Les systèmes d’alerte autour du Mont Agung // Mt Agung’s warning systems

Des systèmes d’alerte seront activés si le Mt Agung entre en éruption. Le volcan, qui se dresse à 70 kilomètres de Kuta, connaît une forte hausse de la sismicité depuis le mois d’août et menace d’entrer en éruption pour la première fois depuis 1963. Comme je l’ai mentionné dans un article précédent, les craintes d’une éruption ont déjà un impact sur l’industrie touristique de l’île de Bali.
La semaine dernière, les autorités ont installé des sirènes dans plusieurs localités à proximité du volcan. Le but de ce système d’alerte, qui sera déclenché manuellement lorsque le volcan entrera en éruption, est de donner aux habitants le temps de fuir.
Personne ne sait quand l’éruption aura lieu. Ce pourrait être dans les dix prochaines minutes. Ou au cours de la prochaine heure. Ce pourrait être jamais. Cependant, les dernières observations montrent que la probabilité d’une éruption continue d’augmenter.
Les sirènes utilisées pour protéger les gens présentent un défaut majeur: leur rayon d’action est de seulement 2 kilomètres, ce qui est très insuffisant. Les habitants du secteur reprochent au système d’alerte volcanique d’être trop compliqué et difficile à identifier. La description d’une description de l’Agung par les autorités justifierait un système à plus grande échelle et plus performant. Les coulées pyroclastiques et les lahars sont des phénomènes dévastateurs.
Compte tenu de la possibilité d’une éruption majeure du Mt Agung, les systèmes d’alerte actuels semblent dérisoires. Les séismes volcaniques sont ressentis par la population autour de l’Agung et du Batur, et certaines secousses sont même ressenties jusqu’à Denpasar et Kuta. Les survivants se souviennent de l’éruption de 1963. Un témoin raconte que les gens voyaient un « énorme nuage au-dessus de la montagne. Ce nuage s’est écroulé sur terre en morceaux. C’était comme si un grand nombre de bombes explosaient. » L’éruption a tué 1 100 personnes.
Source: New Zealand Herald.

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Warning systems will be activated if Mt Agung erupts. The volcano, 70 kilometres from the resort hub of Kuta, has been shaking since August and threatening to erupt for the first time since 1963. As I put it in a previous post, fears that it will blow are already impacting the island’s tourism industry.

Officials last week installed warning sirens in several townships beneath the volcano. The aim of the special warning system, which will be triggered manually when the volcano erupts, is to give residents enough time to flee.

Nobody knows when the eruption will take place. It could be in the next ten minutes. Or the next hour. It could be not at all. However, the latest evidence collected by Indonesian officials shows the likelihood continues to increase.

The sirens used to protect people have one potentially fatal flaw: their radius is only 2 kilometres, which is too small. Local residents complain that early warning systems for volcanoes are too complicated and not easy to identify. What authorities have predicted justifies the need for a bigger and better system because, despite the unknown nature of the impact of Mt Agung’s eruption, the visuals are quite terrifying. The potential route of pyroclastic flows and lahars would be devastating.

Taking into account the possibility of a major eruption of Mt Agung, the current warning systems nearly look useless. Volcanic earthquakes are being felt by people around Agung and Batur areas, and some of the biggest earthquakes are even felt in Denpasar and Kuta areas. Survivors can remember the 1963 eruption. One witness said that people saw a “huge cloud above the mountain. That cloud fell to the earth in lumps. It sounded like lots of bombs going off.” The eruption killed 1,100 people.

Source: New Zealand Herald.

Source: Wikipedia

Amélioration des systèmes d’alerte du Mont Rainier // Upgrading of Mt Rainier’s warning systems

drapeau-francaisDans une note rédigée le 7 mars 2016 (voir lien ci-dessous), j’expliquais que le principal danger du Mont Rainier réside dans les lahars, à savoir les coulées de boue qui pourraient être déclenchées par la fonte des glaciers sous l’effet de la chaleur du volcan. Cependant, avec le réchauffement climatique, les glaciers du Mont Rainier ont connu un fort recul au cours des dernières décennies, de sorte que leur volume est moins impressionnant que dans le passé.

Si une éruption devait se produire, les coulées de boue seraient probablement moins destructrices, même si elles causeraient de gros dégâts aux localités situées sur leur trajectoire. Des villes comme Orting sur les rives de la rivière Puyallup seraient certainement affectées. Des voies d’évacuation ont été mises en place pour permettre à la population de fuir vers des endroits plus sûrs.

