COP30 au Brésil : ça s’annonce mal ! // COP30 in Brazil: It’s not looking good!

Après deux Conferences of Parties (COP) organisées par des pays producteurs de pétrole, on pouvait espérer un avenir plus serein en apprenant que la COP30 serait organisée au Brésil en novembre 2025. L’espoir était d’autant plus grand de l’événement aura lieu à Belem, dans l’État du Para, quasiment à l’embouchure de l’Amazone.

Malheureusement, les dernières nouvelles en provenance du Brésil ne sont pas bonnes. Selon un rapport de la plateforme de surveillance MapBiomas publié le 22 janvier 2025, la superficie végétale détruite par des incendies au Brésil a augmenté de 79% en 2024. Elle a atteint 30,8 millions d’hectares, soit une surface supérieure à l’ensemble de l’Italie et à la moitié de la France hexagonale. Il s’agit de la plus grande surface partie en fumée au Brésil sur un an depuis 2019.

On sait que l’écosystème amazonien est crucial pour la régulation du climat, et c’est lui qui a été le plus affecté par le feu, avec quelque 17,9 millions d’hectares ravagés, soit 58% du total, et plus que l’ensemble des surfaces brûlées dans tout le pays en 2023. Selon les données officielles, plus de 140 000 départs de feux ont été enregistrés en 2024, du jamais-vu en 17 ans et une augmentation de 42% comparé à 2023.

Les scientifiques estiment que l’ampleur de ces incendies est liée au réchauffement climatique. En effet, comme c’est le cas en Californie, la hausse des températures rend la végétation plus sèche et facilite donc la propagation des flammes. Mais il ne faudrait pas oublier que ces incendies de végétation sont, dans pratiquement tous les cas, provoqués par l’homme. La plateforme MapBiomas alerte en particulier sur les incendies qui ont touché les forêts, zones clés pour la capture de carbone responsable du réchauffement climatique : 8,5 millions d’hectares ont été dévastés en 2024, contre 2,2 millions en 2023.

Ces résultats sont particulièrement mauvais pour le président Lula. L’Etat du Para où se trouve Belem a le plus souffert des incendies en 2024, avec 7,3 millions d’hectares dévastés, environ un quart du total national.

Lula a fait de la protection de l’environnement l’une des priorités de son mandat. La déforestation s’était d’ailleurs inscrite en baisse de plus de 30% sur un an au mois d’août. En septembre, le président avait cependant reconnu que le Brésil n’était pas « prêt à 100% » à lutter contre une vague de feux de forêt, que le gouvernement a imputé au « terrorisme climatique ». Il faut juste espérer que la COP30 ne se terminera pas de façon aussi minable que les précédentes et que des mesures CONTRAIGNANTES seront enfin prises pour lutter contre le réchauffement climatique. Mais c’est une autre histoire. On sait que les économies modernes ont bien du mal à se défaire des énergies fossiles. Même si les États Unis n’auront pas encore officiellement quitté l’Accord de Paris, Donald Trump ne viendra pas salir ses chaussures dans la boue amazonienne.

Source : France Info et médias internationaux.

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After two Conferences of Parties (COPs) organized by oil-producing countries, there was some hope for a more peaceful future as COP30 would be organized in Brazil in November 2025. Hope was all the greater as the event would take place in Belem, in the state of Para, almost at the mouth of the Amazon.

