Hausse d’activité du Shishaldin (Aléoutiennes / Alaska) // Increased activity at Shishaldin (Aleutians / Alaska)

L’Alaska Volcano Observatory (AVO) indique que l’activité du Shishaldin a considérablement augmenté au cours des dernières 24 heures et que des fontaines de lave étaient visibles sur les images de la webcam pendant la soirée et la nuit. Des températures de surface très élevées ont également été détectées au sommet et sur les flancs du volcan. Des émissions de cendre faibles à modérées ont aussi été observées.
La sismicité au cours de la journée écoulée a considérablement augmenté. Le tremor s’est stabilisé mais est resté élevé au cours des dernières heures.
Le niveau d’alerte volcanique reste à Vigilance et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue à l’Orange.

—————————————-

The Alaska Volcano Observatory (AVO) indicates that activity at Shishaldin has increased significantly over the past day with fire-fountaining observed in web camera views throughout the evening and night. Strongly elevated surface temperatures have been observed at the summit and along the flanks of the volcano. Minor to moderate ash have also been observed.

Seismicity over the past day increased significantly. The seismic tremor has stabilized and remains high over the past hours.

The current volcano alert level is Watch. The aviation colour code is Orange.

Cette vue du Shishaldin obtenue grâce au satellite Sentinel-2 le 24 octobre 2019 montre l’incandescence dans le cratère sommital ainsi qu’un petit panache de vapeur. Le cratère est rempli de lave qui s’échappe vers le nord-ouest et alimente une coulée d’environ 800 mètres de long. (Source : ESA)

Le CO2 de la toundra, un autre sujet d’inquiétude // CO2 in the tundra, another area of concern

Au cours de ma conférence « Glaciers en péril », j’explique que l’on a beaucoup négligé jusqu’à aujourd’hui les conséquences de la fonte du permafrost – ou pergélisol – arctique sur le réchauffement climatique.

Une étude effectuée par une équipe internationale de scientifiques et publiée dans Nature Climate Change nous apprend que le sol de l’Arctique s’est réchauffé au point de libérer plus de carbone en hiver que les plantes nordiques peuvent en absorber en été. La toundra recouvre une grande partie de l’Arctique, que se soit en Sibérie, au Canada ou en Alaska. Elle représente un gigantesque réservoir qui contient nettement plus de carbone que ce qu’on trouve déjà dans l’atmosphère. Avec le réchauffement climatique, la toundra est en passe de devenir une source des gaz à effet de serre responsables du changement climatique.

Les auteurs de l’étude ont installé des détecteurs de dioxyde de carbone (CO2) sur le sol dans plus de 100 sites autour de l’Arctique et ont effectué plus d’un millier de mesures. Ils ont découvert que la quantité de carbone libérée pat le permafrost était beaucoup plus importante que prévu. Les résultats montrent que les émissions de CO2 – 1,7 milliard de tonnes par an – sont environ deux fois plus élevées que les estimations précédentes.

On pense que les plantes arctiques absorbent un peu plus d’un milliard de tonnes de gaz de l’atmosphère chaque année pendant la saison de croissance. Le résultat net est que les sols arctiques dans le monde rejettent probablement déjà plus de 600 millions de tonnes de CO2 par an.

Si la situation n’évolue pas, les émissions du sol nordique seraient susceptibles de libérer 41 % de carbone supplémentaire d’ici la fin du siècle. Or, l’Arctique se réchauffe déjà trois fois plus vite que le reste du monde. Selon la dernière étude, même si des efforts importants d’atténuation sont déployés, ces émissions augmenteront de 17 %.

Les chercheurs n’ont pas mesuré le méthane, un gaz à effet de serre environ qui est 30 fois plus puissant que le dioxyde de carbone et qui est également rejeté par le sol. On se souvient que de puissantes explosions de méthane ont creusé de spectaculaires cratères au cœur de la Sibérie.

Source : Presse canadienne.

——————————————–

During my « Glaciers at Risk » conference, I explain that the consequences of the melting Arctic permafrost on global warming have been largely neglected.
A study conducted by an international team of scientists and published in Nature Climate Change tells us that Arctic soil has warmed to the point of releasing more carbon in winter than northern plants can absorb in summer. The tundra covers a large part of the Arctic, whether in Siberia, Canada or Alaska. It is a huge reservoir that contains significantly more carbon than is already found in the atmosphere. With global warming, the tundra is becoming a source of the greenhouse gases responsible for climate change.
The authors of the study installed carbon dioxide (CO2) detectors on the ground in more than 100 sites around the Arctic and made more than a thousand measurements. They discovered that the amount of carbon released from permafrost was much higher than expected. The results show that CO2 emissions – 1.7 billion tonnes per year – are about twice as high as previous estimates.
Arctic plants are thought to consume just over one billion tonnes of gas from the atmosphere each year during the growing season. The net result is that Arctic soils worldwide probably already emit more than 600 million tons of CO2 a year.
If the situation does not change, northern soil emissions could release 41% more carbon by the end of the century. The Arctic is already warming three times faster than the rest of the world. According to the latest study, even if significant mitigation efforts are made, these emissions will increase by 17%.
The researchers did not measure methane, a greenhouse gas that is about 30 times more powerful than carbon dioxide and is also released from the ground. One should remember that powerful explosions of methane have dug spectacular craters in the heart of Siberia.
Source: Canadian Press.

