A l’ombre de la Montagne Pelée (Martinique)

J’aurai le plaisir de présenter prochainement deux conférences à la Martinique :

  • le 14 août 2019 à 15h45 à la Maison des Volcans de Morne-Rouge: Volcans de subduction – La Chaîne des Cascades.

  • Le 16 août 2019 à 18h30 au CDST de St Pierre: Points chauds, méga volcans et Yellowstone.

Le Mont St Helens et le Parc de Yellowstone seront au menu de ces deux conférences (Photos: C. Grandpey)

La fonte rapide des glaciers d’Amérique du Nord // The rapid melting of North American glaciers

Selon une nouvelle étude publiée dans les Geophysical Research Letters, les glaciers de l’ouest de l’Amérique du Nord fondent quatre fois plus vite que pendant la décennie écoulée. Les modifications intervenues dans le comportement du jet-stream ont accentué les effets à long terme du changement climatique. Les auteurs de l’étude ont travaillé à partir de données fournies par les images satellites des glaciers entre 2000 et 2009 et entre 2009 et 2018.
Le recul glaciaire n’est pas partout le même aux États-Unis et au Canada. En particulier, les glaciers de la Chaîne des Cascades dans le nord-ouest des Etats-Unis (sur le Mt Baker, le Mt Rainier, le Mt Shasta) ont été en grande partie épargnés par la tendance au recul. Les pertes de masse glaciaire ont été moindres car, du fait de leur situation géographiques et leur exposition aux masses d’air humide du Pacifique, ils ont reçu d’abondantes chutes de neige.

Le jetstream – courant d’air rapide qui circule dans l’atmosphère et qui influe sur les conditions météorologiques – s’est déplacé, provoquant davantage de chutes de neige dans le nord-ouest des États-Unis et moins dans le sud-ouest du Canada. Les variations du jetstream dans l’hémisphère nord sont de plus en plus étroitement liées au réchauffement de la planète. Ce réchauffement dû à la combustion anthropique d’énergies fossiles devrait continuer à faire fondre les glaciers, même si on devait assister à une réduction des émissions de gaz à effet de serre.
La situation des glaciers de l’Alaska est beaucoup plus préoccupante en Amérique du Nord, car cet Etat se réchauffe plus rapidement que le reste des États-Unis. Par exemple, la neige du Mont Hunter, dans le Parc National du Denali, fond 60 fois plus vite qu’il y a 150 ans.
Les glaciers nord-américains présentés dans la nouvelle étude sont beaucoup plus petits que ceux d’Alaska ou d’Asie et leur fonte ne contribue guère à l’élévation du niveau de la mer. Les chercheurs expliquent qu’ils offrent des indications précieuses en matière de gestion de l’eau, au niveau de la pêche et de la prévention des inondations. Avec la diminution des glaciers, moins d’eau sera disponible pour les réseaux hydrographiques qu’ils alimentent lorsque les précipitations seront faibles. Ainsi, dans certaines régions du monde, en particulier en Amérique du Sud, des millions de personnes pourraient perdre leurs principales sources d’approvisionnement en eau. Dans le nord-ouest des États-Unis, si les glaciers fondaient complètement, le débit de certains bassins versants pourrait être réduit d’environ 15% pendant les mois secs d’août et de septembre. De plus, la hausse de température de l’eau pourrait poser des problèmes aux poissons. Les sédiments qui accompagnent la fonte des glaciers pourraient s’accumuler au fond des lits des rivières, favorisant leur débordement lors des fortes pluies.
Source: The Guardian.

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According to a new study released in Geophysical Research Letters, glaciers in western North America are melting four times faster than in the previous decade, with changes in the jet stream exacerbating the longer-term effects of climate change. The authors got their data by comparing satellite images of glaciers from 2000 to 2009 and from 2009 to 2018.

