Réchauffement climatique : les ours polaires essayent de s’adapter // Polar bears are trying to adapt to climate change

La vie devient de plus en plus difficile pour les ours polaires dans l’Arctique à cause du réchauffement climatique et de la fonte de la banquise. Une étude publiée dans la revue Science s’attarde sur une population isolée d’ours polaires au Groenland et montre qu’elle a réussi à s’adapter à la réduction de la surface de la glace de mer dont les plantigrades dépendent pour chasser le phoque.
Cette population à part incluant plusieurs centaines d’ours et vivant dans une partie de la côte sud-est du Groenland le long du détroit du Danemark, a survécu à la perte de la glace de mer en chassant à partir des morceaux de glace d’eau douce qui se détachent de l’immense calotte glaciaire du Groenland. Ce faisant, ils parviennent à survivre dans des fjords où la glace de mer a disparu pendant plus de huit mois par an. Ils se réfugient sur les petits icebergs vêlés par les glaciers, et à partit desquels ils peuvent chasser. Les scientifiques indiquent toutefois que ce comportement est rare dans la majeure partie de l’Arctique.
Les chercheurs ont découvert que les ours du Groenland qu’ils ont observés étaient différents, d’un point de vue génétique, des 19 autres populations connues de l’espèce. Ils sont restés quasiment en permanence à l’écart des autres ours polaires pendant plusieurs siècles au moins. Aucun animal ne semble avoir quitté le groupe, bien qu’il existe des preuves d’une arrivée occasionnelle d’ailleurs.
Selon les auteurs de l’étude, ces ours « vivent à la limite de ce qu’ils croient être physiologiquement possible. Ces ours ne prospèrent pas. Ils se reproduisent plus lentement, ils sont de plus petite taille. Mais, surtout, ils survivent Il est difficile de savoir si ces différences sont dues à des adaptations génétiques ou simplement à une réponse différente des ours polaires à un climat et à un habitat très différents. »
Les ours polaires, dont la population totale est d’environ 26 000 individus sont particulièrement menacés par le changement climatique, car la hausse des températures remodèle le paysage arctique et les prive de leurs plates-formes de glace de mer pour chasser les phoques.
La population du sud-est du Groenland est géographiquement enclavée, avec des montagnes et la calotte glaciaire du Groenland d’un côté et l’océan de l’autre. Au printemps, les ours parcourent la glace de mer et les glaciers, avec des icebergs retenus par la glace de mer. En été, les ours sont confrontés à de l’eau libre avec des morceaux de glace qui flottent devant le front des glaciers. C’est à partir de ces petits icebergs qu’ils vont pouvoir chasser. Ce type d’habitat ne se trouve que dans certaines parties du Groenland et du Svalbard. Cependant, la glace d’eau douce en provenance des glaciers représente une surface infime à côté l’eau de mer gelée.
Les chercheurs ont recueilli des données génétiques, des indications de déplacements des ours et de comptage de la population, avec le suivi de certains ours par satellite ou par hélicoptère. L’étude donne un aperçu de la façon dont les ours polaires ont survécu aux périodes chaudes au cours des quelque 500 000 ans depuis leur séparation évolutive des ours bruns.
On peut lire dans la conclusion de l’étude : « Il est clair que si nous ne pouvons pas ralentir le rythme du réchauffement climatique, les ours polaires sont sur une trajectoire d’extinction. Plus nous en apprendrons sur cette espèce remarquable, mieux nous pourrons être en mesure de les aider à survivre au cours des 50 à 100 prochaines années. »
Source : Yahoo Actualités.

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Life is getting more and more difficult for polar bears in the Arctic because of global warming and the melting of the sea ice. A study published in the journal Science tells about an isolated population of polar bears in Greenland has made a clever adaptation to the decline in the sea ice they depend upon as a platform for hunting seals

This population of several hundred bears, living in a part of Greenland’s southeast coast on the Denmark Strait, has survived with only limited access to ice formed from frozen seawater by hunting instead from chunks of freshwater ice breaking off from the huge Greenland Ice Sheet. In doing so, they manage to survive in fjords that are sea-ice free more than eight months of the year. They have access to chunks of ice calved by the glaciers, on which they can hunt. The scientists indicate that this habitat is uncommon in most of the Arctic.

The researchers discovered that the Greenland bears they observed were the world’s most genetically isolated polar bears, distinct from the species’ 19 other known populations. They have been almost entirely cut off from other polar bears for at least several hundred years, with no evidence of any leaving, though there is some evidence of an occasional arrival from elsewhere.

