Forte sismicité sur la péninsule de Reykjanes (Islande) // Strong seismicity on the Reykjanes Peninsula (Iceland)

L’essaim sismique se poursuit sur la péninsule de Reykjanes comme le montre la carte ci-dessous. Au total, 9 séismes de magnitude supérieure à M 3.0 ont été détectés depuis le 3 novembre 2023 à minuit. Deux événements avaient des magnitudes de M 4,7 et M 4,1. Le 2 novembre, un séisme de M 4,2 a été enregistré à environ 1,2 km à l’ouest du Blue Lagoon.

Source: Met Office

Le Met Office islandais a indiqué que, selon les dernières données, le soulèvement du sol va se poursuivre, avec un centre au nord-ouest du Mt Þorbjörn. Comme je l’ai expliqué précédemment, l’inflation est provoquée par une intrusion magmatique à une profondeur d’environ 4 km.
Les séismes les plus importants semblent se produire dans une direction nord-sud, à l’ouest du Mt Þorbjörn (voir carte ci-dessous). Le Met Office explique que « des fractures sont connues dans la région ; elles subissent des contraintes liées au mouvement des plaques tectoniques et peuvent être aussi déformées en raison des contraintes dues à l’intrusion magmatique. »

La sismicité est très forte en ce moment sur la péninsule. Selon un volcanologue islandais, une éruption est plus une affaire d’heures que de jours.

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The seismic swarm is continuing on the Reykjanes Peninsula as can be seen on the map below. A total of 9 earthquakes of magnitude above 3 have been detected since midnight on November 3rd, 2023. Two events had magnitudes of M 4.7 and M 4.1. On November 2nd, an M 4.2 earthquake was detected about 1.2 km west of the Blue Lagoon.

The Icelandic Met Office has indicated that according to the latest data, the land-rising with a center northwest of Þorbjörn mountain will continue. As I explained before, the expansion is caused by a magma intrusion at a depth of about 4 km.

The largest earthquakes appear to be in the north-south direction west of Þorbjörn mountain. The Met Office explains that « such fissures are known in the area, but they collect tensions that are connected to drift of tectonic plates and can be deformed due to tension from intrusions. »

Seismicity is very high at the moment on the peninsula. According to an Icelandic volcanologist, an eruption is more a matter of hours than days.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

  Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde depuis le dernier bulletin :

Il n’y a pas d’éruption en ce moment sur la péninsule de Reykjanes (Islande), mais un intense essaim sismique s’est produit ces derniers jours et une activité volcano-tectonique complexe affecte actuellement la région.

La dernière image InSAR, acquise le 31 octobre 2023, révèle 5 à 6 cm de mouvements de sol sur les 12 jours précédents, avec une inflation centrée juste au nord-ouest du mont Þorbjörn. Le même signal de mouvement du sol a été détecté par les stations GPS de la région à partir du 27 octobre. Les données GPS du 1er novembre indiquent que le mouvement du sol se poursuit dans la région. En analysant à la fois les observations sismiques, géodésiques et satellitaires, les scientifiques islandais ont conclu qu’une intrusion magmatique a lieu à environ 4 km de profondeur, juste au nord-ouest du mont Þorbjörn. À l’heure actuelle, rien n’indique que l’intrusion se rapproche de la surface.

Dans une mise à jour publiée le 2 novembre au soir, le Met Office indique que les données GPS des dernières 24 heures montrent que le soulèvement du sol se poursuit au même rythme dans la zone au nord-ouest du mont Þorbjörn. La sismicité reste soutenue; l’événement le plus significatif avait une magnitude de M3.7 à une profondeur d’environ 5 km. Une analyse plus détaillée des données GPS confirme qu’une intrusion magmatique est en formation à une profondeur de 4 à 5 km sous la zone au nord-ouest du Mt Þorbjörn. D’autres séismes sont à prévoir dans les prochains jours car l’intrusion magmatique génère des contraintes dans la région.

Source : Met Office.

 

Image InSAR de la péninsule de Reykjanes, du 19 au 31 octobre 2023. Le signal de déformation du sol le plus important est centré au nord-ouest du mont Þorbjörn.