The retreat has not been equal in the US and Canada. The glaciers in the Cascade Range (Mt Baker, Mt Rainier, Mt Shasta) in the north-west US have largely been spared from the trend. Because of their geographical situation and their exposure to the humid air masses from the Pacific Ocean, the losses there were reduced because the mountains got a lot of additional snow.

The jet stream – the current of fast-flowing air in the atmosphere that affects weather – has shifted, causing more snow in the north-western US and less in south-western Canada. Changes in the northern hemisphere jet stream are increasingly firmly linked to global warming. That warming from humans burning fossil fuels is also expected to continue to melt alpine glaciers, even under scenarios for more moderate greenhouse gas levels.

Alaskan glaciers get much of the attention in North America because Alaska is warming faster than the rest of the US. For instance, Mount Hunter in Denali National Park, is seeing 60 times more snow melt than it did 150 years ago.

The North American glaciers analyzed in the new study are far smaller than those in Alaska, Asia and elsewhere, so they won’t contribute much to sea-level rise as they melt. The authors say they offer critical lessons for water management, fisheries and flood prevention. With shrinking glaciers, less water will be available for nearby river systems when rainfall is low. In some parts of the world, millions of people could lose their primary water supplies. In the Pacific north-west US, if glaciers melted entirely, that could reduce the flow of certain watersheds by up to about 15% in dry months of August and September.

Moreover, changes in water temperature could pose problems for fish. And the sediment that comes with melting glaciers could fall to the bottoms of riverbeds, making them overflow during heavy rains.

Source : The Guardian.

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Les glaciers du Mt Baker et du Mt Shasta fondent moins vite. S’agissant de ceux du Mont Rainier, j’ai remarqué qu’ils avaient reculé de manière significative au cours des dernières années.

Mt Baker

 

Mt Shasta

Mt Rainier

Dans les Rocheuses canadiennes, la fonte glaciaire est spectaculaire, en particulier dans le Columbia Icefield où des repères permettent de se rendre compte du recul du glacier Athabasca.

 Angel Glacier

Athabasca Glacier

En Alaska, la fonte des glaciers est incroyable. On s’en rend compte en visitant à quelques années d’intervalle le Columbia dans le Prince William Sound, près de Valdez ou le Sawyer dans le Tracy Fjord, près de Juneau.

Columbia Glacier

Sawyer Glacier

(Photos: C. Grandpey)

Les glaciers du Mont Baker (Etats-Unis) // Mt Baker’s glaciers (United States)

Le Mont Baker (3285 m) dans l’État de Washington est l’un des volcans de la Chaîne des Cascades. Il est toujours actif et pourrait devenir une menace pour les localités environnantes. Malgré la chaleur qui règne sous la montagne, le Mont Baker est le deuxième sommet des États-Unis – après le mont Rainier – au vu du nombre de glaciers sur ses pentes. Ils ont de bonnes zones d’accumulation grâce aux fortes et fréquentes chutes de neige dans la région. Après l’Alaska, le Mont Baker détient le deuxième plus grand système glaciaire des États-Unis sur un seul sommet. Après une augmentation de leur taille entre 1950 et 1975, les glaciers reculent actuellement sous les coups de boutoir du réchauffement climatique.
Le Boulder est l’un des glaciers du mont Baker. Il s’étale sur le versant est du stratovolcan. Ce glacier très pentu réagit rapidement aux variations climatiques. Après avoir reculé de plus de deux kilomètres par rapport à sa taille maximale atteinte au cours du Petit Age glaciaire, il a commencé à progresser dans les années 1950. Toutefois, la progression du glacier a cessé en 1979 et il a reculé dans les années suivantes, jusqu’à aujourd’hui.
En 1988, le glacier avait reculé de seulement 25 mètres par rapport à sa position la plus avancée de la période 1950-1979.
En 1993, le glacier avait reculé de 100 mètres par rapport à sa position de 1988. A cette époque, les 500 derniers mètres du glacier étaient de toute évidence immobiles.
En 2003, le glacier avait reculé de 300 mètres supplémentaires.
En 2008, le glacier avait reculé de 490 mètres par rapport à sa position de 1980, à raison de 16 mètres par an. .
Le recul de 1980 à 2018 a été en moyenne de 730 mètres, à une vitesse relativement constante. Le recul représente 20% de la longueur totale du glacier et le front du glacier s’est élevé d’environ 175 mètres. Après près de 40 ans de recul, ce glacier n’est toujours pas à l’équilibre et il continuera de reculer.
Au cours de la période 2013-2018, la ligne de neige de fin d’été a été particulièrement élevée, en moyenne à environ 2100 mètres d’altitude. Le glacier Boulder réagit rapidement au changement climatique. Cependant, les climatologues locaux pensent que le glacier a une zone d’accumulation stable et suffisante pour survivre au climat actuel.

