Vêlage d’un glacier // Glacier calving

drapeau-francaisLe mot « vêlage » désigne habituellement la mise bas chez les bovins. Chez la vache, le vêlage intervient après une gestation qui dure généralement entre 280 et 284 jours .

Le mot « vêlage » désarçonne souvent les gens quand on l’utilise pour les glaciers. Je m’en suis rendu compte au moment de l’exposition de mes photos à l’occasion du Festival de Montier-en-Der en 2015. De très nombreux visiteurs m’ont demandé le sens de ce mot en regardant mes images, en particulier celles montrant le Columbia Glacier en 2009 en Alaska.

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Le vêlage s’observe au niveau de ce que les Anglo-Saxons appellent les tidal glaciers, autrement dit les glaciers qui viennent finir leur course dans la mer ou dans un lac. Ils sont nombreux en Alaska. Outre le Columbia, on pourrait citer le Blackstone, le Benoît ou encore le Sawyer et le Portage.

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Le Vatnajökull en Islande appartient également à cette catégorie, avec le célèbre et magnifique Jökulsárlón.

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Lorsque le front du glacier n’est plus soutenu par son substrat rocheux et entre en contact avec l’eau, il se fragmente et donne naissance à des icebergs de taille variable. C’est à cette fragmentation que l’on donne le nom de «vêlage.»

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Très souvent, en raison de la taille de leur partie immergée (rappelons qu’elle représente 90 % du volume), les icebergs s’échouent temporairement sur le fond qu’ils peuvent racler en y laissant leur empreinte. Quand la fonte est suffisante, ils reprennent leur errance, parfois des années plus tard.  .

Il faut noter que dans certain cas, le vêlage peut-être provoqué par la collision d’un iceberg avec une langue glaciaire, comme cela a été le cas le 12 février 2010 lorsque l’iceberg B-9B (un beau bébé de 92 km de long sur 37 km de large) est venu percuter la langue du glacier Mertz  sur la côte de George V, dans la partie orientale de l’Antarctique. La collision a donné naissance à l’iceberg C-28 d’une superficie de 2 900 km2. Voici une animation de cette collision par assemblage de photos satellites :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Glacier_Mertz#/media/File:Collision_Calves_Iceberg_from_Mertz_Glacier_Tongue,_Antarctica.gif

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drapeau-anglaisThe word “calving” is usually used about the cattle. As far as the cows are concerned, calving takes place after a gestation period that lasts between 280 and 284 days.

The word “calving” often puzzles people when it is used for glaciers. I realized this during the exhibition of my photos at the Festival of Montier-en-Der in 2015. Many visitors asked me the meaning of this word while looking at my images, especially those showing the Columbia Glacier in 2009 in Alaska. (see photo above)
Calving is observed on tidal glaciers, in other words when glaciers end up in the sea or in a lake. They are numerous in Alaska. In addition to the Columbia Glacier, there are the Blackstone, Benoît, Sawyer and Portage glaciers. (see photos above)
Vatnajökull in Iceland belongs to this category, with the famous and magnificent Jökulsárlón. (see photo above)
When the front of the glacier is no longer supported by its rocky substratum and comes into contact with the water, it breaks up and gives birth to icebergs of variable size. It is this fragmentation which is called « calving. » (see the icebergs in the photo above.)
Very often, because of the size of their submerged part (remember that it represents 90% of the volume), the icebergs are grounded temporarily on the bottom that they can scrap, leaving their imprint. When the melting is sufficient, they resume their wandering, sometimes years later. .
It should be noted that in some cases, calving can be caused by the collision of an iceberg with a glacial tongue, as was the case on February 12th, 2010 when iceberg B-9B (a nice ice slab 92 km long by 37 km wide) struck the tongue of the Mertz glacier in George V coast, in the eastern part of Antarctica. The collision released iceberg C-28 with an area of 2 900 km2 Here is an animation of this collision by assembling satellite photos:
Https://en.wikipedia.org/wiki/Glacier_Mertz#/media/File:Collision_Calves_Iceberg_from_Mertz_Glacier_Tongue,_Antarctica.gif

 

La fonte de l’Antarctique (suite) // The melting of Antarctica (continued)

drapeau-francaisUn article paru dans le journal belge Le Soir nous apprend que des chercheurs de l’Université Libre de Bruxelles (ULB) ont découvert d’immenses lacs gelés sous la couche de glace de l’Antarctique. Ils minent la résistance de la calotte glaciaire qui pourrait s’effondrer et provoquer un immense tsunami. Les résultats des explorations ont été publiés dans le dernier numéro de Nature Climate Change.