Un nouvel essaim sismique est en cours ce matin du 3 novembre 2023, avec des événements atteid M 4,2, M 4,1 et M 3,5 avec des hypocentres à 3-4 km de profondeur dans la région de Grindavik. Le magma joue avec les nerfs des islandais. Tout le monde redoute une éruption dans le secteur du mont Þorbjörn, ç proximité de la centrale électrique de Svartensgi et du Lagon Bleu.

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Le Service géologique colombien (SGC) indique que le 25 octobre 2023, le volcan Puracé a connu une augmentation significative de l’activité sismique, avec des événements atteignant M 1,0 à des profondeurs comprises entre 1 et 4 km. Ces séismes ont coïncidé avec une augmentation du dégazage et des valeurs de CO2 toujours élevées. La plupart ont été détectés au sud-est du cratère.
La dernière éruption du Puracé a eu lieu le 29 mars 2022 avec un VEI 1.

 

Crédit photo : Wikipedia

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Le 29 octobre 2023, le KVERT indiquait que l’éruption explosive-effusive se poursuivait sur le Klyuchevskoi (Kamchatka), avec des nuages de cendres qui montaient jusqu’à 10 km au-dessus du niveau de la mer. La couleur de l’alerte aérienne était maintenue à l’Orange. Le volcan présentai une activité explosive de type strombolien. Les fontaines de lave pouvaient atteindre 500 m de hauteur et alimentaient les coulées de lave dans les ravines Apakhonchichsky et Kozyrevsky sur le versant sud du volcan.

L’activité a considérablement augmenté le 31 octobre,. La couleur de l’alerte aérienne est passée de l’Orange au Rouge. La colonne de cendres atteignait jusqu’à 14 km d’altitude. Cette hausse d’activité s’est accompagnée de puissantes fontaines de lave atteignant parfois plus de 500 m de hauteur. Elles ont fait s’édifier un cône de scories au sein du cratère principal.

Aucun blessé n’est à déploré, mais les écoles ont été fermées par précaution à Ust-Kamchatsk et à Klyuchy.

 

Crédit photo: KVERT

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Le PVMBG informe le public que l’activité sismique de l’Anak Krakatau (Indonésie) a augmenté le 28 octobre 2023, incitant les autorités indonésiennes à établir une zone d’exclusion de 5 km autour du cratère principal. Une hausse du tremor a également été enregistrée, ce qui correspond aux mouvements du magma et à l’évacuation des gaz volcaniques. De telles conditions pourraient conduire à des éruptions explosives, effusives ou les deux à la fois.
L’édifice volcanique connaît une phase d’inflation atteignant entre 15 et 50 microradians, ce qui indique une forte pression interne et confirme les données sismiques.
L’Anak Krakatau reste un sujet de préoccupation en raison de son activité continue depuis l’éruption de 2018 qui a radicalement modifié sa morphologie et déclenché un tsunami en décembre de la même année. Le niveau d’alerte est maintenu à 2.

Episode éruptif sur le Krakatau (Photo: C. Grandpey)

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Il n’y a toujours pas d’éruption sur le Kilauea (Hawaii). L’activité persiste au sud-sud-ouest du sommet, avec une légère diminution de la sismicité, en relation avec un événement intrusif qui a commencé début octobre. Le HVO indique que l’activité observée actuellement pourrait continuer à montrer des variations en fonction des changements dans l’arrivée de magma dans la zone. Le sommet du Kilauea montre toujours une forte inflation de sorte qu’une activité éruptive est possible dans les semaines ou mois à venir. Aucune activité particulière n’est observée le long de la zone de Rift Est et de la zone de Rift Sud-Ouest.

 

Carte montrant l’activité au sommet du Kīlauea. Les cercles jaunes indiquent les emplacements des séismes enregistrés par le HVO du 4 au 24 octobre 2023. Les franges colorées indiquent les zones de déformation du sol mesurées par satellite (InSAR) du 24 septembre au 10 octobre. Une dizaine de centimètres de soulèvement du sol ont été détectés au cours de cette période. Chaque cycle de couleur représente 1,5 cm de soulèvement du sol vers le satellite, en relation avec une intrusion magmatique. (Source : USGS)

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Au Pérou, la situation est globalement stable sur l’Ubinas et le Sabancaya. Le niveau d’alerte est maintenu à l’Orange pour les deux volcans.

Source : IGP.

