L’Océan Arctique, la poubelle de la planète // The Arctic Ocean, the garbage dump of the planet

Une étude dont les résultats ont été publiés en avril 2017 dans la revue Science Advances démontre qu’une grande partie du plastique déversé par notre société dans les océans de la planète termine sa course dans les eaux de l’Océan Arctique sous l’influence du puissant système de courants qui l’entraînent dans les mers à l’est du Groenland et au nord de la Scandinavie. L’étude a été réalisée par des chercheurs d’universités de huit pays: Danemark, France, Japon, Pays-Bas, Arabie saoudite, Espagne, Royaume-Uni et États-Unis.
En 2013, dans le cadre d’une circumnavigation de sept mois dans l’Océan Arctique, les scientifiques ont observé un grand nombre de petits morceaux de plastique dans les mers du Groenland et de Barents, là même où la branche terminale du Gulf Stream achemine les eaux de l’Atlantique vers le nord. Les chercheurs affirment que ce n’est que le début de la migration du plastique vers les eaux de l’Arctique car il n’y a qu’une soixantaine d’années que nous utilisons le plastique industriellement ; son utilisation et sa production n’ont fait qu’augmenter depuis. Les chercheurs estiment qu’environ 300 milliards de petits morceaux de plastique sont en suspension dans les eaux de l’Arctique en ce moment, et ils sont probablement en dessous de la vérité. Ils pensent qu’il y a encore davantage de plastique sur les fonds marins.
Plusieurs facteurs confirment l’idée que le plastique est entré dans les eaux de l’Arctique par l’intermédiaire des courants océaniques plutôt que par la pollution locale. Tout d’abord, l’Arctique a une très faible population qui ne contribue guère à la présence d’autant de déchets. Comme il faut beaucoup de temps au plastique pour parcourir le monde grâce aux courants océaniques, l’étude conclut que les déchets actuels proviennent en grande partie d’Amérique du Nord et d’Europe où ils ont été déversés dans l’Océan Atlantique. En outre, l’aspect altéré du plastique et la petite taille des morceaux laissent supposer qu’il a parcouru les mers pendant des décennies en se décomposant en cours de route. Les auteurs de l’étude n’ont pas trouvé beaucoup de plastique dans l’Océan Arctique au-delà des mers du Groenland et de Barents, ce qui confirme que les courants sont responsables de sa présence. Le plastique s’est accumulé là où les eaux atlantiques qui se dirigent vers le nord plongent dans les profondeurs de l’Arctique. Les mers du Groenland et de Barents contiennent 95 pour cent du plastique de l’Arctique. La mer de Barents est une zone de pêche importante pour le cabillaud, le haddock, le hareng et d’autres espèces. Une question cruciale sera de savoir dans quelles proportions le plastique affecte ces poissons.
Le système de circulation des eaux de l’Atlantique – responsable de ce transport du plastique – fait partie d’un système océanique « thermohalique » beaucoup plus vaste, basé sur la température et la teneur en sel des océans et dans lequel les eaux froides et salées plongent dans l’Atlantique Nord avant de revenir vers le sud à des profondeurs importantes.
Dans la mesure où notre société déverse actuellement 8 millions de tonnes de plastique dans l’océan chaque année, il est extrêmement important de comprendre comment les courants répartissent ce plastique à l’échelle de la planète. Dans des études scientifiques précédentes, les chercheurs ont constaté que le plastique se déplace lentement dans les océans du monde mais tend à s’attarder dans cinq courants océaniques circulaires dans les océans subtropicaux des hémisphères nord et sud. Un de ces courants se trouve dans l’Atlantique, et il se dirige vers l’Arctique !
Alors que l’Arctique devient de plus en plus accessible en raison de la fonte de la glace liée au changement climatique, on craint que davantage de plastique arrive dans cette région du globe en raison de l’ouverture de nouveaux couloirs de circulation pour les navires. On risque fort de trouver de plus en plus de plastique dans les courants de surface.
Source: The Washington Post.

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A study whose results were published in April 2017 in the journal Science Advances demonstrates that drifts of floating plastic that humans have dumped into the world’s oceans are flowing into the waters of the Arctic as a result of a powerful system of currents that deposits waste in the icy seas east of Greenland and north of Scandinavia. The study was performed by researchers from universities in eight nations: Denmark, France, Japan, the Netherlands, Saudi Arabia, Spain, the United Kingdom and the United States.

