Islande : Eruption à vendre ? // Iceland : Is the eruption for sale ?

L’éruption dans le secteur de la montagne Fagradalsfjall se poursuit et n’a pas l’air de vouloir s’arrêter, à en juger par l’activité des deux cônes visibles sur les webcams. Comme je l’ai écrit précédemment, l’événement se situe sur des terres privées appartenant à la ferme Hraun dont le nom en islandais signifie «lave».

Au cours des dernières semaines, les propriétaires fonciers ont reçu de nombreuses demandes en provenance de personnes qui voulaient savoir si les terres où se déroule l’éruption étaient à vendre. Ces personnes étaient envoyées par des agences immobilières, mais il s’agissait également d’Islandais. Les uns comme les autres n’ont pas beaucoup dévoilé leurs projets.

On pense que certaines demandes d’achat du site de l’éruption émanent d’investisseurs solides désireux de mettre en place un projet à grande échelle.

L’un des propriétaires fonciers a déclaré que les discussions n’avaient pas beaucoup avancé. S’agissant du prix, il serait de l’ordre d’un appartement de luxe à Reykjavik qui coûte jusqu’à 500 millions de couronnes islandaises, soit 3,4 millions d’euros.

Les terres appartenant à la ferme Hraun s’étendent du rivage jusqu’aux montagnes et aux vallées et couvre une superficie allant jusqu’à 60 km2. Les propriétaires regroupent 24 fermiers qui, jusqu’à ces derniers temps, recevaient une demande tous les deux ou trois ans pour savoir si leurs terres étaient à vendre. Aujourd’hui, ils sont contactés chaque semaine, voire plus.

Certains géologues ont dit que l’éruption, qui a débuté le 19 mars, pourrait durer encore longtemps, voire un an. Il semble évident que les personnes intéressées par l’achat des terres pensent, elles aussi, que l’éruption va continuer longtemps. Si c’est le cas, elle pourrait devenir une attraction au même titre que le Blue Lagoon. Si elle se prolongeait dans le temps, il serait intéressant de construire des infrastructures sur le site, de faire payer les touristes pour qu’ils puissent admirer le spectacle et ainsi démarrer une nouvelle entreprise touristique.

°°°°°°°°°°

Comme la plupart des agriculteurs islandais, les propriétaires de la ferme Hraun élèvent des moutons. Selon les dernières données communiquées par le Ministère de l’Agriculture, le nombre de moutons en Islande continue de diminuer. À l’hiver 2020, il y avait 400.724 moutons en Islande, contre 415.847 en 2019, soit une baisse de 15.123 moutons ou 3,63%. Il n’y a jamais eu aussi peu de moutons en Islande depuis 1861, date à laquelle une pandémie de tavelure ovine a entraîné une baisse de leur nombre à 327 000. Le pic du nombre de moutons en Islande a été atteint en 1977, avec 896 000 têtes.

Dans le passé, des baisses du nombre de moutons se sont produites fréquemment en raison de maladies, d’éruptions volcaniques ou de vagues de froid. Cette fois, la situation est due à des raisons économiques. Ces dernières années, la consommation d’agneau a diminué tandis que la consommation de volaille et de porc a augmenté.

Source: Iceland Monitor, Iceland Review.

——————————————–

The eruption by Fagradalsfjall mountain continues and does not reem eady to stop, judging from the activity at the two cones to be seen on the webcams. As I put it before, it is occurring on private land belonging to the farm Hraun whose name in Icelandic means ‘lava’.

In recent weeks, the landowners have received numerous inquiries regarding whether the land is for sale. They came from real estate agents and from Icelanders who have not revealed much about their plans. It is thought that these persons ready to buy the eruption site are backed by strong investors and that something major is behind this.

One of the landowners said that talks about a sale have not advanced and that price ideas are similar to the price of a luxury apartment in Reykjavik which costs up to ISK 500 million or 3.4 million euros.

The land Hraun stretches all the way from the shore into the mountains and valleys and covers an area of up to 60 km2.

Some geologists have suggested that the eruption, which began on March 19th, could continue for a long time, even a year.

The owners of Hraun, include 24 farmers who used to receive one inquiry every two or three years regarding whether the land was for sale. Now, they are contacted every week, or more. It seems clear that the people who are interested in buying the land are counting on the eruption to continue for a long time. If it does, it might become an attraction on par with the Blue Lagoon. Then, it would be interesting to build some infrastructure on the eruption site, have tourists to pay to watch the show and start a new business.

°°°°°°°°°°

Like most farmers in Iceland, the owners of the farm Hraun raise sheep. According to data from the Ministry of Agriculture, the number of sheep in Iceland continues to decrease.  In the winter of 2020, there were 400.724 sheep in Iceland, compared to 415.847 in 2019, a decrease of 15.123 sheep or 3.63%. There have not been so few sheep in Iceland since 1861 when a sheep scab pandemic led to a drop in sheep numbers to 327,000.