Crédit photo: IGP

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Une hausse de l’activité sismique est observée sur le Mont St. Helens (État de Washington / USA) depuis le 15 juillet 2023, avec plus de 400 événements. Il s’agit de la plus forte augmentation de l’activité sismique depuis la fin de la dernière éruption en 2008. Aucun changement significatif n’a été observé dans les autres paramètres de surveillance et il n’y a aucun signe d’éruption imminente.
Le séisme le plus important avait une magnitude de M 2,4 le 27 août. La profondeur de ces événements sismiques variait entre 4 et 8 km sous le plancher du cratère. Cependant, aucune variation n’a été observée dans la déformation du sol, les gaz volcaniques ou leur température.
Le niveau d’alerte volcanique reste à Normal et la couleur de l’alerte aérienne reste au Vert.
Source : USGS.

Le dôme de lave du St Helens en septembre 2008 (Photo : C. Grandpey)

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world since the last bulletin :

There is no eruption at the moment on the Reykjanes Peninsula (Iceland) bu there has been a significant seismic swarm in the past days and an episode of complex volcano-tectonic unrest is currently affecting the area.

The latest satellite radar image, acquired late on 31 October 2023, reveals 5 to 6 cm of ground movements over 12 days, centered just northwest of Mt. Þorbjörn. The same displacement signal is seen by GPS stations in the region, beginning on 27 October. The GPS results from 1 November indicated that ground displacements continue in the region. Combining seismic, geodetic, and satellite-based observations, Icelandic scientists infer that a volcanic intrusion is located at about 4 km depth just northwest of Mt. Þorbjörn. Presently, there are no indications that the volcanic intrusion is becoming shallower.

In an update released on November 2nd in the evening, the Met Office indicates that GPS data from the last 24 hours show that uplift continues at a similar rate in the area northwest of Mt. Þorbjörn. Seismicity is still sustaines; the largest event was M3.7 at a depth of about 5 km. More detailed analysis of recent GPS data confirms that a magma intrusion is forming at a depth of 4-5 km under the area northwest of Þorbjörn. More earthquakes are expected in the coming days because the magma intrusion causes increased tension in the area.

A new seismic swarm is underway this morning of November 3rd, 2023, with events reaching M 4.2, M 4.1 and M 3.5 with hypocenters at 3-4 km depth in the Grindavik region. The magma plays with the nerves of the Icelanders. Everyone fears an eruption in the area of Mount Þorbjörn, near the Svartensgi power station and the Blue Lagoon.

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The Colombian Geological Service (SGC) indicates that on October 25th, 2023, Puracé Volcano experienced a significant increase in seismic activity, with events up to M 1.0 at depths between 1 and 4 km. These quakes coincided with higher degassing levels and persistent high CO2 values.

The earthquakes were detected to the southeast of the crater.

The last eruption of Puracé Volcano was recorded on March 29th, 2022 with a VEI 1.

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On October 29th, 2023, KVERT indicated that the explosive-effusive eruption was continuing at Klyuchevskoi (Kamchatka), with ash clouds up to10 km above sea level. The Aviation Color Code remained at Orange. The volcano displayed explosive activity of the Strombolian type. Lava fountains could be as high as 500 m, feeding lava flows along the Apakhonchichsky and Kozyrevsky drainages on the southern slopes of the volcano.

Activity increased significantly on October 31st, prompting KVERT to raise the Aviation Color Code from Orange to Red. The ash column reached up to 14 km above sea level. This increased activity was characterized by violent lava fountaining at the summit, with jets of lava sometimes higher than 500 m, contributing to the construction of a growing cinder cone within the main crater.

There were no reports of injuries, but officials ordered schools in Ust-Kamchatsk and Klyuchy to close as a precaution.

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PVMBG informs the public that seismic activity at Anak Krakatau (Indonesia) increased on October 28th, 2023, prompting Indonesian authorities to set up a 5 km exclusion zone around the main crater. An increase in tremor signals has been recorded, showing the movement of magma and the exsolution of volcanic gases. Such conditions could lead to explosive, effusive, or combined forms of éruptions.

The volcano’s edifice is inflating, registering a range between 15 – 50 microradians. indicates an increased internal pressure, corroborating the seismic data.

Anak Krakatau remains a point of concern due to its continuous eruptive activity since its 2018 eruption, which dramatically altered its morphology and triggered a tsunami in December the same year. The alert level is kept at 2.

