COVID-19: Les Chinois nettoient et mesurent l’Everest // COVID-19 : The Chinese clean and measure Mt Everest

Dans une note publiée le 14 avril 2020 et intitulée « L’Everest est fermé, mais reste une poubelle ! »,  j’expliquais qu’en raison de la pandémie de COVID-19, tout accès à l’Everest est actuellement fermé, que ce soit du côté chinois ou népalais. La montagne est déserte et les sherpas sont au chômage.
Cette situation inhabituelle offrirait une belle occasion de nettoyer la montagne et la débarrasser de tous les déchets. Cela donnerait également du travail aux sherpas qui n’auront pas de revenus cette saison. La campagne de nettoyage ne semble pas près de démarrer du côté népalais de l’Everest car le gouvernement a rejeté cette idée.
En revanche, les autorités chinoises ont changé leur fusil d’épaule. Des scientifiques chinois vont profiter de la fermeture de l’Everest aux randonneurs pour effectuer un nettoyage de printemps. L’absence de visiteurs permettra de collecter les déchets sur l’Everest et d’autres sommets très fréquentés. Les scientifiques profiteront également de la situation pour effectuer des mesures et autres relevés
L’agence de presse Xinhua indique qu’une équipe de 53 membres du Département des Ressources Nationales effectue des travaux scientifiques depuis le début du mois de mars et qu’une campagne de mesures devrait commencer ce mois-ci. Le réseau satellitaire chinois Beidou sera utilisé pour déterminer la hauteur exacte des sommets ainsi que les ressources naturelles disponibles. Les scientifiques mesureront également l’épaisseur de la neige, les conditions météorologiques et la vitesse du vent dans le cadre de la surveillance des glaciers et de la protection de l’environnement.
La Chine a déjà effectué six grandes campagnes de mesures sur l’Everest. Le plus haut sommet émergé de la planète mesurait 8848,13 mètres (29029 pieds) en 1975 et 8844,43 mètres (29017 pieds) en 2005.
Source: Yahoo News UK.

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In a post released on April 14th, 2020, entitled Everest closed, but still a garbage dump! I explained that because of the COVID-19 pandemic, all access to Mount Everest had been closed, whether on the Chinese or the Nepalese side. The mountain was empty and the sherpas out of work.

This unusual situation would be a good opportunity to clean the mountain and get rid of the rubbish. It would also give employment to the sherpas who have lost this season’s income. However, the cleanup campaign does not seem ready to start. Nepal’s government has rejected the initiative.

It is now different on the Chinese side of the mountain. Scientists from China are taking advantage of Mount Everest being closed to hikers to give the peak a spring clean. The lack of climbers will allow to collect rubbish from Everest and other popular climbing peaks. Scientists will also take advantage of the situation to carry out survey work

The official Xinhua News Agency says a 53-member team from the Ministry of National Resources has been conducting preliminary scientific work since early March and survey work on the mountain is due to start this month. China’s network of Beidou satellites will be used in a survey to determine the mountain’s current height and natural resources. Scientists will also measure snow depth, weather and wind speed to facilitate glacier monitoring and ecological protection

China has conducted six major surveys of Mount Everest. They registered its height at 8,848.13 metres (29,029 feet) in 1975 and 8,844.43 metres (29,017 feet) in 2005.

Source: Yahoo News UK.

Crédit photo : Wikipedia

Astronomie et traditions à Hawaii (2) // Hawaii: The telescope vs. the volcano (2)

Un manque de concertation.
S’agissant des kia’i, l’opposition ne concerne pas seulement le Mauna Kea, ils reprochent à l’astronomie et à la science en général leur mode de fonctionnement. Un leader des kia’i a souligné que la solution n’était pas simplement de déplacer le TMT, comme certains astronomes ont commencé à le demander ; il s’agit de trouver un endroit où les gens l’accepteront vraiment. Cela nécessite une nouvelle approche du projet. En particulier, il serait souhaitable que les scientifiques cherchant à démarrer un nouveau projet intègrent les communautés locales dans les discussions bien avant le début de toute opposition, et avant même la mise en place du projet.

Une histoire d’eau.

