Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

La principale activité volcanique reste en Islande où les volcanologues islandais sont persuadés qu’une éruption va avoir lieu sur la péninsule de Reykjanes, sans savoir où et quand. La sismicité a décliné au cours des derniers jours, mais on enregistre toujours des déformations du sol provoquées par l’intrusion magmatique. La bourgade de Grindavik (3500 habitants) a été totalement évacuée et des digues de terre sont en cours d’édification pour protéger la centrale géothermique de Svartsengi.

Priorité est donnée à la protection de la centrale de Svartsengi (Photo: C. Grandpey

++++++++++

Au Japon, l’activité se poursuit au niveau du cratère Minamidake du Sakurajima. Les émissions de SO2 s’élèvent en moyenne à 2 700 tonnes par jour. 15 explosions ont été enregistrées entre le 6 et le 10 novembre 2023 et 8 entre le 10 et le 13 novembre. Les panaches de cendres s’élèvent généralement jusqu’à 1,2 km au-dessus du cratère. De gros blocs sont parfois éjectés à 400 m du cratère sommital, eton observe de l’incandescence dans le cratère. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 5 niveaux) et le public est prié de rester à au moins 2 km des cratères sommitaux.

Source : JMA.

++++++++++

L’éruption du Dukono (Indonésie) se poursuit avec des panaches de cendres qui s’élèvent jusqu’à 1 km au-dessus du sommet. Des grondements peuvent parfois être entendus. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester en dehors de la zone d’exclusion de 2 km.
Source : PVMBG.

++++++++++

L’activité éruptive se poursuit de manière stable sur le Fuego (Guatemala) avec des explosions faibles à modérées qui produisent des panaches de gaz et de cendres s’élevant jusqu’à 4-4,8 km d’altitude. Des retombées de cendres sont toujours signalées dans les zones sous le vent. De plus, les explosions génèrent des grondements, des ondes de choc, des projections de matériaux incandescents jusqu’à 100 m au-dessus du cratère et des avalanches de matériaux faibles à modérées qui dévalent plusieurs ravines.
Source : INSIVUMEH.

++++++++++

Une lente émission de lave se poursuit sur le Mayon (Philippines). Les coulées de lave parcourent 1,1 à 3,4 km dans plusieurs ravines. Les effondrements du dôme de lave produisent des chutes de blocs et parfois des coulées pyroclastiques qui descendent sur les flancs du volcan parfois sur 4 km. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 0 à 5)
Source : PHIVOLCS.

++++++++++

L’éruption du Merapi (Java/Indonésie) se poursuit. Le dôme de lave SO produit des avalanches qui descendent sur les flancs jusqu’à 2 km de distance. Les changements morphologiques du dôme de lave SO sont dus à des effondrements continus. La sismicité reste à des niveaux élevés. Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester à une distance de 3 à 7 km du sommet, en fonction des secteurs.
Source : CVGHM.

++++++++++

On parle peu du Popocatepetl (Mexique) dont l’activité éruptive se poursuit. Des événements longue période (LP) s’accompagnent des habituels panaches de vapeur et de gaz, avec parfois un peu de cendre. Le niveau d’alerte reste au Jaune, Phase 2 et le public est prié de rester à 12 km du cratère.
Source : CENAPRED.

++++++++++

L’activité explosive se poursuit sur le Villarrica (Chili). Les images de la webcam montrent une forte incandescence au niveau du cratère et parfois une faible activité strombolienne. Le niveau d’alerte volcanique reste au Jaune (niveau 3 sur une échelle de quatre niveaux)
Source : SERNAGEOMIN.

++++++++++

Toujours pas d’éruption sur le Kilauea (Hawaii). L’activité associée à une intrusion magmatique, observée depuis début octobre 2023 au SO du sommet continue, mais aucune lave n’a percé la surface. Aucune activité n’est observée le long de l’East Rift Zone.

Source: HVO.

