Bogoslof (Iles Aléoutiennes / Alaska): Nouvelle brève éruption // Another short eruption

drapeau-francais6 heures: Les données satellitaires et sismiques indiquent que le Bogoslof a connu un nouvel épisode éruptif le 21 décembre vers 16h10 (heure locale). L’événement aurait duré une trentaine de minutes, avec un panache de cendre qui a atteint une altitude de 10 500 mètres. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne est de nouveau passée au Rouge car la cendre peut présenter un danger pour les vols internationaux et domestiques.

11 heures : L’éruption n’a duré qu’une trentaine de minutes. Elle a été suivie d’une baisse de la sismicité. Suite à ce déclin de l’activité, la couleur de l’alerte aérienne est remontée à l’Orange et l’alerte volcanique à Vigilance.

14 heures: L’AVO vient de me faire savoir qu’un nouvel épisode éruptif est probablement en cours.

Source : AVO.

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drapeau-anglais6 heures: A new explosive eruption started at about 16:10 (local time) on December 21st at Bogoslof volcano, as seen in satellite and seismic data from neighbouring islands and appeared to last for about 30 minutes. The ash cloud rose to 10,500 metres above sea level. The aviation colour code has again been raised to RED as the ash may become a dager to domestic and international aircraft.

11:00: The eruption lasted about 30 minutes after which seismicity rapidly declined. On the basis of this information, the Aviation Colour Code has been lowered to Orange and the Alert Level to Watch.

14:00: AVO has just informed me that another eruptive episode is probably underway.

Source: AVO.

Bogoslof (Iles Aléoutiennes / Alaska) // Bogoslof (Aleutians / Alaska)

drapeau-francaisL’Observatoire des Volcans d’Alaska (AVO) vient de m’envoyer un courriel indiquant que l’éruption explosive du Bogoslof (Iles Aléoutiennes) observée le mardi 20 décembre a été brève, d’une trentaine de minutes. Elle a généré un nuage de cendre qui est monté à une dizaine de kilomètres d’altitude, selon les informations communiquées par plusieurs pilotes. Les derniers rapports indiquent que l’activité a diminué et que le nuage de cendre s’est dispersé. Aucune autre explosion n’a été détectée. Sur la base de ces informations, la couleur de l’alerte aérienne est passée du Rouge à l’Orange et l’alerte volcanique a été abaissée à Vigilance.

L’AVO n’a pas d’équipement de surveillance au sol sur le Bogoslof et n’est donc pas en mesure de fournir des prévisions sur l’activité éruptive. Certaines éruptions antérieures du Bogoslof ont duré plusieurs semaines à plusieurs mois, et une nouvelle activité explosive pourrait se produire sans prévenir.

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drapeau-anglaisThe Alaska Volcano Observatory (AVO) has just sent me an e-mail indicating that the explosive eruption of Bogoslof volcano in the Aleutians that occurred on Tuesday December 20th was short-lived, lasting approximately 30 minutes. It produced an ash cloud that rose to about 10 km above sea level as reported by several pilots. A subsequent pilot report indicated that activity had decreased and the cloud was dispersing. No further explosions have been detected. On the basis of this information, the Aviation Colour Code has been lowered from RED to ORANGE and the Volcano Alert Level to WATCH.

AVO has no ground-based volcano monitoring equipment on Bogoslof volcano and is unable to provide a forecast of future eruptive activity. Some previous eruptions of Bogoslof have lasted for weeks to months, and further explosive activity could occur with little warning.

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Source: AVO.

La cendre du Katmai (Alaska) // The ash from Katmai (Alaska)

drapeau-francaisLa NASA a publié une image obtenue grâce au spectroradiomètre d’imagerie à résolution modérée (MODIS) sur le satellite Terra le 2 décembre 2016. Une autre photo a été prise le 5 décembre 2016. Les deux images montrent un panache de cendre volcanique en suspension au-dessus du golfe d’Alaska, en particulier dans la deuxième image. Cependant, le panache n’est pas le résultat d’une éruption; il s’agit d’ancienne cendre déposée dans le Katmai lors de l’éruption du Novarupta en 1912 et soulevée par le vent. Ce n’est pas la première fois qu’un tel événement est observé. Des vents violents ont déjà remobilisé la cendre dans cette région en octobre 2015. De plus, de semblables nuages de cendre envahissent parfois l’île Kodiak où ils perturbent la vie des habitants:
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2015/03/14/29162/

J’ai rédigé une note sur l’éruption de Novarupta en juin 2012 à l’occasion du centième anniversaire de cet événement:
Https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2012/06/06/il-y-a-tout-juste-un-siecle-le-volcan-novarupta-alaska/

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drapeau-anglaisNASA has released an image captured by the Moderate Resolution Imaging Spectroradiometer (MODIS) on Terra satellite on December 2nd 2016. Another image was acquired on December 5th 2016. Both images show a plume of volcanic ash hanging over the Gulf of Alaska, especially in the second image. However, the plume is not the product of an eruption; it is re-suspended ash deposited in Katmai by the 1912 eruption of Novarupta. High winds previously stirred up ash in the area in October 2015. Similar ash clouds are sometimes observed on Kodiak Island where they disturb the lives of the inhabitants :

 https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2015/03/14/29162/

I wrote a note about the Novarupta eruption in June 2012 for the hundredth anniversary of this event:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2012/06/06/il-y-a-tout-juste-un-siecle-le-volcan-novarupta-alaska/

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On aperçoit le nuage de cendre en bleu dans l’angle supérieur droit de l’image.

