Interconnexion des systèmes glaciaires

En s’appuyant sur l’analyse de sédiments glaciogéniques de la dernière période glaciaire, des chercheurs ont mis en évidence un recul simultané des glaciers de moyenne altitude dans les deux hémisphères terrestres. L’étude internationale, menée par l’Ifremer a été publiée dans la revue Nature Geoscience. Selon ces scientifiques, un réchauffement global aurait précédé et déclenché la « bascule bipolaire », un phénomène responsable de l’évolution opposée du climat des hémisphères Nord et Sud lors des stades d’Heinrich, c’est-à-dire des épisodes de refroidissement extrême survenus dans l’hémisphère Nord durant la dernière période glaciaire. Cette découverte souligne les connexions profondes qui existent au sein du système climatique terrestre.

Pour parvenir à cette conclusion, les scientifiques français, allemands et australiens ont analysé des sédiments glaciogéniques prélevés au large de la Nouvelle-Zélande grâce à des carottages sous-marins. Les sédiments glaciogéniques sont produits par l’érosion et le transport glaciaire ; ils sont donc les témoins de l’activité des glaciers passés ou présents Ces archives naturelles ont permis aux chercheurs de reconstituer 70 000 ans d’histoire des glaciers de l’hémisphère Sud.

 Localisation de la zone d’étude [Source : Nature Geoscience (2026)]

La comparaison de ces données avec celles issues des glaciers européens et nord-américains révèle un résultat inattendu : les glaciers des deux hémisphères ont connu des phases de recul simultanées. Ce synchronisme est constaté lors des stades d’Heinrich, épisodes de refroidissement brutal de l’Atlantique Nord, consécutif à un réchauffement planétaire global générant un déversement massif d’eau douce dans l’océan.

Cet afflux d’eau douce a entraîné un ralentissement de la circulation méridienne de retournement de l’Atlantique (AMOC). Ce ralentissement de l’AMOC a provoqué un refroidissement de l’Atlantique Nord alors qu’une accumulation de chaleur se produisait simultanément dans l’hémisphère Sud. C’est ce phénomène de transfert d’énergie entre les pôles que les glaciologues ont baptisé “bascule bipolaire”.

Cette fonte simultanée des glaciers néo-zélandais, européens et nord-américains, remet en question l’idée d’un simple “basculement” climatique entre hémisphères. Jusqu’à présent, ce concept s’appuyait essentiellement sur l’étude des glaces du Groenland et de l’Antarctique. Les nouvelles observations montrent qu’un réchauffement planétaire global a précédé chaque épisode de fonte glaciaire au cours des stades d’Heinrich, et ce malgré un refroidissement localisé dans l’Atlantique Nord.

Les scientifiques concluent que ce réchauffement global a constitué un prérequis à la mise en place de la « bascule bipolaire », laquelle s’est produite dans un second temps, en réponse au ralentissement de l’AMOC.

En reliant la réponse simultanée des glaciers des deux hémisphères à d’anciens bouleversements climatiques, l’étude internationale démontre à quel point le système climatique terrestre est complexe, sensible et interconnecté.

Source : IFREMER.

 Les calottes glaciaires de notre planète sont plus interconnectées qu’on le pendait jusqu’à présent

 Glaciers – Enquête sur une disparition

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous pourrez regarder un documentaire très intéressant, diffusé sur le chaîne ARTE, sur la fonte des glaciers dans le monde et ses conséquences. Il est intitulé « Glaciers – Enquête sur une disparition. » et dure environ 1h 30.

https://www.arte.tv/fr/videos/121278-000-A/glaciers-enquete-sur-une-disparition/

Au fil des images, on assiste aux catastrophes susceptibles de se produire, en particulier à cause des lacs qui se forment à l’avant des glaciers et dont la vidange est catastrophique. Le documentaire débute par une évocation de l’effondrement du glacier Birch en Suisse et un drame évité de justesse grâce à l’évacuation du village de Blatten.

On nous rappelle ensuite l’épée de Damoclès que fait peser le glacier de Planpincieux sur la vallée de Courmayeur, du côté italien des Alpes.

Les innombrables lacs glaciaires de l’Himalaya ne peuvent pas être contrôlés dans leur entièreté et les crues glaciaires – Glacial Lake Outburst Flood ou GLOF – sont une menace permanente.

