Petite leçon d’islandais : le mot de l’année // Short lesson of Icelandic language : the word of the year

L’Institut Árni Magnússon a choisi hraunkæling (« refroidissement de la lave ») comme mot de l’année 2024 en Islande. Le terme a pris de l’importance car cette technique islandaise vieille de 40 ans a été réutilisée pour protéger les infrastructures lors des dernières éruptions sur la péninsule de Reykjanes.
Chaque année, l’Institut examine dix mots de la langue islandaise, mais un seul est finalement choisi parmi tous ceux recueillis tout au long de l’année. Ces dernières années, les mots choisis ont souvent été liés à des événements marquants tels que la COVID-19, l’invasion russe de l’Ukraine, l’activité volcanique sur la péninsule de Reykjanes et l’essor de l’intelligence artificielle.

Cette année, aucun mot n’est ressorti statistiquement ou contextuellement. Les questions liées à l’immigration ont été largement abordées, quatre des dix mots nominés reflétant ce thème : inngilding (« inclusion »), búsetuúrræði (« solutions de logement »), móttökuskóli (« école d’accueil ») et fjölskyldusameining (« regroupement familial »). Outre les termes liés à l’immigration, la santé publique a été un autre thème important dans l’utilisation de l’islandais, avec des sujets allant des mesures préventives, comme éviter les aliments ultra-transformés (gjörunnin matvæli), aux traitements comme les médicaments contre l’obésité (þyngdarstjórnunarlyf).

Le mot de l’année 2024 a été inspiré par l’activité volcanique sur la péninsule de Reykjanes. Les six éruptions de 2024 ont suscité des efforts considérables pour protéger les infrastructures de la région. Parmi les nouveaux mots utilisés, on peut citer la réapparition de hraunkæling (refroidissement de la lave), une technique islandaise vieille de 40 ans, qui a été élue mot de l’année 2024.
Hraunkæling est un nom islandais composé qui combine hraun (qui signifie « lave ») et kæling (qui signifie « refroidissement »). C’est un nom féminin en islandais.
Selon l’Institut Árni Magnússon, ces dernières années, l’activité volcanique sur la péninsule de Reykjanes a dominé l’actualité, à commencer par l’éruption dans la Geldingadalur et à Fagradalsfjall, le 19 mars 2021. Au cours de cette année-là, les termes de volcanologie ont été nombreux dans la presse. Parmi les nominés possibles figuraient óróapúls (impulsion de tremor), gosmóða (brume volcanique) et kvikugangur (intrusion de magma).
Au cours des deux années suivantes, l’activité volcanique s’est poursuivie, mais aucun terme nouveau ou existant n’a vraiment retenu l’attention. En 2023, cependant, l’activité s’est intensifiée, avec six éruptions en un an. Divers termes sont apparus, tels que varnargarður (barrière protectrice), sprunguhreyfingar (mouvements de fissures) et kvikusöfnunarsvæði (zone d’accumulation de magma), mais hraunkæling a pris le plus d’importance.
Au cours de l’été 2024, le refroidissement de la lave a été utilisé car il n’était pas certain que les digues de terre à elles seules suffiraient à protéger les infrastructures. Cette technique, une innovation islandaise, s’était avérée efficace lors de l’éruption de 1973 sur Heimaey.

Refroidissement de la lave à Heimaey en 1973 (Source: Wiki Commons)

L’idée d’utiliser le refroidissement de la lave pour protéger les infrastructures de la péninsule de Reykjanes a été proposée pour la première fois en 2023. Le terme est apparu 161 fois dans le corpus islandais des gigamots (Risamálheild) cette année-là. Au cours des dix premiers mois de l’année 2024, il est apparu 1 530 fois.
Source : Iceland Review.

Refroidissement de la lave en 2024 (Source; Protection Civile)

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The Árni Magnússon Institute has selected hraunkæling (“lava-cooling”) as its 2024 word of the year. The term gained prominence after a 40-year-old Icelandic technique was revived to protect infrastructure during recent eruptions on the Reykjanes peninsula.

Each year, the Institute considers ten words, but only one is chosen based on data collected throughout the year on language usage. In recent years, the words chosen have often been linked to significant events such as COVID-19, the Russian invasion of Ukraine, volcanic activity on the Reykjanes Peninsula, and the rise of artificial intelligence. This year, no single word stood out statistically or contextually as encapsulating the year’s defining features. Immigration-related issues were widely discussed, with four of the ten nominated words reflecting this theme: inngilding (‘inclusion’), búsetuúrræði (‘housing solutions’), móttökuskóli (‘reception school’), and fjölskyldusameining (‘family reunification’). In addition to immigration-related terms, public health was another prominent theme in language usage, with topics ranging from preventive measures, such as avoiding ultra-processed foods (gjörunnin matvæli), to treatments like weight management drugs (þyngdarstjórnunarlyf).