Pour les Hawaïens de souche, une autre préoccupation concerne l’eau. Elle est présente dans les cérémonies traditionnelles organisées contre la construction du TMT. Les Hawaiiens rappellent son parcours à travers l’île et le cycle de l’eau de l’océan aux nuages ​​en passant par la pluie, les chutes d’eau, les étangs, les rivières, les champs cultivés, les estuaires et l’océan.
On remarquera une autre ironie dans la controverse. En effet, le TMT pourrait permettre aux astronomes d’identifier des planètes avec de l’eau dans leur atmosphère, un premier pas vers la recherche d’un monde habitable. Mais les kia’i répondent qu’ils connaissent déjà une planète très habitable et qui possède ce précieux liquide dans son atmosphère. Ils considèrent qu’il leur incombe de protéger cette eau et la montagne qui la recèle.
L’une des préoccupations des autochtones hawaïens est le traitement de l’eau par les observatoires. L’un des indigènes qui a travaillé sur le sommet a constaté l’utilisation de substances dangereuses, comme des bombes d’insecticides et le présence de mercure. Il s’est rendu compte qu’un seul observatoire prêtait attention à ces questions. La réponse du TMT est que ces accusations sont totalement infondées. Il n’y a aucune preuve que l’observatoire pourrait polluer l’eau car les puits les plus proches sont à environ 20 kilomètres. De plus, les observatoires n’utilisent jamais le mercure, le pire des produits chimiques pour nettoyer les miroirs des télescopes. Les observatoires disposent de leur propre moyen de transport, que ce soit pour les déchets ou pour le personnel.

TMT : un avenir incertain.
On ne sait pas ce qu’il adviendra du TMT. Si les gestionnaires du projet TMT décident que le site du Mauna Kea ne vaut plus la peine, comme l’espèrent les kia’i, ils s’orienteront vers les Iles Canaries. On ne sait pas combien de temps ils sont disposés à attendre pour commencer la construction qui devrait durer 10 ans.
Un délai encore plus serré se profile également pour le Mauna Kea: le contrat de bail entre l’État et l’Université d’Hawaï, qui régit la sous-location de chaque observatoire, expirera en 2033. On ne sait pas à quoi pourraient ressembler les nouvelles négociations du bail, mais il est probable qu’elles ne ressembleront pas au processus qui a conduit à l’accord initial il y a des décennies.
Même les adversaires les plus acharnés du TMT ne demandent pas la suppression de tous les télescopes. Ils veulent seulement que les observatoires soient de meilleurs voisins, plus sensibles aux préoccupations locales et plus respectueux de la terre à partir de laquelle ils étudient les étoiles. Les kia’i insistent sur le fait qu’ils n’essaient pas d’arrêter la science: ils essaient plutôt de l’améliorer. Un Hawaïen de souche, ancien technicien de télescopes, a déclaré: « La science qui ne permet pas à l’humanité d’avoir une Terre meilleure n’est peut-être pas la science dont nous avons besoin. »
Source: Adapté d’un article paru sur le site Space.com.

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 A lack of consultation.

For the kia’i, their opposition is not just about Mauna Kea, it’s about the way astronomy and science in general operates. One leader of the kia’i emphasized that the solution was not merely for the TMT to move, as some astronomers have begun to call for, but to find a location where people truly welcome it. That could require a new way of approaching such projects. In particular, scientists looking to start a new project would be wise to incorporate local communities in discussions long before any opposition begins, and long before it is even a project.

A concern about water.

For native Hawaiians, another concern is that water. It is present in the traditional ceremonies organised against the TMT construction. They trace water on its journey throughout the island and the water cycle, from ocean to clouds to rain to waterfalls to ponds to rivers to cultivated fields to estuaries to ocean.

It is another irony in the controversy: Among other discoveries, the TMT could help astronomers identify planets with water in their atmospheres, a first step toward finding a habitable world. But the kia’i say it already knows of one very habitable planet with that precious liquid in its atmosphere, and they consider it their responsibility to protect that water and the mountain that anchors it to the Big Island.

One of the Native Hawaiians’ concerns about astronomy at Mauna Kea has been the observatories’ treatment of the water. One of the natives who worked on the summit saw spills of hazardous substances from bug spray to mercury, and there was evidence of only one existing observatory addressing those issues. The TMT’s response is that those concerns are completely unfounded. There’s no evidence the observatory could affect the water as the nearest wells are about 20 kilometres away. Beside, the observatories won’t rely on mercury, the worst of the chemicals used to clean telescope mirrors. The facilities have a system to transport wastewater from science operations and human staff support alike off the mountain.

