Hawaii : La rampe d’accès de Pohoiki sera-t-elle rouverte ? // Hawaii : Will the Pohoiki boat ramp be reopened ?

La grande question en ce moment sur la Grande Ile d’Hawaii est de savoir si la rampe de mise à l’eau de Pohoiki sera réutilisable. Cette rampe d’accès à l’océan pour les bateaux a été épargnée par la lave de la dernière éruption et est en parfait état. Toutefois, son entrée maritime est bloquée par un cordon de sable noir déposé par l’éruption et dont le volume est estimé à 14 000 mètres cubes. Une commission d’experts s’est rendue récemment à Pohoiki pour évaluer la situation. Les premières observations ont révélé que de la lave avait atteint les abords de Isaac Hale Beach Park tout proche et avait encerclé la rampe de Pohoiki sans l’endommager.

Avant la dernière éruption, quatre compagnies exploitaient commercialement la rampe et conduisaient les touristes en mer devant les entrées de lave dans l’océan. La petite baie jouxtant à la rampe d’accès était également un lieu de baignade populaire et un excellent spot de surf et autres activités aquatiques. Les experts pensent qu’il serait possible d’évacuer le cordon de sable noir et de rétablir ainsi l’accès à la rampe. Cependant, sa réouverture dépendra de plusieurs facteurs : le rétablissement de l’accès routier, l’aide de la communauté locale, l’obtention des permis nécessaires à son exploitation et, surtout, du financement. Il n’existe actuellement aucune estimation du coût des travaux, ni de date pour leur début.
La commission d’experts a également survolé l’ensemble du littoral du District de Puna afin de détecter d’autres sites possibles pour y établir une nouvelle rampe de mise à l’eau, au cas où celle de Pohoiki ne pourrait pas être réutilisée. Deux autres sites semblent possibles, mais comme à Pohoiki, une nouvelle rampe d’accès nécessitera le soutien de la communauté, des permis, un accès routier et des millions de dollars de financement.
À la MacKenzie State Recreation Area, les gens ont maintenant accès à deux nouvelles plages de sable noir. Avant l’éruption, la côte était ponctuée de falaises abruptes qui tombaient dans l’océan. La plus grande des deux plages est située directement sous le parking et demande la plus grande prudence. La beauté des plages de sable noir cache des dangers. Il y a de puissantes lames de fond et des courants, de sorte qu’un nageur pourrait facilement être entraîné vers le large. Le Kilauea a façonné sept plages de sable noir entre MacKenzie et Pohoiki.
Depuis la bordure nord de la MacKenzie State Recreation Area, il suffit de marcher quelques minutes pour atteindre la coulée de lave émise par la dernière éruption et dont l’accès reste déconseillé. Lors de la réouverture de MacKenzie, un ranger s’est rendu auprès de la coulée de lave et a expliqué aux nombreuses personnes présentes les risques et dangers liés au nouveau paysage. La lave est extrêmement coupante et instable sous les semelles. Des panneaux le long de la route conduisant à la zone mettent en garde sur le risque d’émissions de gaz volcaniques. Il est demandé aux gens de faire preuve d’un comportement responsable et de bon sens lorsqu’ils s’aventurent dans les zones affectées par l’éruption. Il leur est aussi demandé d’éviter – par le biais des réseaux sociaux – d’inciter les gens à venir y randonner. Cela pourrait attirer des personnes peu habituées à fréquenter un tel environnement.
Source: Hawaii 24/7.

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The big question right now on Hawaii Big island to know whether the Pohoiki Boat Ramp will be usable again in the future. The boat ramp shows no damage itself. However, an estimated 14,000 cubic metres of black sand, deposited during the recent East Rift Zone eruption, completely rings and blocks the entrance to the boat ramp.

A commission of experts flew to Pohoiki recently to assess the situation. The first observations revealed that lava crept to the edge of the neighbouring Isaac Hale Beach Park and surrounded the boat ramp without damaging it.

Prior to the latest eruption, four companies operated lava ocean tours from the ramp. The tiny bay leading up to the ramp was also a popular swimming spot and ocean-entrance for surfers and other water enthusiasts. Experts think it could be possible to remove the black sand and re-create the entrance to the boat ramp. However, the reopening of the Pohoiki Boat Ramp would be dependent on road access being restored, support from the local community, the securing of necessary permits, and most importantly the funding.  There are currently no estimates now of how much it would cost or a time frame for potential work to begin.

The commission also flew the entire Lower Puna coastline looking for other possible small boat ramp sites, in case Pohoiki can’t be resurrected. They believe there may be a couple of options, but like at Pohoiki, a new ramp would require support from the community, permits, road access, and millions of dollars in funding for design and construction.

