Agung (Bali / Indonésie) : Les évacuations continuent // Evacuations are going on

Les chiffres les plus fantaisistes ont été communiqués par les médias au sujet du nombre de personnes qui ont été évacuées ou qui ont décidé d’elles-mêmes de quitter leur domicile autour de l’Agung. Certains journaux britanniques n’hésitent pas à parler de centaines de milliers.
En réalité, ce sont près de 50 000 personnes qui ont été évacuées suite à l’activité croissante du volcan depuis le 10 août 2017. Cependant, cette augmentation de l’activité ne signifie pas nécessairement qu’une éruption aura lieu. Les volcanologues sont incapables de dire si l’éruption se produira et à quel moment. Cependant, les données historiques montrent que les éruptions de l’Agung ont été particulièrement puissantes. Comme je l’ai déjà écrit, la dernière éruption majeure a commencé en février 1963 et s’est terminé en janvier 1964. Ce fut l’une des plus grandes éruptions du 20ème siècle, avec un VEI de 5. Les coulées pyroclastiques et les lahars ont causé des dégâts importants et ont tué environ 1 100 personnes.
Les évacuations actuelles ont lieu dans une zone de 12 km autour de l’Agung. Depuis le 24 septembre, près de 35 000 personnes ont été évacuées de leurs maisons et réparties dans 238 sites dans sept districts de Bali. La Protection Civile de l’Indonésie indiquait le 25 septembre dans la matinée que ce nombre était passé à 48 540 ; on s’attend à ce qu’il augmente car plus de 60 000 personnes vivent dans la zone sous la menace du volcan
Sources: TheWatchers et les journaux indonésiens.

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The most extravagant figures have been communicated by the media about the number ogf people who have been evacuated or who have decided to leave their home by themselves around Mt Agung. Some British news media don’t hesitate to tell about hundreds of thousands.

Actually, nearly 50 000 people have been evacuated following the increasing unrest at the volcano since August 10, 2017. However, this increased activity does not necessarily mean that an eruption will take place. Volcanologists cannot give precise indications on when/if this would happen. However, historical data shows that the eruptions of this volcano were of a big magnitude. As I put it before, the last major eruption started in February 1963 and ended in January 1964. It was one of the world’s largest eruptions of the 20th century, with a VEI 5. Pyroclastic flows and lahars caused extensive damage and killed about 1 100 people.

The current evacuations have taken place in an area of up to 12 km around Mt Agung.  As of September 24th, nearly 35 000 people have been evacuated from their homes and dispersed across 238 locations in seven districts in Bali. Indonesia’s Civil Protection indicated on September 25th in the morning that the number has increased to 48 540, adding that they expected it to rise because more than 60 000 people lived in the danger zone.

Sources : TheWatchers and Indonesian newspapers.

Carte à risques du Mt Agung (Source: VSI)

 

Activité éruptive et changement climatique en Antarctique // Eruptive activity and climate change in Antarctica