La presse locale nous apprend que la Protection Civile du Pierce County, en partenariat avec l’USGS, a commencé à améliorer le système de capteurs de lahars et les sirènes d’alerte mis en place au début des années 1990. Le système actuel fonctionne bien, mais les améliorations apporteront une sécurité supplémentaire aux personnes qui vivent et travaillent autour du mont Rainier. Plusieurs membres du Congrès ont joué un rôle déterminant dans l’octroi de fonds pour financer ces améliorations nécessaires qui se poursuivront en 2017.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/03/07/chaine-des-cascades-etats-unis-le-mont-rainier-cascade-range-united-states-mount-rainier/

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drapeau-anglaisIn a note written on 7 March 2016 (see link below), I explained that the main danger about Mount Mainier was the lahars, namely mudflows that could be triggered by the melting of the glaciers on the flanks of the volcano. However, with global warming, glaciers have been receding in the past decades so that their volume is less impressive than in the past. Should an eruption occur, mudflows would likely be less destructive, even though they would cause severe damage to the communities on their way. Cities like Orting on the shores of the Puyallup River would certainly be affected. Evacuation routes have been set up to allow the population to flee to safe places.
Pierce County Department of Emergency Management, in partnership with the USGS, has begun upgrading the system of lahar sensors and warning sirens first put in place in the early 1990s. The current system is functioning well but upgrades will improve life-saving information to those that live, work and play around Mount Rainier. Several Congress members have been instrumental in advocating for funding of the needed upgrades that will continue through 2017.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/03/07/chaine-des-cascades-etats-unis-le-mont-rainier-cascade-range-united-states-mount-rainier/

Rainier 2015 01

Rainier 2015 07

Rainier 2015 15

Rainier 2015 17

Photos: C. Grandpey

 

Histoires de systèmes d’alerte en Alaska et au Chili // Stories of warning systems in Alaska and Chile

drapeau francaisDans une note écrite le 20 février 2015, j’indiquais que l’Augustine était probablement la plus grande menace de tsunami pour la ville d’Homer située à 100 km du volcan, et pour la partie sud de la Péninsule du Kenai. La dernière éruption de l’Augustine en 2006 a généré un panache de cendre et émis suffisamment de lave pour rehausser encore davantage le sommet du volcan. Ce sommet domine des pentes abruptes et c’est lui qui, en s’effondrant, pourrait déclencher un tsunami. En 1883 – avant que la ville d’Homer soit construite – une éruption a fait glisser le versant nord de l’Augustine dans Cook Inlet et généré une vague de 9 mètres de hauteur qui a fini sa course dans le village de Nanwalek. Les scientifiques ont par ailleurs trouvé des preuves d’effondrements similaires remontant à des milliers d’années.

C’est la raison pour laquelle des sirènes ont été installées à Homer et dans les quelques villages qui pourraient être exposés à un tsunami. Pendant plusieurs jours, les médias ont annoncé que le mercredi 25 mars aurait lieu un test du système d’alerte aux tsunamis sur les régions côtières de l’Alaska. Comme dans beaucoup d’endroits dans le monde, les gens sont habitués à entendre ici un test des sirènes une fois par mois, le mercredi à 13 heures. Cependant, le 25 mars, l’essai était censé être un peu différent. Les sirènes devaient hurler plus tôt et soi-disant « avec plus de réalisme » dans le cadre de la Semaine de Prévention des Tsunamis.
Les sirènes retentirent à 10h25 du matin, relayées par tous les haut-parleurs qui se trouvent dans les zones basses, le long du littoral d’Homer. On entendit une voix annoncer: « Une alerte au tsunami a été émise pour ce secteur. Ecoutez votre station de radio locale pour plus de détails ». Le message a été répété trois fois. Il n’a jamais été précisé qu’il s’agissait d’un test.
Sept minutes après les sirènes, un animateur a interrompu en direct les programmes de radio et indiqué aux auditeurs que les sirènes « signalaient des tests » et qu’il n’y avait « pas de danger pour le moment. »
Deux minutes s’écoulèrent avant qu’une voix à peine audible venue des haut-parleurs annonce à Homer que le test était « conforme ».
Beaucoup de gens à Homer ne sont pas certains que le test ait été effectué avec suffisamment de sérieux et ait eu un impact sur la population dans son ensemble. Beaucoup de personnes ont fait remarquer que les tsunamis ne sont pas des plaisanteries et que le test de prévention aurait dû être mieux géré par toutes les parties concernées. Ces personnes espèrent que des leçons ont été tirées et que les gens qui entendront les sirènes à l’avenir ne penseront pas qu’il s’agit toujours de tests. Il ne faudrait jamais oublier que le tsunami qui a accompagné le séisme de 1964 en Alaska a tué 115 habitants dans cet Etat et a fait disparaître le rivage de plusieurs localités.
Au niveau local, il y a eu au moins un raté, quand une alerte au tsunami destinée aux Aléoutiennes a retenti à Homer en 2011. Selon le journal local Homer News, « des centaines de personnes qui se trouvaient sur la jetée d’Homer (le Spit) et dans les zones basses de la ville ont quitté les lieux ». La police a sillonné la ville pour prévenir la population que l’alerte était une erreur.

Le danger occasionné par un tsunami augmente avec la proximité de sa source par rapport à la côte. S’il se déclenche à des centaines de kilomètres, on aura le temps de prendre rapidement des mesures d’évacuation, à condition que la population ait été bien préparée à une telle éventualité. En 1964, le tsunami a démarré près de la côte. L’épicentre du séisme qui l’a provoqué a été localisé à seulement 90 km à l’ouest de Valdez et 120 km à l’est d’Anchorage, à une profondeur de 25 km. Il y a eu 131 morts (115 en Alaska, 16 dans l’Oregon et la Californie). Le nombre de victimes a été extrêmement faible pour un séisme de cette ampleur (M 9,2) en raison de la faible densité de population, le moment de la journée, le fait que c’était un jour férié (le Vendredi Saint), et le type de matériau (principalement le bois) utilisé pour construire de nombreux bâtiments. Aujourd’hui serait bien différent.
D’après un article paru dans l’Alaska Dispatch News.