At MacKenzie, people can now have access to two new black sand beaches. Prior to the eruption the parks coastline was punctuated by steep, rocky cliffs that dropped precipitously and directly into the ocean. The larger of the pair of beaches is directly below the parking lot and still requires careful navigation down the cliff face. The beauty of the black sand beaches is underlain with danger. There is a powerful undertow at these beaches and a swimmer or boarder could easily be swept out to sea. There are now seven black sand beaches, created by Kilauea, between MacKenzie and Pohoiki.

From the northern boundary of the MacKenzie State Recreation Area, it is just a few-minute walk to the edge of the newly formed lava flow which remains within a restricted access zone. On the first day of the reopening of MacKenzie, a National Guardsman walked out to the edge of the lava flow and spoke to numerous visitors about the risks and hazards associated with the newly-altered landscape. In addition to the extremely sharp lava which creates unstable footing, there are pockets where the ground may look stable, but is not. Road signs leading into MacKenzie SRA also warn people to be aware of the possibility of continuing volcanic gas emissions. People are requested to demonstrate responsible behaviour and use judgment and common sense when venturing into any areas impacted by the Lower East Rift Zone eruption and avoid promoting excursions on social media. This would only increase the appetite for others often less skilled to follow.

Source: Hawaii 24/7.

Vue de la rampe d’accès de Pohoiki et son cordon de sable voir (Crédit photo: USGS)

Nouvel effondrement glaciaire au Groenland // New glacier collapse in Greenland

Certains vont peut-être dire que je me répète, que je radote, mais c’est la triste réalité. Un effondrement glaciaire majeure a eu lieu au Groenland au début de l’été 2018.

Le 22 juin 2018, une équipe de chercheurs de l’Université de New York a filmé le vêlage du glacier Helheim, au Groenland. Les images sont impressionnantes et sous-entendent des conséquences pour le niveau des océans.

Une gigantesque masse de glace, de 6 kilomètres de large, s’est séparée du glacier et a glissé vers la mer. Le phénomène, qui a duré une trentaine de minutes en réalité, a été accéléré dans cette petite vidéo de 90 secondes :

https://youtu.be/7tyfSlnMe8E

Le vêlage est un phénomène classique sur les glaciers. J’ai personnellement eu l’occasion de l’observer à plusieurs reprises en Alaska, comme ici sur le glacier Sawyer :.

https://youtu.be/vYN3qp-9Adw

Il est facile de comprendre le processus d’un vêlage glaciaire. Un glacier se forme par accumulation de neige sur le continent ; cette neige qui se tasse devient de la glace qui s’écoule sous son propre poids jusque vers la mer. En temps normal, il y a un équilibre entre la quantité de neige qui tombe sur la calotte chaque année et la perte de masse par vêlage. Ce n’est plus le cas aujourd’hui du fait du changement climatique.

Le glacier Helheim fait partie de ceux étudiés par les scientifiques pour mesurer l’ampleur du réchauffement climatique. Le constat est sans appel. Selon les observations de la NASA, le front du glacier a reculé de plus de 4 kilomètres entre 1998 et 2013. Il s’est également perdu une centaine de mètres d’épaisseur pendant cette période.

Les très nombreux icebergs produits lors du vêlage gagnent la mer où ils contribuent à la hausse du niveau de l’eau. Actuellement, le niveau des océans augmente d’environ 3 millimètres par an, dont un millimètre par dilation thermique, 1 millimètre par la fonte des glaciers de montagnes et 1 millimètre par la fonte des calottes arctique et antarctique. Or, ce dernier millimètre n’existait pas dans les années 1990 car les calottes du Groenland et de l’Antarctique étaient dans une situation d’équilibre. L’iceberg qui s’est détaché du glacier de Helheim au mois de juin ne devrait pas provoquer une hausse spectaculaire du niveau de la mer, mais il est la preuve d’un phénomène qui inquiète les climatologues.