In 2013, as part of a seven-month circumnavigation of the Arctic Ocean, scientists documented a profusion of tiny pieces of plastic in the Greenland and Barents seas, where the final limb of the Gulf Stream system delivers Atlantic waters northward. The researchers say this is just the beginning of the plastic migration to Arctic water as it has only been about 60 years since we started using plastic industrially, and the usage and the production has been increasing ever since. So, most of the plastic that we have disposed in the ocean is still now in transit to the Arctic. The researchers estimate that about 300 billion pieces of tiny plastic are suspended in the Arctic waters right now, although the amount could be higher. And they think there is even more plastic on the seafloor.

Several factors support the idea that the plastic entered these waters via ocean currents rather than local pollution. First, the Arctic has a very small population that is unlikely to directly contribute so much waste. Because it takes such a long time for plastic to travel across the world in ocean currents, the study concludes that the current waste is largely the work of North Americans and Europeans, who dumped it in the Atlantic. Also, the aged and weathered state of the plastic, and the tiny size of the pieces found, suggested that it had travelled the seas for decades, breaking down along the way. The study didn’t find much plastic in the rest of the Arctic Ocean beyond the Greenland and Barents seas, also suggesting that currents were to blame. The plastic had accumulated where the northward-flowing Atlantic waters plunge into the Arctic depths. The Greenland and Barents seas contain 95 percent of the Arctic’s plastic. The Barents Sea happens to be a major fishery for cod, haddock, herring and other species. A key question will be how the plastic is affecting these animals.

The ocean circulation system in the Atlantic responsible for this plastic transport is part of a far larger « thermohaline » ocean system driven by the temperature and salt content of oceans. It is also often called an « overturning » circulation because cold, salty waters sink in the North Atlantic and travel back southward at deep ocean depths.

As humans now put 8 million tons of plastic in the ocean annually, learning how such currents affect the plastic’s global distribution is a key scientific focus. Researchers previously found that plastic slowly travels the world’s oceans but tends to linger in five circular ocean currents in the subtropical oceans in both the northern and southern hemispheres. One of those currents is located in the Atlantic, which then feeds the Arctic.

As the Arctic becomes more accessible because of ice melt linked to climate change, it is feared more plastic could wash in due to the opening of passageways for vessels and plastics in surface currents.

Source: The Washington Post.

Allons-nous continuer à souiller l’Arctique? (Photo: C. Grandpey)

La fonte du Groenland en photos // Photos of Greenland’s melting

La fonte du Groenland est visible au niveau des glaciers qui se fracturent et vêlent de plus en plus d’icebergs. Elle se produit aussi à la surface de la banquise où sont apparues des taches bleues qui trahissent des lacs de glace fondue qui sont de plus en plus nombreux et s’agrandissent chaque année. Chaque été, ils apparaissent aussi davantage à l’intérieur des terres et à de plus hautes altitudes que par le passé. Au travers de ses photos, le photographe aérien allemand Timo Lieber dévoile un paysage inattendu du Groenland.

Le projet photographique de Timo Lieber est intitulé Thaw (« fonte », en anglais). A la croisée de la photographie artistique et de la science, il est le fruit d’une collaboration entre le photographe et une équipe de glaciologues. Leur objectif est d’alerter sur la rapide et inquiétante fonte de la calotte glaciaire qui recouvre le Groenland, la plus importante de l’hémisphère Nord.

Timo Lieber explique que « dans ce paysage immaculé, dépouillé au strict minimum de couleurs et de formes, l’impact dramatique du changement climatique est plus manifeste que dans n’importe quelle autre partie du monde […] Cela fait peur à voir de ses propres yeux. Même depuis mon avion de ligne, lors de mon arrivée au Groenland, on pouvait déjà voir le bleu des lacs. On s’attend à un paysage complètement blanc, mais en fait, ce n’est pas du tout le cas ». C’est exactement ce que je me suis dit en survolant le Groenland en septembre 2016 alors que je me rendais en Alaska.