Unfortunately, the latest news from Brazil is not good. According to a report from the MapBiomas monitoring platform published on January 22nd, 2025, the plant area destroyed by fires in Brazil increased by 79% in 2024. It reached 30.8 million hectares, an area larger than the whole of Italy and half of France. This is the largest area to go up in smoke in Brazil in a year since 2019.
The Amazon ecosystem is known to be crucial for climate regulation, and it was the one most affected by the fire, with some 17.9 million hectares ravaged, or 58% of the total, and more than the entire area burned in the country in 2023. According to official data, more than 140,000 fires were recorded in 2024, an unprecedented number in 17 years and a 42% increase compared to 2023.
Scientists believe that the scale of these fires is linked to global warming. Indeed, as is the case in California, rising temperatures make the vegetation drier and therefore facilitate the spread of flames. But we should not forget that these vegetation fires are, in almost all cases, caused by humans. The MapBiomas platform warns in particular about the fires that have affected forests, key areas for capturing the carbon responsible for global warming: 8.5 million hectares were devastated in 2024, compared to 2.2 million in 2023.
These results are particularly bad for President Lula. The state of Para, where Belem is located, suffered the most from the fires in 2024, with 7.3 million hectares devastated, about a quarter of the national total.
Lula has made environmental protection one of the priorities of his mandate. Deforestation had also fallen by more than 30% over one year in August. In September, however, the president acknowledged that Brazil was not « 100% ready » to fight a wave of forest fires, which the government blamed on « climate terrorism ». We just have to hope that COP30 will not end as badly as the previous ones and that BINDING measures will finally be taken to combat global warming. But that’s another story. We know that modern economies have a hard time getting rid of fossil fuels. Even if the United States has not yet officially left the Paris Agreement, it is very unlikely that Donald Trump will come and dirty his shoes in the Amazonian mud.
Source: France Info and international media.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Le 20 janvier 2025, un communiqué de la Protection civique a officiellement mis fin à la « phase d’incertitude » sur le Bárðarbunga (Islande), situé dans la partie nord-ouest du Vatnajökull. Il y a quelques jours, j’expliquais qu’un essaim sismique sur le volcan ou à proximité, avec certains événements d’une magnitude d’environ M5,0, avaient fait craindre aux scientifiques une intrusion magmatique dans la région.
Cette situation avait incité la Protection civique à émettre une « phase d’incertitude », ce qui signifie que la situation est susceptible d’évoluer vers quelque chose de plus grave.
Si une éruption du Bárðarbunga devait se produire, elle pourrait ressembler à celle qui a eu lieu dans l’Holuhraun en 2014. Si le magma remonte directement sous le glacier, on peut assister à une crue glaciaire, une émission de nuages de cendres, ou les deux.
Pas besoin de s’inquiéter pour le moment. L’activité sur et à proximité du Bárðarbunga est très faible depuis la semaine dernière. Il ne faudrait pas oublier non plus que la sismicité dans la région de Vatanjökull est souvent liée à l’activité géothermale sous le glacier.
Source : Protection Civile.

 

Source : Global Volcanism Network.

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Une nouvelle éruption a eu lieu sur le Purace (Colombie) le 20 janvier 2025, avec un panache de cendres qui est monté jusqu’à 5,8 km au-dessus du niveau de la mer. Des retombées de cendres ont été signalées dans deux localités.
L’événement a été précédé d’un tremor continu associé au mouvement de fluides dans les conduits du volcan.
Le volcan reste en alerte Jaune.
La dernière éruption du Purace a eu lieu le 16 novembre 2023 ( VEI 1).
Source : Servicio Geológico Colombiano (SGC ).

 

Crédit photo : GVN.

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La situation évolue très vite dans le cratère de l’Halema’uma’u sur le Kilauea (Hawaï)
L’éruption sommitale qui a débuté le 23 décembre 2024 a mis fin à son 5ème épisode à 4h30 (heure locale) le 23 janvier après 26 heures d’activité au niveau de la bouche nord. Ce 5ème épisode a commencé à 14h30 le 22 janvier et s’est poursuivi avec des fontaines de lave jaillissant jusqu’à 30-50 m de hauteur. L’activité de fontaines s’est arrêtée brusquement vers 4h30 du matin en même temps que l’émission de coulées de lave depuis la bouche active. Le tremor a diminué à ce moment-là et a retrouvé son niveau d’avant les fontaines. Une forte lueur persiste à l’intérieur de la bouche nord et indique que le magma reste proche de la surface. Un nouvel épisode éruptif pourrait commencer à court terme mais il est impossible de dire comment l’éruption va évoluer.
Source : HVO.

Image webcam montrant les fontaines de lave du 5ème épisode éruptif

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Le volcan sous-marin Kamaʻehuakanaloa (anciennement Lōʻihi), au sud-est de la Grande Île d’Hawaï, a connu une hausse de l’activité sismique vers 2 h 00 (heure locale) le 21 janvier 2025. La sismicité a cessé à 8 h. Selon le HVO, une poursuite de l’essaim semble peu probable. 16 événements ont été identifiés dans cet essaim sismique, tous de faible magnitude, à des profondeurs de 12 et 30 km sous le niveau de la mer. L’essaim ne semble pas avoir été ressenti sur la Grande Île et n’a pas eu d’impact sur les autres volcans, ni sur les infrastrucrures. La source de la sismicité est difficile à déterminer à l’heure actuelle, mais elle pourrait être liée au mouvement du magma sous le Kamaʻehuakanaloa. Les essaims liés à des éruptions probables du volcan incluent des milliers d’événements sur une période de plusieurs jours à plusieurs semaines. L’activité éruptive de ce volcan n’aurait aucun impact sur les habitants de la Grande Île d’Hawaï.
Source : HVO.