Le 28 mai 2008, une équipe de glaciologues avait filmé un vêlage du glacier Ilulissat, dans l’ouest du Groenland. Le film est entré dans le livre Guinness des Records car c’est le plus important événement de ce type jamais filmé. Il a duré 75 minutes. Pour se donner une idée, la hauteur totale de la glace est de 900 mètres, avec une partie émergée de 90-120 mètres

https://youtu.be/hC3VTgIPoGU

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Some people may say that I repeat myself, but it is the sad reality. A major glacial collapse occurred in Greenland early in the summer of 2018.
On June 22nd, 2018, a team of researchers from New York University filmed the calving of the Helheim Glacier in Greenland. The images are impressive and imply consequences for the level of the oceans.
A gigantic mass of ice, 6 kilometres wide, broke away from the glacier and slid towards the sea. The phenomenon, which lasted about thirty minutes, was accelerated in this small video of 90 seconds:
https://youtu.be/7tyfSlnMe8E

Calving is a frequent phenomenon on glaciers. I personally have had the opportunity to observe it several times in Alaska, as here on the Sawyer Glacier:.
https://youtu.be/vYN3qp-9Adw

It is easy to understand the process of glacial calving. A glacier is formed by snow accumulation on the continent; this falling snow becomes ice that moves under its own weight toward the sea. Normally, there is a balance between the amount of snow falling on the ice cap each year and the loss of mass by calving. . This is no longer the case today because of climate change.
The Helheim Glacier is one of those studied by scientists to measure the extent of global warming. The conclusion makes no doubt. According to NASA observations, the glacier front retreated more than 4 kilometres between 1998 and 2013. It also lost a hundred metres in thickness during this period.
The numerous icebergs produced at calving reach the sea where they contribute to the rise of the water level. At present, the level of the oceans is increasing by about 3 millimetres per year, of which one millimetre by thermal expansion, 1 millimetre by the melting of mountain glaciers and 1 millimetre by the melting of the Arctic and Antarctic ice caps. However, this last millimeter did not exist in the 1990s because the ice caps of Greenland and Antarctica were in a state of equilibrium. The iceberg that broke away from the Helheim Glacier in June is not expected to cause a dramatic rise in sea level, but it is the evidence of a phenomenon that worries climatologists.
On May 28th, 2008, a team of glaciologists had filmed a calving of the Ilulissat Glacier in West Greenland. The film entered the Guinness Book of Records because it was the most important event of its kind ever filmed. It lasted 75 minutes. To get an idea, the total height of the ice is 900 metres, with 90-120 metres above the water.
https://youtu.be/hC3VTgIPoGU

Effondrement sur le front du Columbia Glacier (Alaska) [Photo: C. Grandpey]

Un été toujours plus chaud // An ever warmer summer

Selon les relevés de la NASA à l’échelle de la planète, le mois d’août 2018 a été le cinquième plus chaud depuis le début des relevés par l’Administration en 1880. Avec +0,77°C au-dessus de la moyenne 1951-1980, l’anomalie relevée en août 2018 est quasi stable par rapport à juillet (+0,78°C). Les cinq mois d’août les plus chauds depuis 1880 ont tous été observés ces cinq dernières années.

Pour le mois d’août, sur les 100 dernières années, le réchauffement est de +0,096°C par décennie. Sur les 20 dernières années (depuis 1998), la tendance a accéléré à +0,19°C par décennie.

Au moment où j’écris ces lignes, 2018 occupe toujours la 4ème place, derrière le trio 2015-2016-2017. Pour l’année en cours (janvier-août), 2018 est à +0,81°C. Le trio record 2015-2016-2017 est encore devant à la faveur de conditions qui furent plus chaudes dans le Pacifique sous l’influence d’El Niño. Les températures de surface de la mer sont cependant en train de remonter dans l’océan Pacifique central et oriental, qui se trouve dans une configuration El Niño neutre (+0,11 en août dans la région Niño 3.4). Pour la fin d’année, les modèles tablent sur un petit El Niño avec une prévision de +0,9°C dans la région Nino 3.4 en octobre-novembre-décembre.

S’agissant des anomalies régionales, l’Europe a encore connu un mois d’août plus chaud que la moyenne. En Asie les anomalies sont aussi nettement positives. L’hémisphère nord n’atteint cependant pas des sommets car l’Arctique affiche des valeurs assez normales. L’Antarctique affiche en revanche des températures plus élevées que la moyenne, poursuivant sur la tendance des derniers mois.

En France, l’été 2018 (qui se termine le 23 septembre) a été marqué par la persistance quasi continue de températures supérieures aux valeurs saisonnières et par une vague de chaleur qui a concerné l’ensemble du pays du 24 juillet au 8 août.

La température moyenne de 21,2 °C sur la France et sur la saison a été supérieure à la normale de 2°C. L’été 2018 se classe ainsi au 2ème rang des étés les plus chauds, loin derrière 2003 (+ 3,2 °C) mais devant 2017 (+1,5 °C).

Source : NASA, Météo France.

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Dans un bulletin publié le mercredi 19 septembre 2018, Météo France a établi une liste des villes françaises pour lesquelles le nombre de jours où la température maximale a égalé ou dépassé 25°C en 2018.

