L’Arctique ne sera plus jamais comme avant // The Arctic will never be the same again

Il n’est pas une journée sans mauvaises nouvelles de l’Arctique. Un article paru dans The Guardian nous rappelle qu’à la fin du mois de juillet 2020, 40% de la plate-forme glaciaire de Milne, sur la bordure nord-ouest de l’île d’Ellesmere, sont partis dans la mer. Cela signifie que la dernière banquise encore parfaitement intacte au Canada n’existe plus. De l’autre côté de l’île, dans la région la plus septentrionale du Canada, les calottes glaciaires de la baie St Patrick ont ​​totalement disparu. Selon les scientifiques, la calotte glaciaire du Groenland a probablement dépassé le point de non-retour. Les chutes de neige annuelles ne suffisent plus pour compenser la perte de neige et de glace pendant la fonte estivale des 234 glaciers du territoire. En 2019, la calotte glaciaire a perdu sa glace à raison d’un million de tonnes par minute.
L’Arctique fond plus rapidement qu’on l’imaginait il y a seulement quelques décennies. Le nord de la Sibérie et l’Arctique canadien se réchauffent maintenant trois fois plus vite que le reste du monde. Au cours de la dernière décennie, les températures de l’Arctique ont augmenté de près de 1°C. Si les émissions de gaz à effet de serre restent sur la même trajectoire, le nord du globe se sera réchauffé de 4°C d’ici le milieu de ce siècle.
L’Arctique tel que nous le connaissons aujourd’hui ne sera bientôt plus qu’un souvenir.
Une nouvelle étude parue dans Nature Climate Change explique que la glace de mer qui flotte pendant l’été à la surface de l’océan Arctique pourrait disparaître entièrement d’ici 2035. Jusqu’à relativement récemment, les scientifiques pensaient que cette situation attendrait 2050 au plus tôt. Confirmant les prévisions de l’étude, la glace de mer arctique en septembre 2020 a atteint sa deuxième plus faible étendue en 41 ans.
S’ajoutant à ce qui précède, le pergélisol de l’Arctique canadien dégèle 70 ans plus tôt que prévu. Les routes se déforment. Les maisons s’affaissent. En Sibérie, des cratères géants apparaissent brusquement dans la toundra lorsque les températures montent en flèche; il ne faut pas oublier qu’elles ont atteint 38°C dans la ville de Verkhoyansk en juillet 2020. Il ne faudrait pas oublier non plus qu’au printemps de cette année, un réservoir de carburant dans une centrale électrique russe, s’est renversé sous l’effet du dégel du pergélisol et a déversé 21 000 tonnes de diesel dans un cours d’eau à proximité.
Le dégel du pergélisol libère dans l’atmosphère du gaz carbonique et du méthane, deux puissants gaz à effet de serre, ce qui aggrave le réchauffement climatique. Les vagues de chaleur successives ont provoqué des incendies de forêt qui font rage dans les régions les plus chaudes et les plus sèches de l’Arctique. Cela a un effet négatif sur les millions de rennes et de caribous qui se nourrissent des mousses, des lichens. A l’inverse, entre 2013 et 2014, environ 61 000 animaux sont morts dans la péninsule russe de Yamal en raison d’une famine à grande échelle pendant un hiver pluvieux. Dans son ensemble, la population mondiale de rennes et de caribous a diminué de 56% au cours des 20 dernières années. Ces pertes ont des conséquences désastreuses pour les peuples autochtones dont la culture et les moyens de subsistance dépendent de ces animaux.
A côté de cela, le changement climatique dans l’Arctique est une aubaine pour les gouvernements peu scrupuleux qui trouvent des opportunités dans la crise climatique actuelle:
– La fonte des glaces est en train de rendre accessibles les ressources minérales et les réserves de pétrole et de gaz de la région Au Groenland, la fonte de la glace révèle une richesse en uranium, zinc, or, fer et autres minéraux. On comprend pourquoi Donald Trump a affirmé en 2019 qu’il envisageait d’acheter le Groenland au Danemark.
– La Chine investit massivement dans la route maritime du Nord de plus en plus exempte de glace au-dessus de la Russie. Cela promet de réduire de 10 à 15 jours les trajets par bateau entre l’Extrême-Orient et l’Europe. Le passage du Nord-Ouest à travers l’archipel arctique canadien fournira probablement bientôt un autre raccourci maritime.
Jamais auparavant l’Arctique n’avait été autant convoité.
Pour arrêter le changement climatique dans l’Arctique, il faudrait réduire considérablement les émissions de combustibles fossiles, et le monde n’est pas engagé sur cette voie pour le moment. Comme je l’explique lors de mes conférences, en supposant que nous cessions toutes les émissions de gaz à effet de serre par un coup de baguette magique, il faudrait des décennies pour que l’atmosphère se purifie et pour que et les températures se stabilisent.
Une chose est sûre, on ne reverra jamais l’Arctique tel qu’il était dans le passé. Au train où vont les choses, il sera impossible de revenir aux conditions qui prévalaient il y a seulement une trentaine d’années..
Adapté d’un article paru dans The Guardian.