TMT: An uncertain future.

It is not clear what the TMT’s steps forward might be. If the TMT decides the Mauna Kea site is no longer worth the pain, as the kia’i hope, they will take their plans to the Canary Islands. It’s unclear how much longer they are willing to wait to begin construction  which is scheduled to last 10 years.

A sharper deadline is also looming over Mauna Kea: the master lease agreement between the state and the University of Hawaii, which governs every observatory’s sublease, will expire in 2033. What negotiations might look like is still unclear, but chances are they will not resemble the process that led to the original agreement decades ago.

Even the most strident opponents of TMT are not calling for all the telescopes to be removed. They do, however, want the observatories to be better neighbours, more responsive to local concerns and more respectful of the land from which they study the stars. The kia’i insist they are not trying to stop science: Instead, they are trying to improve it. A native Hawaiian who is a former telescope technician said: « Science that doesn’t empower humanity for a better Earth is maybe not the science we need to be doing. »

Source: Adapted from an article on Space.com.

Photos: C. Grandpey

Astronomie et traditions à Hawaii (1) // Hawaii: The telescope vs. the volcano (1)

Une tradition bien ancrée.

Le projet de télescope géant – le Thirty Meter Telescope, ou TMT – au sommet du Mauna Kea, un volcan sur la Grande Ile d’Hawaii, est la source de nombreux conflits entre les autorités et les Hawaïens de souche qui se font appeler les kia’i, ou protecteurs. Depuis le début du projet, des cérémonies traditionnelles sont organisées contre la construction du télescope géant sur ce que certains considèrent comme une terre sacrée. Pendant des siècles, les Hawaïens de souche sont venus pratiquer ces cérémonies sur la montagne. L’atmosphère ténue du sommet, à 4 000 mètres d’altitude, laisse peu d’oxygène à un cerveau humain. Pour les Hawaïens indigènes, ce peu d’oxygène est la preuve que le sommet est le domaine des divinités et que les humains ne peuvent s’y rendre qu’avec un but bien précis. Pour les kia’i, le TMT serait un télescope de trop sur un site qu’ils considèrent comme volé, sacré, et systématiquement mal géré. Ils désignent également un cercle où se dressent des centaines de sanctuaires à environ 300 mètres sous le sommet, et qui, selon eux, marquent la limite de la zone sacrée. La construction du TMT empièterait sur cet anneau, ce qui n’est pas acceptable.

L’histoire du TMT.

L’histoire du TMT a commencé en 2003, lorsqu’un partenariat sans but lucratif a été constitué entre deux universités californiennes et leurs homologues au Japon, en Chine, en Inde et au Canada. Baptisé TMT International Observatory, le groupe a décidé de concevoir un télescope avec un miroir d’observation gigantesque qui bouleverserait nos connaissances scientifiques. Il permettrait des découvertes susceptibles d’aborder certaines des questions existentielles de l’astronomie et changer l’humanité à jamais.
En 2009, le TMT a jeté son dévolu sur le sommet du Mauna Kea. Depuis cette époque, il a fallu négocier l’accès et la construction avec l’État qui est propriétaire du terrain, et l’Université d’Hawaï qui gère l’astronomie. Il y a eu plusieurs affaires judiciaires concernant les permis requis pour la construction. Lorsque la construction du TMT a été tentée en 2014, les kia’i ont interrompu cette initiative. Les tensions ont atteint leur paroxysme en juillet 2019, quand il a été annoncé que la construction du TMT allait reprendre. Les kia’i se sont alors mobilisés ; ils ont bloqué les camions et barré la route vers le sommet.

Le Mauna Kea : un site astronomique exceptionnel.