++++++++++

L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

——————————————-

Here is some news of volcanic activity around the world :

The main volcanic activity is still in Iceland where Icelandic volcanologists are convinced that an eruption will take place on the Reykjanes peninsula, without knowing where and when. Seismicity has declined in recent days, but ground deformations caused by the magmatic intrusion are still being recorded. The town of Grindavik (pop. 3,500) has been completely evacuated and earthen barriers are being built to protect the Svartsengi geothermal power plant.

++++++++++

In Japan, activity is continuing at Sakurajima‘s Minamidake Crater. SO2 emissions average 2,700 tons per day. 15 explosions were recorded during 6-10 November 2023, and 8 during 10-13 November. The ash plumes usually rise as high as 1.2 km above the crater. Large blocks are sometimes ejected 400 m from the summit crater, and crater incandescence is observed. The Alert Level remains at 3 (on a 5-level scale), and the public is asked to stay 2 km away from the summit craters.

Source : JMA.

++++++++++

The eruption at Dukono (Indonesia) continues with ash plumes that rise as high as 1 km above the summit. Rumblings can sometimes be heard. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is asked to remain outside of the 2-km exclusion zone.

Source : PVMBG.

++++++++++

Eruptive activity continues in a stable way at Fuego (Guatemala) with weak to moderate explosions that produce gas-and-ash plumes rising to 4-4.8 km a.s.l. Ashfall is still reported in downwind areas. Additionally, explosions generate rumbles, shockwaves, pulses of incandescent ejecta up to 100 m above the crater, and weak and moderate avalanches that descend several drainages

Source : INSIVUMEH.

++++++++++

Slow lava effusion continues at Mayon (Philippines). The lava flows travel 1.1 – 3.4 km down several drainages. Collapses at the lava dome produce rockfalls and occasional pyroclastic flows that descend the flanks as far as 4 km. The Alert Level remains at 3 (on a 0-5 scale)

Source : PHIVOLCS.

++++++++++

The eruption of Merapi (Java / Indonesia) continues. The SW lava dome produces lava avalanches that descend the flanks as far as 2 km. Morphological changes to the SW lava dome are due to continuous collapses of material. Seismicity remains at elevated levels. The Alert Level is kept at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 3-7 km away from the summit, based on location.

Source : CVGHM.

++++++++++

Little is said about Popocatepetl (Mexico) whose eruptive activity continues. Long-period events tare accompanied by the usual steam-and-gas plumes, with sometimes a little ash. The Alert Level remains at Yellow, Phase Two and the public is asked to stay 12 km away from the crater.

Source : CENAPRED.

++++++++++

Explosive activity continues at Villarrica (Chile). Webcam images show bright crater incandescence, and sometimes low-level Strombolian activity at the summit. The Volcano Alert level remains at Yellow (level 3 on a four-level scale)

Source : SERNAGEOMIN.

++++++++++

Kīlauea (Hawaii) is not erupting. The unrest associated with the intrusion that began in early October southwest of Kīlauea’s summit continues.  No unusual activity has been noted along the East Rift Zone.

Source: HVO.

++++++++++

Activity remains globally stable on other volcanoes.

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Islande : éruption ? Pas éruption ? Où et quand ? Les paris sont ouverts ! // Iceland : an eruption ? No eruption ? Where and when ? The bets are open !