The peak of sheep numbers in Iceland so far was reached in 1977 when 896,000 animals were fed through winter. In the past, drops in sheep numbers have occurred regularly due to diseases, volcanic eruptions, or cold temperatures but this time, the development has been more gradual and based on economic shifts. In recent years, lamb consumption has been decreasing while poultry and pork consumption has increased.

Source : Iceland Monitor, Iceland Review.

L’activité éruptive reste soutenue… pour combien de temps?

Pacaya (Guatemala) : reprise de l’activité effusive // New effusive activity

Selon le site web The Watchers, il semble qu’après quelques jours de pause, l’activité effusive ait repris de plus belle sur le Pacaya le 29 avril 2021, avec deux coulées de lave actives qui ont émergé des flancs sud-est et nord-ouest du volcan. Cette nouvelle intensification d’activité survient moins d’une semaine après que les autorités ont déclaré la fin de la dernière phase éruptive. Elle avait duré du 5 février au 23 avril.

Les signaux sismiques montrent le passage d’une activité explosive à une activité principalement effusive avec l’apparition d’une nouvelle coulée de lave sur le flanc nord du Pacaya. La coulée de lave sur le versant sud-est avait une longueur de 1 600 mètres le 29 avril et se trouvait à une centaine de mètres du secteur de La Breana où des maisons sont sous la menace de la lave. La coulée se divise en plusieurs branches qui laissent échapper des matériaux incandescents sur leurs fronts, tandis que des gaz sortent de la coulée.

L’INSIVUMEH a prévenu que les coulées allaient probablement continuer à avancer et que de nouvelles coulées pouvaient apparaître sur d’autres flancs du volcan.

La CONRED a été invité à activer les mesures nécessaires dans le cas où la lave menacerait les habitations.

L’accès au cratère Mackenney et aux zones affectées par les coulées de lave est interdit.

——————————————

According to the The Watchers website, it seems that after a few days’ pause, effusive activity resumed at Pacaya on April 29th, 2021, with two active lava flows emerging from the Southeast and the Northwest flanks of the volcano. The new phase of increased activity comes less than a week after authorities declared the last eruptive phase over. It had lasted between February 5th and April 23rd.

Seismic signals have shown a shift from explosive to predominantly effusive activity leading to the generation of a new lava flow on Pacaya’s northern flank.

The Southeast lava flow had a total length of 1 600 metres on April 29th and was at a distance of 100 m from the La Breana area where houses are under the threat of lava. The flow is divided in several branches that release incandescent material on its fronts, with gases coming out of the flow.

INSIVUMEH warns that the active lava flows are expected to move forward and more flows could be generated on other flanks of the volcano.

CONRED has been asked to activate the lava flow threat mitigation protocols. Access to the Mackenney crater and areas affected by the lava flows is prohibited.

La coulée de lave principale du Pacaya vue par la webcam en ce moment.

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : vers la fin de l’éruption ? // Toward the end of the eruption ?

Cela fait 3 semaines que le Piton de la Fournaise est en éruption, mais l’événement est quasiment invisible ces jours-ci à cause de la météo exécrable qui règne à la Réunion. Les fortes pluies ont causé des éboulements et des coupures de routes, en particulier dans le secteur de Salazie.

Les instruments montrent que l’éruption se poursuit, mais l’intensité du tremor décroît régulièrement depuis trois jours. Il ne serait pas surprenant que l’éruption touche à sa fin. Si c’est le cas, on sera dans la moyenne de durée des dernières éruptions, mais très loin du record établi en 1998 quand une éruption avait duré 6 mois, ou même des 47 jours de l’éruption de septembre 2018. .

Les deux cônes éruptifs sont toujours en activité, mais l’activité se déroule essentiellement en tunnels, de sorte que les coulées ne sont guère visibles en surface.

Les observations de l’OVPF sont compliquées par le fait que certains instruments ont été foudroyés .Pour d’autres, le manque d’ensoleillement empêche l’alimentation des panneaux solaires  et donc leur fonctionnement.

Comme je l’indiquais précédemment, le front de coulée demeure figé dans les Grandes Pentes à une centaine de mètres en amont du cratère Bonnet. La coulée s’est épaissie et s’est élargie.

Source : OVPF, Réunion la 1ère.

——————————————–

Piton de la Fournaise has been erupting for 3 weeks now, but the event is almost invisible these days due to the poor weather conditions on Réunion Island. Heavy rains caused landslides and road cuts, especially in the Salazie area.

The instruments show that the eruption is continuing, but the intensity of the tremor has been decreasing steadily for the past three days. It would not come as a surprise if the eruption came to an end. If this is the case, it will have the average duration of the last eruptions, but very far from the record set in 1998 when an eruption lasted 6 months, or even the 47 days of the eruption of September 2018..

The two eruptive cones are still active, but the activity mainly takes place in tunnels, so that the flows are hardly visible on the surface. OVPF’s observations are complicated by the fact that some instruments have been struck by lightning. For others, the lack of sunlight prevents the solar panels from being supplied and therefore from working properly. As I indicated previously, the flow front is no longer moving forward and has stopped in the Grandes Pentes about a hundred metres upslope from the Bonnet crater. The flow has thickened and widened. Source: OVPF, Réunion la 1ère.