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Nearly everyday brings bad news about the Arctic. An article in The Guardian reminds us that at the end of July 2020, 40% of the Milne Ice Shelf, on the north-western edge of Ellesmere Island, calved into the sea. This means Canada’s last fully intact ice shelf does not exist any more. On the other side of the island, the most northerly in Canada, the St Patrick’s Bay ice caps completely disappeared. Scientists concluded that the Greenland Ice Sheet may have already passed the point of no return. Annual snowfall is no longer enough to replenish the snow and ice loss during summer melting of the territory’s 234 glaciers. In 2019, the ice sheet lost a record amount of ice, equivalent to one million tons every minute.

The melting of the Arctic is happening faster than anyone could have imagined just a few decades ago. Northern Siberia and the Canadian Arctic are now warming three times faster than the rest of the world. In the past decade, Arctic temperatures have increased by nearly 1°C. If greenhouse gas emissions stay on the same trajectory, we can expect the north to have warmed by 4°C by the middle of the century.

There is no facet of Arctic life that remains untouched by global warming. The Arctic as we know it today will soon be frozen only in memory.

A new Nature Climate Change study predicts that summer sea ice floating on the surface of the Arctic Ocean could disappear entirely by 2035. Until relatively recently, scientists thought it would reach this point in 2050 at the earliest. Reinforcing the study’s prediction, Arctic sea ice in September 2020 reached its second-lowest extent in the 41-year satellite record.

What is more, in the Canadian Arctic, permafrost is thawing 70 years sooner than predicted. Roads are distorted. Houses are sinking. In Siberia, giant craters pockmark the tundra as temperatures soar; we should not forget they reached 38°C in the town of Verkhoyansk in July. We should not forget either that his spring, a fuel tank at a Russian power plant collapsed and leaked 21,000 tons of diesel into nearby waterways, because of the subsiding permafrost.

This thawing permafrost releases two potent greenhouse gases, carbon dioxide and methane, into the atmosphere and, as such, exacerbates global warming.

The heatwaves led to raging wildfires which are getting common in hotter and drier parts of the Arctic. This has a negative effect on the millions of reindeer and caribou who eat mosses, lichens, and stubbly grasses. Between 2013 and 2014, an estimated 61,000 animals died on Russia’s Yamal peninsula due to mass starvation during a rainy winter. Overall, the global population of reindeer and caribou has declined by 56% in the last 20 years. Such losses have disastrous consequences for the indigenous people whose culture and livelihoods depend on these animals.

Yet climate change in the Arctic is a godsend for unscrupulous governments that find opportunities in the crisis:

– Melting ice has made the region’s abundant mineral deposits and oil and gas reserves more accessible by ship. In Greenland, vanishing ice is unearthing a wealth of uranium, zinc, gold, iron and rare earth elements. In 2019, Donald Trump claimed he was considering buying Greenland from Denmark.

– China is heavily investing in the increasingly ice-free Northern Sea Route over the top of Russia, which promises to cut shipping times between the Far East and Europe by 10 to 15 days. The Northwest Passage through the Canadian Arctic Archipelago could soon yield another shortcut.

Never before has the Arctic enjoyed such political relevance.

Stopping climate change in the Arctic requires an enormous reduction in the emission of fossil fuels, and the world is not on the way to do it. As I explain during my conferences, supposing we cease all emissions like a fairy with a magic wand, it would take the atmosphere decades to clear and temperatures to stabilize.