Certains habitants d’Hawaii et des hawaïens de souche soutiennent le TMT. Ils considèrent que les télescopes sont des successeurs modernes des anciens navigateurs qui se servaient des étoiles pour s’orienter. De plus, de tels télescopes constituent un maillon vital de l’économie locale et offrent des opportunités en matière d’éducation et d’emploi pour leurs enfants.
Pour les scientifiques qui souhaitent construire le TMT, le sommet du Mauna Kea est tout simplement le meilleur site possible. Ils ont besoin d’un site dans l’hémisphère Nord permettant de faciliter les partenariats avec les télescopes du sud, comme le Télescope Magellan Géant en construction au Chili.
Ensuite, il y a une question d’atmosphère. Le sommet du Mauna Kea est considéré comme l’un des meilleurs endroits sur Terre pour l’astronomie. Ironiquement, c’est pour cette même raison – la raréfaction de l’oxygène – que les Hawaïens indigènes considèrent le sommet sacré. Comme beaucoup d’autres télescopes dans le monde, le TMT doit se trouver sur un site au sommet d’une montagne, loin des couches inférieures de l’atmosphère terrestre qui peuvent perturber les images des télescopes. Cependant, même au sommet du Mauna Kea, le résultat n’est pas parfait. C’est pourquoi le TMT sera équipé d’un système d’optique adaptative, qui mesure et soustrait automatiquement les perturbations causées par l’atmosphère.

Source: Adapté d’un article paru sur le site Space.com.

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 A long-standing tradition.

The project of a giant telescope – the Thirty Meter Telescope, or TMT – on the summit of Mauna Kea volcano on Hawaii Big Island has triggered a lot of conflicts between the authorities and native Hawaiians who call themselves kia’i, or protectors..

Since the start of the project, traditional ceremonies have been organised against the construction of the massive telescope on what some consider sacred land.

For centuries, Hawaiian natives have come to the mountain. The tenuous atmosphere at the summit, 4,000 metres above sea level, leaves little oxygen to feed a human brain. For native Hawaiians, that shortage of oxygen is a sign that the summit is the realm of deities and that humans should visit only for specific purposes. For the kia’i, the TMT would be one telescope too many at a site they see as stolen, sacred, delicate and consistently mismanaged. The kia’i can also point to a ring of hundreds of shrines about 300 metres below the summit, which they say marks the edge of the most sacred zone. The TMT construction would run right through that ring, and that is not acceptable.

The story of the TMT.

The story of the TMT began in 2003, when a nonprofit partnership formed between two universities in California and counterparts in Japan, China, India and Canada. Now called TMT International Observatory, the group set out to design a telescope with such a massive observing mirror that it would change science forever. Its findings could tackle some of astronomy’s existential questions and change humanity forever.

In 2009, the TMT set its sights on the summit of Mauna Kea; since then, it has worked to negotiate access and construction with the State, which owns the land, and the University of Hawaii, which manages the astronomy precinct. There have been multiple court cases over the permits required for construction. When the TMT tried to break ground in 2014, the kia’i interrupted the ceremony. Tensions came to a head in July 2019, when the TMT announced it was ready to try building again and the kia’i mobilized, blocking construction trucks from the road that climbs to the summit.

Mauna Kea: Perfect for astronomy.

Some Hawaiian residents and native Hawaiians support the TMT, seeing the telescopes as modern successors to the islanders’ expertise at navigating by the stars, as a vital segment of the local economy, and as a pathway to educational and employment opportunities for their children.

For scientists hoping to build the TMT, the summit of Mauna Kea is simply the best possible site. They want a Northern Hemisphere location to better facilitate partnerships with telescopes in the south, including the equally massive Giant Magellan Telescope already under construction in Chile.

Then, it is a matter of atmospheres. The summit of the volcano is considered among the best places on Earth for ground-based astronomy. Ironically, it is for the same reasons native Hawaiians consider the peak sacred: the barely-there oxygen. Like so many telescopes around the world, TMT is expected to be on a mountaintop site away from the lower layers of Earth’s atmosphere which can blur telescope images. Even the summit’s view, however, leaves astronomers dissatisfied. That’s why the TMT would be armed with an adaptive optics system, which measures and automatically subtracts blurriness caused by the atmosphere.

Source: Adapted from an article on Space.com.

Photos: C. Grandpey

Virus : ce n’est qu’un début ! // Viruses : it’s just the beginning !