The 2024 word of the year was inspired by volcanic activity on the Reykjanes Peninsula. The six eruptions on the Reykjanes peninsula in 2024 have prompted extensive efforts to protect infrastructure in the area. These included reviving the word for a 40-year-old Icelandic technique to slow or stop lava flow ; hraunkæling (lava-cooling), which has been named the 2024 word of the year.

Hraunkæling is a compound Icelandic noun that combines hraun (meaning “lava”) and kæling (meaning “cooling”). It is a feminine noun in Icelandic.

According to the Árni Magnússon Institute, in recent years, volcanic activity on the Reykjanes Peninsula has been a defining feature, beginning with the eruption in Geldingadalur, Fagradalsfjall, on March 19, 2021. During that first year, terms from volcanology dominated. Notable nominees included óróapúls (tremor pulse), gosmóða (volcanic haze), and kvikugangur (magma intrusion).

In the two subsequent years, volcanic activity continued, but no new or existing terms gained significant attention. In 2023, however, saw a marked increase in activity, with six eruptions in one year. Various terms emerged, such as varnargarður (protective barrier), sprunguhreyfingar (fissure movements), and kvikusöfnunarsvæði (magma accumulation area), but hraunkæling gained the most prominence.

In the summer of 2024, lava cooling was employed when it was unclear whether protective barriers alone would suffice. This technique, an Icelandic innovation, had proven effective during the 1973 eruption on Heimaey. The idea of using lava cooling to protect infrastructure on the Reykjanes Peninsula was first proposed in 2023, with the term appearing 161 times in the Icelandic Gigaword Corpus (Risamálheild) that year. In the first ten months of the following year, 2024, it appeared 1,530 times.

Source : Iceland Review.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Suite à des observations qui ont révélé une hausse de l’activité volcanique, la couleur de l’alerte aérienne pour White Island (Nouvelle-Zélande) a été relevée à l’Orange le 16 décembre 2024 tandis que le niveau d’alerte volcanique reste à 2. Les scientifiques de GeoNet ont observé des émissions sporadiques de cendres ainsi que des panaches de vapeur et de gaz le 14 décembre. Il y a aussi une augmentation notable des émissions de SO2 et de CO par la bouche active. Les scientifiques ont par ailleurs déclaré que les mesures du gaz et d’autres observations effectuées lors d’un survol indiquent que du magma juvénile pourrait être à l’origine de la dernière hausse d’activité qui pourrait conduire à un nouvel épisode éruptif.
Source : GeoNet.

Photo: C. Grandpey

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Comme je l’ai expliqué précédemment, le parking du Blue Lagoon (Islande) a été enseveli sous la lave et gravement endommagé le 21 novembre lors de l’éruption qui s’est terminée le 9 décembre 2024. Le 14 décembre, un nouveau parking a été ouvert pour les visiteurs. Jusqu’à présent, ils devaient prendre une navette depuis Grindavik. .
Le parking d’origine pouvait accueillir environ 350 véhicules. Le nouveau parking, qui a été construit au nord-est, pas très loin des installations, est une solution temporaire et ne fait que la moitié de la taille du précédent. Cependant, cela ne devrait pas poser de problème car le nombre de visiteurs pendant la saison hivernale est bien inférieur à celui de l’été et le nouveau parking devrait être suffisant pour les accueillir. Un nouveau parking est à l’étude.
Il convient de noter que le soulèvement du sol a recommencé à Svartsengi. Au train où vont les choses, il est peu probable qu’une autre éruption se produise avant la mi-mars 2025.
Source : Iceland Review, Met Office.

 

La colonne de droite montre l’inflation le 16 décembre 2024 à Svartsengi (Source : Met Office)

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Une anomalie thermique a été identifiée à Home Reef (arc volcanique de Tofua) dans les données satellitaires du 4 décembre 2024. Des anomalies thermiques ont persisté au moins jusqu’au 13 décembre. Le niveau d’alerte maritime a été relevé à Orange (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs) et il est demandé aux marins de rester à au moins 4 km de l’île. La couleur de l’alerte aérienne reste Verte. Une comparaison des images satellites des 7 et 12 décembre 2024 montre qu’un nouveau lobe de lave avance vers le NE, agrandissant le littoral. Il y a également une anomalie thermique sur la partie centrale de l’île.
Source : Tonga Geological Services.