Source: USGS

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De nouvelles émissions de cendres ont été observées au niveau du complexe de dômes du Santiaguito (Guatemala) le 21 janvier 2025, avec des panaches atteignant jusqu’à 4,9 km au-dessus du niveau de la mer.
Le 20 janvier, l’INSIVUMEH a indiqué que l’activité sur le dôme Caliente consistait en un faible dégazage avec des colonnes de vapeur s’élevant à 300 m au-dessus du dôme. Des explosions, allant de faibles à modérées, se produisaient à un rythme de 1 à 4 par heure, avec des panaches de gaz et de cendres qui montaient jusqu’à 700 m au-dessus du sommet. Au moins 3 explosions ont produit de courtes coulées pyroclastiques sur les flancs sud-ouest et est au cours des premières heures du 20 janvier.
L’extrusion de lave en cours au dôme Caliente continue d’accumuler des matériaux instables sur le flanc sud-ouest et augmente la probabilité de coulées pyroclastiques.
L’activité volcanique actuelle est considérée comme modérée, avec de nouvelles émissions attendues à court terme.
Il est demandé aux pilotes d’aéronefs de faire preuve de prudence car la dispersion des cendres volcaniques peut atteindre des distances supérieures à 30 km, avec des altitudes comprises entre 3 000 m et 4 600 m. La municipalité de Quetzaltenango a confirmé la zone d’exclusion de 5 km autour du dôme du Santiaguito.
Source : INSIVUMEH.

 

Belle vue du Santa Maria et du Santiaguito (Crédit photo : INSIVUMEH)

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L’inflation se poursuit sur la chaîne de cratères Sundhnúkagígar (Islande), mais la vitesse de gonflement a légèrement diminué. Le Met Office islandais explique que selon les modélisations, on peut supposer que la probabilité d’une intrusion magmatique ou d’une éruption augmentera fin janvier ou début février. En décembre 2024, j’écrivais que l’éruption se produirait plutôt à la mi-février, à l’occasion de la Saint Claude, le 15 février. On verra qui a raison. .
Le Met Office ajoute que « le scénario évolue de manière très semblable à celui d’avant la dernière éruption. Le volume de magma sous Svartsengi devrait atteindre sa limite inférieure fin janvier ou début février. Cela signifie que la probabilité d’une intrusion magmatique ou une éruption sur la chaîne de cratères Sundhnúka augmentera à partir de ce moment-là ».

Source: IMO

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L’analyse des données satellitaires par l’équipe MIROVA indique que des anomalies thermiques au niveau du cratère du Fentale (Éthiopie) étaient visibles du 13 au 14 janvier 2025 et se sont intensifiées au moins jusqu’au 21 janvier. Aucune cause de ces anomalies n’a été précisée. Une image satellite montrait un possible panache de gaz au-dessus du cratère. Un article de presse du 14 janvier indiquait que le cratère du Fentale abrite généralement un petit lac et que des panaches s’élèvent au-dessus du sommet. L’article notait également que 10 000 personnes avaient été évacuées de Seganto et que 54 000 avaient été peut-être évacuées des zones à haut risque. Les séismes ont endommagé des écoles, des bâtiments, une usine et des routes.
Sources : MIROVA, VOA News.

Un petit lac dans le cratère du Fentale? (Source: Copernicus- Sentinal 2)

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L’éruption de l’Ibu (Indonésie) continue. Des panaches de cendres s’élèvent jusqu’à 1,5 km au-dessus du sommet. Les images des webcams montrent souvent une incandescence au sommet.
Après la hausse du niveau d’alerte au maximum, le gouvernement a pris des mesures d’urgence, avec notamment l’évacuation des habitants des cinq villages jugés les plus à risque en raison de l’éruption. Selon un article de presse, environ 644 personnes avaient été évacuées au 20 janvier 2025. Le niveau d’alerte reste à 4 (le niveau le plus élevé sur une échelle à quatre niveaux) et le public est invité à rester à au moins 5 km du cratère actif et à 6 km de la brèche dans la paroi nord du cratère.
Source : PVMBG.