Le documentaire confirme les messages d’alerte que j’émets régulièrement, à mon petit niveau, sur ce blog. À l’échelle mondiale, il est très difficile de faire comprendre à ceux qui nous gouvernent l’imminence de la catastrophe climatique qui nous guette. Les politiques, quelle que soit leur tendance, font des projections à court terme, rarement à long terme.

En Europe, l’un des glaciers – avec la Mer de Glace – qui montre le mieux l’impact du réchauffement climatique est le Glacier du Rhône, dans le Valais suisse. Il y a 20 000 ans, ce glacier s’étirait jusqu’à Lyon. Dans les années 1980, j’ai photographié (voir ci-dessous) la masse de son front qui dominait la route du col de la Furka. Une vingtaine d’années auparavant, en 1964, a été réalisé le film Goldfinger dans lequel on voit Sean Connery avec le glacier du Rhône à l’arrière-plan. En 40 ans, le glacier a perdu plus de 400 mètres de longueur ! Il est probable que nous assistions à ce que les glaciologues appellent le peak water, un point de bascule où le glacier libère un maximum d’eau. Passé ce pic, son débit diminue, avec des conséquences faciles à imaginer pour les régions en aval. Cette remarque est valable pour les autres glaciers alpins de la taille du glacier du Rhône. Pour les plus petits, la partie est perdue depuis longtemps.

À son embouchure, le Rhône irrigue la Camargue qui subit les assauts des eaux montantes de la Méditerranée et leur salinité. Sans les eaux douces du Rhône, la Camargue serait un enfer pour l’agriculture. On imagine de ce qu’il adviendra de cette région si le débit du Rhône vient à baisser dans les prochaines années. J’ai attiré l’attention sur ce problème dans plusieurs notes comme celles publiées le 10 novembre 2022 et le 22 mars 2025.

Le plus grave, c’est que la pénurie d’eau douce fournie par les glaciers va inévitablement déboucher sur de graves conflits, voire des guerres. J’ai insisté à plusieurs reprises sur le rôle de château d’eau que jouent les glaciers de l’Himalaya pour les pays asiatiques. Que se passera-t-il si ces pays à très forte densité de population viennent à manquer d’eau ?

En fait, ce sont tous les glaciers de la planète qui sont en train de disparaître, depuis la Cordillère des Andes, jusqu’au Groenland et à l’Antarctique. Sans oublier la conséquence de cette fonte sur l’élévation de niveau des océans. Depuis une décennie, le niveau de la mer est en hausse de 3 à 4 millimètres par an. 18 des plus grandes villes du monde se situent sur les littoraux. Venise, Londres, Shanghai ou la Camargue se retrouveront sous les eaux à la fin de ce siècle.

Dans sa partie finale, le documentaire met l’accent sur l’influence de la fonte de l’Antarctique sur le comportement des courants océaniques dans le monde. Une modification de l’AMOC dans l’Atlantique aura des répercussions sur le Gulf Stream qui nous permet de bénéficier de températures tempérées en Europe. Si un jour l’AMOC se dérègle, nous allons à coup sûr avoir froid…

Voici deux photos illustrant la fonte et le recul spectaculaires du glacier du Rhône. Je les ai prises à quelques années d’intervalle (1981 et 2018) depuis un virage du col de la Furka.

Si le Groenland pouvait parler… (2ème partie) // If Greenland could speak… (part 2)

Au final, l’étude de la carotte de glace de Camp Century montre qu’il y a 400 000 ans, le climat du Groenland ressemblait plus ou moins au nôtre, avec des alternances de périodes froides et chaudes. Par la suite, l’île s’est métamorphosée et a viré à la glace.

La vraie question est de savoir pourquoi la calotte du Groenland a fondu si vite et a été recouverte de végétation. La réponse à cette question nous aiderait à mieux comprendre le processus de fonte de l’île arctique aujourd’hui. La vitesse de fonte du Groenland détermine l’élévation du niveau de la mer et donc le futur des zones habitées sur les littoraux dans le monde.

On pourrait se demander si la fonte de la calotte glaciaire du Groenland dépend d’un cycle climatique naturel, avec alternance de périodes froides et de périodes chaudes. Les scientifiques nous rappellent qu’un cycle climatique naturel est géré par 3 paramètres : 1) la trajectoire de la Terre autour du Soleil est tantôt elliptique, tantôt circulaire ; cela se produit environ tous les 100 000 ans. 2) l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre qui varie environ tous les 40 000 ans. 3) le mouvement d’inclinaison de la Terre – autrement dit son oscillation – qui change tous les 22 000 ans.

