L’aéroport de Catane à nouveau fermé // Catania airport again closed

Suite à la poursuite de l’activité de l’Etna et des panaches de cendre émis par le volcan, la société qui gère l’aéroport de Catane a indiqué que l’espace aérien serait fermé jusqu’à 11 heures demain, dimanche 27 janvier 2019. Aucun vol ne peut donc partir ni atterrir à l’aéroport de Catane. D’autres informations seront annoncées après la prochaine réunion de l’unité de crise qui se tiendra demain matin.

Source : La Sicilia.

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Due to Mount Etna’s activity and the ash plumes emitted by the volcano, the company that manages Catania Airport has indicated that the airspace would be closed until 11 am tomorrow, Sunday 27 January 2019. As a consequence, no flights can leave or land at Catania Airport. More information will be provided after the next crisis unit meeting tomorrow morning.
Source: La Sicilia.

Photo: C. Grandpey

Nouvelles du Stromboli et de l’Etna (Sicile / Italie)

La webcam ‘live’ du Stromboli montre que l’activité est relativement soutenue en ce moment, avec de belles gerbes incandescentes relativement fréquentes Ces observations sont confirmées par le Laboratoire de géophysique Expérimentale (LGS) qui précise que cette activité se caractérise par de puissantes émissions de gaz au niveau du cratère NE et par des explosions au niveau de ce même cratère NE et du cratère central C. S’agissant de la sismicité, les événements VLP ont une amplitude moyenne. Le tremor montre des valeurs moyennes. Les émissions de SO2 dans la partie NE de la terrasse cratérique continuent à montrer des valeurs moyennes.

En résumé, l’activité du Stromboli est intéressante mais n’a rien d’exceptionnel. Comparent mes observations personnelles sur le terrain il y a quelques années et l’activité actuelle, j’ai eu l’occasion de passer des nuits beaucoup plus intenses et bruyantes sur la Cima….dont l’accès était autorisé !

 

Dans son bulletin hebdomadaire couvrant la période du 11 au 17 janviers 2019, le Laboratoire de Géophysique expérimentale (LGS) indique que l’on observe actuellement sur l’Etna une activité explosive périodique qui génère un signal d’amplitude moyenne. Cela correspond à des événements essentiellement situés dans la Bocca Nuova et la Voragine. A noter qu’une nouvelle bouche s’est ouverte sur la paroi interne de ce dernier cratère, à une quarantaine de mètres au NO de la petite bouche qui était apparue en août 2016. Selon Carmelo Ferlito, cette nouvelle bouche émet des gaz, fait entendre des explosions et montre probablement de l’incandescence de nuit.  Les anomalies thermiques de basse intensité détectées par les satellites confirment cette activité. Le tremor se maintient à un niveau bas.

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The ‘live’ webcam of Stromboli shows that activity is relatively sustained at the moment, with nice ejections of incandescent materials. These observations are confirmed by the Laboratory of Experimental Geophysics (LGS) which specifies that this activity is characterized by powerful gas emissions at the NE crater and explosions at the NE crater and central crater C. Regarding seismicity, VLP events have a medium amplitude. The tremor shows medium values. SO2 emissions in the NE portion of the crater terrace continue to show medium values.
In short, the current activity of Stromboli is interesting but not exceptional. Comparing my personal observations on the ground a few years ago and the current activity, I must say I had the opportunity to observe much more intense and noisy nights at the Cima … .whose access was not prohibited!

In its weekly bulletin for the period from 11 to 17 January, 2019, the Laboratory of Experimental Geophysics (LGS) indicates that there is currently on Mt Etna a periodic explosive activity that generates a signal of medium amplitude. This corresponds to events mainly located in the Bocca Nuova and Voragine. A new vent has opened on the inner wall of this crater, about 40 metres from the vent that appeared in August 2016. According to Carmelo Ferlito, the new vent emits gases accompanied by explosions and probably shows incandescence at night. , The low intensity thermal anomalies detected by the satellites confirm this activity. The tremor stays at a low level.