Les résultats d’une étude publiée au début de septembre 2017 dans les Proceedings of the National Academy of Sciences apportent une nouvelle lumière sur une période de presque deux siècles d’éruptions volcaniques en Antarctique, alors que le continent connaissait une rapide déglaciation il y a environ 17 700 ans.
Les mesures chimiques effectuées sur des carottes de glace de l’Antarctique montrent que des éruptions puissantes et riches en halogènes du Mont Takahe dans l’Antarctique de l’Ouest ont coïncidé exactement avec l’apparition d’un changement climatique rapide et à grande échelle dans l’hémisphère sud à la fin de la dernière période glaciaire et le début de l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre au niveau de la planète.
Les changements climatiques qui ont débuté il y a environ 17 700 ans ont été accompagnés d’un déplacement des vents d’ouest vers le pôle avec, en parallèle, des changements dans la surface occupée par la glace de mer, la circulation océanique et la ventilation de l’océan profond. Les preuves de ces changements sont observées dans de nombreuses parties de l’hémisphère sud et dans différentes archives paléoclimatiques, mais leur cause était en grande partie inexpliquée.
On sait que les évolutions climatiques rapides qui ont eu lieu à cette époque ont été provoquées par des changements intervenus dans l’ensoleillement et sur la banquise de l’hémisphère nord. Les cycles glaciaires et interglaciaires sont influencés par les paramètres orbitaux du soleil et de la Terre qui influent sur l’ensoleillement (l’intensité des rayons du soleil) ainsi que par les changements dans les couches de glace continentale et les concentrations de gaz à effet de serre. Les scientifiques pensent que les éruptions du Mt Takahe, riches en halogènes, ont créé un trou d’ozone dans la stratosphère au-dessus de l’Antarctique, semblable au trou dans la couche d’ozone de nos jours ; elles ont par ailleurs entraîné des changements à grande échelle dans la circulation atmosphérique et l’hydroclimat dans l’hémisphère sud. Même si le système climatique était déjà programmé pour subir une évolution, ces changements ont probablement entraîné le passage d’un état climatique profondément glaciaire à un état climatique largement interglaciaire.
En outre, les retombées de ces éruptions, avec des niveaux élevés d’acide fluorhydrique et de métaux lourds toxiques, se sont propagées au moins jusqu’à 2 800 kilomètres du Mont. Takahe et ont probablement atteint le sud de l’Amérique du Sud.
Ces puissantes éruptions volcaniques en Antarctique ont été découvertes et vérifiées grâce à des carottes de glace extraites de régions comme le Groenland et l’Antarctique. L’une de ces carottes, connue sous le nom de West Antarctic Ice Sheet Divide (WAIS Divide) a été forée à une profondeur de plus de 3 400 mètres, et les analyses ont mis à jour plus de 30 éléments et espèces chimiques différents. Elles confirment que l’anomalie chimique observée dans la carotte de glace WAIS Divide résulte d’une série d’éruptions du Mont. Takahe qui se trouve à 350 kilomètres au nord.
La découverte de cet événement unique dans le WAIS Divide n’était pas la première indication d’une anomalie chimique qui a eu lieu il y a environ 17 700 ans. L’anomalie a également été détectée de manière plus limitée dans une carotte de glace prélevée  sur le glacier Byrd dans les années 1990, mais les données n’ont pas pu être interprétées clairement. La plupart des études des anciennes carottes de glace en Antarctique n’ont pas pris en compte de nombreux éléments et espèces chimiques étudiés par des chercheurs, comme les métaux lourds et les éléments rares qui caractérisent l’anomalie. Donc, à bien des égards, ces autres études sont passées à côté de l’éruption Mont Takahe.
Source: Science Daily

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New findings published early in September in the Proceedings of the National Academy of Sciences document a 192-year series of volcanic eruptions in Antarctica that coincided with accelerated deglaciation about 17,700 years ago.

Detailed chemical measurements in Antarctic ice cores show that massive, halogen-rich eruptions from the West Antarctic Mt. Takahe volcano coincided exactly with the onset of the most rapid, widespread climate change in the Southern Hemisphere during the end of the last ice age and the start of increasing global greenhouse gas concentrations.

Climate changes that began about17,700 years ago included a sudden poleward shift in westerly winds encircling Antarctica with corresponding changes in sea ice extent, ocean circulation, and ventilation of the deep ocean. Evidence of these changes is found in many parts of the Southern Hemisphere and in different paleoclimate archives, but what prompted these changes has remained largely unexplained.

It is known that rapid climate change at this time was primed by changes in solar insolation and the Northern Hemisphere ice sheets. Glacial and interglacial cycles are driven by the sun and Earth orbital parameters that impact solar insolation (intensity of the sun’s rays) as well as by changes in the continental ice sheets and greenhouse gas concentrations. Scientists postulate that these halogen-rich eruptions created a stratospheric ozone hole over Antarctica that, analogous to the modern ozone hole, led to large-scale changes in atmospheric circulation and hydroclimate throughout the Southern Hemisphere. Although the climate system already was primed for the switch, these changes probably initiated the shift from a largely glacial to a largely interglacial climate state.

Furthermore, the fallout from these eruptions, containing elevated levels of hydrofluoric acid and toxic heavy metals, extended at least 2,800 kilometres from Mt. Takahe and likely reached southern South America.

These massive Antarctic volcanic eruptions were discovered and verified thanks to ice cores extracted from remote regions of the Earth, such as Greenland and Antarctica. One such ice core, known as the West Antarctic Ice Sheet Divide (WAIS Divide) core was drilled to a depth of more than 3,400 metres, and much of it was analyzed for more than 30 different elements and chemical species. These precise, high-resolution records illustrate that the chemical anomaly observed in the WAIS Divide ice core was the result of a series of eruptions of Mt. Takahe located 350 kilometres to the north.