Même si elles traitent d’un sujet grave, les photos de Timo Lieber n’en restent pas moins belles. « Je n’essaie pas d’embellir le problème lui-même », confie Timo Lieber. « Je veux que les gens qui voient ces images se posent cette question : ‘Qu’est-ce qu’il y a derrière toute cette beauté ?' »

Le portfolio groenlandais de Timo Lieber est visible à cette adresse.

http://www.timolieber.com/thaw/view/thaw-1/

Source : France Info.

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The melting of Greenland can be seen at the glaciers which fracture and calve more and more icebergs. It also occurs on the surface of the ice sheet, where blue spots have appeared, betraying melt lakes which are increasingly numerous and growing every year. Each summer, they also appear more inland and at higher altitudes than in the past. Through his photos, the German aerial photographer Timo Lieber unveils an unexpected landscape of Greenland.
The photographic project of Timo Lieber is entitled « Thaw ». At the crossroads of artistic photography and science, it is the fruit of a collaboration between the photographer and a team of glaciologists. Their objective is to alert to the rapid and worrying melting of the ice sheet covering Greenland, the largest in the northern hemisphere.
Timo Lieber explains that « in this immaculate landscape, stripped to the bare minimum of colours and shapes, the dramatic impact of climate change is more evident than in any other part of the world … It’s scary to be seen with one’s own eyes. Even from my airliner, when I arrived in Greenland, I could already see the blue of the lakes.We expect a completely white landscape, but in fact it is not at all the case ». That is exactly what I said to myself while flying over Greenland in September 2016.
Even if they deal with a serious subject, Timo Lieber’s photos remain no less beautiful. « I’m not trying to embellish the problem itself, » says Lieber. « I want people who see these images to ask themselves, ‘What’s behind all this beauty?' »
Tom Lieber’s Greenland portfolio can be seen at this address:
http://www.timolieber.com/thaw/view/thaw-1/

Source: France Info.

Photo: C. Grandpey

 

Des capteurs sismiques pour prévoir les explosions de pingos // Seismic sensors to predict the explosions of pingos

Un premier capteur sismique a été installé près du village de Sabetta, sur la Péninsule de Yamal, qui abrite le port le plus moderne de Russie. D’autres capteurs sont prévus à proximité des gisements de gaz de Bovanenkovskoye et Kharasavay.
L’objectif est de détecter l’activité sismique qui pourrait précéder la formation soudaine de nouveaux cratères susceptibles d’endommager les infrastructures industrielles dont la stabilité est déjà menacée par la fonte du permafrost. On pense que les cratères se forment lorsque le méthane, libéré en raison du réchauffement climatique dans cette région de l’Arctique, explose à l’intérieur des pingos. Un pingo est un monticule de glace recouverte de terre dans les régions arctique et subarctique; il peut atteindre jusqu’à 70 mètres de hauteur et 600 mètres de diamètre.
Les scientifiques indiquent que plusieurs milliers de pingos pourraient «exploser» et former de nouveaux cratères géants dans cette région. Au moins dix sont connus pour avoir explosé en Sibérie ces dernières années. Le plus grand cratère, de 35 mètres de profondeur et de 40 mètres de diamètre, se trouve à proximité du gisement gazier de Bovanenkovskoye. Un seul capteur est capable d’analyser en permanence les processus sismiques à 200 km à la ronde.

Le port de Sabetta est en cours de construction sur l’estuaire de l’Ob dans le cadre d’un projet de 27 milliards de dollars de la compagnie Yamal LNG. Il permettra d’exporter 16,5 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié en provenance du gisement de Yuzhno-Tambeyskoye.

Les futurs capteurs enregistreront les mouvements du sol et transféreront les informations au Centre d’expédition interrégional de l’Arctique et au Département de géophysique de l’Académie des Sciences de Russie pour un traitement et une interprétation supplémentaires. Un puits de 4 mètres de profondeur a été foré dans le pergélisol pour y installer le capteur sismique et un enregistreur capable de fonctionner en parfaite autonomie a été posé à la surface du sol. Il est prévu d’installer deux autres capteurs sur la péninsule au niveau des gisements gaziers de Bovanenkovskoye et à Kharasavay. L’agence Tass a indiqué qu’un réseau de capteurs sera installé dans le district autonome de  Iamalo-Nénètsie pour prévoir l’apparition de nouveaux cratères. Les scientifiques utilisent également la surveillance satellitaire pour prévoir les éruptions des pingos  en Arctique.