Photos: C. Grandpey

La sismicité récente en Sicile // Recent seismicity in Sicily

Depuis le début de l’éruption de l’Etna et de l’activité sismique le 23 décembre 2018, plus de 70 séismes avec des magnitudes supérieures à M 2,5 ont été enregistrés sur et autour du volcan. Cinq événements avaient une magnitude supérieure ou égale à 4. La plupart avaient leurs épicentres au sud du séisme qui a secoué la région de Milo pendant le nuit du 8 au 9 janvier 2019. Survenu à 00h50 le 9 janvier, ce dernier événement présentait une magnitude M 4,1 ; son épicentre a été localisé dans la région de Piano Pernicana, sur le versant nord-est de l’Etna, dans la ville de Linguaglossa, à environ 10 km de Milo, Trecastagni et Sant ‘ Alfio. Son hypocentre se trouvait à une profondeur de 2 km. Jusqu’à présent, il n’y a pas eu de réplique significative dans le même secteur. A noer tout de même qu’à 05h14, une secousse de magnitude M 2,0 a été enregistrée à six kilomètres au nord d’Adrano.
Le séisme de M 4,1 a affecté une région située à plus de 20 km au nord-nord-ouest de la région frappée par l’événement de M 4,9 du 26 décembre 2018 dont l’épicentre se trouvait près de Viagrande, sur le versant sud-est de l’Etna. L’INGV rappelle que de tels séismes se produisent relativement fréquemment dans différentes zones périphériques de l’édifice volcanique. De semblables séismes sont été observés en 2002 avant la spectaculaire éruption de l’Etna. Des séismes avaient alors commencé sur le versant nord-est le 27 octobre 2002, suivis le 29 octobre par d’autres sur le versant sud-est, avec au final une secousse de M 4,7 qui a provoqué des effondrements et des dégâts considérables à Bongiardo, près de Santa Venerina.
Comme je l’ai indiqué précédemment, suite a séisme de M 4,9 à Viagrande, les autorités ont inspectés les constructions de la région. 50% des édifices ont été déclarés utilisables, 25% partiellement accessibles et 24% inutilisables. Le reste devra être détruit. Le nombre de personnes déplacées est passé à 1 334, parmi lesquelles 556 ont eu recours à un hébergement indépendant ; 776 autres sont hébergées dans des hôtels affiliés à la région sicilienne. Deux personnes sont hébergées dans des installations publiques.
Source: La Sicilia.

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Since the beginning of the eruption of Mt Etna and seismic activity on December 23rd, 2018, more than 70 earthquakes with magnitudes higher than M 2.5 have been recorded on and around the volcano. Five events had a magnitude greater than or equal to M 4. Most had their epicentres south of the earthquake that shook the Milo region during the night January 8th-9th, 2019. Recorded at 00:50 on January 9th, the latter event had a magnitude of M 4.1; its epicentre was located in the area of ​​Piano Pernicana, on the northeast slope of Mt Etna, in the town of Linguaglossa, about 10 km from Milo, Trecastagni and Sant ‘Alfio. Its hypocentre was at a depth of 2 km. So far, there has been no significant aftershock in the same area. It should be noted, however, that at 5:14 am, a tremor with a magnitude of M 2.0 was recorded six kilometres north of Adrano.
The M 4.1 earthquake affected an area more than 20 km north-northwest of the region hit by the M 4.9 event of 26 December 2018, whose epicentre was near Viagrande, on the southeast slope of Mt Etna. INGV recalls that such earthquakes occur relatively frequently in different peripheral areas of the volcanic edifice. Similar earthquakes were observed in 2002 before Mt Etna’s dramatic eruption. Earthquakes began on the northeastern slope on 27 October 2002, followed on 29 October by others on the south-east side, ending with an M 4.7 quake which caused collapses and damage in Bongiardo, near Santa Venerina.
As I indicated earlier, following the M 4.9 earthquake in Viagrande, authorities inspected the buildings in the region. 50% of them were declared usable, 25% partially accessible and 24% unusable. The rest will have to be destroyed. The number of displaced persons increased to 1,334, of whom 556 used independent accommodation; 776 others are staying in hotels affiliated to the Sicilian region. Two people are housed in public facilities.
Source: La Sicilia.