Les scientifiques ont découvert un immense cratère sous la plateforme de glace Roi Baudouin, une immense étendue de glace au nord-est de l’Antarctique. En janvier 2016, ils se sont rendus physiquement dans le cratère et ont découvert qu’il s’agit d’un lac affaissé dont l’eau s’échappe vers l’océan par l’intermédiaire d’un « moulin », terme employé par les glaciologues pour désigner un puits de fonte dans la glace. L’eau d’un moulin ressort souvent à la base d’un glacier ou de la banquise, et finit parfois sa course dans la mer, comme c’est le cas au Groenland. Dans le cas d’un glacier, l’eau peut lubrifier sa base et accélérer son mouvement, voire son vêlage si le glacier arrive dans la mer.

La découverte de moulins en Antarctique a surpris les chercheurs car la plupart sont observés au Groenland. De plus, les chercheurs ont découvert de nombreux lacs cachés sous la surface de la glace, alimentés par des eaux de fonte. Certains mesurent plusieurs kilomètres. Sur des images vidéo prises sous l’eau, on voit clairement qu’une grande quantité d’eau de fonte est présente dans la région.

L’article s’accompagne d’une petite vidéo montrant les moulins de fonte :

http://mobile.lesoir.be/1390347/article/actualite/sciences-et-sante/2016-12-12/un-cratere-geant-menace-l-antarctique

Merci à S. Chermette (80 Jours Voyages) de m’avoir communiqué cette information.

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drapeau-anglaisAn article in the Belgian newspaper Le Soir tells us that researchers at the Université Libre de Bruxelles (ULB) have discovered huge frozen lakes under the ice of Antarctica. They undermine the resistance of the ice cap which could collapse and cause a huge tsunami. The results of the explorations were published in the latest issue of Nature Climate Change.
The scientists discovered a huge crater beneath the Roi Baudoin ice platform, an immense expanse of ice in northeastern Antarctica. They visited the crater in January 2016 and discovered that it was a collapsed lake whose water escaped to the ocean through a « moulin » or glacier mill, a French term used by glaciologists to designate the escape of melting water through the ice. Water from a moulin often exits the glacier at base level, sometimes into the sea. Water from moulins may help lubricate the base of the glacier, affecting glacial motion.

This discovery surprised the researchers because most of the mills are observed in Greenland. In addition, researchers have discovered many lakes hidden under the surface of the ice, fed by meltwater. Some measure several kilometers. On video images taken underwater, it is clear that a large amount of meltwater is present in the area.
The article is accompanied by a short video showing the mills:
http://mobile.lesoir.be/1390347/article/actualite/sciences-et-sante/2016-12-12/un-cratere-geant-menace-l-antarctique

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Exemple de moulin sur un glacier (Crédit photo: Wikipedia)

Réchauffement climatique : Quelques chiffres intéressants // Climate change : A few interesting figures