Rotation de la Terre sur son axe et sa révolution autour du Soleil (Source: NOAA)

Ces 3 paramètres interagissent. Dans les reconstructions de températures des carottes de glace, on constate que les changements de température suivent de près l’évolution de l’exposition au soleil. En revanche, aujourd’hui, les activités humaines modifient la quantité de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et impactent la température beaucoup plus rapidement que les paramètres astronomiques que l’on vient de décrire. Par exemple, nous sommes aujourd’hui dans une phase où le climat devrait se refroidir, mais il est en train de se réchauffer, à cause des activités d’origine anthropique. Le seuil de 1,5°C défini par la COP 21 de Paris est à oublier ; on se dirige très probablement vers une hausse de 3 ou 4 degrés Celsius. La conséquence est que les calottes glaciaires et les glaciers fondent à la vitesse V, sans oublier les événements extrêmes qui impactent notre belle planète de plus en plus souvent.

Un documentaire diffusé sur la chaîne ARTE et intitulé « Groenland, la mémoire de glaces », illustre ce que je viens d ‘écrire. Vous pourrez le visionner en cliquant sur ce lien :

https://www.arte.tv/fr/videos/127023-000-A/groenland-la-memoire-des-glaces/

Une dizaine de minutes avant la fin, l’un des scientifiques explique qu’il fait des conférences et que des parents désemparés viennent le voir car ils se posent des questions sur le monde qu’ils vont laisser à leurs enfants. Je connais souvent une situation identique au terme de ma conférence « Glaciers en péril ». En général, il règne un silence de plomb dans la salle car j’énonce en permanence des vérités.

On me demande ce qu’il faudrait faire pour empêcher la catastrophe que j’annonce. Les solutions que j’avance ne sont pas celles à toute petite échelle dont parlent les médias. Pour réduire nos émissions de CO2 et autres gaz polluants, il faudrait prendre des mesures dignes de ce nom mais qui – j’en suis pleinement conscient – chambouleraient notre société. Ainsi, on pourrait développer le ferroutage qui réduirait le nombre de camions sur nos routes. On pourrait aussi supprimer les vols charter dans le transport aérien et ne conserver que les vols sur les lignes régulières. On pourrait réduire le nombre de navires de croisière. On pourrait obliger toutes les nouvelles constructions à se doter de panneaux photovoltaïques. Mais il y aura un revers à la médaille car certaines des mesures que je propose sont parfois fort coûteuses, comme les voitures électriques. De plus, elle risquent de générer du chômage ou déclencher des mouvements sociaux. Aucun homme politique n’osera s’aventurer sur ce terrain mouvant. La société moderne s’est construite sur les énergies fossiles et seule leur disparition naturelle par épuisement pourrait nous sortir de l’ornière dans laquelle nous nous sommes mis. L’ironie de la situation, c’est que la fonte de la glace arctique permet d’accéder à de nouveaux gisements de pétrole et de gaz. La disparition naturelle des énergies fossiles interviendra donc trop tard, beaucoup trop tard.

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Ultimately, the study of the Camp Century ice core shows that 400,000 years ago, Greenland’s climate was more or less similar to ours, with alternating cold and warm periods. Subsequently, the island became covered in ice.

The real question is why the Greenland ice sheet melted so quickly and became covered in vegetation. The answer to this question would help us better understand the melting process of the Arctic island today. The rate of Greenland’s melting determines sea level rise and therefore the future of populated coastal areas worldwide.
One might wonder if the melting of the Greenland ice sheet is not dependent on a natural climate cycle, with alternating cold and warm periods. Scientists remind us that a natural climate cycle is governed by three parameters: 1) the Earth’s orbit around the Sun is no longer elliptical but circular; This occurs approximately every 100,000 years. 2) The tilt of the Earth’s axis of rotation, which varies approximately every 40,000 years. 3) The Earth’s tilt—in other words, its oscillation—which changes every 22,000 years. These three parameters interact. In temperature reconstructions of ice cores, we observe that temperature changes closely follow the evolution of solar exposure. However, today, human activities are altering the amount of greenhouse gases in the atmosphere and impacting the temperature much more rapidly than the astronomical parameters just described. For example, we are currently in a phase where the climate should be cooling, but it is warming. This is due to human-caused activities. The 1.5°C threshold defined by the COP 21 in Paris is no longer relevant. We are very likely heading towards a rise of 3 or 4 degrees Celsius. The consequence is that ice caps and glaciers are melting at an alarming rate, not to mention the extreme weather events that are impacting our beautiful planet with increasing frequency.