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En raison d’une hausse de la sismicité, l’Agence météorologique japonaise (JMA) a relevé le niveau d’alerte du volcan Ontake à 2 (sur une échelle de 1 à 5) le 16 janvier 2025 et le public est invité à rester à au moins 1 km du cratère Jigokudani. Le 21 janvier, le réseau de déformation a enregistré une inflation du sommet et le nombre de séismes d’origine volcanique a considérablement augmenté. L’activité fumerollienne est restée à des niveaux normaux.

Crédit photo: JMA

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity in the world:

A statement from Civic Protection released on January 20th, 2025 has officially ended the “uncertainty phase” at Bárðarbunga volcano (Iceland), on the northwestern corner of the Vatnajökull glacier. A few days ago, I explained that a series of earthquakes located at or near the volcano, some of a magnitude around M5.0, had scientists concerned that a magma intrusion might have been underway in the area.

This prompted Civic Protection to issue an “uncertainty phase”, meaning that the situation might develop into something more serious.

Should an eruption occur, it might look like the one which happened at the Holuhraun lava field in 2014. Should the magma rise up under the glacier itself, glacial flooding, an ash cloud eruption, or both could occur.

No need to worry for the moment. Activity at and near Bárðarbunga has been very low since last week. One should not forget either that seismicity in the Vatanjökull area is often linked to geothermal activity beneath the glacier.

Source : Civil Protection.

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A new eruption took place at Purace volcano (Colombia) on January 20th, 2025, with an ash plume rising up to 5.8 km above sea level. Ashfall was reported in two municipalities.

The eruptive event was preceded by a continuous seismic tremor signal associated with fluid movement within the volcano’s conduits.

The volcano remains under Yellow Alert.

The last eruption at Purace took place on November 16th, 2023 ( VEI 1).

Source : Servicio Geológico Colombiano (SGC ).

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Things are changing very fast within Kilauea‘s Halema’uma’u Crater (Hawaii)

The summit eruption that began on December 23rd, 2024 ended its 5th episode at 4:30 am (local time) on January 23rd after 26 hours of eruptive activity from the north vent. The 5th episode began at 2:30pm on January 22nd and continued with lava fountaining up to 30-50 m height. The fountain activity stopped suddenly at about 4:30 am along with the end of lava effusion from the vent. The seismic tremor diminished at this time and returned to pre- fountaining levels.  A strong glow from the north vent indicates that magma remains close to the surface. A new eruptive episode might start in the short term but it is impossible to predict how the eruption will develop.

Source : HVO.

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Kamaʻehuakanaloa volcano (formerly Lōʻihi Seamount), offshore to the southeast of Hawaii Big Island, entered an episode of heightened seismic unrest around 2:00 a.m. (local time) on January 21st, 2025. Seismicity ceased by 8 a.m. According to HVO, a continuation of the swarm activity seems unlikely. 16 events were identified in this swarm, all with low magnitudes, at depths of 12 and 30 km below sea level. No felt report from the Big Island has been received for any of these events. The swarm did not impact other volcanoes or any infrastructure. The source of the earthquakes is difficult to determine at this time, but it may be related to the movement of magma beneath Kamaʻehuakanaloa. Prior swarms related to probable eruptions at the volcano have consisted of thousands of earthquakes over days to weeks. Eruptive activity at this volcano would have no impact on residents of Hawa²ii Big Island.

Source : HVO.

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A new volcanic ash emission was observed at the Santiaguito dome complex (Guatemala) on January 21st, 2025, with ash clouds reaching up to 4.9 km above sea level.

On January 20th, INSIVUMEH indicated the activity at the Caliente dome consisted of weak degassing with water vapor columns rising 300 m above the dome. Explosions, ranging from weak to moderate, were occurring at a rate of 1 to 4 per hour, generating gas and ash plumes that reached up to 700 m above the summit. At least 3 explosions produced short-range pyroclastic flows on the southwestern and eastern flanks during the early hours of January 20th.

