslof volcano remains at a heightened state of unrest and in an unpredictable condition. Additional explosions producing high-altitude ash clouds could occur at any time. The Aviation Colour Code remains at RED.

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The eruption that started at the Piton de la Fournaise on January 31st, 2017 continues with a downward trend of the tremor which has retrieved its level at the start of the eruption. It should be noted that for some days the summit area of the volcano has shown new inflation.
Source: OVPF.

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Sabancaya Volcano remains quite active with an average of 20 explosions or so every day. Since February 13th, there has been an increase in the number of hybrid seismic events, which might indicate new magma ascent. The ash clouds keep rising up to 2,800 metres above the crater; SO2 emissions average 1,200 tons per day.

Source: IGP.

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Lac de lave dans le Pu’uO’o (Source: Paradise Helicopters)

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Coup d’oeil dans un tunnel de lave (Photo:C. Grandpey)

Du volcan Kilauea à la Planète Rouge // From Kilauea Volcano to the Red Planet

drapeau-francaisEn septembre 2016, la simulation d’une mission d’atterrissage sur la planète Mars a eu pour cadre le volcan Kilauea. L’expérience faisait partie du programme Biologic Analog Science Associated with Lava Terrains (BASALT).de la NASA.  Le programme BASALT se compose d’un groupe international de 65 scientifiques, ingénieurs, informaticiens et astronautes dont la mission est l’exploration humaine de Mars à l’aide de robots. L’un des principaux objectifs de BASALT est d’examiner comment les humains peuvent effectivement explorer la surface de Mars pour y détecter des signes de vie, et de comprendre l’histoire géologique de la Planète Rouge.
Le Kilauea offre des paysages qui ne sont pas vraiment ceux de la planète Mars, mais ils s’en rapprochent. La région du Mauna Ulu sur l’East Rift Zone a été choisie comme zone d’atterrissage et d’exploration de Mars.
L’équipe scientifique du programme BASALT a installé un poste de contrôle de la mission à l’intérieur du camp militaire du Kilauea. La transmission bidirectionnelle de la voix, des vidéos et des données a été établie entre ce centre de commandement et l’équipe sur le terrain composée de deux membres qui ont effectué des échantillonnages en simulant, dans le secteur du Mauna Ulu, les conditions d’une mission sur Mars. Par exemple, les communications ont été établies avec une latence de 15 minutes pour imiter les délais de transmission imposés par la grande distance entre la Terre et Mars.
Outre la simulation des conditions de mission sur Mars, le programme BASALT a également testé diverses plates-formes scientifiques mobiles, des dispositifs portatifs pour déterminer la température et la composition des roches, ainsi que des technologies de pointe pour la transmission et l’affichage des vidéos et des données.
Le HVO a cautionné le projet BASALT en acceptant d’installer des antennes relais sur le toit de sa tour d’observation du cratère de l’Halema’uma’u.
Les volcans hawaïens ont toujours occupé une place prépondérante dans la formation des astronautes américains. Dans les années 1960 et 1970, la NASA a utilisé divers sites du Kilauea et les hautes pentes du Mauna Kea pour enseigner la volcanologie aux astronautes des missions Apollo et pour les préparer aux missions lunaires.

Plus récemment, la NASA, en collaboration avec l’Université d’Hawaï, a conduit des expériences pour étudier la faisabilité de longs séjours sur Mars.
De 2008 à 2012, des missions ont testé sur le Mauna Kea les méthodes d’extraction de l’oxygène et de l’eau de la cendre volcanique. Depuis 2012, le programme Hawaiii Space Exploration Analog and Simulation (HI-SEAS) a organisé des missions d’isolement de longue durée dans lesquelles des équipes scientifiques ont passé jusqu’à un an à l’intérieur d’un dôme géodésique situé sur le Mauna Loa.
Avant le programme BASALT sur le Kilauea, l’équipe scientifique de la NASA a effectué une autre simulation d’atterrissage sur Mars en 2015 sur le site des Cratères de la Lune dans l’Idaho.
L’équipe scientifique du programme BASALT espère retourner à Hawaï en 2017 pour répéter la mission dans un autre secteur du Kilauea.

Source: USGS / HVO.

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drapeau-anglaisA simulated Mars landing mission unfolded on Kilauea Volcano for two weeks in September 2016. The work was part of NASA’s Biologic Analog Science Associated with Lava Terrains (BASALT) program. BASALT consists of an international group of 65 scientists, engineers, computer scientists and astronauts dedicated to furthering the human-robotic exploration of Mars. One of the main objectives of the BASALT research program is to examine how humans can effectively explore the surface of Mars for life and to understand the geologic history of the Red Planet.