Source: NASA

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On observe une hausse d’activité sur le Shinmoedake, un stratovolcan du groupe Kirishimayama dans l’arc volcanique de Rykyu. Les données GNSS indiquent une légère inflation qui a débuté en novembre 2023. La sismicité est en hausse depuis fin octobre 2023, avec 284 événements au cours des dix premiers jours de décembre 2024. Le 12 décembre, le niveau d’alerte a été relevé à 2 (sur une échelle de 5 niveaux) et le public est prié de rester à au moins 2 km du cratère Shinmoedake.
Source : JMA.

Crédit photo: JMA

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L’éruption se poursuit sur le Dukono (Indonésie). Des panaches de vapeur et de cendres s’élèvent toujours à plusieurs centaines de mètres au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester à au moins 4 km du cratère Malupang Warirang.

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L’activité éruptive continue sur le dôme Laki-laki du Lewotobi. Des panaches de cendres et de vapeur s’élèvent toujours jusqu’à 800 m au-dessus du sommet. Des événements éruptifs ont été enregistrés le 15 décembre 2024. Le niveau d’alerte reste à 4 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est invité à rester à au moins 6 km du Laki-laki et à 7 km dans un demi-cercle dans le sens inverse des aiguilles d’une montre du NE au SO.

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Toujours en Indonésie, un avis d’alerte a été émis pour l’aviation (VONA) pour le Raung le 12 décembre 2024. Des panaches de gaz et de vapeur s’élevaient à 500 m au-dessus du sommet et des épisodes de tremor volcanique ont été enregistrés par le réseau sismique. Cette hausse de l’activité volcanique a provoqué la publication d’un nouveau bulletin VONA le 15 décembre. La couleur de l’alerte aérienne a été élevée au Jaune (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs). Un événement éruptif a produit un panache de cendres qui s’est élevé à 500 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte volcanique reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est invité à rester à au moins 3 km du cratère sommital.
Source : PVMBG.

Photo: C. Grandpey

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L’activité éruptive se poursuit sur le Kanlaon (Philippines). Les émissions de SO2 varient de 3 620 à 8 600 tonnes par jour. Les émissions de gaz et de vapeur s’élèvent de 50 à 100 m au-dessus du sommet.

Le 17 décembre 2024, 15 391 personnes (4 865 familles) séjournaient dans 32 centres d’évacuation et 2 711 autres personnes (803 familles) séjournaient dans d’autres lieux. 40 personnes travaillant dans l’agriculture ou la pêche ont été affectées par l’éruption ; 21,27 hectares de yerres agricoles ont été endommagés et 32 ​​villes ont déclaré un état de catastrophe naturelle. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 0 à 5) ; le public est prié de rester à au moins 6 km du sommet et il est conseillé aux pilotes de ne pas voler à proximité du volcan.
Source : PHIVOLCS.

Crédit photo: PHIVOLCS

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity in the world:

Following observetaions that revealed an increase in volcanic activity, the Aviation Color Code for White Island (New Zealand) was raised to Orange on December 16th, 2024 while the Volcanic Alert Level remains at 2. GeoNet scientists observed occasional volcanic ash emissions together with steam and gas plumes on December 14th.. There was a noticeable increase in SO2 and CO emissions from the active vent. They said that images from the gas measurement flight and other observations indicate that fresh magma might be causing the recent activity which could lead to a new eruptive episode.

Source : GeoNet.

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As I explained before, the parking lot at the Blue Lagoon (Iceland) was buried beneath lava and severely damaged on November 21st during the eruption that ended on December 9th, 2024. On December 14th, a new parking lot was opened for the visitors. Up to now, they had to take a shuttle from Grindavik. .

The original car park had room for around 350 vehicles. The new car park, which has been built a short distance northeast of the facilities, is considered a temporary solution and is only half the size of the original. However, this should not be a problem as the number of visitors during the winter season is much lower tha during the summer and the new parking lot should be sufficient to welcome them. A new parking lot is being studied.

It should be noted that ground uplift has started again at Svartsengi. As things are going, another eruption is unlikely to happen before mid-March 2025.

Source : Iceland Review, Met Office.

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A thermal anomaly was identified at Home Reef (Tofua Volcanic Arc) in satellite data on 4 December 2024. Thermal anomalies persisted at least through 13 December. The Maritime Alert Level was raised to Orange (level 2 on a four-color scale) and mariners were advised to stay 4 km away from the island. The Aviation Color Code remained at Green. A comparison of satellite images from 7 and 12 December 2024 showed that a new lobe of lava had flowed to the NE, expanding the coastline. There was also a thermal anomaly over the central part of the island.