Vues de la toundra en Alaska (Photos: C. Grandpey)

Cleveland (Alaska) & Sakurajima (Japon)

L’AVO indique que les données satellitaires laissent supposer q’un lent épanchement de lave a commencé dans le cratère sommtal du Cleveland (Aléoutiennes / Alaska). En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne a été élevée à l’Orange et le niveau d’alerte volcanique à Vigilance. Cependant, aucun signe d’activité explosive avec panaches de cendre n’a été détectée.

++++++++++

L’Agence météorologique japonaise (JMA) indique que l’activité du Sakurajima (Japon) a augmenté ces dernières semaines. Une forte éruption observée le 8 novembre 2019 au niveau du cratère sommital Minamidake a généré un panache de cendre de 6,7 km. La JMA précise qu’il s’agit de la plus forte éruption depuis juillet 2016. Aucun dégât ni aucune victime n’ont été signalés.

———————————————–

AVO indicates that satellite data suggest that slow effusion of lava may have begun in the summit crater of Cleveland (Aleutians / Alaska). As a consequence, the aviation colour code has been raised to Orange and the volcanic alert level to Watch. However, no evidence of explosive, ash-producing activity has been detected.

++++++++++

The Japan Meteorological Agency (JMA) indicates that activity at Sakurajima (Japan) has been increasing over the past few weeks. A strong eruption on November 8th, 2019 at the Minamidake summit crater generated an ash plume up to 6.7 km. JMA says it was the largest eruption since July 2016. There were no reports of damage or injuries.

Vue du Sakurajima et de la ville de Kagoshima (Crédit photo: Wikipedia)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Un épisode éruptif a été observé sur le Satsuma-Iojima (également connu sous le nom de Tokara-Iojima) sur l’île de Kyushu (Japon). Le volcan a envoyé un panache de cendre à plus de 900 mètres de hauteur.
Aucun blessé n’a été signalé. C’est la première éruption sur l’île depuis juin 2013.
L’Agence météorologique japonaise (JMA) a relevé le niveau d’alerte de 1 à 2 sur une échelle de 5.
Source: JMA.

++++++++++

GeoNet indique que l’activité s’est intensifiée à White Island (Nouvelle Zélande) au cours des dernières semaines. Les volcanologues locaux ne sont pas en mesure de donner des explications de ce phénomène. Le niveau d’alerte volcanique reste à 1. Parallèlement aux changements de comportement du volcan, les émissions de SO2 et le niveau du tremor volcanique ont évolué. Les deux paramètres montrent une tendance à la hausse et sont au plus haut niveau depuis 2016.
Le niveau du lac de cratère est également en hausse depuis début août 2019, ce qui a un impact sur l’activité de surface autour des bouches actives situées dans la partie ouest du plancher du cratère. Comme je l’ai écrit précédemment, une activité semblable à celle d’un geyser a été observée dans cette zone. D’autres mesures récentes effectuées sur l’île, telles que la chimie des fumerolles et de l’eau, la déformation du sol et la sismicité, ne montrent aucun changement significatif.
Source: GeoNet.

++++++++++

En raison de la croissance constante du dôme de lave, des explosions se produisent de temps en temps sur le Sheveluch (Kamchatka). L’une d’elles s’est produite le 3 novembre 2019. Le nuage de cendre a atteint 10 kilomètres d’altitude.
La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge, avant d’être ramenée à l’Orange un peu plus tard.
Source: KVERT.

++++++++++

L’éruption se poursuit sur le Shishaldin (Aléoutiennes / Alaska). Le 28 octobre 2019, les deux coulées de lave précédemment observées sur le flanc nord-ouest avaient cessé d’avancer. Le même jour, les images satellites ont montré des traces de cendre sur le flanc nord et un lahar s’étirait sur au moins 4 km au nord-ouest du sommet. Au cours des jours suivants, de nouvelles petites explosions ont laissé supposer un changement de comportement éruptif. De nouvelles coulées de lave et des lahars restaient possibles le 1er novembre. Des températures de surface élevées sont actuellement visibles sur plusieurs images satellites. Une incandescence a été observée sur des images nocturnes de la webcam. Un pilote a par ailleurs signalé une coulée de lave le matin du 2 novembre.
Source: AVO.