Le glacier Boulder sur le Mont Baker me rappelle Athabaska qui recule de la même manière dans les Rocheuses canadiennes. Chaque été, il perd entre 10 et 25 mètres de longueur. Il a perdu environ 2 kilomètres depuis 1844, époque du Petit Age Glaciaire. Il mesure 6 kilomètres aujourd’hui, contre 8 kilomètres au milieu du 19ème siècle. Des bornes montrent à quelle vitesse le glacier recule.
Source: AGU 100 Blogosphère.

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Mount Baker (3285 m) in Washington State is one of the volcanoes of the Cascade Range. It is still active and might become a menace to the surrounding municipalities. Despite the heat beneath the mountain, Mt Baker is the second summit of the U.S. –after Mount Rainier – for the number of glaciers on its slopes. They have good accumulation zones thanks to the frequent heavy snowfalls in the region. Mount Baker holds the second glacial system of the U.S. on a single summit, after Alaska. After an increase in their size between 1950 and 1975, the glaciers are now retreating because of climate change. .

Boulder Glacier is one of the glaciers on Mt Baker. It flows down the east side of the strato volcano. This steep glacier responds quickly to climate change and after retreating more than two kilometres from its Little Ice Age Maximum, it began to advance in the 1950s. The glacier advance ceased by 1979 and it retreated in the following years up to now.

In 1988, the glacier had retreated only 25 meters from its furthest advance of the 1950-1979 period.

By 1993, the glacier had retreated 100 metres from this position. At this time the lower 500 metres of the glacier was clearly stagnant.

By 2003, the glacier had retreated an additional 300 metres.

In 2008, the glacier had retreated 490 metres from its 1980 advance position, at a rate of 16 metres per year.  .

Retreat from 1980-2018 has averaged 730 metres, with the rate being relatively consistent.  The retreat amounts to 20% of the total glacier length lost and the terminus elevation has increased by about 175 metres. This glacier after nearly 40 years of retreat is still not approaching equilibrium and will continue to retreat.

During he 2013-2018 period the end of summer snowline has been particularly high averaging about 2100 metres a.s.l. Boulder Glacier does respond fast to climate change. However, local climatologists think the glacier has a consistent accumulation zone and can survive current climate.

 

Boulder Glacier on Mt Baker reminds me of Athabaska  in the Canadian Rockies which is retreating in the same way. Every summer it loses between 10 and 25 metres in length. It has lost about 2 kilometres since 1844, the Little Ice Age period. It measures 6 kilometres today, versus 8 kilometres in the mid 19th century. Landmarks show how fast the glacier is retreating.

Source: AGU 100 Blogosphère.

Vues du Mont Baker (Photos: C. Grandpey)

Recul du glacier Boulder entre 1985 et 2003 (Source: AGU 100)

Recul du glacier Athabasca (Photos: C. Grandpey)

Les 18 volcans les plus dangereux aux Etats Unis // The 18 most dangerous volcanoes in the U.S.