La pandémie actuelle de coronavirus désorganise totalement l’économie mondiale, avec un impact catastrophique pour de nombreux secteurs. Les conséquences humaines sont elles aussi dramatiques avec des dizaines de milliers de morts, une hausse du chômage et des relations humaines détériorées. Beaucoup prétendent que « rien ne sera plus comme avant.» Très logiquement, la seule solution pour sortir définitivement de cette crise sanitaire serait la découverte d’un vaccin. Je crains toutefois que les prochaines décennies se caractérisent par une course aux vaccins. On ne  sait pas trop d’où est sorti le COVID-19 (pangolin, laboratoire, autre ?) mais on sait que d’autres virus sont dissimulés à la surface de la Terre et qu’ils n’attendent que le moment favorable pour se manifester.

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, la fonte des glaciers et du permafrost sous les coups de boutoir du réchauffement climatique nous réserve probablement de sales surprises. Au mois de janvier 2020, j’écrivais que des chercheurs américains et chinois ont mis à jour en 2015 dans les glaciers de l’Himalaya plusieurs virus jusqu’alors inconnus. L’analyse des carottes de glace ainsi collectées a révélé pas moins de 33 virus dont 28 jusque-là inconnus de la science. Ces virus ont été découverts dans une glace vieille de 15 000 ans, à une cinquantaine de mètres de profondeur. Suite à leur découverte, les chercheurs américains et chinois ont insisté sur le fait que, dans le pire des cas, « le réchauffement climatique – et la nouvelle exploitation minière de régions auparavant inaccessibles – pourrait être à l’origine d’une libération de nouveaux agents pathogènes dans notre environnement. »

Cette découverte dans l’Himalaya s’ajoute aux risques liés à la fonte du permafrost dans les hautes latitudes. En 2017, des chercheurs ont découvert en Sibérie un virus vieux de 30 000 ans. Ils sont parvenus, sous contrôle, à le réactiver pour infecter une amibe unicellulaire. C’est la preuve que les virus peuvent survivre, au moins 30 000 ans.

Cette survie des virus a été confirmée en 1997 par l’exhumation au Svalbard (Norvège) de cadavres de mineurs victimes de la Grippe Espagnole en 1918. Dans une note publiée le 16 avril 2020, j’expliquais que le virus était toujours actif car il avait été bien conservé par le froid.

Ces différents exemples montrent parfaitement le lien qui existe entre le réchauffement climatique et le développement des virus. Même si les émissions de gaz à effet de serre se sont réduites au cours du confinement, leur concentration dans l’atmosphère n’a pas varié.

Il est fort à parier que l’on va assister à une reprise accélérée de l’économie mondiale dans les prochaines semaines et les prochains mois. Cela aura inévitablement pour effet d’accélérer le réchauffement climatique…et le risque d’apparition de nouveaux virus. Il en sera malheureusement ainsi tant que les intérêts économiques et financiers domineront notre planète. La Nature nous rappellera régulièrement à l’ordre jusqu’au jour où elle vaincra définitivement car l’Homme aura signé son auto-destruction.

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S’agissant du Svalbard, j’aimerais rappeler (voir ma note du 5 mars 2018) qu’il héberge une Réserve mondiale de semences – Svalbard Global Seed Vault. C’est une chambre forte souterraine destinée à conserver dans un lieu sécurisé des graines de toutes les cultures vivrières de la planète et ainsi de préserver la diversité génétique. Abritant près d’un million de variétés, cette réserve offre un filet de sécurité face aux catastrophes naturelles, aux guerres, au changement climatique, ou encore aux maladies.

Ce site a été choisi parce que le climat et la géologie du Spitzberg représentent un environnement idéal pour un tel projet de conservation. Creusée près de la petite ville de Longyearbyen dans l’archipel arctique du Svalbard, à environ 1 120 km du Pôle Nord, cette chambre forte est gérée depuis 2008 par un accord tripartite entre le gouvernement norvégien, l’organisation internationale Global Crop Diversity Trust et la banque génétique nordique.

Le 27 mars 2017, un deuxième bunker a été construit sur l’île de Spitzberg afin de protéger des données telles que des textes, photos ou vidéos. Une campagne de rénovation a débuté pour consolider la Réserve mondiale de semences qui subit de plein fouet les effets du réchauffement climatique. Aujourd’hui, la Réserve a trop chaud. Conçue pour résister à une chute d’avion ou à un missile nucléaire, elle est en train de faire peau neuve après s’être retrouvée les pieds dans l’eau. En 2016, une poussée du mercure a fait fondre le pergélisol. Or ce sol, normalement gelé en permanence, est censé contribuer à maintenir à la température idéale de -18°C à l’intérieur de la chambre forte.