One thing is sure, the Arctic of the past is already gone. Following our current climate trajectory, it will be impossible to return to the conditions that prevailed three decades ago.

Adapted from an article in The Guardian.

 

Les glaciers du Groenland: une espèce en voie de disparition (Photos : C. Grandpey)

Glaciers du Groenland : une catastrophe annoncée // Greenland glaciers: an inevitable disaster

Sous l’effet du réchauffement climatique, les glaciers du Groenland fondent à une vitesse incroyable et les scientifiques s’accordent aujourd’hui pour dire qu’ils ont atteint un point de non-retour. Ils ne retrouveront jamais leur majesté d’autrefois. En fondant, ces glaciers envoient dans l’océan des quantités phénoménales d’eau douce, avec des conséquences faciles à imaginer, que ce soit sur le niveau de mers ou même sur le comportement des courants océaniques. S’agissant du niveau des océans, les scénarios les plus défavorables estiment qu’on se dirige vers une hausse qui atteindrait 15 millimètres d’ici l’année 2100. Toutefois, de nombreux chercheurs préviennent que ces prévisions sont probablement trop optimistes et que la hausse sera supérieure car on sous-estime trop souvent la perte de masse glaciaire.

Pour comprendre à quel point la situation est alarmante, il suffit d’observer le Jakobshavn, le plus volumineux glacier du Groenland. C’est aussi celui qui se déplace le plus rapidement. Son vêlage donne naissance à d’impressionnants icebergs. Depuis la fin du 19ème siècle, entre 1880 et 2012, on pense qu’il a perdu au moins de 1500 milliards de tonnes de glace.

Le Kangerlussuaq est le plus gros de la côte est. Une bosse dans le substrat rocheux sur lequel repose le glacier l’a provisoirement protégé. Mais une fois le front du glacier disparu, les eaux chaudes ont pu faire leur œuvre et creuser peu à peu la glace. Le glacier a perdu 1381 milliards de tonne entre 1900 et 2012.

Toujours sur la côte Est, le glacier Helheim est l’un des plus importants systèmes d’exutoire en eau solidifiée du Groenland. Depuis le 19ème siècle, il a perdu 31 milliards de tonnes de glace.

Ces chiffres montrent que sous les assauts du réchauffement climatique, ces trois glaciers ont reculé de manière spectaculaire. Les images satellites et les photos prises sur le terrain n’autorisent pas le moindre doute.

Les chercheurs estiment qu’au cours de la dernière décennie, la fonte de ces glaciers a entraîné une élévation du niveau de la mer de 8,1 millimètres. Selon une étude qui vient d’être publiée dans la revue Nature Communications, le plus inquiétant, c’est que les modèles climatiques actuels sous-estiment très probablement ce qui se passera dans le futur. Les trois glaciers que je viens d’évoquer contiennent suffisamment d’eau pour faire monter le niveau de la mer de plus d’un mètre.

Les experts du GIEC estiment que la fonte des glaces, qu’elle provienne des glaciers ou des calottes, pourrait faire monter le niveau des mers entre 30 et 110 cm d’ici la fin du siècle, en fonction des niveaux d’émissions de gaz à effet de serre.

Comme je l’ai indiqué dans des notes précédentes, le scénario le plus pessimiste du GIEC implique l’absence de toute mesure pour limiter les émissions tout au long du 21ème siècle. Cela conduirait à une hausse des températures d’au moins 3°C par rapport aux niveaux pré-industriels, et ne répondrait donc pas à l’objectif de moins de +2°C défini par l’Accord de Paris sur le climat.

Selon les modèles climatiques mettant en oeuvre le scénario du pire, les trois glaciers du Groenland mentionnés plus haut contribueraient à une augmentation du niveau des océans entre 9,1 et 14,9 mm d’ici 2100.

Les chercheurs sont persuadés aujourd’hui que ce scénario du pire est sous-estimé. Pour les trois glaciers étudiés, la perte de glace pourrait être trois ou quatre fois plus importante que les prévisions ne l’anticipaient.