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There is still no eruption at Kilauea (Hawaii). Unrest is continuing to the south-southwest of the summit, with a slight decrease in seismicity, in association with an intrusive event that began in early October. HVO indicates that this unrest may continue to wax and wane with changes to the input of magma into the area. The summit of Kilauea remains at a high level of inflation and eruptive activity is possible in the coming weeks or months. No unusual activity has been noted along the East Rift Zone or the Southwest Rift Zone.

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In Peru, the situation is stable at Ubinas and Sabancaya volcanoes. The alert level is kept at Orange for both volcanoes.
Source: IGP.

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An increase in seismic activity has been observed at Mount St. Helens (Washington State / USA) since July 15th, 2023, with more than 400 earthquakes. It is the largest increase in earthquake rates since the last eruption ended in 2008. No significant changes have been observed in other monitoring parameters and there are no signs of an imminent eruption.

The most significant event had a magnitude of M 2.4 on August 27th. The depth of these seismic events ranged between 4 to 8 km below the crater floor. However, no alterations have been observed in ground deformation, volcanic gas, or thermal emissions.

The volcano Alert Level remains at Normal and the Aviation Color Code is still Green.

Source : USGS.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Et si une éruption se produisait à côté de la centrale de Svartsengi ? // What if an eruption occurred close to the Svartsengi power plant ?

Comme je l’ai écrit dans une note précédente, un séisme de M 4,2 a frappé la péninsule de Reykjanes le 30 octobre 2023, à 6 km de profondeur. L’événement a été ressenti dans de nombreux endroits, y compris à Reykjavik. L’épicentre se trouvait à Sýlingarfell, à environ trois kilomètres à l’est du Blue Lagoon, et donc très proche de la centrale électrique de Svartsengi.
Dans la matinée du 31 octobre 2023, un essaim sismique a été enregistré à Þorbjörn. Il a duré près de 2 heures et a été d’une intensité exceptionnelle. L’événement le plus significatif avait une magnitude de M3,7. L’épicentre se trouvait juste à l’est du centre du soulèvement du sol observé ces derniers jours. La profondeur des séismes a été estimée entre 5 et 1,5 km.
Le Met Office islandais (IMO) explique que l’essaim sismique est un signe évident du mouvement du magma en profondeur. L’IMO cherche à déterminer si l’activité micro-sismique se rapproche de la surface, ce qui pourrait être le signe que le magma se fraye un chemin à travers la croûte terrestre. À l’heure actuelle, rien n’indique que l’activité sismique se rapproche de la surface, mais la situation peut changer rapidement.

Avec ces nouvelles inquiétantes, beaucoup de gens se demandent ce qu’il adviendrait de l’approvisionnement en électricité et en eau chaude dans le sud de l’Islande si une éruption mettait à l’arrêt la centrale électrique. Selon le ministre des Infrastructures, il est difficile de réagir à une situation où le fonctionnement des infrastructures est perturbé par l’activité volcanique sur la péninsule de Reykjanes. Il n’existe pas de source de chaleur alternative dans le sud de l’Islande, et c’est le même cas pour les autres centrales électriques du pays.
C’est pourquoi le soulèvement du sol à Svartsengi est très inquiétant et il existe un risque réel de pénurie d’électricité et d’eau chaude en cas de catastrophe. Le ministre a déclaré : «Bien sûr, la situation a été analysée par un groupe de gestionnaires d’infrastructures sous la direction de la Première ministre. Bien sûr, la situation est telle que dans le pire des cas, si une éruption avait lieu à proximité de la centrale électrique de Svartsengi, il serait alors très difficile de réagir. […] Nous vivons en Islande et nous ne pouvons pas contrôler les forces naturelles. Nous pouvons essayer de réagir le mieux possible, mais il nous est impossible de disposer de tous les dispositifs et autres gadgets pour faire face à tous les événements qui peuvent survenir en Islande. »
Une solution serait d’évaluer les problèmes d’approvisionnement en chaleur dans d’autres endroits que la péninsule de Reykjanes. Un rapport préparé par le ministère de l’Énergie et du Changement climatique a montré que dans de nombreuses régions du pays, il faudrait accroître l’approvisionnement en chaleur.
Source  : Office météorologique islandais, Iceland Monitor.