Effets de l’activité sismique en 2002 (Photo: C. Grandpey)

Etna (Sicile): Approche scientifique de la dernière éruption // Scientific approach of the last eruption

Suite à l’éruption de l’ Etna qui a débuté le 24 décembre 2018 et de l’essaim sismique qui l’a accompagnée, les chercheurs de différents organismes scientifiques italiens ont mesuré les mouvements permanents du sol provoqués par ces derniers événements. Ils ont observé des valeurs maximales de déplacement dépassant 30 cm à l’ouest et 50 cm à l’est sur le sommet de l’Etna, ainsi qu’un déplacement maximal d’environ 13 cm vers l’est et de 16 cm vers l’ouest dans la zone affectée par le séisme de M 4,9.
L’éruption de l’Etna et la sismicité qui l’a accompagnée et l’accompagne encore aujourd’hui sont contrôlées en permanence par l’INGV de Catane et de Rome à l’aide des réseaux sismiques et géodésiques. Dans le cadre des activités de surveillance de l’Etna, effectuées à travers des réseaux gravimétriques et magnétiques, des analyses géochimiques, des caméras thermiques ainsi que des levés sur site, les scientifiques ont également procédé à une analyse préliminaire des données radar satellitaires liées à l’éruption et à l’essaim sismique, informations venant compléter celles fournies par d’autres systèmes de surveillance.
En utilisant des données radar fournies par les satellites Sentinel-1 (S1), du programme européen Copernicus, et de la constellation italienne COSMO-SkyMed (CSK) de l’Agence Spatiale Italienne (ASI) et du ministère de la Défense, une équipe de chercheurs du CNR-Irea et de l’INGV a pu analyser la fracture qui alimentait la coulée de lave provoquée par l’éruption et mesurer avec grande précision les mouvements permanents du sol en utilisant la technique d’Interférométrie SAR Différentielle. Cette technique permet, en comparant les images radar acquises avant et après des événements sismiques, de mesurer, le long de la ligne de visée du capteur, le déplacement du sol survenu dans l’intervalle de temps entre les deux acquisitions, avec une précision de l’ordre du centimètre. De plus, grâce aux passages des satellites sur des orbites différentes (ascendante et descendante), il est possible de reconstruire également la composante horizontale (dans la direction est-ouest) et  verticale du champ de déformation détecté.

Source : La Sicilia, INGV, CNR.

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Following the eruption of Mt Etna, which began on December 24th, 2018, and the seismic swarm that accompanied it, researchers from different Italian scientific organizations measured the permanent ground movements caused by these recent events. They observed maximum movement values ​​exceeding 30 cm in the western part and 50 cm in the eastern part of the summit area of Mt Etna, as well as a maximum displacement of about 13 cm to the east and 16 cm to the west in the area affected by the M 4.9 earthquake.
The eruption of Mt Etna and the seismicity that accompanied and still accompany it today are constantly monitored by the INGV of Catania and Rome using seismic and geodesic networks. As part of Mt Etna’s monitoring activities, carried out through gravimetric and magnetic networks, geochemical analyses, thermal imaging cameras as well as on-site surveys, the scientists also carried out a preliminary analysis of satellite radar data related to the eruption and the seismic swarm, information supplementing that provided by other surveillance systems.
Using radar data provided by the Sentinel-1 (S1) satellites, the European Copernicus program, and the Italian constellation COSMO-SkyMed (CSK) of the Italian Space Agency (ASI) and the Ministry of Defense, a team researchers from CNR-Irea and INGV were able to analyze the fracture that fed the lava flow caused by the eruption and to measure with great accuracy the permanent movements of the soil using the technique of Differential SAR Interferometry. This technique makes it possible, by comparing the radar images acquired before and after seismic events, to measure, along the line of sight of the sensor, the ground displacement occurring in the time interval between the two acquisitions, with a precision of the order of the centimetre. In addition, thanks to the passage of the satellites in different orbits (ascending and descending), it is possible to reconstruct as well the horizontal component (in the east-west direction) and vertical component of the detected deformation field.
Source: La Sicilia, INGV, CNR.

La coulée de lave née de l’éruption du 24 décembre 2018 vue depuis l’espace (Source: ESA)