A documentary broadcast on the ARTE channel, entitled « Greenland, the Memory of Ice, » illustrates what I have just written. You can watch it by clicking on this link:

https://www.arte.tv/fr/videos/127023-000-A/groenland-la-memoire-des-glaces/

About ten minutes before the end, one of the scientists explains that he gives lectures and that distraught parents come to see him because they have questions about the world they will leave to their children. I often encounter a similar situation at the end of my lecture « Glaciers in Peril. » Generally, there is a deathly silence in the room because I am constantly stating the facts.

People ask me what needs to be done to prevent the catastrophe I foresee. The solutions I propose are not the small-scale measures the media talks about. To reduce our CO2 emissions and other pollutants, we would need to take significant steps, but I am fully aware that these would drastically alter our society. For example, we could develop rail freight, which would reduce the number of trucks on our roads. We could also eliminate charter flights and keep only scheduled airlines. We could reduce the number of cruise ships. We could require all new buildings to be equipped with solar panels. But there will be a downside, because some of the measures I suggest are often costly, like the electric cars. Moreover, they risk generating unemployment or triggering social unrest. No politician will dare take them. Modern society was built on fossil fuels, and only their natural depletion could pull us out of the predicament we’ve created for ourselves. The irony of the situation is that the melting of Arctic ice uncovers new fossil fuel deposits. Their natural depletion will probably come too late, much too late.

Le Pérou face au réchauffement climatique // Peru faces global warming

Le Pérou a déclaré l’état d’urgence le 25 février 2026 dans près de la moitié des districts du pays suite à de fortes pluies, des glissements de terrain et des inondations provoqués par la hausse des températures océaniques, que les autorités attribuent au phénomène climatique El Niño Costero, ou El Niño côtier.
Un décret gouvernemental vise à accélérer le déblocage de fonds pour les autorités locales et régionales afin de sécuriser les infrastructures essentielles – ponts, routes, eau et électricité – tout en protégeant la vie et la santé des populations. Plus de 700 districts répartis le long de la côte Pacifique, les Andes et l’Amazonie sont désormais en état d’urgence.
Le ministère péruvien des Transports a indiqué qu’environ 931 kilomètres de routes ont été endommagés à l’échelle nationale, les dégâts étant concentrés dans les quatre régions les plus touchées par les précipitations. Ces axes routiers vitaux sont empruntés chaque semaine par plus d’un demi-million de personnes.
Les autorités ont également mis à jour le bilan des décès, précisant que 68 personnes ont perdu la vie suite aux intempéries depuis le mois de décembre.
Selon les autorités, les eaux du Pacifique se réchauffent et El Niño Costero devrait s’intensifier légèrement en mars. Le réchauffement des eaux océaniques entraîne une forte évaporation et des précipitations extrêmes, ainsi qu’une augmentation du débit des cours d’eau.
L’Institut géophysique du Pérou (IGP) a signalé qu’une coulée de boue (lahar) transportant des sédiments et des blocs a dévalé la ravine Matagente, sur le flanc nord-ouest du volcan Misti, le 22 février 2026. Selon les médias, les fortes pluies se sont intensifiées pendant plusieurs jours, provoquant d’importantes inondations et des glissements de terrain. Le niveau d’alerte volcanique reste quant à lui à la couleur Verte (niveau le plus bas sur une échelle de quatre couleurs).
Une autre coulée de boue transportant des blocs a dévalé la ravine d’El Volcán, sur le flanc sud du volcan Huaynaputina, le 21 février. La population a été invitée à se tenir à l’écart de cette ravine et à faire preuve de prudence sur la route qui relie Quinistaquillas à Sijuaya.
Le 16 février 2026, l’IGP m’avait alerté à propos d’une coulée de boue sur les flancs de l’Ubinas. L’Institut a appelé la population locale à la vigilance et lui a conseillé d’éviter d’emprunter la route Querapi-Ubinas-Huarina.
Source : Médias péruviens, IGP.