Kilauea Volcano offers landscapes that are not perfect analogs for Mars, but come quite close. The Mauna Ulu region on the east Rift Zone has been targeted as the Mars landing and exploration area.

The BASALT team also set up a Science Mission Control at Kilauea Military Camp. Two-way voice, video and data streaming was established between this command center and the field team, which consisted of two crew members who conducted field sampling under simulated Mars mission conditions around Mauna Ulu. These communications were delayed by up to 15 minutes to mimic transmission latencies due to the great distance between Earth and Mars.

In addition to simulating Mars mission conditions, the project also evaluated the use of various mobile science platforms, hand-held devices to determine temperature and composition of rocks, and cutting-edge video and data display technologies.

The Hawaiian Volcano Observatory (HVO) supported the BASALT project by hosting communication relay antennae in its observation tower.

Hawaiian volcanoes have featured prominently in the training of American astronauts for decades. In the 1960s and 1970s, NASA used various locations on Kilauea and the high slopes of Mauna Kea to teach Apollo astronauts volcanology and prepare them for what they might encounter on the surface of the Moon.

More recently, NASA, along with the University of Hawaii, has conducted experiments to advance the feasibility of long-term human habitation on Mars.

From 2008 to 2012, international campaigns carried out on Mauna Kea tested methods of extracting oxygen and water from volcanic cinder. Since 2012, the Hawai‘i Space Exploration Analog and Simulation, or HI-SEAS, program has conducted long-duration isolation missions in which crews spend up to a year inside a geodesic dome located on the slope of Mauna Loa.

Prior to the BASALT program at Kilauea Volcano, the NASA team conducted another simulated Mars landing in 2015 at the Craters of the Moon National Monument in Idaho.

The BASALT team hopes to return to Hawaii in 2017 to repeat the mission in another area of Kilauea.

Source: USGS / HVO.

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Vue du Mauna Ulu (Photo: C. Grandpey)

 

Kilauea (Hawaii) : Nouvelle carte du champ de lave // New map of the lava field

drapeau-francaisEn fonction des variations du débit de la lave à sa source sur le Pu’uO’o, les coulées changent leurs points de sortie sur l’East Rift Zone du Kilauea. Une nouvelle carte a été mise en ligne par le HVO ; elle montre l’emplacement des nouvelles sorties de lave le 16 février 2017.

L’emplacement du champ de lave actif en date du 12 janvier est représenté en rose, alors que son élargissement avec l’apparition de nouvelles coulées en date du 16 février est montré en rouge.

Les coulées de lave plus anciennes (1983-2016) sont représentées en gris.

La ligne jaune marque la trajectoire probable des tunnels de lave actifs (en pointillé quand le tracé est incertain).

Les lignes bleues sur le champ de lave du Pu’uO’o marquent les lignes de pente les plus abruptes. Elles ont été calculées à partir d’un modèle numérique (MN) datant de 2013, alors que les lignes bleues sur le reste de la carte sont les lignes de pente les plus abruptes calculées à partir d’un MN de 1983. Cette analyse des lignes de pente se base sur l’hypothèse que les modèles numériques représentent parfaitement la surface de la terre. Toutefois, ces modèles ne sont pas parfaits. Les lignes bleues donnent donc seulement une idée de la trajectoire possible qu’emprunteraient des coulées de lave.
Source: USGS / HVO.

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drapeau-anglaisAccording to the lava output from Pu’uO’o, the lava flows are changing on the slopes of Kilauea Volcano’s East Rift Zone. A new map has been released by HVO, showing where the news breakouts were located on February 16th 2017. .

The area of the active flow field as of January 12th is shown in pink, while widening and advancement of the active flow as of February 16 is shown in red.

Older Pu’uO’o lava flows (1983–2016) are shown in gray.

The yellow line marks the trace of the active lava tube (dashed where uncertain).

The blue lines over the Pu’uO’o flow field are steepest-descent paths calculated from a 2013 digital elevation model (DEM), while the blue lines on the rest of the map are steepest-descent paths calculated from a 1983 DEM. Steepest-descent path analysis is based on the assumption that the DEM perfectly represents the earth’s surface. DEMs, however, are not perfect, so the blue lines on this map can be used to infer only approximate flow paths.

Source: USGS / HVO.

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Source: USGS / HVO.

Carte plus grande avec ce lien: https://hvo.wr.usgs.gov/maps/uploads/image-367.jpg