Discovery of this unique event in the WAIS Divide record was not the first indication of a chemical anomaly occurring about 17,700 years ago. The anomaly was detected in much more limited measurements of the Byrd ice core in the 1990s, but exactly what it was or what created it was not clear. Most previous Antarctic ice core records have not included many of the elements and chemical species that are studied by researchers, such as heavy metals and rare earth elements that characterize the anomaly. So in many ways these other studies were blind to the Mt. Takahe event.

Source: Science Daily

Vue du Mont Takahe, volcan qui culmine à 2000 mètres au-dessus de l’Ouest antarctique (Source : NASA)

 

Les aéroports indonésiens se préparent à une éruption de l’Agung // Indonesian airports are getting ready for an eruption of Mt Agung

La sismicité reste élevée sur l’Agung. Par exemple, on a enregistré198 événements en 12 heures entre vendredi minuit et samedi midi.
Les autorités confirment qu’il est impossible de prévoir quand l’éruption aura lieu – si elle a lieu – mais au vu du niveau d’alerte qui est maintenant à son maximum, il a été décidé de prendre des mesures d’urgence, au cas où.
L’aéroport international de Denpasar à Bali a prévu une cellule de crise au cas où une éruption entraînerait la fermeture de l’aéroport. Les aéroports de Lombok et de Surabaya, à l’est de Java, serviront d’alternatives, en supposant qu’ils ne seront pas affectés par la cendre. Des taxis et des bus conduiront les gens au port de Padangbai afin qu’ils puissent se rendre en bateau à Lombok ou à Surabaya.
Selon la police, près de 34 000 villageois vivant près du Mt Agung ont été évacués vers des centres d’accueil.
Source: The New Zealand Herald.

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Seismicity is still elevated on Mt Agung. In the 12 hours from midnight on Friday until noon Saturday, a total of 198 tremors were recorded.

Authorities say they still cannot predict when the mountain will erupt but with the threat level at its highest, an emergency response period has been declared.

Bali’s Denpasar International Airport is preparing an emergency operations centre, in the event of an eruption closing the busy airport. The airports in Lombok and Surabaya, in East Java, are being prepared as alternatives, assuming they too were not affected. Taxis and buses will be provided to take people to the Padangbai seaport so they could go by boat to Lombok or Surabaya.

According to police almost 34,000 villagers living near Mt Agung volcano have now been evacuated to shelters.

Source: The New Zealand Herald.

Modèle numérique montrant en perspective l’Agung et le Batur, les deux principaux volcans de l’île de Bali (Source: Wikipedia).

La situation sur et autour du Mont Agung (Bali) : Et maintenant ? // The situation on and around Mt Agung (Bali) : What next ?

Au vu de l’activité sismique sur le Mont Agung, signe d’une probable ascension du magma sous le volcan, les autorités indonésiennes ont appliqué – avec raison selon moi, – le principe de précaution. Plus de 10 0000 personnes ont quitté leurs habitations pour se mettre en sécurité. On connaît le passé éruptif de l’Agung ainsi que son pouvoir destructeur tant matériel qu’humain. Comme cela se fait habituellement lors des éruptions en Indonésie, des centres d’accueil ont été mis en place pour accueillir ces réfugiés, en sachant que l’on ne peut pas garder indéfiniment des gens dans ce type d’hébergements provisoires, avec tous les problèmes sanitaires que cela implique.

La question est maintenant de savoir comment la situation va évoluer. Se dirige-t-on vers une éruption majeure de l’Agung avec nuages de cendre et coulées pyroclastiques, ou bien le volcan va-t-il se calmer, ce qui justifierait un retour de la population évacuée ? Personne n’est en mesure de répondre à cette question. Comme je l’ai indiqué précédemment à propos du Mauna Loa à Hawaii, nous ne savons pas prévoir une éruption volcanique, et encore moins sur les volcans explosifs de la Ceinture de Feu.