Outre les fortes pluies et les glissements de terrain qui en résultent, la fonte des glaciers au Pérou, qui s’est accélérée ces dernières décennies, est une autre conséquence du réchauffement climatique. La hausse des températures a fait disparaître plus de la moitié de la superficie glaciaire péruvienne en cinquante ans. La Cordillera Blanca et ses glaciers est la chaîne de montagnes tropicale la plus haute et la plus étendue au monde, et les cours d’eau alimentés par les glaciers fournissent de l’eau à des centaines de milliers de personnes vivant en aval. Ces dernières années, des études spécifiques au bilan de masse des glaciers avaient observé une perte de masse persistante et continue. Les résultats d’une nouvelle étude, publiés en septembre 2025, montrent une réduction de 44 % de la superficie glaciaire, ce qui se traduit par une diminution de la moyenne annuelle de 54 469 ha avant 2013 à 42 700 ha les années suivantes. Les résultats de l’étude montrent que les glaciers ont franchi un seuil critique de leur bilan de masse, et que depuis 2012, ils ont perdu leur capacité à se reconstituer. Il est important de noter que la fonte des glaciers péruviens fait apparaître des lacs retenus par des moraines fragiles susceptibles de se rompre sous la pression de l’eau. Ces lahars constituent une autre menace pour les zones habitées situées en aval.

Source : ScienceDirect : The loss of glacier resilience due to climate change throughout the Cordillera Blanca, Peru between 1984 and 2023

 Illustration de la fonte des glaciers péruviens entre 1984 et 2023. Graphique extrait de l’étude ci-dessus

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Peru declared a state of emergency on February 25, 2026 for nearly half the country’s districts following severe rainfall, landslides and flooding triggered by rising ocean temperatures, which authorities link to the El Nino Costero, or coastal El Nino, climate phenomenon.

A government decree aims to fast-track funding for local and regional authorities to secure vital infrastructure — including bridges, roads, water and electricity — while protecting the life and health of residents. More than 700 districts across the Pacific coast, the Andes and the Amazon are now under a state of emergency.

Peru’s ministry of transportation said that about 931 kilometers of roads have been damaged nationwide, with the destruction concentrated in the four regions hardest hit by rainfall. These vital routes serve more than half a million people every week.

Authorities also updated the death toll, noting that 68 people have died due to rain-related causes since December.

According to authorities, Pacific waters are warming and El Nino Costero is expected to strengthen slightly in March. The warming of ocean waters leads to high evaporation rates and extreme rainfall, as well as increased river flows.

The Instituto Geofísico del Perú (IGP) reported that a lahar carrying sediment and blocks descended the Matagente drainage on the NW flank of El Misti on 22 February. According to news sources, heavy rains had intensified over several days, causing widespread flooding and landslides. The Volcano Alert Level remains at Green (the lowest level on a four-color scale).

Another lahar carrying blocks descended the El Volcán drainage, on the S flank of Huaynaputina, on 21 February. The public was asked to stay away from the drainage and to be cautious when traveling along the Quinistaquillas-Sijuaya highway.

On February 16, 2026, the IGP had alerted me to a lahar on the flanks of Ubinas. The Ynstitute asked the local population to be vigilantand avoid travelling on the Querapi-Ubinas-Huarina highway.

Source : Peruvian news media, IGP.

Beside the heavy rains and the ensuing landslides, another consequence of global warming in Peru is the loss of mountain glaciers which has accelerated in recent decades. The rising temperatures have caused the loss of more than half of the Peruvian glaciated area in fifty years. The Cordillera Blanca is the highest and most extensively glacierized tropical mountain range in the world, and glacier-fed streams provide water for hundreds of thousands of people living downstream. Previous inventories and glacier-specific mass balance studies have documented persistent and sustained mass loss. The results of a recent study published in September 2025 show a 44 % reduction in glacier area, reflected in a decrease from the pre-2013 annual average of 54,469 ha to 42,700 ha in subsequent years. The results suggest glaciers have passed a significant mass balance threshold, such that since 2012, glaciers have lost their ability to regain mass. One should keep in mind that the melting of the Preuvian glaciers generas lakes that are held back by fragile moraines that may break open unter the pressure of water. Sucjh lahars anre another threat to downslope populated areas.

Source : ScienceDirect : The loss of glacier resilience due to climate change throughout the Cordillera Blanca, Peru between 1984 and 2023.