Même si la sismicité a diminué ces derniers jours, un volcanologue de l’Institut des sciences de la Terre de l’Université d’Islande est convaincu qu’une éruption aura lieu sur la péninsule de Reykjanes. Selon ses propres mots, « il ne s’agit pas de savoir s’il y aura une éruption volcanique dans les jours et les semaines à venir, mais plutôt de savoir où. Il est clair qu’il y aura une éruption dans les prochains jours, au moins dans une semaine ou deux »
Selon lui, les chances d’une éruption volcanique dans la ligne de cratères de Sundhnúka diminuent et la probabilité d’une éruption à Eldvörp augmente. Les 10 et 11 novembre ont semblé les jours les plus probables pour qu’une éruption ait lieu dans la rangée de cratères de Sundhnúka, mais l’éruption ne s’est pas produite. En conséquence, la probabilité d’une éruption dans ce secteur diminue chaque jour. Il est désormais plus probable que le magma atteigne la surface à Eldvörp dans les prochains jours.
Le volcanologue ajoute que autres sites possibles pour une éruption sont Bláfjöll, Krýsuvík ou Hengill. Résumant la situation, il a déclaré : « Tout d’abord, nous sommes à la limite de plaques tectoniques. Ces plaques s’écartent constamment. Pour le moment, elles sont capables de résister pendant un certain temps, mais lorsqu’elles se brisent, des conditions sont favorables pour que le magma atteigne la surface et c’est ce qui se passe à Reykjanes. » Les paris sont ouverts.
Source : Iceland Monitor.

Le problème, c’est que l’intrusion magmatique n’a pas lieu dans une zone désertique comme lors des deux éruptions précédentes. Les 3500 habitants de Grindavik aimeraient sûrement obtenir une prévision plus précise quant à la période pendant laquelle ils devront vivre loin de chez eux. Malheureusement, nos connaissances actuelles en volcanologie ne permettent pas d’en savoir plus sur le comportement du magma.

———————————————-

Even though seismicity has been decreasing in the past days, a volcanologist at the Institute of Earth Sciences at the University of Iceland, is convinced an eruption will take place on the Reykjanes Peninsula. In hos own words, « it is not a question of whether there will be a volcanic eruption in the coming days and weeks, but rather, where. It’s quite clear that there will be a volcanic eruption sometime in the next few days, at least in a week or two  »

In his opinion, the chances of a volcanic eruption in the Sundhnúka crater row decrease and the likelihood of an eruption in Eldvörp increase. November 10th and 11th were actually the most likely days for an eruption in the Sundhnúka crater row. As a result, the likelihood of an eruption in that location decreases with every day passing. Now, it is more likely that the magma will come up in Eldvörp in the next few days.

The volcanologist adds that the next possible places for an eruption are Bláfjöll, Krýsuvík or Hengill. Summing up the situation, he said : “First of all, we’re at a tectonic plate boundary. The plates are constantly going apart but right now the plates themselves, they can hold on for a while but when they break, conditions arise so that magma reaches the surface and that’s what’s happening on Reykjanes.” The bets are open.

Source : Iceland Monitor.

The problem is that the magmatic intrusion is not taking place in a desert area as during the two previous eruptions. The 3,500 inhabitants of Grindavik would surely like to have a more precise prediction about the period during which they will have to live away from home. Unfortunately, our current knowledge of volcanology does not allow us to know more about the behaviour of magma.

Si une éruption doit se produire, ce sera probablement dans le secteur où la sismicité et des déformations du sol sont les plus significatives (Source: Met Office).

Le graben de Grindavik et la construction des digues // The graben in Grindavik and the building of barriers

Ces jours-ci, les bulletins du Met Office islandais à propos de la situation à Grindavik font état d’une « formation en graben. » Ce mot d’origine allemande, qui se traduit par fossé, est utilisé en géologie. Il est à relier aux contraintes tectoniques qui affectent la surface terrestre et conduisent au développement de nombreuses failles. Un graben est un fossé tectonique d’effondrement entre des failles normales. Le compartiment surélevé par rapport au graben est appelé  horst.

 

Source: Wikipedia

A Grindavik, on se trouve dans un contexte de failles autorisant la remontée du magma des profondeurs. Cela crée une tension au niveau de la surface de la lithosphère. Cette tension se traduit par un bombement de la croûte qui induit un effondrement du relief, d’où l’apparition du graben mentionné par le Met office. Ce fossé d’effondrement, identifié le 12 novembre grâce aux images satellitaires, présente jusqu’à 1 mètre de déplacement vertical du sol dans la partie ouest de Grindavík. Il est toujours actif, comme le montre la sismicité dans la région.