Une étude publiée en septembre dans la revue Nature a conclu que si les émissions de CO2 continuent au rythme actuel, la calotte glaciaire du Groenland pourrait se réduire de 36 000 milliards de tonnes entre 2000 et 2100, suffisamment pour rehausser les océans de 10 cm.

Source : Presse internationale.

J’aime montrer cette vidéo d’un vêlage majeur du glacier Ilulissat dans l’ouest du Groenland en 2008. Les images parlent d’elles-mêmes et décrivent ce qui va se passer sur l’ensemble de cette grande île dans les prochaines années :

https://youtu.be/hC3VTgIPoGU

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As a result of global warming, Greenland’s glaciers are melting at an incredible speed and scientists today agree that they have reached a point of no return. They will never regain their former majesty. As they melt, these glaciers send huge amounts of fresh water into the ocean, with consequences that are easy to imagine, be it on sea levels or even on the behaviour of ocean currents. Regarding the level of the oceans, the most unfavorable scenarios estimate that we are heading for an increase of 15 millimetres by the year 2100. However, many researchers warn that these forecasts are probably too optimistic and that the increase will be greater because the loss of ice mass is too often underestimated.

To understand how alarming the situation is, we just need to look at Jakobshavn, the largest glacier in Greenland. It’s also the fastest moving one. Its calving gives birth to impressive icebergs. Since the end of the 19th century, between 1880 and 2012, it is thought to have lost at least 1.5 trillion tonnes of ice.

Kangerlussuaq is the largest on the east coast. A bump in the bedrock on which the glacier rests temporarily protected it. But once the front of the glacier disappeared, the warm waters were able to do their work and gradually dig the ice. The glacier lost 1,381 billion tonnes between 1900 and 2012.

Also on the east coast, Helheim Glacier is one of the largest solidified water outlet systems in Greenland. Since the 19th century, it has lost 31 billion tonnes of ice. These figures show that under the assaults of global warming, these three glaciers have retreated dramatically. Satellite images and photos taken on the field leave no room for doubt.

Researchers estimate that over the past decade, the melting of these glaciers has caused sea level to rise by 8.1 millimetres. What is more worrying, according to a study just published in the journal Nature Communications, is that current climate models have probably underestimated what will happen in the future. The three glaciers I just mentioned contain enough water to raise the sea level by more than one metre.

IPCC experts estimate that melting ice, whether from glaciers or ice caps, could cause sea levels to rise between 30 and 110 cm by the end of the century, depending on the levels of greenhouse gas emissions. As I have indicated in previous notes, the IPCC’s most pessimistic scenario involves the absence of any measures to limit emissions throughout the 21st century. This would lead to a rise in temperatures of at least 3°C above pre-industrial levels, and therefore would not meet the target of less than 2°C set by the Paris Climate Agreement.

According to the climate models using the worst-case scenario, the three glaciers in Greenland mentioned above would contribute to an increase in ocean level between 9.1 and 14.9 mm by 2100.

Researchers are now convinced that this worst-case scenario is underestimated. For the three glaciers studied, the loss of ice could be three or four times greater than expected. A study published in September in the journal Nature concluded that if CO2 emissions continue at the current rate, the Greenland ice sheet could shrink by 36 trillion tonnes between 2000 and 2100, enough to raise the oceans by 10 cm.

Source: International news media.

I love this video of a major calving of the Ilulissat Glacier in West Greenland in 2008. The images speak for themselves and describe what will happen across this large island in the coming years :

https://youtu.be/hC3VTgIPoGU

Photos : C. Grandpey

Les glaciers à Limoges le 13 octobre 2020 !

Je présenterai le mardi 13 octore 2020 une conférence intitulée « Glaciers en péril – Les effets du changement climatique » dans le cadre de l’UTA de Limoges ( Haute-Vienne. Elle aura lieu à 15 heures à lEspace Simone Veil, 7 rue de la Providence.