The ongoing lava extrusion at the Caliente dome continues to accumulate unstable blocky material on the southwestern flank and is increasing the likelihood of short-range pyroclastic flows.

The current volcanic activity is classified as moderate, with continued emissions expected in the short term.

The Civil Aviation Authority has been advised to exercise caution as volcanic ash dispersal may reach distances exceeding 30 km, with altitudes ranging between 3 000 m and 4 600 m. The Municipality of Quetzaltenango has reaffirmed a 5 km exclusion zone around the Santiaguito dome.

Source : INSIVUMEH.

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Inflation continues on the Sundhnúkagígar crater row (Iceland), but the speed has decreased slightly. The Icelandic Met Office says that according to model calculations, it can be assumed that the probability of magma flow and even volcanic eruption will increase in late January or early February. In December 2024, I wrote that the eruption would rather occur by mid-February. We’ll see who is right. .

The Met Office adds that « the scenario is developing very similarly to before the last eruption. According to model calculations, the volume of magma under Svartsengi will reach its lower limit in late January or early February. This means that it can be assumed that the probability of a magma flow and even a volcanic eruption at the Sundhnúka crater series will increase from that time. »

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Satellite data analysis by the MIROVA team indicate that thermal anomalies over Fentale crater (Ethiopia) were visible during 13-14 January 2025 and progressively increased in size at least until 21 January. No cause of these anomalies has been identified. A satellite image showed a possible gas plume over the crater. A 14 January news article stated that the Fentale crater typically hosts a small lake and that plumes rise above the summit. The article also noted that 10,000 people evacuated from Seganto and possibly a total of 54,000 had been evacuated from higher-risk areas. The earthquakes damaged schools, buildings, a factory, and roads.

Sources: MIROVA, VOA News.

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The eruption at Ibu (Indonesia) continues. Ash plumes that rise as high as 1.5 km above the summit. Webcam images often show incandescence at the summit.
Following the increase in the Alert Level to the highest level, the government took emergency measures that included the evacuation of residents in five villages that were deemed at a higher risk from the eruption. According to a news report about 644 people had evacuated by 20 January 2025. The Alert Level remains at 4 (the highest level on a four-level scale) and the public is asked to stay at least 5 km away from the active crater and 6 km away from the N crater wall opening.

Source : PVMBG.

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Due to an increase in seismicity, the Japan Meteorological Agency (JMA) raised the Alert Level at Ontake volcano to 2 (on a scale of 1-5) on 16 January 2025 and the public was asked to stay at least 1 km away from Jigokudani Crater. On 21 January, the deformation network recorded summit inflation and the number of volcanic earthquakes significantly increased. Fumarolic activity remained at normal levels.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Chili : observatoires contre usine d’hydrogène // Chile : observatories vs. hydrogen plant

Le mont Paranal, un sommet de 2 664 m situé dans le désert d’Atacama, au nord du Chili, est l’un des derniers endroits sur Terre à ne pas être pollué par la lumière urbaine et industrielle. Grâce à la géographie unique de la Cordillère des Andes, le ciel nocturne au-dessus du sommet est parfaitement clair plus de 11 mois par an, et il offre des conditions parfaites pour les observations astronomiques les plus difficiles.

Vue du Mont Paranal (Crédit photo : Wikipedia)

Au sommet du mont Paranal, le Very Large Telescope (VLT) de l’Observatoire européen austral (European Southern Observatory – ESO), dont la construction a coûté quelque 350 millions de dollars dans les années 1990 (840 millions de dollars actuels), est l’un des instruments d’observation du ciel les plus performants au monde ; il est capable d’observer les objets les plus mystérieux de l’univers. Cet observatoire de haute précision se compose de quatre télescopes de 8,2 mètres de large qui fonctionnent comme un seul et qui ont permis de mettre en lumière certains des phénomènes les plus mystérieux de l’humanité. Jusqu’à présent, le VLT a permis aux astronomes de suivre les orbites des étoiles les plus proches du trou noir au centre de la Voie Lactée, de prendre la première image d’une planète en dehors du système solaire et de découvrir l’insaisissable réseau cosmique qui s’étend sur tout le cosmos.