On espère que les travaux de consolidation en cours permettront de faire face au climat des décennies à venir. Le tunnel d’accès va être renforcé et un local sera érigé à proximité du site pour abriter le matériel technique et éloigner toute source de chaleur susceptible de contribuer à une nouvelle fonte du pergélisol.

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The current coronavirus pandemic is completely disrupting the global economy, with a disastrous impact for many sectors. The human consequences are also dramatic with tens of thousands of deaths, rising unemployment and deteriorated human relations. Many claim that “nothing will be the same as before.” Very logically, the only solution to definitively get out of this health crisis would be the discovery of a vaccine. However, I fear that the coming decades will be characterized by a race for vaccines. We do not really know where COVID-19 came from (pangolin, laboratory, other?) But we do know that other viruses are hidden on the surface of the Earth and that they are only waiting for the right moment to appear.
As I have explained on several occasions, the melting glaciers and permafrost under the blows of global warming probably holds some nasty surprises for us. In January 2020, I wrote that American and Chinese researchers discovered in 2015 in the Himalayan glaciers several previously unknown viruses. Analysis of the ice cores thus collected revealed no less than 33 viruses, 28 of which were previously unknown to science. These viruses were discovered in 15,000-year-old ice, some 50 metres deep. Following their discovery, American and Chinese researchers insisted that, in the worst-case scenario, « global warming – and new mining in areas previously inaccessible – could be the source of new pathogens in our environment. »
This discovery in the Himalayas adds to the risks associated with the melting of permafrost in high latitudes. In 2017, researchers discovered a 30,000-year-old virus in Siberia. They managed, under control, to reactivate it to infect a single-celled amoeba. This is proof that viruses can survive, at least 30,000 years.
This survival of the viruses was confirmed in 1997 by the exhumation in Svalbard (Norway) of corpses of minors victims of the Spanish Flu in 1918. In a note published on April 16th, 2020, I explained that the virus was still active because it had been well preserved by the cold.
These different examples perfectly show the link between global warming and the development of viruses. Even though greenhouse gas emissions were reduced during the lockdown, their concentration in the atmosphere did not change.
It’s a safe bet that there will be an accelerated recovery in the world economy in the coming weeks and months. This will inevitably accelerate global warming … and the risk of the appearance of new viruses. Unfortunately, this will be the case as long as economic and financial interests dominate our planet. Nature will regularly remind us to order until the day when it will definitively overcome because Man will have signed his self-destruction.

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Regarding Svalbard, I would like to remind you (see my note of March 5th, 2018) that it hosts a World Seed Reserve – the Svalbard Global Seed Vault. It is an underground vault intended to preserve in a secure place seeds of all the food crops of the planet and thus to preserve genetic diversity. Home to almost a million varieties, this reserve offers a safety net in the face of natural disasters, wars, climate change and even diseases.
This site was chosen because the climate and geology of Spitsbergen represent an ideal environment for such a conservation project. Digged near the small town of Longyearbyen in the Arctic archipelago of Svalbard, about 1,120 km from the North Pole, this vault has been managed since 2008 by a tripartite agreement between the Norwegian government, the international organization Global Crop Diversity Trust and the bank Nordic Genetic Resource Center.
On March 27th, 2017, a second bunker was built on the island of Spitsbergen to protect data such as text, photos or videos. A renovation campaign has started to consolidate the Svalbard Global Seed Vault which is suffering from the impact of global warming. Today, the Reserve is too hot. Designed to withstand a plane crash or a nuclear missile, it is undergoing a facelift after finding itself in the water. In 2016, a rise of temperatures melted the permafrost. This soil, normally permanently frozen, is supposed to help maintain the ideal temperature of -18 ° C inside the Vault.
It is hoped that the ongoing consolidation work will help cope with the climate for decades to come. The access tunnel will be reinforced and a room will be erected near the site to house the technical equipment and remove any heat source likely to contribute to a new melting of the permafrost.

Entrée de la Réserve mondiale de semences (Crédit photo: Wikipedia)