Les autorités islandaises ont annoncé que le Blue Lagoon resterait fermé au moins jusqu’au 30 novembre 2023, date à laquelle la situation sera réévaluée. Dans le même temps, les travaux sur les digues de protection de Svartsengi ont commencé et se poursuivent jour et nuit. Un ingénieur a expliqué que les travaux devraient prendre plusieurs semaines.

 

Carte montrant les trois zones où des travaux sont en cours pour l’édification des protections à l’est du mont Þorbjörn (Source: Iceland Monitor).

++++++++++

Voici quelques informations supplémentaires fournies par le Met Office islandais le 15 novembre 2023 aux alentours de midi.
La sismicité reste élevée sur la péninsule de Reykjanes, mais elle est moins intense que ces derniers temps et elle a tendance à se stabiliser depuis le 11 novembre. Quelque 800 séismes ont été enregistrés depuis le 15 novembre 2023 à minuit, la plupart au milieu de l’intrusion magmatique à Sundhnúk, à une profondeur d’environ 3 à 5 km.
Les instruments montrent une déformation continue du sol. Cela s’explique par l’écoulement du magma dans le dyke. Une partie du dyke semble se solidifier, en particulier sur les bords, mais pas au niveau de sa zone d’alimentation ,qui se situe probablement près de Sundhnúk.
Les émissions de SO2 semblent montrer des fluctuations, mais des mesures supplémentaires sont nécessaires pour le confirmer.

Le câble à fibre optique de HS Orka, qui relie Svartsengi (à l’ouest du Þorbjörn) à Arfadalsvík, est utilisé comme ligne de mesure sismique continue à haute sensibilité. Il s’agit d’une nouvelle technologie développée ces dernières années et qui est désormais utilisée comme mesure supplémentaire de la sismicité.
Selon le Met Office, la probabilité d’une éruption reste bien présente. Si une éruption devait se produire, ce serait probablement au niveau du dyke magmatique.

—————————————————

These days, theIcelandic Met Office’s updates about the situation in Grindavik report a “graben formation. » This word of German origin, which translates as ditch, is used in geology. It is linked to tectonic constraints which affect the earth’s surface and lead to the development of numerous faults. A graben is a tectonic collapse gap between normal faults. The compartment raised above the graben is called a  horst (see image above).

In the Grindavik area, there are faults allowing the rise of magma from the depths. This creates tension on the surface of the lithosphere. This tension results in a bulging of the crust which induces a collapse of the relief, hence the appearance of the graben mentioned by the Met office. It was identified on November 12th using satellite imagety, and shows up to 1 meter of vertical ground displacement in the western part of Grindavík. It is still active, as confirmed by seismicity in the area.

Icelandic authorities announced that the Bue Lagoon will remained closed at least until November 30th, 2023 when the situation will be reassessed.. In the meantime, work on the barriers at Svartsengi has begun and is being done day and night (see map above). An engineer in the area has explained it can take several weeks.

++++++++++

Here is some more information provided by the Icelandic Met Office on November 15th, 2023 around midday.

Seismicity is still elevated on the Reykjanes Peninsula, but it is less intense than during the past days and it has become stable since November 11th. Since midnight on November 15th, 2023, about 800 earthquakes have been measured, most of them in the middle of the magma dyke at Sundhnúk at a depth of about 3-5 km.
Instruments show continued deformation in the area. This is consistent with magma still flowing into the dyke. Part of the magma dyke seems to be solidifying, especially at the edges, but not at the magma inflow area, which is believed to be near Sundhnúk.
SO2 emissions seem to show fluctuations, but further measurements are needed for confirmation.

The fiber optic cable of HS Orka, that runs from Svartsengi west of Þorbjörn to Arfadalsvík is being used as a continuous seismic measuring line with high sensitivity. This is a new technology that has been developed in recent years and is now used as additional measurements.

According to the Met Office, the probability of an eruption is still considered high. In the event of an eruption, the most likely location would be at the magma dyke.