Plus d’images à cette adresse:
http://siberiantimes.com/other/others/news/first-seismic-sensor-installed-togiving-early-warning-on-new-exploding-pingos/

Source: The Siberian Times.

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The first seismic sensor has been put in the ground in close to the village of Sabetta in Yamalo-Nenets, home to Russia’s most modern port. Others are planned close to the Bovanenkovskoye and Kharasavay gas deposits.

The aim is to give warnings over seismic activity that could lead to the sudden formation of new craters, which could potentially damage key industrial infrastructure. The craters are believed to form when underground methane gas, released due to the warming climate in this Arctic region, erupts inside pingos, A pingo is a mound of earth-covered ice found in the Arctic and subarctic regions; it can reach up to 70 metres in height and up to 600 metres in diameter.

Scientists say several thousand pingos, many filled with gas, could ‘explode’ forming giant craters in this region. At least ten are known to have exploded in Siberia in recent years. The largest crater, 35 metres deep and 40 metres in diameter, is close to Bovanenkovskoye deposit. One sensor can analyse seismic processes non-stop in 200 km distance around it.

Sabetta port is being built as part of a $27 billion project by Yamal LNG on the Ob River estuary to export 16.5 million tons of liquefied gas from the Yuzhno-Tambeyskoye field. There are fears that the melting of the permafrost might affect the stability of the industrial infrastructures in the area.

Sensors will register oscillation of the ground and will transfer information about it to the Arctic Interregional Expedition Centre and United Geophysical Service of Russian Academy of Sciences for further processing and interpretation. A 4 metre-deep well was drilled in the permafrost. A sensor was installed in the permafrost and an event recorder, equipped with everything necessary for autonomous work, was left on the surface. There are plans to install two more sensors on the peninsula at Bovanenkovskoye deposit and at Kharasavay. TASS earlier reported that a network of sensors would be installed across the Yamalo-Nenets autonomous region to forecast appearance of new craters. Scientists are also using space monitoring to predict eruptions of Arctic pingos.

More pictures at this address :

http://siberiantimes.com/other/others/news/first-seismic-sensor-installed-to-give-early-warning-on-new-exploding-pingos/

Source: The Siberian Times.

Exemple de cratère façonné par les explosions de méthane en Sibérie (Crédit photo: The Siberian Times)

 

 

Le Parc du Pléistocène (Sibérie / Russie): Lutte contre la fonte du permafrost // Pleistocene Park (Siberia / Russia): To curb permafrost thawing

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, la fonte du permafrost dans l’Arctique a un effet pervers : elle libère du gaz carbonique et du méthane dans l’atmosphère, ce qui contribue à accroître l’effet de serre et la hausse des températures.