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As I put it in a previous post, an M 4.2 earthquake hit the Reykjanes peninsula on October 30th, 2023, at a depth of 6 km. It was felt in many places, including in the capital area. The epicenter of the earthquake was at Sýlingarfell, about three kilometers east of the Blue Lagoon, and therefore closer to the power plant in Svartsengi.

In the morning of October 31st, 2023, a seismic swarm began at Þorbjörn, which lasted for almost 2 hours and was exceptionally intense. The largest event in the swarm measured M3.7. The center of the activity was just east of the centre of the uplift observed in recent days. The depth of the quakes was estimated between 5 and 1.5 km.

The Icelandic Met Office (IMO) says that the seismic swarm is a clear sign of magma movements at depth. The IMO is looking to see if micro-seismic activity increases closer to the surface, which could be a sign that magma is breaking its way through the earth´s crust. Presently, there are no signs that earthquake activity is becoming shallower. However, the situation could change quickly.

With these worrisome pieces of news, many people wonder what would happen to the electricity and hot water supply in South Iceland if an eruption brought the power station to a halt. According to the Minister of Infrastructure, it is difficult to respond to a situation where infrastructure is deterred by volcanic activity on the Reykjanes peninsula. There is no alternate heat source for the South Iceland peninsula, like is the case with powerplants in the country.

Therefore, the landrising at Svartsengi is alarming and risks depleted electricity and hot water in the event of a disaster. Said the Minister : “Of course, the situation has been analysed by a group of infrastructure managers under the Prime Minister. Of course, the situation is such that in worst case scenarios, near Svartsengi powerplant, then it will be very difficult to respond to that. […] We live in Iceland and we can’t control the natural forces. We can try to react as much as possible, but it is impossible for us to have all the possible response devices and gadgets for all the possible events that can occur in Iceland”

A solution would be to evaluate, heat-supply issues in more places than on Reykjanes peninsula. A report prepared by the Ministry of Energy and Climate Change has shown that in too many places around the country heat-supply needs to be ramped up.

Source : Icelandic Met Office, Iceland Monitor.

Photos: C. Grandpey

Le tourisme en Islande : terres publiques et propriétés privées (2ème partie) // Tourism in Iceland : public land vs. private property (part 2)

Dans le sud de l’Islande, la plage de sable noir de Reynisfjara est connue pour être l’une des plages les plus dangereuses au monde. Les formations basaltiques attirent des foules de visiteurs, et les vagues traîtresses ont fait plusieurs morts, malgré de nombreux panneaux avertissant du danger. La gestion du site est d’autant plus difficile que les autorités doivent négocier avec plusieurs propriétaires fonciers.
Les propriétaires fonciers de Reynisfjara et les autorités locales ont discuté de l’installation d’infrastructures de sécurité supplémentaires sur la plage, comme la mise n place d’un feu clignotant et l’installation d’un portail qui pourrait être fermée lorsque les conditions sont particulièrement dangereuses. Les deux parties se sont accusées mutuellement de retarder ces initiatives. Un représentant des propriétaires fonciers a nié ces accusations, mais a exprimé des doutes quant à l’efficacité de l’équipement proposé.
L’installation d’un feu clignotant à Reynisfjara a depuis été approuvée par toutes les parties, mais il a fallu attendre qu’un autre touriste décède sur le site en juin 2023.

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L’Islande est une terre volcanique active, ce qui signifie que de nombreux sites ont le potentiel de devenir des attractions touristiques du jour au lendemain. Le problème, c’est que le magma ne fait pas de distinction entre les terres privées et publiques. Lorsque l’éruption du Fagradalsfjall a commencé en mars 2021, les Islandais (et les étrangers, une fois que les restrictions COVID ont été levées), ont afflué vers la péninsule de Reykjanes pour assister au spectacle.
L’éruption s’est produite sur un terrain privé où il n’y avait ni toilettes ni parking. En mai 2021, après avoir nettoyé les terrains et installé des toilettes au début du sentier, les propriétaires fonciers ont fait payer 1 000 ISK pour le stationnement. L’argent devait être utilisé pour construire des infrastructures dans le secteur. Le gouvernement a accepté de contribuer financièrement à la mise en place des services nécessaires. Des tensions sont apparues lorsque les propriétaires ont annoncé qu’ils seraient prêts à vendre leur propriété – y compris le nouveau volcan ! – au juste prix. Les représentants du gouvernement ont déclaré qu’ils protégeraient l’accès du public au site et qu’il était hors de question d’investir des fonds publics si de nouveaux propriétaires envisageaient d’exploiter le site dans un but lucratif.
Les éruptions posent d’énormes défis de planification aux propriétaires fonciers et aux autorités. En effet, elles sont difficiles à prévoir, attirent un grand nombre de personnes, comportent un danger important et modifient constamment le paysage qui les entoure. Ainsi, lors de l’éruption du Fagradalsfjall, les sentiers d’accès étaient régulièrement fermés ou modifiés car ils étaient coupés par la lave. L’éruption s’est arrêtée en septembre 2021…et avec elle tous les plans de développement du site.