According to the authors of the study, these bears are « living at the edge of what they believe to be physiologically possible. These bears are not thriving. They reproduce more slowly, they’re smaller in size. But, importantly, they are surviving. It’s hard to know yet whether these differences are driven by genetic adaptations or simply by a different response of polar bears to a very different climate and habitat. »

Polar bears, numbering roughly 26,000 in all, are particularly imperiled by climate change as rising temperatures reshape the Arctic landscape and deprive them of their customary sea-ice platform for hunting seals.

The southeast Greenland population is geographically hemmed in, with jagged mountain peaks and the Greenland Ice Sheet on one side and the open ocean on the other. In springtime, the bears roam sea ice and glaciers, with icebergs frozen solid into the sea ice. In summertime, there is open water with floating pieces of glacial ice at the fronts of glaciers, from which the bears hunt. This type of habitat is found only in parts of Greenland and Svalbard. However, glacial ice is a minor component of the marine ice cap in the Arctic, in comparison to ice formed from freezing seawater.

The researchers gathered genetic, movement and population data including satellite tracking of some bears and observing them from a helicopter. The study may provide a glimpse of how polar bears survived previous warm periods over the roughly 500,000 years since they split evolutionarily from brown bears.

One can read in the study’s conclusion : « It is clear that if we can’t slow the rate of global warming, polar bears are on a trajectory to become extinct. The more we can learn about this remarkable species, the better able we will be to help them to survive the next 50 to 100 years. »

Source: Yahoo News.

Photo: C. Grandpey

Orages de grêle : le ciel va-t-il nous tomber sur la tête ?

En date du 24 juin, on recensait 180 000 impacts de foudre en France métropolitaine pour le mois de juin 2022. C’est un record – le précédent était de 172 000 en 1993 – auquel il faudra probablement s’habituer avec l’intensification du réchauffement climatique. Là encore, le « jamais vu » risque de devenir une habitude.

Après le mois de mai le plus chaud jamais enregistré en France (voir ma note du 8 juin), la récente vague de chaleur du début du mois de juin a intensifié le phénomène orageux qui est facile à comprendre.

Au sol, la température grimpe; l’air se charge donc en humidité, et remonte vers les nuages. Cette situation est propice à la formation des cumulo-nimbus qui peuvent atteindre des altitudes de 10 000 ou 15 000 mètres. Une fois arrivé en altitude, l’air chaud et humide se condense en gouttes d’eau dans l’air rafraîchi. Ces gouttes continuent à monter très vite. Vers 3 500 mètres, elles viennent s’agréger autour des cristaux de glace pour former des glaçons. Plus ils prennent de l’altitude, plus ils sont gros. Ils sont pris dans des tourbillons ascendants et se chargent de plus en plus jusqu’à devenir trop lourds et retombent au sol sous forme de grêlons en se chargeant encore de glace à la descente. Leur vitesse atteint souvent plus de 180 km/h et deviennent des projectiles qui brisent toitures et pare-brise.

Un grand nombre d’orages se déclenchent à cette période de l’année, mais le réchauffement climatique pourrait changer la donne à l’avenir, avec une intensification des orages et des épisodes de grêle.

Les services de météorologie ont mis beaucoup de temps à admettre le lien entre changement climatique, chaleur précoce et sécheresse. Aujourd’hui, ils hésitent avant de reconnaître la relation entre réchauffement climatique et orages. Pourtant, au vu des explications qui viennent d’être données – où la hausse des températures joue un rôle déterminant- cette relation ne semble guère faire de doute.

Pour justifier leur hésitation à établir un lien, les météorologues font remarquer que les outils d’observation des orages sont assez récents. Les éclairs, par exemple, ne sont recensés en France que depuis les années 2000. Selon les scientifiques, nous n’avons donc pas assez de recul pour pouvoir tirer des conclusions sur leur évolution.

Même hésitation concernant la grêle et les méga-grêlons. Comme pour les éclairs, nous ne possédons pas, soi-disant, suffisamment d’observations directes fines et à long terme. Selon les scientifiques, l’augmentation observée de l’intensité en avril-mai pourrait être liée au réchauffement des températures minimales du printemps.

En conclusion, on peut dire que si l’influence du réchauffement climatique sur des phénomènes météo comme les ouragans, les canicules, et les fortes pluies, fait l’unanimité parmi la communauté scientifique, la question des orages n’a pas encore trouvé de réponse claire à ce jour. Les météorologues reconnaissent toutefois le lien entre hausse des températures et intensification des précipitations. Pour chaque degré supplémentaire de température, les précipitations s’intensifient de 7 %., avec leur cortège d’inondations.