Vue du Very Large Telescope – VLT (Source : ESO)

Les parfaites conditions d’observation du ciel dans la région ont conduit l’ESO à choisir le mont Armazones voisin comme emplacement de son super télescope nouvelle génération, l’Extremely Large Telescope (ELT).
Une fois terminé vers la fin de cette décennie, l’ELT sera le plus grand télescope au monde capable d’étudier l’univers en lumière visible, avec un miroir de 39 mètres de large. Le télescope, d’une valeur de plus de 1,5 milliard de dollars, promet d’améliorer les observations effectuées par le VLT. Il offrira des vues encore plus profondes de l’univers le plus lointain, mais sera également capable de recueillir des informations détaillées sur les exoplanètes potentiellement habitables.

Vue de l’Extremely Large Telescope – ELT (Source : ESO)

Le problème est que le potentiel d’observation du télescope sera considérablement réduit si un projet d’usine de production d’hydrogène, l’INNA, reçoit le feu vert. La pollution lumineuse émanant du projet INNA pourrait anéantir tous les espoirs fondés sur le nouveau télescope. Selon le directeur général de l’ESO, « nous pourrions perdre la capacité d’observer environ 30 % des galaxies les plus faibles. Nous sommes sur le point de commencer à voir les détails de l’atmosphère des exoplanètes, mais si le ciel devient plus clair, nous ne pourrons peut-être plus voir ces détails. »
Le projet INNA, un parc industriel de 3 021 hectares et d’une valeur de 10 milliards de dollars, comprendra trois fermes solaires, trois fermes éoliennes, un système de stockage d’énergie par batterie et des installations de production d’hydrogène.
L’ESO estime que le complexe laissera échapper autant de pollution lumineuse qu’une ville d’environ 20 000 habitants. Certaines parties du parc industriel pourraient s’étendre jusqu’à 5 kilomètres des télescopes de l’ESO, et toute nouvelle extension aggraverait encore les impacts sur le ciel nocturne du mont Paranal.
Le projet, qui devrait générer 217 023 tonnes d’hydrogène vert par an, représente un casse-tête pour l’ESO. L’organisation elle-même s’est engagée à réduire son empreinte carbone et a même construit une centrale photovoltaïque de 9 mégawatts pour alimenter les observatoires des monts Paranal et Armazones en énergie verte.
Il semble évident que le télescope et l’usine d’hydrogène ne peuvent pas cohabiter. Selon le directeur de l’ESO, « cette usine d’hydrogène propre nous conviendrait parfaitement si elle était implantée à seulement 50 kilomètres de distance. Nous ne voyons pas pourquoi elle ne pourrait pas être déplacée ».
Dans un communiqué publié le 30 décembre 2024, l’Agence environnementale du Chili a déclaré que le projet en est à ses débuts et qu’aucune décision d’investissement n’a encore été prise.
Source : space;com.

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Mount Paranal, a 2,664 m peak in the Atacama Desert of Northern Chile, is one of the last spots on Earth free from urban and industrial light pollution. Thanks to the unique geography of the Andes mountain range, the night sky above the summit is perfectly clear more than 11 months per year, providing perfect conditions for the most challenging astronomical research.

Standing at the summit of Mount Paranal, the European Southern Observatory’s (ESO) Very Large Telescope (VLT), which cost some 350 million dollars to build in the 1990s (840 million in today’s dollars), is one of the world’s most sensitive sky-watching instruments, capable of observing the most intriguing objects in the universe. The high-precision observatory consists of four 8.2-meter-wide telescopes that act as one, and has shed light on some of the most mysterious phenomena known to humankind. So far, the VLT has allowed astronomers to trace orbits of stars in the nearest vicinity of the black hole at the center of the Milky Way galaxy, taken the first ever image of a planet outside the solar system and uncovered the elusive cosmic web that sprawls across the entire cosmos.

The superior sky-observing conditions in the area led ESO to choose the neighboring Mount Armazones as a location of its next generation sky-observing super-machine — the Extremely Large Telescope (ELT).

Once completed toward the end of this decade, ELT will be the world’s largest telescope studying the universe in visible light, featuring a 39-meter-wide mirror. The telescope, worth more than 1.5 billion dollars, promises to expand the science done by the reliable VLT. It will provide even deeper views into the most distant universe but will also be able to gather detailed information about potentially habitable exoplanets.