 

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Tous ces exemples montrent que le gouvernement islandais manque d’une politique cohérente en matière de droits d’entrée, d’accès et de financement des infrastructures sur les sites touristiques les plus populaires. Les décisions semblent être prises au cas par cas. Les infrastructures ne sont pas créées en prévision de l’affluence, mais seulement lorsque l’on atteint les limites de saturation.
Si la population et les autorités islandaises estiment que la plupart, sinon la totalité, des sites naturels devraient rester gratuits et accessibles à tous, ils ne sont pas non plus opposés à la mise en place d’un droit d’entrée en échange de services, en particulier si les fonds collectés sont destinés à la protection de la nature avec les infrastructures nécessaires.
Payer un droit d’entrée ne semble pas dissuader les touristes de visiter les sites. De toute façon, cela coûte beaucoup moins cher que les hébergements, les repas ou la location de véhicules. En fait, les voyageurs acceptent volontiers de participer à la protection des sites qu’ils visitent.

Source: Iceland Review.

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In southern Iceland, the Reynisfjara black sand beach is known as one of the most dangerous beaches in the world. While the site’s basalt rock formations draw crowds of visitors, its dangerous sneaker waves have claimed several lives, despite extensive signage warning of their danger. What makes managing the site even more challenging is that authorities must negotiate with not just one, but several landowners at the site.

Reynisfjara landowners and local authorities have been discussing installing additional safety infrastructure at the beach, such as a flashing light and a gate that could be closed when conditions were particularly dangerous. Both parties have accused the other of delaying such developments. One representative of the landowners denied the accusations, but expressed doubt about the effectiveness of the proposed equipment.

The installation of a flashing warning light at Reynisfjara has since been approved by all parties, but not before another tourist death occurred at the site last June.

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Iceland is volcanically active, meaning that many sites have the potential to become tourist attractions overnight; and magma does not distinguish between private and public land. When the Fagradalsfjall eruption began in March 2021, locals (and international visitors, once pandemic restrictions allowed), streamed to the Reykjanes peninsula to witness the spectacle with their own eyes.

The eruption occurred on private land where here were neither washrooms nor a place to park. In May 2021, after clearing unpaved lots and installing washrooms at the trailhead, landowners instituted a parking fee of ISK 1.000. The moeny would be used to build up infrastructure in the area. The government also agreed to contribute finances toward building up necessary services at the site. Tension arose, however, when the lot’s owners announced that they would be willing to sell the property – including the new volcano – for the right price. Government representatives stated they would protect public access to the site and that investing public funds was out of the question if any new owners planned to operate the site for profit.

Eruptions pose huge planning challenges for landowners and authorities: they are difficult to predict, attract huge numbers, involve significant danger, and constantly change the very landscape around them. Hiking trails at the Fagradalsfjall eruption, for example, were regularly closed or modified as they were cut off by lava. The eruption stopped in September 2021. All development plans at the site came to a halt.

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All these examples show that Iceland’s government lacks a cohesive policy when it comes to entry fees, access, and funding of necessary infrastructure at popular tourist sites. Decisions appear to be made on a case-by-case basis. Infrastructure is not created in anticipation of increased traffic, but only once that traffic is already straining the limits of the site in question.

While Icelanders, and Icelandic authorities, have a sense that most, if not all, natural sites should remain free and accessible to all, they are also not opposed to charging fees in exchange for services, particularly if the funds collected go toward nature conservation and necessary infrastructure.

Fees don’t seem to deter foreign tourists or locals from visiting sites: and likely seem minor compared to the cost of their accommodation, dinner, or rental car. In fact, travellers often seem happy to take part in protecting the areas they are visiting.

Source: Iceland Review.