Le record est détenu, cette année, par Grenoble, où les habitants ont vécu 122 jours à plus de 25°C.

D’autres villes ont également connu de longues périodes de forte chaleur. C’est ainsi qu’à Lyon, on comptabilise 113 jours, 102 à Limoges, 90 jours à Nevers et 57 à Rouen. A Paris, le thermomètre a dépassé les 25°C pendant 89 jours, faisant tomber l’ancien record de 1947. L’été 2003 avait été de loin le plus chaud, mais l’été 2018 aura surtout été chaud dans la durée et, selon Météo France, la France devrait rester protégée par l’anticyclone jusqu’à la fin du mois de septembre.
Une situation semblable a été observée en Europe du Nord. La Scandinavie a connu l’été le plus chaud jamais enregistré. De son côté, la Suisse a vécu l’été le plus sec depuis 1864.
Selon Météo France, le nombre annuel de jours de chaleur est « un critère très utile, beaucoup plus que les records ponctuels, pour caractériser le réchauffement. »

Il s’agit, bien évidemment, d’une nouvelle preuve de la réalité du changement climatique. Madame Hidalgo, maire de Paris, rappelle  » la nécessité d’agir pour défendre le climat et adapter Paris à cette réalité. » Paroles, paroles, paroles…

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According to NASA records worldwide, August 2018 was the fifth warmest since records began by the Administration in 1880. With + 0.77°C above average 1951-1980, the anomaly recorded in August 2018 is almost stable compared to July (+ 0.78°C). The warmest five months of August since 1880 have all been observed in the last five years.
For the month of August, over the last 100 years, the warming is +0.096°C per decade. Over the last 20 years (since 1998), the trend has accelerated to + 0.19°C per decade.
At the time of writing, 2018 is still in 4th place behind the 2015-2016-2017 trio. For the current year (January-August), 2018 is at + 0.81°C. The record trio 2015-2016-2017 is still ahead because of conditions that were warmer in the Pacific under the influence of El Niño. However, sea surface temperatures are rising in the central and eastern Pacific Ocean, which is in a neutral El Niño configuration (+0.11 in August in the Niño region 3.4). For the end of the year, models expect a small El Niño with a forecast of + 0.9°C in the region Nino 3.4 in October-November-December.

With regard to regional anomalies, August in Europe was still warmer than the average. In Asia the anomalies are also clearly positive. The northern hemisphere does not reach peaks, however, as the Arctic has fairly normal values. Antarctica, on the other hand, displays higher than average temperatures, continuing the trend of recent months.

In France, the summer of 2018 (which ends on September 23rd) was marked by the almost continuous persistence of temperatures above seasonal values ​​and by a heat wave that affected the entire country from July 24th to August 8th.
The average temperature of 21.2°C over France and the season was above normal by 2°C. Summer 2018 ranks 2nd in the warmest summers, well behind 2003 (+ 3.2°C) but ahead of 2017 (+1.5°C).
Source: NASA, Météo France.

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In a bulletin released on Wednesday, September 19th, 2018, Météo France has established a list of French cities with the number of days when the maximum temperature reached or exceeded 25°C in 2018.
The record is held this year by Grenoble, where the inhabitants lived 122 days at more than 25°C.
Other cities have also experienced long periods of intense heat. Thus in Lyon, there were 113 days, 102 in Limoges, 90 days in Nevers and 57 in Rouen. In Paris, the thermometer exceeded 25°C for 89 days, breaking the old record of 1947. The summer of 2003 was by far the hottest, but the summer of 2018 was hot in the long run and, according to Météo France, France should remain protected by high oressures until the end of September.
A similar situation has been observed in Northern Europe. Scandinavia had the hottest summer ever recorded. Switzerland, on the other hand, had the driest summer since 1864.
According to Météo France, the annual number of hot days is « a very useful criterion, much more than the punctual records, to characterize the warming. »
This is, of course, new evidence of the reality of climate change. Mrs. Hidalgo, Mayor of Paris, recalls « the need to act to defend the climate and adapt Paris to this reality. »  Nice words…

Réchauffement climatique : Macareux en danger ! // Climate change : Puffins at risk !