Tempêtes, glissements de terrain et autres catastrophes naturelles se multiplient. Elles sont souvent la conséquence du changement climatique.
Lors de ses voyages à travers le monde pour étudier les phénomènes volcaniques, j’ai eu l’occasion de parcourir des terres nordiques – en particulier l’Islande, le Canada et l’Alaska – et de me rendre compte de l’impact du réchauffement climatique sur les glaciers. L’approche terrestre et les survols ne laissent pas le moindre doute sur leur recul. Plus près de nous, dans les Alpes, les glaciers sont en passe de devenir une espèce en voie de disparition.
Aucun continent ne semble épargné, pas plus l’Afrique et les neiges du Kilimandjaro que l’Asie avec la chaîne himalayenne. Une prise de conscience est urgente, faute de quoi notre société sera confrontée à de graves problèmes.
Mon exposé se poursuivra avec un diaporama d’une vingtaine de minutes, en fondu-enchaîné sonorisé, illustrant la situation glaciaire en Alaska.

A l’issue de la séance, les spectateurs pourront se procurer mon dernier ouvrage « Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique », avec un CD de 160 photos. Prix de vente : 10 euros.

Photo : C. Grandpey

La fonte du Groenland et ses conséquences // Greenland’s melting and its consequences

Selon une nouvelle étude qui confirme les précédentes, la fonte de la calotte glaciaire du Groenland au cours du 21ème siècle entraînera une hausse du niveau des océans plus importante qu’au cours des siècles qui ont ponctué les 12 000 dernières années, même si le réchauffement climatique est maîtrisé..
L’étude, publiée dans la revue Nature, est la première à avoir reconstitué avec précision la perte de glace au Groenland tout au long de l’Holocène. Les chercheurs sont arrivés à la conclusion que si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent sans relâche, la calotte glaciaire de plusieurs kilomètres d’épaisseur perdra entre 2000 à 2100 une masse de glace suffisante pour faire s’élever de 10 centimètres le niveau des océans.
Jusqu’à la fin des années 1990, la calotte glaciaire du Groenland était à peu près en équilibre ; elle gagnait autant de masse par les chutes de neige qu’elle en perdait par le vêlage des glaciers et la fonte de la banquise. L’accélération du réchauffement climatique a détruit cet équilibre et l’eau de fonte se déverse désormais dans l’Atlantique Nord.
L’unique calotte glaciaire de l’hémisphère nord contient suffisamment d’eau sous forme de glace pour faire s’élever de sept mètres le niveau de la mer. Il faut garder à l’esprit qu’une élévation du niveau de la mer mesurée en dizaines de centimètres est suffisante pour dévaster des zones habitées le long des côtes dans le monde entier.
En 2019, le Groenland a déversé dans l’océan plus de 500 milliards de tonnes de glace et d’eau de fonte. Cela représente 40% de l’élévation totale du niveau de la mer en 2019 et le record pour une seule année depuis le début des relevés satellitaires en 1978. Selon l’un des auteurs de la nouvelle étude, à moins que l’humanité réduise de manière significative les émissions de CO2 dues à la combustion de combustibles fossiles, de tels niveaux vont probablement devenir la «nouvelle norme». .
Il a fallu cinq ans aux auteurs de l’étude pour rassembler les données sur la fonte de la calotte glaciaire du Groenland, avec l’intervention de glaciologues spécialistes des carottes de glace, de modélisateurs du climat, de spécialistes en télédétection et de paléoclimatologues. La plage de 12 000 ans a permis de mieux analyser les fluctuations de masse de la calotte glaciaire en relation avec l’impact du changement climatique d’origine anthropique.
En limitant le réchauffement climatique à moins de deux degrés Celsius – l’objectif de l’Accord de Paris de 2015 – on limiterait à environ deux centimètres ce siècle la contribution du Groenland à l’élévation du niveau des océans. Cependant, quel que soit le scénario, le niveau des océans continuera de s’élever au 22ème siècle et au-delà.
Jusqu’en 2000, le principal moteur de l’élévation du niveau des océans était la fonte des glaciers et l’expansion de l’eau de mer à mesure qu’elle se réchauffe. En revanche, au cours des deux dernières décennies, les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique sont devenues la principale source d’élévation du niveau des océans. Le GIEC prévoit une élévation du niveau de la mer d’un peu moins d’un mètre d’ici la fin du siècle.