Source : Tonga Geological Services.

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Activity has increased at Shinmoedake, a stratovolcano of the Kirishimayama volcano group in the Rykyu Volcanic Arc. GNSS data indicate a minor inflation that started in November 2023. Seismicity has been increasing since late October 2023, with 284 events during the first ten days of December 2024. On 12 December, the Alert Level was raised to 2 (on a 5-level scale) and the public is asked to stay at least 2 km away from Shinmoedake Crater.

Source : JMA.

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The eruption continues at Dukono (Indonesia). Steam and ash plumes still rise several hundred meters above the summit. The Alert Level remains at Level 2 (on a scale of 1-4) and the public is asked to stay at least 4 km away from the Malupang Warirang Crater.

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Eruptive activity continues at Lewotobi Laki-laki. Ash and steam plumes still rise as high as 800 m above the summit. Eruptive events were recorded on 15 December 2024. The Alert Level remains at 4 (on a scale of 1-4) and the public is sked to stay at least 6 km away from the center of Laki-laki and 7 km in a semicircle counterclockwise from the NE to the SW.

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Still in Indonesia, an alett notice was emitted for Aviation (VONA) for Raung on 12 December 2024. White plumes rose 500 m above the summit and volcanic tremor was recorded by the seismic network. Increasing volcanic activity prompted the release of another VONA on 15 December. The Aviation Color Code was raised to Yellow (level 2 on a four-color scale). An eruptive event produced a medium-dense to dense ash plume that rose 500 m above the summit. The Volcano Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4) and the pubic is asked to stay 3 km away from the summit crater.

Source : PVMBG.

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Eruptive activity continues at Kanlaon (Philippines). SO2 emissions range from 3,620 to 8,600 tonnes per day. Gas-and-steam emissions rise 50-100 m above the summit. On 17 December 2024, 15,391 people (4,865 families) were staying at 32 evacuation centers and another 2,711 people (803 families) were staying elsewhere. 40 people involved with farming or fishing were affected by the eruption, a total of 21.27 hectares of agricultural fields were damaged, and 32 cities had declared a “state of calamity”. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 0-5); the public is asked to stay 6 km away from the summit and pilots are advised not to fly close to the volcano.

Source : PHIVOLCS.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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La croissance de l’Everest, une histoire de rebond isostatique // Isostatic rebound is causing Mt Everest to grow

L’Everest (8849 mètres) est la plus haute montagne sur Terre. Depuis longtemps, les scientifiques se demandent pourquoi il se détache autant de la chaîne himalayenne, culminant presque 250 mètres au-dessus du K2, le deuxième plus haut sommet de l’Himalaya. C’est une anomalie car les deux plus hauts sommets suivants, le Kangchenjunga et le Lhotse, se tiennent en 120 mètres seulement.

Des chercheurs de l’University College London en Angleterre pensent avoir éclairci ce mystère. Dans la revue Nature Geoscience, ils attribuent cette situation au rebond isostatique. Ce phénomène survient lorsqu’une partie de la croûte terrestre perd de la masse et s’élève parce que la pression du manteau liquide en dessous d’elle est supérieure à celle de la force de gravité. Je l’ai expliqué à propos de l’Islande où l’allègement de la masse glaciaire fait se soulever le substrat rocheux. Certains scientifiques pensent que ce rebond isostatique pourrait favoriser l’ascension du magma sous les volcans, avec des éruptions plus fréquentes, mais nous ne disposons pas de suffisamment de recul pour l’affirmer. Le processus est, bien sûr, très lent, à raison de quelques millimètres par an mais, selon les scientifiques, il a fait grandir l’Everest de 15 à 50 mètres au cours des 89 000 dernières années.

La perte de masse à l’origine de ce rebond isostatique est à chercher du côté de la rivière Arun qui coule à environ 75 kilomètres l’est de l’Everest et se jette dans le système fluvial Kosi. Au fil des millénaires, l’Arun a creusé une gorge considérable le long de ses rives, emportant des milliards de tonnes de terre et de sédiments. Cela s’explique par sa topographie. En amont, la rivière coule vers l’est à haute altitude dans une vallée plate. Elle s’oriente ensuite brusquement vers le sud en prenant le nom de rivière Kosi. Elle perd alors de l’altitude et la pente devient plus abrupte. Cette topographie unique, révélatrice d’un état instable, est probablement liée à la hauteur extrême de l’Everest. Au final, le rebond isostatique soulève les montagnes plus vite que l’érosion les élime.