Islande : ne pas oublier l’éruption du Laki….

En ce moment la forte sismicité et la déformation du sol bien visibles à Grindavik inquiètent les autorités islandaises. Grâce aux instruments terrestres et aux données satellitaires dont ils disposent, les scientifiques ont détecté une importante intrusion magmatique dans le sous-sol du sud-ouest de l’Islande. Ce dyke couvre une longueur d’une quinzaine de kilomètres et le magma se rapproche par endroit dangereusement de la surface, flirtant avec elle à moins de 1 kilomètre de profondeur. Ce sont des constations précieuses, mais les volcanologues islandais sont incapables de dire comment se comportera l’intrusion magmatique dans les prochains jours. Se soldera-t-elle par une éruption ? La bourgade de Grindavik et la centrale électrique de Svartsengi seront-elles menacées ? Y aura-t-il une éruption sous-marine au large de la péninsule de Reykjanes ? Le magma se solidifiera-t-il sous terre sans émerger à la surface ? Ce sont autant de questions auxquelles personne ne peut répondre. A Hawaii, on dirait que seule Madame Pélé connaît la suite des événements.

En constatant la longueur de l’intrusion magmatique, il me vient à l’esprit l’éruption du Laki, dans le sud-est de l’Islande, en 1783 . Il ne faudrait pas que le magma adopte un tel comportement en 2023 car les conséquences prendraient une autre ampleur que la situation actuelle

Le 8 juin 1783, une fissure de 27 kilomètres de long déchire le paysage islandais. C’est le point de départ d’une éruption qui durera jusqu’au 7 février 1784. Elle a produit 14,7 kilomètres cubes de lave qui ont recouvert une superficie de 599 kilomètres carrés. La fissure est ponctuée de quelque 140 cratères, évents et cônes orientés dans une direction SO-NE, celle du rift qui tranche l’Islande dans son ensemble.

Cette lave a menacé de nombreux Islandais, leurs animaux et leurs biens. L’éruption a produit de grandes quantités de gaz et de cendres. Ces dernières, très riches en fluor, ont empoisonné les champs, les prairies et les étangs. 50 % des bovins, 79 % des ovins et 76 % des chevaux ont péri entre 1783 et 1785.

L’éruption a également profondément affecté la vie de la population, avec la famine de la brume, ou Móðuharðindin. Le régime alimentaire islandais de l’époque était principalement basé sur la viande et le poisson, de sorte que les retombées de cette éruption ont été catastrophiques. En 1785, environ 20 % de la population islandaise était morte de faim, de malnutrition ou de maladie.

Cette éruption est remarquable par ses impacts bien au-delà de l’Islande. Les gaz – surtout le dioxyde de soufre (SO2) – ont été transportés en Europe par le jet-stream et le SO2 est apparu sous la forme d’un brouillard sec à odeur de soufre. Les populations en Europe ignoraient qu’une éruption volcanique s’était produite en Islande au même moment et que c’était cet événement qui causait ce brouillard sec inhabituel. Une autre caractéristique de l’été 1783 a été la coloration  rouge sang du ciel au coucher et au lever du soleil.

Par sa durée, le brouillard sec a pu avoir des effets négatifs sur la végétation et la santé humaine en Europe continentale. Plusieurs plantes se sont fanées, les feuilles ont changé de couleur et certains arbres ont perdu leurs feuilles. Le brouillard sec a frappé plus durement les personnes souffrant de problèmes respiratoires ou cardiaques préexistants. Dans plusieurs régions, les gens se sont plaints de douleurs aux yeux.

En parcourant les registres paroissiaux, les chercheurs ont établi un lien entre la concentration de S02 et de SO4 dans l’air et le pic de mortalité observé entre août et septembre 1783 puis janvier-Février 1784. Quant à dire que l’éruption du Laki, par ses conséquences sur l’agriculture et les famines qu’elle a générées, est l’une des causes de la Révolution Française de 1789, c’est une autre histoire…

Photo: C. Grandpey