Le risque à Bali, c’est que dans un premier temps l’Agung se calme et permette le retour de la population, puis se manifeste brusquement et violemment, avec des conséquences faciles à imaginer. Si le magma s’est accumulé sous l’édifice volcanique, il y aura forcément une accumulation de gaz et une mise sous pression du volcan. Ces gaz peuvent se libérer brutalement et il n’y aura alors guère de temps pour se mettre à l’abri des nuages de cendre et autres coulées pyroclastiques.

A mon avis, cette dernière hypothèse est le véritable risque à Bali en ce moment. Les principaux sites touristiques se trouvent relativement loin de l’Agung et leurs visiteurs ne risquent pas grand-chose. Il ne faudrait surtout pas qu’une curiosité humaine malsaine pousse certains touristes à venir s’approcher du volcan. La situation ne serait plus la même en cas d’éruption soudaine.

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Les autorités indonésiennes craignent que la situation actuelle sur le Mt Agung, avec le niveau d’alerte à son maximum, affecte le tourisme à Bali. Cependant, en dehors du périmètre de sécurité autour du volcan, le tourisme se déroule normalement à Bali jusqu’à présent.
Malgré le message rassurant du gouverneur de Bali, le ministère australien des Affaires Etrangères et du Commerce a publié une nouvelle mise en garde concernant les voyages vers Bali en raison des risques d’une éruption volcanique. Les compagnies aériennes observent très attentivement la situation.
Un porte-parole de Jetstar a déclaré que tous les vols à destination de Bali (60 vols par semaine) avaient lieu comme prévu, mais que la compagnie surveillait la situation.
Qantas a déclaré que ses météorologues surveillaient l’activité, mais que les vols étaient assurés normalement.
Les vacances scolaires ont commencé dans de nombreuses régions d’Australie et le nombre de voyageurs qui visitent Bali augmente habituellement pendant cette période.
Le Mont Agung se trouve dans le district de Karangasem à l’est de Bali, à environ 75 kilomètres du centre touristique de Kuta.
L’aéroport de Denpasar, n’a pas été affecté par l’éruption, mais sa direction surveille la situation de près.

Source : The Guardian

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In view of seismic activity on Mount Agung, a sign of probable magma ascent under the volcano, Indonesian authorities have applied the principle of precaution – and rightly so. More than 10,000 people have left their homes to stay safe. We know the eruptive past of Mt Agung as well as its destructive power, both material and human. As is usually the case during Indonesian eruptions, shelters have been set up to accommodate these refugees, knowing that people cannot be kept indefinitely in these centres, with all the health problems they involve.

The problem now is how the situation will evolve. Are we headed for a major eruption with ash clouds and pyroclastic flows, or else will the volcano calm down, which would justify a return of the evacuated population? No one is in a position to answer that question. As I put it earlier about Mauna Loa in Hawaii, we are not able to predict a volcanic eruption, let alone on the explosive volcanoes of the Ring of Fire.
The risk in Bali is that initially the Agung calms down and allows the return of the population, then suddenly and violently erupts , with consequences easy to imagine. If  magma has accumulated under the volcanic edifice, there will necessarily be an accumulation of gas and a pressurization of the volcano. These gases can be released suddenly and there will be little time to shelter from the ash clouds and pyroclastic flows.
In my opinion, this latter hypothesis is the real risk in Bali at this time. The main tourist sites are relatively far from Mt Agung and their visitors do not risk much. However, human curiosity should not incite some tourists to get close to the volcano. The situation would no longer be the same in the event of a sudden eruption.

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Indonesian authorities are afraid that the current situation on Mt Agung, with the alert level at its highest, might affect tourism on the island. However, apart from the restricted area, tourism in Bali is safe up until now.  .

Despite the reassuring message of the governor of Bali, the Australian Department of Foreign Affairs and Trade issued a new travel warning for Bali because of fears of a volcano eruption on the popular tourist island. Air companies are observing the situation very carefully.

A spokesman for Jetstar said all flights to Bali (60 flights a week) were going ahead as scheduled, but the airline was monitoring the situation.

Qantas said its meteorologists were monitoring activity but services were still going ahead as scheduled.

School holidays are under way in many parts of Australia and the number of travellers visiting the island usually booms during this period.

Mount Agung is in the Karangasem Regency in East Bali, about 75 kilometres from the tourist hub of Kuta.

The airport on Bali’s capital, Denpasar, has not been affected but its management is watching the situation closely.

Source: The Guardian.

Crédit photo: Wikipedia