drapeau-francaisAlors que la température globale de la planète continue d’augmenter et de battre des records, la glace de mer dans l’Arctique et l’Antarctique a atteint des niveaux record pour cette période de l’année. Comme je l’ai indiqué précédemment, certains jours de novembre, la température de l’Arctique se situait à 20 degrés Celsius au-dessus de la moyenne pour cette période de l’année.
A côté de cela, les mesures fournies par le satellite du National Snow and Ice Data Center (NSIDC) montrent que le 4 décembre, la surface couverte par la glace de mer aux pôles était de 3 834 millions de kilomètres carrés inférieure à la moyenne de 1981-2010. Cela représente environ la taille de l’Inde, ou bien deux fois la superficie de l’Alaska.
Les dernières mesures vont donc à l’encontre de l’opinion exprimée par certains climato-sceptiques qui affirmaient que l’expansion de la glace de mer antarctique contredisait les preuves du changement climatique.
Au cours de la COP 21 de Paris en 2015, près de 200 gouvernements ont décidé de réduire leurs émissions de carbone afin de maintenir l’augmentation de la température mondiale au maximum à 2 degrés Celsius au-dessus de la température moyenne avant la révolution industrielle. Il n’est pas certain que les États-Unis se conforment à cet accord car le président Donald Trump a déclaré qu’il ne le respecterait pas. M. Trump a toutefois fait quelque peu machine arrière en novembre lorsqu’il a indiqué au New York Times qu’il ferait preuve «d’ouverture d’esprit» en matière de changement climatique.
M. Trump et Ivanka Trump se sont réunis avec Al Gore le 5 décembre à la Trump Tower pour aborder la question du changement climatique. Gore a qualifié son entretien de «très productif» et de «recherche sincère de terrains d’entente». [NDLR : On appréciera le langage diplomatique qui, une fois traduit, signifie que les discussions n’ont abouti à aucun accord]
Ces réunions se sont déroulées alors que la glace de mer en Antarctique couvre 11,2 millions de kilomètres carrés, sa plus faible surface pour un début décembre, et qui bat le record de 1982. De même, la glace de mer dans l’Arctique, bien qu’en expansion pour l’hiver, a atteint 10,25 millions de kilomètres carrés cette saison, battant ainsi le record de 2006.
Les scientifiques craignent que ces développements aient un effet domino. Avec la fonte de la glace de mer, les glaciers risquent d’accélérer leur vêlage dans les eaux environnantes, ce qui ne manquera pas d’avoir un effet sur l’élévation du niveau de la mer.
Source: CBS News.

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drapeau-anglaisAs global temperatures continue to rise and break records, sea ice in the Arctic and Antarctica are being measured at record lows for this time of year. As I put it before, temperatures in the Arctic, for instance, were 20 degrees Celsius above average on some days of November.

Beyond that, the National Snow and Ice Data Center (NSIDC) satellite measurements show that on December 4th, the extent of polar sea ice was 3 834 million square kilometres below the 1981-2010 average. That amounts to about the size of India, or for another point of reference, two Alaskas.

The latest measurements appear to reverse a trend of expanding Antarctic sea ice, which some skeptics cited to contradict evidence of climate change.

With last year’s Paris climate agreement, nearly 200 governments agreed to curb carbon emissions with the goal of keeping the world’s temperature increase to no more than 2 degrees Celsius above the global average temperature before the Industrial Revolution. It remains unclear whether the U.S. commitment to that deal will be honored by President-elect Donald Trump, who has previously stated he might want to pull out of the Paris agreement. Mr. Trump backtracked somewhat in November, telling the New York Times that he has an “open mind” when it comes to climate change.

Mr. Trump and Ivanka Trump held meetings with Al Gore Monday at Trump Tower to discuss the issue of climate change. Gore characterized his talk with the president-elect as “very productive” and “a sincere search for areas of common ground.”

Those meetings came as Antarctica’s sea ice measured 11.2 million square kilometres — its smallest for early December, effectively beating 1982’s record. Similarly, sea ice in the Arctic, though expanding for the winter, hit a record low of 10.25 million square kilometres this season, below 2006’s record.

Scientists worry that these developments could have a domino effect. As sea ice melts, glaciers could collapse more quickly into their surrounding waters, potentially increasing the rate of sea level rise rapidly.

Source: CBS News.

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Photo: C. Grandpey

Un nouvel iceberg géant bientôt en Antarctique // A new giant iceberg soon in Antarctica