++++++++++

Kilauea (Hawaii) : En raison de la difficulté d’accès au site, les scientifiques du HVO ont eu recours à un système aérien sans pilote (UAS) – autrement dit un drone – pour prélever un échantillon d’eau dans le petit lac au fond du cratère de l’Halema’uma’u. Les scientifiques ont ensuite effectué les premières analyses de l’eau sur la lèvre de la caldeira quelques minutes après avoir recueilli l’échantillon. Les tests ont révélé que l’eau avait un pH de 4,2. Cette valeur est acide, mais pas aussi basse que celle de certains autres lacs volcaniques dans le monde, où le pH peut être proche ou inférieur à zéro, comme le Kawah Ijen en Indonésie. La conductivité de l’eau, liée à la quantité de solides dissous, était supérieure à la limite maximale du capteur utilisé pour le test. De plus, les chercheurs n’ont pas pu obtenir de mesure directe de la température du lac. Toutefois, des mesures récentes effectuées ç l’aide d’une caméra thermique depuis le bord du cratère ont indiqué une température maximale de l’eau de 65-75°C. L’USGS effectuera des analyses plus approfondies de l’eau à l’observatoire volcanologique de Californie.
En cliquant sur ce lien, vous verrez des vidéos du vol du drone au-dessus du lac à l’intérieur du cratère:
https://volcanoes.usgs.gov/volcanoes/kilauea/multimedia_chronology.html

++++++++++

L’activité reste soutenue sur le Stromboli (Sicile). Des explosions sont observées au niveau de tous les cratères sommitaux. Elles s’accompagnent d’un dégazage continu et de fréquentes émissions de cendre. Le reste du temps, l’activité de dégazage est faible et se concentre principalement dans le cratère sud-ouest. Le tremor est stable avec des valeurs moyennes. Le nombre d’événements VLP (très longue période) est élevé, avec une moyenne de 19 explosions par heure. Les émissions de SO2 présentent des valeurs faibles (40 tonnes / jour). On enregistre peu de chutes de blocs sur la Sciara del Fuoco.
Source: Laboratorio Geofisica Sperimentale.

——————————-

An eruptive episode was observed on Satsuma-Iojima (also known as Tokara-Iojima) on the island of Kyushu (Japan). The volcano sent an ash plume more than 900 metres into the sky.

No injuries have been reported. It was the first eruption on the island since June 2013.

The Japan Meteorological Agency (JMA) raised the alert level from 1 to 2, on a scale of 5.

Source : JMA.

++++++++++

GeoNet indicates that activity has increased at White Island (New Zealand) during the past weeks. Local volcanologists are not sure what this means. However, the volcanic alerte level remains at 1. Along the changes in the volcano’s behaviour, there has been an evolution in the SO2 emissions and the level of volcanic tremor. Both show an increasing trend and are at the highest level since 2016.

The level of the crater lake has been rising since early-August 2019, with an impact on the surface activity around the active vents on the west side of the crater floor. As I put it before, geyser-like activity has been observed in this area. Other recent measurements made on the island, such as fumarole and water chemistry, ground deformation and seismicity show no significant changes.

Source : GeoNet.

++++++++++

 Because of the constant growth of the lava dome, explosions occur from time to time at Sheveluch (Kamchatka). Onr of them occurred on November 3rd, 2019. The ash cloud reached 10 kilometres above sea level.

The aviation colour code was raised to Red and later lowered back to Orange.

Source: KVERT.

++++++++++

The eruption continues at Shishaldin (Aleutians / Alaska). On October 28th, 2019, the two lava flows observed previously down the northwest flank had stalled. On that same day, satellite images showed trace ash deposits on the north flank and a lahar extending at least 4 km northwest from the summit. However, during the follqwing days, new small explosions suggested a change in eruptive behaviour, and additional lava flows and lahars remained possible on November 1st. Elevated surface temperatures are now visible in several satellite images. Incandescence was observed in overnight webcam images, and a local pilot reported observing a lava flow on the morning of November 2nd.

Source: AVO.

++++++++++

Kilauea (Hawaii) : Because of the difficult access to the site, HVO scientists resorted to an unmanned aircraft system (UAS) to collect a water sample from Halema‘uma‘u. The scientists then performed some preliminary tests of the water at the caldera rim minutes after the sample was collected. They revealed the water had a pH of 4.2. This value is acidic, though not as low as at some other volcanic lakes around the world, which can have pH values near or lower than zero, like Kawah Ijen in Indonesia. The conductivity of the water, related to the amount of dissolved solids, was above the upper limit of the sensor used for the test. Besides, the researchers were nt able to obtain a direct measurement of the lake’s temperature, but recent measurements by a thermal camera on the rim of the crater indicate a maximum water temperature of 65-75°C. More in-depth analyses of the water will be conducted by USGS at the California Volcano Observatory.

By clicking on this link, you will see videos of the flight of the UAS above the crater lake:

https://volcanoes.usgs.gov/volcanoes/kilauea/multimedia_chronology.html

++++++++++

Volcanic activity is still high at Stromboli (Sicily). Explosions are observed at all the summit craters, accompanied by continuous degassing activity and frequent ash emissions. The degassing activity is low and mainly located at the SW crater. The tremor is stable at medium values. The number of VLP events is high, with an average of 19 events per hour. The SO2 flux shows low values (40 tons/day). The rockfall activity is low on the Sciara del Fuoco..

Source: Laboratorio Geofisica Sperimentale.

Vue du lac acide au fond de l’Halema’uma’u (Crédit photo: USGS / HVO)