L’USGS vient de publier la liste des 18 volcans états-uniens représentant une «menace très élevée» en raison de leur activité potentielle et de leur proximité avec les zones habitées. C’est la première fois qu’une telle mise à jour est effectuée depuis 2005.
Le Kilauea (Hawaii) est en tête de liste. Il est suivi du Mont St. Helens et du Mont Rainier dans l’Etat de Washington, du Redoubt en Alaska et du Mont Shasta en Californie.
L’USGS fait remarquer que les États-Unis sont l’un des pays les plus en vue en matière d’activité volcanique. Depuis 1980, il y a eu 120 éruptions sur des volcans américains.
Onze des 18 volcans à « menace très élevée » se trouvent dans l’Oregon, l’Etat de Washington et la Californie.
Les scientifiques de l’USGS prennent en compte divers facteurs pour calculer l’indice de menace global pour chacun des 161 volcans potentiellement actifs des Etats Unis. Cet indice se base sur le type de volcan, son explosivité, son activité récente, sa fréquence éruptive, le nombre de personnes vivant à proximité, les évacuations survenues dans le passé et les risques pour le trafic aérien. Ces volcans sont ensuite classés en cinq niveaux de menace allant de très faible à très élevé.
Selon l’USGS, une douzaine de volcans ont augmenté leur niveau de menace depuis 2005. Vingt autres l’ont diminué. Parmi ceux dont l’indice de menace – mais pas le niveau de menace – est plus élevé figurent le Redoubt en Alaska, le Mont Okmok, l’île Akutan et le Mont Spurr. Les indices de menace ont également été relevés pour le Newberry dans l’Oregon, et le Yellowstone dans le Wyoming.
Aucun des 18 volcans figurant sur la liste n’a changé de niveau de menace, même si 11 ont eu des indices de menace en baisse.
Outre le top 5, les 18 autres sont les suivants: Le Mont Hood, les Three Sisters et Crater Lake (tous trois en Oregon) ; Akutan Island, Makushin, le Mont Spurr et l’Augustine (en Alaska) ; Lassen Peak et Long Valley en Californie; le Mont Baker et Glacier Peak dans l’Etat de Washington; et le Mauna Loa à Hawaii.
Source: USGS.

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The USGS has just classified 18 U.S. volcanoes as « very high threat » because of their potential activity and their closeness to populated areas. It is the first time such an update has been made since 2005.

The danger list is topped by Hawaii’s Kilauea. The others in the top five are Mount St. Helens and Mount Rainier in Washington, Alaska’s Redoubt Volcano and California’s Mount Shasta .

The USGS indicates that the United States is one of the most active countries in the world when it comes to volcanic activity. There have been 120 eruptions in U.S. volcanoes since 1980.

Eleven of the 18 very high threat volcanoes are in Oregon, Washington and California.

Government scientists use various factors to compute an overall threat score for each of the 161 young active volcanoes in the nation. The score is based on the type of volcano, how explosive it can be, how recently it has been active, how frequently it erupts, if there has been seismic activity, how many people live nearby, if evacuations have happened in the past and if eruptions disrupt air traffic. They are then sorted into five threat levels, ranging from very low to very high.

The USGS indicates that a dozen volcanoes have jumped in threat level since 2005. Twenty others dropped in threat level. Among those where the threat score – but not the threat level – is higher are Alaska’s Redoubt, Mount Okmok, Akutan Island and Mount Spurr. Threat scores also rose for Oregon’s Newberry Volcano and Wyoming’s Yellowstone.

None of the Big 18 changed in overall threat levels, even though 11 had overall threat scores dropping.

Besides the top 5, the rest of the Big 18 are: Mount Hood, Three Sisters and Crater Lake in Oregon; Akutan Island, Makushin, Mount Spurr and Augustine in Alaska; Lassen and Long Valley in California; Mount Baker and Glacier Peak in Washington; and Mauna Loa in Hawaii.

Source : USGS.

Le Kilauea, le Mt St Helens, le Mt Rainier, le Mt Redoubt et le Mt Shasta sont censés être les volcans les plus dangereux aux Etats Unis (Photos: C. Grandpey)