C’est dans le but de freiner la fonte du pergélisol qu’a été créé le Parc du Pléistocène au nord de la Sibérie, à 5 km de la ville de Chersky (Yakutia). Cette initiative majeure tente de restaurer l’écosystème de la steppe des mammouths qui prévalait dans l’Arctique à la fin du Pléistocène. L’initiative suppose le remplacement des écosystèmes nordiques improductifs actuels par des pâturages hautement productifs qui présentent à la fois une forte densité animale et un taux élevé de biorecyclage. Les expériences de réintroduction d’animaux ont commencé en 1988. Actuellement, le Parc du Pléistocène se compose d’une zone fermée de 16 kilomètres carrés qui abrite 5 espèces majeures d’herbivores: bisons, bœufs musqués, élans, chevaux et rennes.
Le Parc du Pléistocène est actuellement géré par Nikita Zimov, mais c’est son père, Sergey Zimov, qui a eu l’idée du Parc. Les Zimov introduisent des créatures adaptées au froid qui sont les descendants des animaux qui parcouraient la région pendant la dernière ère glaciaire qui s’est terminée il y a environ 11 500 ans. Au cours d’expéditions difficiles dans d’autres parties de la Russie, ils ont récupéré des rennes, des boeufs musqués, des chevaux, des bisons et des cervidés.
Quand ces animaux paissent dans la toundra en hiver, ils piétinent la neige et diminuent ses qualités isolantes. De cette façon, les Zimov veulent conserver le pergélisol en augmentant son exposition à l’air froid en hiver. Ils espèrent également que les grands herbivores s’attaqueront aux arbres, aux arbustes et à la mousse, restaurant ainsi l’écosystème de la steppe des mammouths.
La steppe des mammouths s’étendait autrefois dans le haut du globe et couvrait une grande partie de l’Alaska et du pont terrestre de la Béringie. Lorsque les mammouths ont disparu, la forêt boréale moderne est apparue avec sa relative pénurie d’animaux.
À partir des os datant de la dernière ère glaciaire mis à jour par l’érosion sur les berges de la rivière Kolyma, les Zimov estiment que 30 grands herbivores ont vécu sur chaque kilomètre carré de la steppe des mammouths pendant l’Age de Glace. C’est cette densité qu’ils essaient de reproduire dans le Parc du Pléistocène. Le rêve des Zimov est d’étendre leur projet à l’ensemble du Nord circumpolaire.
Un chercheur de l’Université de Fairbanks en Alaska se rend régulièrement dans le Parc du Pléistocène. Il travaille sur des équipements qui mesurent les émissions de gaz dans la toundra. Les résultats confirment qu’avec la fonte du pergélisol la toundra ajoute plus de dioxyde de carbone qu’elle en absorbe dans l’atmosphère.
Source: Alaska Dispatch News.

Voici l’adresse du site Internet du Park: http://www.pleistocenepark.ru/en/

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As I put it several times, the melting of the permafrost in the Arctic has a perverse effect: it releases carbon dioxide and methane into the atmosphere, which contributes to increasing the greenhouse effect and the temperatures.

It was in order to curb the thawing of the permafrost that Pleistocene Park was created. The site is located in the north of Siberia, 5 km from the town of Chersky (Yakutia). It is a major initiative that includes an attempt to restore the mammoth steppe ecosystem, which was dominant in the Arctic in the late Pleistocene. The initiative requires replacement of the current unproductive northern ecosystems by highly productive pastures which have both a high animal density and a high rate of biocycling. Experiments with animal reintroductions began in 1988. Currently, Pleistocene Park consists of an enclosed area of 16 square kilometres that is home to 5 major herbivore species: bison, musk ox, moose, horses and reindeer.

The Pleistocene Park project is led by Nikita Zimov. Its aim is to restore the northern ecosystem that existed at the time of the mammoths. His father, Sergey Zimov, envisioned and initiated Pleistocene Park. The Zimovs are bringing in large, cold-adapted creatures descended from those that roamed the landscape during the last ice age, which ended about 11,500 years ago. In adventurous missions to other parts of Russia, they have retrieved reindeer, musk oxen, horses, bison and elk.

As these animals graze the tundra in winter, they pack down snow and lessen its insulating qualities. In this way, the Zimovs want to preserve the permafrost by increasing its exposure to cold winter air. They also hope their large herbivores will trample trees, shrubs and moss, restoring the mammoth steppe ecosystem.

The mammoth steppe once extended across the top of the globe, covering much of Alaska and the Bering Land Bridge. When mammoths disappeared, the modern boreal forest and its relative paucity of animals emerged.

From ice-age bones they have found in eroding river bluffs, the Zimovs estimate 30 large grass-eaters roamed a typical square kilometre of the mammoth steppe during the ice age. This is the density they are trying to reproduce at Pleistocene Park. The Zimovs’ dream is an eventual expansion of their experiment across the circumpolar north.

An Alaskan researcher at UAF is regularly visiting Pleistocene Park. He works on tundra-gas measuring equipment that confirm that, with the thawing of the permafrost,  the tundra is now adding slightly more carbon dioxide to the atmosphere than it absorbs.

Source: Alaska Dispatch News.

Here is the address of the Park’s website: http://www.pleistocenepark.ru/en/

Source: Parc du Pléistocène

Le boeuf musqué fait parti des animaux introduits dans le Parc du Pléistocène.

(Photo: C. Grandpey)