Les macareux sont en danger. Leur nombre a considérablement diminué, en particulier depuis les années 2000, que ce soit en Islande ou dans d’autres habitats, par exemple sur la côte nord de l’Ecosse. Les causes potentielles du problème sont nombreuses avec, entre autres, la surpêche et la pollution. Les scientifiques affirment aussi que le changement climatique est un autre facteur qui entraîne une diminution de la nourriture des oiseaux et deviendra probablement de plus en plus important avec le temps.
Bien que certaines colonies de macareux prospèrent en Islande où se trouve la plus grande population de l’Atlantique, leur nombre est passé d’environ sept millions d’individus à environ 5,4 millions. Depuis 2015, les oiseaux ont été répertoriés comme «vulnérables» par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature, ce qui signifie qu’il existe un fort risque d’extinction à l’état sauvage.
Les Islandais ont toujours été très attachés aux macareux, que ce soit au niveau culturel ou touristique, et parfois aussi pour leur intérêt culinaire. On peut voir des chasseurs avec de longs filets parcourir l’île de Grimsey et laisser derrière eux des tas de carcasses d’oiseaux dont la poitrine a été retirée. L’Islande a limité la chasse, mais elle accélère certainement le déclin de l’espèce.
En Islande, les macareux souffrent du déclin de leur nourriture préférée, les lançons ou anguilles des sables, que l’on voit pendre du bec des parents quand ils les apportent à leurs poussins. Ce déclin est lié à une augmentation de la température de surface de la mer observée depuis plusieurs années. La température de l’eau de mer en Islande est régie par les cycles de l’oscillation atlantique multidécennale, avec des périodes d’eau plus froide alternant avec des périodes plus chaudes. Entre le cycle froid de 1965-1995 et le cycle chaud actuel, les relevés de température au cours de l’hiver indiquent un réchauffement supplémentaire d’environ un degré Celsius. Cela peut paraître faible, voire négligeable, mais est désastreux pour les lançons. Les scientifiques expliquent que si la température augmente d’un degré, la vitesse de croissance des anguilles se trouve modifiée et donc leur capacité à passer l’hiver. Selon un ornithologue islandais, l’augmentation de la température de la mer provoquée par le changement climatique est «le facteur environnemental clé» du déclin des lançons.
Avec moins d’anguilles dans l’eau, les macareux doivent voler plus loin pour trouver de la nourriture pour eux-mêmes et leurs poussins. Ceci est confirmé par les données des enregistreurs GPS. Voler, pour les macareux, demande une grande débauche d’énergie. Des études montrent que 40% de la population de poussins islandais a perdu du poids au fil du temps. Lorsque les adultes ne peuvent pas attraper assez de lançons pour se nourrir et nourrir les poussins, ils se nourrissent d’abord et les poussins meurent de faim au fond des terriers.

Sources: Iceland Review, The New York Times.

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Puffins are in trouble. The number of birds has been dramatically declining, especially since the 2000s, both in Iceland and across many of their habitats, the northern coast of Scotland, for instance. The potential culprits are many, with overfishing and pollution among others. Scientists say that climate change is another underlying factor that is diminishing food supplies and is likely to become more important over time.

Though some puffin colonies are prospering, in Iceland, where the largest population of Atlantic puffins is found, their numbers have dropped from roughly seven million individuals to about 5.4 million. Since 2015, the birds have been listed as “vulnerable” by the International Union for Conservation of Nature, meaning they face a high risk of extinction in the wild.

The birds are cherished by Icelanders as part of their history, culture and tourist trade — and, for some, their cuisine. Hunters with long nets can be seen tooling around Grimsey Island in the summer, leaving behind piles of bird carcasses, the breast meat stripped away. Iceland has restricted the annual harvest, but hunting is certainly accelerating the decline.

Around Iceland, the puffins have suffered because of the decline of their favorite food, silvery sand eels, which dangle from the parents’ beaks as they bring them to their young. That collapse correlates to a rise in sea surface temperatures that has been observed for years. The temperature of waters around the country is governed by long-term cycles of what is known as the Atlantic Multidecadal Oscillation, with periods of colder water alternating with warmer. Between the 1965-1995 cold cycle and the current warm cycle, winter temperature records show about one degree Celsius of additional warming, a seemingly small amount, but disastrous for the sand eels. Scientists say that if temperatures increase by one degree, the eels’ growth rate is modified and thus their ability to survive the winter. According to an Icelandic ornithologist, an increase in sea temperature brought about by climate change is “the key environmental factor” behind the sand eels’ decline.

Without as many sand eels in the water, the birds have to fly farther to find food for themselves and their chicks. This is confirmed by the data from the GPS loggers. Flying, for puffins, is very demanding; it is a big energy cost for them. Studies show that 40 percent of the population of Icelandic puffin chicks is losing body mass over time. When the adults can’t catch enough to feed themselves and the chicks, they make an instinctive Malthusian choice; the chicks starve and die inside the burrows.

Sources: Iceland Review, the New York Times.

Macareux en Islande  sur la Presqu’île de Tjornes

Macareux sur la côte nord de l’Ecosse

(Photos: C. Grandpey)