À une plus grande échelle, toutes les études s’accordent pour dire que la couverture de glace de mer dans l’Arctique diminue pour atteindre sa surface la plus faible chaque année. En septembre 2020, elle ne mesurait que 3,74 millions de kilomètres carrés. Il s’agit de la deuxième valeur la plus basse en 42 ans depuis que les satellites ont commencé à prendre des mesures. La glace ne couvre aujourd’hui que 50% de la superficie qu’elle couvrait il y a 40 ans à la fin de l’été.
Comme l’a montré le GIEC, les niveaux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère sont plus élevés qu’à tout moment dans l’histoire de l’humanité. La dernière fois que les concentrations atmosphériques de CO2 ont atteint le niveau actuel – environ 412 parties par million – remonte à 3 millions d’années, à l’époque du Pliocène.
Les géoscientifiques qui étudient l’évolution du climat de la Terre et la manière dont il crée les conditions de la vie considèrent l’évolution des conditions dans l’Arctique comme un indicateur de la façon dont le changement climatique pourrait transformer la planète. Si les émissions mondiales de gaz à effet de serre continuent d’augmenter, elles pourraient ramener la Terre dans les conditions du Pliocène, avec un niveau de la mer plus élevé, une modification des conditions météorologiques et des changements à la fois dans le monde naturel et dans les sociétés humaines.
Source: CBS News.

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According to a new study that confirms the previous ones, ice loss from Greenland’s ice sheet will cause sea levels to rise more during the 21st century than they have during any 100-year period in the last 12,000 years, even if global warming is kept under control.
The study, published in the journal Nature, is the first to painstakingly reconstruct Greenland’s ice loss record over the entire course of the Holocene. It found that if greenhouse gas emissions continue unabated, the kilometres-thick ice sheet will shed a mass of ice from 2000 to 2100 sufficient to lift the global ocean waterline by 10 centimetres.
Until the late 1990s, Greenland’s ice sheet was roughly in balance, gaining as much mass through snowfall as it lost in summer from crumbling glaciers and melt-off. But accelerating climate change has destroyed that balance, with the net loss flowing into the north Atlantic.
The northern hemisphere’s only ice sheet holds enough frozen water to raise seas by seven metres. One should keep in mind that increases in sea level measured in tens of centimetres will devastate coastal communities around the world.
In 2019, Greenland cast off more than 500 billion tonnes of ice and meltwater. This represents 40 percent of total sea level rise in 2019 and the most in a single year since satellite records began in 1978. According to one of the authors of the new study, unless humanity dramatically reduces the carbon pollution caused by burning fossil fuels, such levels could become the « new normal. » .
It took the authors of the study five years to assemble the data about Greenland’s ice sheet loss and required the combined efforts of ice core scientists, climate modellers, remote sensing experts and palaeoclimate researchers. The 12,000-year timeline makes it possible to better separate natural fluctuations in the ice sheet’s mass balance with the impact of manmade climate change.
Limiting global warming at under two degrees Celsius – the target of the 2015 Paris Agreement – would limit Greenland’s contribution to sea level rise at about two centimetres this century. However, under any scenario, the ocean waterline will continue to rise in the 22nd century and beyond.
Until 2000, the main driver of sea level rise was melting glaciers and the expansion of ocean water as it warms. Yet, over the last two decades, the world’s ice sheets atop Greenland and Antarctica have become the single largest source of sea level rise. The IPCC, has forecast sea level rise from all sources of just under a metre by century’s end.

At a larger Arctic scale, all studies agree to say that sea ice cover in the Arctic shrinks to a lower point each year. In September 2020, it measured just 3.74 million square kilometres. This is the second-lowest value in the 42 years since satellites began taking measurements. The ice today covers only 50% of the area it covered 40 years ago in late summer.
As the IPCC has shown, carbon dioxide levels in the atmosphere are higher than at any time in human history. The last time that atmospheric CO2 concentrations reached today’s level – about 412 parts per million – was 3 million years ago, during the Pliocene Epoch.
Geoscientists who study the evolution of Earth’s climate and how it creates conditions for life see evolving conditions in the Arctic as an indicator of how climate change could transform the planet. If global greenhouse gas emissions continue to rise, they could return the Earth to Pliocene conditions, with higher sea levels, shifted weather patterns and altered conditions in both the natural world and human societies.
Source: CBS News.

La fonte du Groenland et ses conséquences (Source : NASA)