Il est fort à parier que les hésitations des météorologues à propos des orages ne feront pas log feu. En effet, la France n’est pas le seul pays à connaître une intensification de la fréquence et de la violence des orages accompagnés de grêle. Les articles abondent dans la presse internationale et les météorologues d’autres pays sont plus affirmatifs.

Les dégâts occasionnés par les grêlons gros comme des balles de golf ou de tennis auront, eux, probablement un effet facilement prévisible : la hausse des tarifs d’assurances. On l’a constaté après la tempête de 1999 et le nombre de sinistres déclarés ces dernières semaines va faire monter la facture. Arrivera le jour où la France se trouvera dans la même situation que les Etats Unis. Les primes d’assurances y sont tellement élevées dans les zones à risque sismique et volcanique que beaucoup d’Américains ont fait le choix de ne pas s’assurer et prient le ciel pour qu’il ne leur tombe pas sur la tête. C’est l’option choisie par une amie vivant au pied du volcan Hualalai à Hawaii, où elle est exposée à ce double risque.

Source: Météo-France, France Info, Futura Science.

Des grêlons gros comme des balles de golf et de tennis ont frappé certains secteurs de la Haute-Vienne le 19 juin 2022, causant de très importants dégâts (Crédit photo: Wikipedia)

Réchauffement climatique: le glacier des Deux-Alpes joue les trouble-fêtes !

Les 24, 25 et 26 juin 2022 se déroule dans le station des Deux-Alpes la 22ème édition de la mythique Mountain Of Hell, 3 journées intenses de course VTT. Le départ est habituellement donné sur le glacier, à 3400m d’altitude, pour un marathon enduro de 25km et 2500m de dénivelé.

Sauf que le glacier ne va pas bien à cause du réchauffement climatique et le départ sera donné 200 mètres plus bas, sur la terre ferme.

À 3 400 mètres d’altitude, où est traditionnellement donné le départ de la course, le manteau neigeux est trop instable, avec des plaques de glace à nu. Les épisodes orageux et les températures au-delà de 15°C ces dernières semaines ont aggravé la situation. Par souci de sécurité, les organisateurs ont décidé de laisser le glacier au repos.

Source: presse locale.

Au cas où le Mont Fuji (Japon) entrerait en éruption… // In case Mt Fuji (Japan) should erupt…

Le mont Fuji (3776 m) sur l’île de Honshū, est le volcan le plus connu et le plus populaire du Japon. Il s’agit d’un stratovolcan actif dont la dernière éruption s’est déroulée de 1707 à 1708. L’événement a déposé quelques centimètres de cendres sur Edo (aujourd’hui Tokyo) et a formé un grand cratère sur le flanc est. Le mont Fuji a été ajouté à la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en tant que site culturel le 22 juin 2013. Selon l’Organisation, le mont Fuji a « inspiré des artistes et des poètes et fait l’objet de pèlerinages depuis des siècles »
Le volcan se trouve à la triple jonction entre la plaque de l’Amour, la plaque d’Okhotsk et la plaque des Philippines qui forment respectivement la partie occidentale du Japon, la partie orientale du Japon et la péninsule d’Izu.
Aucune activité éruptive n’a été observée sur le mont Fuji depuis 1708. Les Japonais craignent que le volcan se réveille soudainement, entraînant des problèmes pour les régions environnantes, jusqu’à Tokyo qui se trouve à une centaine de kilomètres au nord-est du volcan. C’est la raison pour laquelle l’Agence de Police Nationale japonaise (NPA) a commencé à lancer une campagne de préparatifs pour le cas où le mont Fuji se réveillerait.
Une simulation réalisée par le Conseil de gestion des catastrophes en avril 2020 a montré que si une éruption semblable à celle de 1707-1708 (avec un VEI 5) devait se produire aujourd’hui, la ville de Tokyo pourrait se retrouver complètement paralysée en seulement trois heures, avec d’importantes perturbations de l’électricité, de l’eau potable et de la circulation.
En juin 2021, la Commission nationale de la sécurité publique et la NPA ont révisé les mesures à prendre en cas de catastrophe, en ajoutant pour la première fois l’achat d’équipements nécessaires au traitement des cendres volcaniques. En conséquence, la NPA a l’intention d’acheter environ 95 000 masques anti-poussière et environ 6 000 lunettes de protection destinés aux services de police lors des opérations de secours. La NPA a estimé que quelque 36 000 policiers seraient mobilisés.
La police de la préfecture de Kanagawa a prévu deux chargeuses sur pneus pour éliminer les cendres volcaniques des routes, tandis que les services de police métropolitaine de Tokyo ont prévu d’augmenter le nombre de groupes électrogènes à utiliser pendant les pannes d’électricité. Les services de police préfectoraux de Kanagawa, Yamanashi et Shizuoka ont également prévu des exercices en vue d’une éventuelle éruption du mont Fuji.
L’éruption du mont Fuji de 1707-1708 a commencé 49 jours après un séisme de M 8,6 le 28 octobre, le plus puissant événement au Japon avant le séisme de Tohoku de 2011. Bien qu’il n’y ait eu aucun décès associé directement à l’éruption, de nombreuses personnes sont mortes (certaines estimations indiquent 20 000 décès) en raison de la quantité de cendres (environ 800 millions de mètres cubes) vomie par le volcan. Le secteur agricole a été décimé, ce qui a provoqué de la famine. Les cendres se sont également retrouvées dans les ruisseaux et les rivières, jusqu’à les obstruer et former des barrages. En août 1708, certains de ces barrages se sont rompus, provoquant des inondations de boue et de cendres volcaniques qui ont recouvert les régions en aval.
Il convient de noter qu’à la suite du séisme et du tsunami destructeurs de Tohoku en 2011, plusieurs volcanologues japonais craignaient que l’événement n’augmente la pression sur le mont Fuji et ne déclenche une éruption. Aucun événement de ce type ne s’est produit jusqu’à présent…
Source : The Watchers.