drapeau-francaisLa fracturation complète de l’immense plate-forme glaciaire Larsen C en Antarctique va se produire dans un proche avenir et le phénomène donnera naissance à un iceberg de la taille du Delaware qui ira se promener dans l’Océan Austral.
La NASA vient de publier une nouvelle image prise par des chercheurs au cours d’un survol de la plate-forme le 10 novembre 2016. On peut voir que la fracturation complète de cette plateforme est imminente. Pendant la mission de la NASA (connue sous le nom d’Opération IceBridge) la fracture mesurait environ 110 km de long, plus de 90 mètres de large et environ 500 mètres de profondeur. En août 2016, une équipe chercheurs britanniques qui observait la plateforme Larsen C a constaté que la fracture avait augmenté de 22 km entre mars et août 2016. C’était la propagation la plus rapide jamais observée.
Lorsque le vêlage – autrement dit la naissance de l’iceberg – se produira, probablement au cours de la prochaine décennie, ce sera le plus important vêlage en Antarctique depuis 2000, le troisième plus grand événement jamais enregistré et le plus important concernant cette plate-forme glaciaire. Larsen C se trouve à côté d’une plus petite plate-forme glaciaire qui s’est désintégrée en 2002 après avoir ouvert une fracture semblable à celle observée actuellement dans Larsen C.
Les icebergs issus des plateformes glaciaires ne font pas monter directement le niveau de la mer. En effet, leur glace repose déjà dans l’océan comme le fait un glaçon dans un verre. Cependant, comme ils font obstacle aux glaciers qui se trouvent derrière eux, quand les plateformes cèdent, ces glaciers peuvent commencer à avancer et accélérer leur progression dans la mer. C’est ce phénomène qui ajoute de l’eau et augmente donc le niveau de la mer.
Selon les glaciologues, une fois que la fracture aura entaillé Larsen C dans sa totalité et aura libéré l’iceberg, une surface de glace encore plus grande, de la taille de l’Ecosse, se trouvera déstabilisée et risquera de fondre à son tour.

La plate-forme glaciaire Larsen C est la plus septentrionale de celles qui existent encore sur la Péninsule Antarctique. Cette partie du continent se réchauffe rapidement depuis plusieurs années en raison de l’augmentation parallèle de la température de l’air et de celle de la mer. La plate-forme glaciaire Larsen B, à proximité de Larsen C, a fait la une des journaux en 2002 quand elle s’est désintégrée au cours d’un processus de vêlage provoqué, là aussi, par l’ouverture d’une fracture. Cet événement apparaît dans les premières scènes de Le Jour d’Après (2004), film-catastrophe sur le changement climatique.

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drapeau-anglaisThe breakup of the massive Larsen C Ice Shelf in Antarctica is getting closer and will eventually produce an iceberg the size of Delaware prowling the Southern Ocean.

NASA has just released a new image taken by researchers flying above the Larsen C I Ice Shelf in Antarctica on November 10th 2016.  One can see that the breakup of the Shelf is getting closer. During NASA’s field campaign known as Operation IceBridge the crack was measured to be about 110 km long, more than 90 metres wide and about 500 metres deep.

When this iceberg calving event happens, likely within the next decade, it will be the largest calving event in Antarctica since 2000, the third biggest such event ever recorded and the largest from this particular ice shelf. Larsen C lies next to a smaller ice shelf that disintegrated in 2002 after developing a crack similar to the one now growing in Larsen C.

Ice shelves breaking off into icebergs don’t directly increase sea levels, since their ice is already resting in the ocean like an ice cube in a glass. However, because they act like doorstops to the land-based ice behind them, when the shelves give way, the glaciers can begin moving into the sea. This adds new water to the ocean and therefore increases sea levels.

According to glaciologists, once the rift in Larsen C extends all the way across the shelf and breaks off the section of ice, a larger area of ice that is about the size of Scotland will destabilize and be at greater risk for melting. In August, a British research team monitoring the Larsen C Ice Shelf found that the rift had expanded by 22 km between March and August 2016. This was the fastest rate of expansion the researchers had observed.

The Larsen C Ice Shelf is the most northerly of the remaining major Antarctic Peninsula ice shelves. This part of Antarctica has been warming rapidly in recent years due to a combination of increasing air and sea temperatures. The nearby Larsen B Ice Shelf made worldwide headlines in 2002 when it broke up after a similar process of rift-induced iceberg calving. The Larsen B event was featured in the opening scenes of the sci-fi climate change-related disaster film, The Day AfterTomorrow (2004)..

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Cette carte de l’Antarctique montre la fonte de la partie inférieure des plateformes glaciaires. La teinte bleue symbolise la perte de glace de plus de 5 mètres d’épaisseur par an. La flèche indique la plateforme glaciaire Larsen C. (Source: NASA / JPL-Caltech / UC Irvine / Columbia University).