Source : OVPF

Quelques informations supplémentaires sur l’éruption islandaise // A few more details about the Icelandic eruption

Dans sa dernière mise à jour du 21 avril 2021, le Met Office islandais (IMO) explique que l’éruption de Fagradalsfjall dure depuis plus d’un mois maintenant et qu’il est impossible de dire pendant combien de temps elle se prolongera.

De nouvelles bouches se sont ouvertes depuis le début de l’éruption. Ces derniers jours, l’activité volcanique a cessé dans le double cratère le plus au nord. Selon un scientifique islandais, on ne sait pas ce que cela signifie pour la suite de l’éruption. En effet, l’éruption a constamment changé depuis le début. Même s’il n’y a plus de lave en train de s’écouler de ce premier cratère dans la Geldingadalur, il n’est pas certain que le cratère soit définitivement inactif. On ne peut pas affirmer, non plus, que c’est le signe que l’éruption est en train de décliner. Les dernières données montrent au contraire que le débit éruptif a légèrement augmenté ces derniers jours si l’on se réfère aux informations satellitaires

Les satellites donnent également des indications sur l’énergie émise par l’éruption. Ils détectent la chaleur rayonnée par la surface de la Terre. Ces mesures apparaissent, par exemple, sur le site du projet MIROVA (Middle InfraRed Observation of Volcanic Activity).

L’Institut des Sciences de la Terre indique que le débit éruptif moyen pendant les 30 premiers jours de l’éruption était de 5,6 m3 / s. Comparé à la plupart des autres éruptions islandaises, le débit est faible et relativement stable. Les dernières mesures montrent qu’il y a eu une certaine augmentation du débit éruptif au cours des dernières semaines. Le débit moyen pour les 17 premiers jours de l’éruption était de 4,5 à 5 m3 / s. Pour les 13 derniers jours, il est proche de 7 m3 / s.

Une comparaison avec d’autres éruptions montre que malgré l’augmentation, le débit ne représente qu’environ la moitié de celui des 10 premiers jours de l’éruption à Fimmvörðuháls en 2010, qui était une petite éruption. Une comparaison avec l’éruption dans l’Holuhraun montre que le débit actuel est de 6 à 7% du débit observé pendant les six mois de l’éruption de 2014. L’exemple historique le plus proche serait la phase effusive de l’éruption de Surtsey, qui a commencé en avril 1964 et s’est poursuivie jusqu’en juin 1967.

Source: IMO.

L’une des webcams qui offrent de superbes vues sur l’éruption risque d’être encerclée par la lave et fait face à un avenir incertain.

L’éruption est toujours très populaire. Plus de 55 000 visites ont été enregistrées sur le site de l’éruption. On a même noté la présence d’un renard arctique!

Source: Iceland Review.

——————————————–

In its latest update of April 21st, 2021, the Icelandic Met Office (IMO) explains that while the Fagradalsfjall eruption has been going on for over a month, it is impossible to guess how long it will last.

New fissure openings have formed several times since the eruption began and, in recent days, volcanic activity at the northernmost crater has ceased. According to an Icelandic scientist, it is not clear what this means for the progress of the eruption. Indeed, the eruption has changed constantly since the beginning. At the moment, there is no magma flowing from the first crater that opened outside Geldingadalir. However,it is uncertain if the crater is completely asleep and it is not possible to affirm that these are the first signs that the eruption is subsiding. On the contrary, the latest data shows that the lava flow has not decreased. It has even increased slightly in recent days, referring to satellite information

Satellites can also be used to assess the power of the eruption. Satellites detect the heat radiated from the Earth’s surface. Such measurements can be seen, for example, on the website of the MIROVA project (Middle InfraRed Observation of Volcanic Activity).

The Institute of Earth Sciences states that the average lava flow for the first 30 days of the eruption was 5.6 m3/s. Compared to most other Icelandic eruptions, the flow is remarkably low and relatively stable. The latest measurements on the lava show that there has been some increase in the last 1-2 weeks. The average flow for the first 17 days was 4.5-5 m3 / s, but for the last 13 days it is close to 7 m3 / s.

A comparison with other eruptions shows that despite the increase, the flow is now only about half of what occurred on average during the first 10 days at Fimmvörðuháls in 2010, which was a small eruption. A comparison with Holuhraun shows that the current flow is 6-7% of the average lava flow during the six months that the eruption lasted. In terms of lava flow, the closest historical example would be the effusive phase of the Surtsey eruption, which began in April 1964 and continued until the end of the eruption in June 1967.

Source : IMO.

One of the webcams that offer great views of the eruption is in danger of being surrounded by lava on all sides an faces an uncertain future.

The eruption is still very popular. Over 55,000 trips have been taken to the eruption site by hikers. It was even visited by an arctic fox!

Source: Iceland Review.