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Mount Fuji (3776 m) on the island of Honshū, is Japan’s best known and most popular volcano. It is an active stratovolcano that last erupted from 1707 to 1708. The event deposited a few centimeters of ash on Edo (today’s Tokyo) and formed a large new crater on the east flank. Mount Fuji was added to the World Heritage List as a Cultural Site on June 22, 2013. According to UNESCO, Mount Fuji has « inspired artists and poets and been the object of pilgrimage for centuries »

The volcano is located at the triple junction where the Amurian Plate, the Okhotsk Plate, and the Philippine Sea Plate meet. Those plates form the western part of Japan, the eastern part of Japan, and the Izu Peninsula, respectively.

No eruptive activity has been observed since 1708. Japanese fear the volcano might wake up suddenly and cause problems to surrounding areas, as far as Tokyo which is located 100 km to the north-east. This is the reason why Japan’s National Police Agency (NPA) has started making comprehensive preparations for a possible eruption of Mount Fuji.

A simulation made by the government’s Central Disaster Management Council in April 2020 showed that if an eruption similar to the one that occurred in 1707/08 (with a VEI 5) were to happen today, Tokyo could end up completely paralyzed within just three hours, with major power, drinking water, and traffic disruptions.

In June 2021, the National Public Safety Commission and the NPA revised their disaster countermeasures, adding for the first time the procurement of equipment needed for dealing with volcanic ash. As a result, NPA is now looking to purchase about 95 000 dust masks and roughly 6 000 goggles for distribution to local police departments for rescue and relief activities. NPA estimated that some 36 000 police officers would be mobilized.

The Kanagawa Prefectural Police have secured two wheel loaders for removing volcanic ash from roads, while Tokyo’s Metropolitan Police Department has increased the number of power generators for use during outages. The Kanagawa, Yamanashi and Shizuoka prefectural police departments have also conducted drills in preparation for a possible eruption of Mount Fuji.

The 1707-1708 Mount Fuji eruption started 49 days after an M8.6 earthquake on October 28th, Japan’s largest earthquake before the 2011 Tohoku earthquake. While there were no direct deaths associated with the eruption, many people died (some estimates suggest 20 000) as a consequence of the massive amount of ash (an estimated 800 million cubic meters) released by the volcano.The agricultural sector was decimated, causing many people to starve to death. Ash also ended up in streams and rivers, filling them up and even damming them. In August 1708, these dams broke, causing a flood of mud and volcanic ash, which blanketed the downstream regions.

It should be noted that in the wake of the destructive 2011 Tohoku earthquake and tsunami, several Japanese volcanologists feared that the event might raise pressure on Mt Fuji and trigger an deruption. No such event has occurred so far.

Source : The Watchers.

Le mont Fuji a inspiré les artistes japonais comme Katsuhika Hokusai et ses Trente-six vues du Mont Fuji (Source: Wikipedia)