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De la même manière, les habitants de la ville chilienne de Pucon ont déclaré avoir ressenti une grande confusion quand les sirènes de la ville ont retenti dimanche dernier. La ville est située à proximité du Villarrica et le maire a ordonné aux pompiers d’actionner les sirènes pour que les gens comprennent que le volcan représente « une menace persistante ». Dans le même temps, le niveau d’alerte volcanique n’avait pas changé.
On pouvait voir des nuages de cendre s’élever du cratère pendant le week-end. Quand les sirènes de la ville ont hurlé dimanche après-midi, de nombreux habitants ont pensé que c’était un signal d’évacuer la ville.
Des commentaires ont été affichés sur Facebook accusant le maire d’avoir « causé une peur inutile» parmi les 22 000 habitants de la ville. En effet, le protocole officiel dit que les sirènes doivent être actionnées pour évacuer les gens, et pas comme mesure préventive.
Source: BBC News.

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drapeau anglaisIn a note written on February 20th 2015, I indicated that the most serious tsunami threat for Homer and the southern flank of the Kenai Peninsula in Alaska might be Augustine Volcano, 110 km to the west. Augustine last erupted in 2006, sending up an ash cloud and emitting enough lava to build a new summit. It’s this summit enhancement on steep slopes that makes the volcano vulnerable to collapse. In 1883 – before Homer’s founding – an eruption caused its north side to slide into Cook Inlet, sending a 9-metre wave into the village of Nanwalek. Scientists have found evidence of similar collapses going back thousands of years.

This is the reason why sirens have been set up in Homer and the few villages that might be exposed to a tsunami. For several days various news media reported that on Wednesday, March 25th, there would be a test of the tsunami warning system in coastal Alaska. Like in many places of the world, people are accustomed to sirens once a month here, on Wednesdays at 1 p.m., always with the key word “test.” However, the March 25th test was supposed to be a little different. The sirens were to hoot at an earlier time and supposedly “with more realism” as part of Tsunami Preparedness Week.

The sirens sounded at 10:25 in the morning, echoing from the multiple speakers in Homer’s low-lying areas. A voice said: “A tsunami warning has been issued for this area. Tune to a local radio station for details.” The message was repeated three times. There was no mention of a test.

Seven minutes after the sirens, a live announcer interrupted the radio programmes to tell listeners that the sirens were “just testing warnings” and there was “no danger present at the moment.”

Two more minutes passed before a barely audible voice came over the tsunami speakers to say the test was “complete”.

Many people in Homer were not sure the test was serious enough and had any effect on the population at large. Many said tsunamis are no joke, and that a preparedness test could have been better managed by all involved. They hope that lessons were learned and that people hearing sirens in the future won’t assume they’re always tests. They should never forget that the tsunami accompanying Alaska’s 1964 earthquake killed 115 Alaskans and wiped out the entire waterfronts of several communities.

Locally, there was at least one false alarm from the system, when a tsunami warning meant for the Aleutians sounded in Homer in 2011. According to the Homer News, “hundreds of people on the Homer Spit and in low-lying areas evacuated.” Police fanned out around town to alert people that the warning was in error.

The danger of a tsunami increases with the proximity of its source to the coast. Should it start hundreds of kilometres away, there will be time to take rapid evacuation measures, provided the population has been well prepared to such an event.  In 1964, the tsunami was triggered close to the coast. The epicentre of the earthquake that caused it was only 90 km west of Valdez and 120 km east of Anchorage, at a depth of 25 km. The number of deaths totalled 131; 115 in Alaska and 16 in Oregon and California. The death toll was extremely low for a quake of this magnitude (M 9.2) due to low population density, the time of day and the fact that it was a holiday, and the type of material (mostly wood) used to construct many buildings. Today would be different.

After an article in the Alaska Dispatch News.

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In the same way, residents of the Chilean town of Pucon said they felt confused when the town’s sirens went off on Sunday. The town is located near the Villarrica volcano and the mayor of the town ordered firefighters to ring the sirens to alert people « to the continued threat ». Meantime, the volcanic alert level had not changed.

Ash could be seen rising from the crater during the weekend, so when the town’s sirens rang on Sunday afternoon, many residents said they thought it was a signal to evacuate the town.

Comments were posted on Facebook criticising the mayor for « spreading fear » among the town’s 22,000 residents. Indeed, the official protocol says that the sirens ring to evacuate people, not as a preventive measure.

Source: BBC News.

Augustine-flancs

Les flancs pentus de l’Augustine contribueraient au déclenchement d’un tsunami.

Evacuation-blog

En théorie, tout est prêt pour l’évacuation des populations menacées.

(Photos:  C.  Grandpey)