Le phénomène ne touche pas uniquement l’Everest, mais aussi notamment le Lhotse et le Makalu, respectivement quatrième et cinquième plus hauts sommets du monde. Les GPS montrent que tous grandissent d’environ deux millimètres par an.

Source : Daily Telegraph, Futura Science.

Crédit photo: Wikipedia

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Mount Everest (8,849 meters) is the tallest mountain on Earth. Scientists have long wondered why it stands out so much from the Himalayan range, towering almost 250 meters above K2, the second highest peak in the Himalayas. This is an anomaly because the next two highest peaks, Kangchenjunga and Lhotse, are only 120 meters away.
Researchers at University College London in England think they have solved this mystery. In the journal Nature Geoscience, they attribute this situation to isostatic rebound. This phenomenon occurs when a part of the Earth’s crust loses mass and rises because the pressure of the liquid mantle below it is greater than that of the force of gravity. I explained this in relation to Iceland, where the lightening of the glacial mass causes the bedrock to rise. Some scientists say it might favour the rise of magma in volcanoes, but this has not been proved yet. The process is, of course, very slow, at a rate of a few millimeters per year, but scientists estimate that it has caused Everest to grow by 15 to 50 meters over the past 89,000 years.
The mass loss that caused this isostatic rebound is the Arun River, which flows about 75 kilometers east of Everest and turns into the Kosi River system. Over the millennia, the Arun has carved a considerable gorge along its banks, carrying billions of tons of soil and sediment. This is due to its topography. Upstream, the river flows east at high altitude in a flat valley. It then turns sharply south, taking the name of Kosi River. It then loses altitude and becomes steeper. This unique topography, indicative of an unstable state, is probably linked to Everest’s extreme height. Ultimately, isostatic rebound lifts mountains faster than erosion wears them away.
The phenomenon does not only affect Mt Everest, but also notably Lhotse and Makalu, respectively the fourth and fifth highest peaks in the world. GPS shows that all are growing by about two millimeters per year.
Source: Daily Telegraph, Futura Science.

Islande : renforcement des digues de terre autour de Svartsengi // Iceland : protective barriers being reinforced around Svartsengi

Des travaux sont en cours pour ériger des digues de terre au nord-est et au nord-ouest de la centrale électrique de Svartsengi afin de protéger les infrastructures contre les prochaines éruptions. Le soulèvement du sol a repris dans la zone, ce qui indique une nouvelle accumulation de magma avec la probabilité d’une éruption dans les prochains mois.
Les travaux sont entrepris sur la base de modèles scientifiques. Après chaque éruption, la situation doit être réévaluée. Les volcanologues islandais ont créé des modèles de coulées de lave qui indiquent que si une éruption semblable à la précédente se produit, la centrale électrique sera en danger. Les autorités islandaises soulignent que toutes les mesures nécessaires seront prises pour protéger le site et l’érection des digues de terre en fait partie. Elles doivent être surélevées de quatre à six mètres, ce qui nécessite 250 000 mètres cubes de matériaux pour cet ajout.
Le projet devrait coûter entre 8,5 et 10,2 millions d’euros. Le coût total de la construction de ces remparts a déjà dépassé les 69 millions d’euros. Le coût de la mise en place des digues de terre semble très élevé, mais si la centrale est détruite par une éruption, la perte pourrait se chiffrer en milliards par jour. Par conséquent, il s’agit d’une mesure de protection civile nécessaire pour assurer à la fois la sécurité des personnes et la poursuite du fonctionnement normal des entreprises dans la région de Reykjanes.
Source : Iceland Review.

Source: Protection Civile

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Efforts are underway to raise protective barriers to the northeast and northwest of the Svartsengi Power Plant to mitigate risks from potential future eruptions. Signs of land uplift in the area indicate renewed magma accumulation and another eruption is likely in the next months.

The work is undertaken on the basis of scientific models. After each eruption, the situation needs to be reassessed. Icelandic volcanologists have created lava flow models, and all of these models indicate that if an eruption occurs that is similar to the last one, the power plant will be at risk. Icelandic authorities emphasise that all necessary measures will be taken to safeguard the power plant, with the raising of barriers being one such response. The barriers are to be raised by four to six metres, which requires 250,000 cubic meters of material for this addition.

The project is expected to cost an estimated 8.5-10.2 million euros. The total cost of constructing the barriers has already exceeded 69 million euros. The cost of raising barriers looks very high but if the power plant gets destroyed by an eruption, the resulting cost could run into billions per day. As a consequence, it is a necessary civil protection measure to ensure both the safety of lives and the continued operation of businesses in the Reykjanes area in a normal manner.

Source : Iceland Review.