The problem is that the observing potential of the telescope will be significantly curtailed if a hydrogen project, called INNA, receives a go ahead. The light pollution expected from the INNA project could undo all that progress. According to ESO’s Director General, « we might lose the ability to observe about 30% of the faintest galaxies. We are at the point of starting to be able to see details of exoplanet atmospheres, but if the sky gets brighter, we may not be able to see those details anymore. »

The INNA project, a 3,021-hectare industrial park worth 10 billion dollars, will consist of three solar farms, three wind farms, a battery energy storage system and facilities for the production of hydrogen.

ESO estimates the complex will leak as much light pollution as a city with a population of about 20,000. Parts of the industrial park may extend as close as 5 kilometers to ESO’s telescopes, and any possible further expansion would further worsen the impacts on the Paranal night sky

Expected to generate 217,023 tonnes of green hydrogen per year, the venture presents a conundrum for ESO. The organization itself has committed to reducing its carbon footprint and even built a 9-megawatt photovoltaic power plant to supply the Paranal and Armazones observatories with green power.

It seems obvious that the telescope and the hydrogen plant cannot be in the same place. According to ESO’s Director, « this clean hydrogen plant would be perfectly O.K. for us only 50 kilometers away. We don’t think there is any reason why it couldn’t be moved. »

In a statement issued on December 30th, 2024, Chile’s environment agency said that the project was in early stages and that no investment decision had yet been taken.

Source : space;com

Verdissement et rebond isostatique en Antarctique // Greening and isostatic rebound in Antarctica

La nouvelle n’est pas vraiment une surprise. Avec le réchauffement climatique, l’Antarctique verdit à un rythme effréné. C’est ce que confirme une étude récente réalisée pa des scientifiques britanniques et publiée dans la revue Nature Geoscience. Elle montre que la couverture végétale sur la Péninsule Antarctique a plus que décuplé au cours des quatre dernières décennies. La surface occupée par la végétation sur la péninsule est passée de 28 kilomètres carrés en 1986 à près de 370 kilomètres carrés en 2021.
L’étude rappelle que « l’Antarctique a connu des hausses de température importantes au cours des 60 dernières années, avec un niveau de réchauffement plus élevé en Antarctique occidental et sur la Péninsule Antarctique et beaucoup plus rapide que le réchauffement global de la planète ».
Les températures sur la péninsule ont augmenté de plus de 2,7°C depuis 1950, une hausse bien plus importante que celle observée ailleurs dans le monde. Les épisodes de chaleur extrême deviennent de plus en plus fréquents dans la région.
L’étude explique que le verdissement de l’Antarctique va se poursuivre, avec le risque d’arrivée d’espèces non indigènes et invasives, souvent introduites par des touristes, des scientifiques ou d’autres visiteurs du continent.
La nouvelle étude a utilisé des images satellites pour prouver qu’une tendance au verdissement à travers la péninsule Antarctique se produit et s’intensifie.
Source : USA Today via Yahoo News.

Image satellite de Robert Island montrant le développement de la végétation sur la Péninsule Antarctique

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Parallèlement au verdissement, les glaciers et les calottes glaciaires fondent et de nombreux scientifiques se demandent si le rebond isostatique pourrait contribuer à déclencher une activité volcanique. Une nouvelle étude révèle que le réchauffement climatique pourrait accélérer le volcanisme en Antarctique Une ‘étude identique a été réalisée en Islande il y a quelques années, mais nous ne disposons pas de suffisamment de recul géologique pour confirmer cette hypothèse.
En étudiant l’interaction entre le volcanisme et la glaciation au cours des 150 000 dernières années, des scientifiques américains et allemands ont déterminé que le rebond isostatique pourrait augmenter la fréquence et l’intensité de l’activité volcanique dans le système de rift antarctique occidental (West Antarctic Rift System – WARS). Les résultats de l’étude ont été publiés dans la revue Geochemistry, Geophysics, Geosystems.
L’une des zones volcaniques les plus actives au monde, la région de WARS abrite plus de 130 volcans, dont beaucoup sont situés le long de la côte ouest de l’Antarctique. Si certains de ces volcans, comme le mont Erebus, sont visibles, beaucoup d’autres se cachent sous une épaisse couche de glace, une couche qui s’amincit et recule lentement.
Les auteurs de l’étude ont analysé la « dynamique interne » du système d’alimentation magmatique dans la région en concevant un modèle de chambre magmatique thermomécanique et en simulant diverses baisses de pression causées par la déglaciation. L’étude a également examiné comment ce changement de pression faisait augmener la taille de la chambre magmatique tout en impactant l’émission des substances volatiles. Après avoir effectué plus de 4 000 simulations, ils ont découvert que plus la chambre magmatique était grande, plus elle était impactée par le retrait des glaciers qui la surmontent.
Pour tester leurs conclusions, les chercheurs ont également exploré l’impact de la déglaciation dans les Andes, qui s’est produite il y a environ 18 000 à 35 000 ans. Ils ont trouvé des preuves d’une augmentation du volcanisme pendant la déglaciation au cours du dernier maximum glaciaire.
On peut lire dans l’étude que « à mesure que la glace fond, la réduction de poids sur le volcan permet au magma de se dilater et d’exercer une pression sur la roche environnante, ce qui peut faciliter les éruptions. La réduction de poids due à la fonte de la glace au-dessus permet également à l’eau dissoute et au dioxyde de carbone de former des bulles de gaz, ce qui provoque une accumulation de pression dans la chambre magmatique et peut éventuellement déclencher une éruption. »
Source : Populatr Mechanics via Yahoo News.

Sommet de l’Erebus (Crédit photo: Wikipedia)

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The piece of news does not really come as a surprise. With global warming, Antarctica is « greening » at a dramatic rate. It was confirmed by a recent study by British scientists, published in the journal Nature Geoscience, which showed that vegetation cover across the Antarctic Peninsula has increased more than tenfold over the last four decades. Greening on the Antarctic Peninsula increased from 28 square kilometers in 1986 to nearly 370 square kilometers in 2021.

The study reminds us that « Antarctica has experienced significant increases in temperature over the past 60 years, with rates of warming highest in the West Antarctic and Antarctic Peninsula regions and occurring much faster than global average warming. »

Temperatures on the peninsula have risen by more than 2.7°C since 1950, a much bigger increase than seen elsewhere in the world, with extreme heat events becoming increasingly frequent in the region.

The research suggests the of greening in Antarctica will continue to increase, with the risk of non-native and invasive species arriving, possibly carried by tourists, scientists or other visitors to the continent.

The new research used satellite images to determine that a greening trend across the Antarctic Peninsula is occuring and increasing.

Source : USA Today via Yahoo News.

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Together with the greening, glaciers and icecaps are melting and many scientists wonder whether the isostatic rebound might trigger volcanic activity. A new study suggests that global warming could accelerate volcanism in Antarctica This kind of study aw made in Iceland a few years ago, but w’ell need more geological observations to confirm this hypothesis.

Studying the interplay between volcanism and glaciation over the past 150 thousand years, scientists from the U.S. and Germany determined that the isostatic rebound could increase the frequency and intensity of volcanoes in the West Antarctic Rift System (WARS). The results of the study were published in the journal Geochemistry, Geophysics, Geosystems.

One of the most volcanically active areas of the world, WARS is home to more than an estimated 130 volcanoes, many of which are located along Antarctica’s western coast. While some of these volcanoes, such as Mount Erebus, are visible, many more are hidden away beneath a deep sheet of ice, a sheet that is slowly thinning and retreating.

The authors of the study analyzed the“internal dynamics” of the magma plumbing system in the region by designing a thermomechanical magma chamber model and simulated various pressure decreases caused by deglaciation. The study also investigated how this change in pressure increased the size of the magma chamber while also impacting the expulsion of volatiles. After running more than 4,000 simulations, they found that the larger the magma chamber, the more impacted it was by retreating glaciers overhead.

To test their findings, the researchers also explored the impact of deglaciation in the Andes Mountains, which occurred around 18,000 to 35,000 years ago. They found evidence of increased volcanism during deglaciation during the Last Glacial Maximum.

One can read in the study that “as the ice melts away, the reduced weight on the volcano allows the magma to expand, applying pressure upon the surrounding rock that may facilitate eruptions. The reduced weight from the melting ice above also allows dissolved water and carbon dioxide to form gas bubbles, which causes pressure to build up in the magma chamber and may eventually trigger an eruption.”

Source : Populatr Mechanics via Yahoo News.