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Source: NASA.

Effondrement d’un glacier au Tibet // Glacial collapse in Tibet

drapeau-francaisEn juillet 2016, plus de 70 millions de mètres cubes de glace et de roches ont dégringolé du Glacier Aru, dans l’ouest du Tibet. L’avalanche n’a duré que cinq minutes. Les dégâts ont été très importants. Par endroits, les dépôts de glace avaient 10 mètres d’épaisseur. L’avalanche a recouvert une surface de 10 kilomètres carrés. Elle a frappé au passage le village de Dungru, tuant neuf éleveurs. Plus de 100 yaks ont péri, ainsi que 350 moutons. La NASA, qui a diffusé des images satellitaires de la catastrophe, a expliqué que l’effondrement était l’un des plus importants de l’histoire.

L’événement a tout d’abord étonné les climatologues, mais une équipe internationale de scientifiques a désigné le coupable probable: une accumulation inhabituelle d’eau de fonte sous le glacier, provoquée par des températures exceptionnellement chaudes.
Les glaciers avancent habituellement de quelques mètres, même si la vitesse de progression est parfois plus spectaculaire. Ainsi, en 2002, une section de 2,5 km du Glacier Kolka en Russie a parcouru 18 km en six minutes, tuant plus d’une centaine de personnes. Les scientifiques ont d’abord pensé que le Glacier Aru s’était comporté comme son homologue russe. Cependant, les glaciers qui avancent de cette manière ont tendance à être longs et larges alors que le Glacier Aru est un petit glacier accroché à la montagne. De plus, ces avancées glaciaires sont cycliques alors que l’histoire du Glacier Aru ne donne aucune indication d’un tel comportement.
Les climatologues pensent que le Glacier Aru adhère normalement à son substratum grâce à des températures inférieures à zéro, ce qui en fait un type de glacier « à base froide.» Ces glaciers sont généralement assez stables, grâce à de faibles précipitations locales, des températures froides et un déplacement lent. Le glacier tibétain est le premier exemple de l’effondrement brutal d’un glacier à base froide dans une région non volcanique.
En se référant aux données GPS et à la modélisation mathématique, couplées aux données climatiques de la région, les chercheurs émettent l’hypothèse que le Glacier Aru avait commencé à devenir un glacier « polythermique », c’est-à-dire avec une association de glace dont la température est inférieure à zéro et de glace portée à son point de fonte. Il est donc possible que l’eau de fonte se soit accumulée à la base du glacier, formant un lubrifiant qui a favorisé son avancée et son effondrement rapides.

La cause de la fonte, si elle existe, reste inconnue, mais les chercheurs ont remarqué que la région est en cours de réchauffement. La station météorologique la plus proche du glacier a révélé que la température a augmenté de 2 degrés Celsius pendant les 50 dernières années. Un tel réchauffement peut sembler insignifiant, mais il est suffisant pour que la neige fondue s’infiltre sous le glacier. La station météorologique a également enregistré des niveaux élevés de précipitations dans les 40 jours précédant l’avalanche. Cela signifie que ce glacier à base froide a réagi au réchauffement climatique.
L’effondrement du Glacier Aru soulève des inquiétudes car de tels événements sont susceptibles de se reproduire et peuvent représenter un danger réel pour les habitants de cette région. Si le réchauffement climatique est la cause principale de l’effondrement du Glacier Aru, il est fort à parier que ce ne sera pas le dernier.
Source: The Washington Post.

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drapeau-anglaisIn July 2016, at least 70 million cubic metres of glacial ice and rock plummeted from the Aru Glacier in western Tibet. The avalanche lasted no longer than five minutes. The devastation within such a short time was immense. In places, the ice deposits ran 10 metres deep. The avalanche buried 10 square kilometres. Debris struck Dungru village, killing nine herders. More than 100 yaks perished, as did 350 sheep. NASA, which documented the debris field via satellite, described the collapse as one of the largest recorded avalanches in history.

The collapse, at first, left climatologists perplexed, but an international team of scientists has fingered the most likely culprit: an unusual slick of meltwater beneath the glacier, created by unusually warm temperatures.

Certain glaciers surge, usually advancing a matter of metres in short bursts of speed, although the surge may sometimes be more dramatic. In 2002, a 2.5 km-long section of the Kolka Glacier in Russia broke free, travelling 18 km in six minutes and killing more than a hundred people. Scientists first thought the Aru Glacier was acting like its Russian precursor. However, glaciers that surge tend to be lengthy and wide whereas the Aru Glacier was a small, frigid glacier that clung to the mountaintop. Moreover, glacial surges are cyclical. There was no indication the Aru Glacier had surged in remote sensing data.

Climatologists had assumed the Aru Glacier was frozen to mountain bedrock at sub-zero temperatures, making it a type of glacier known as « cold-based. » Such glaciers are usually quite stable, with low local precipitation, low glacier movement and cold temperatures. The Tibetan Glacier is the first known occurrence of an unexpected, instantaneous collapse of a cold-based glacier in a nonvolcanic region.

Based on GPS imagery and mathematical modeling, coupled with the climate data in the region, the researchers hypothesize the Aru Glacier had begun the process of becoming a polythermal glacier, that is, a mixture of sub-zero ice as well as ice warmed to the melting point. It was possible that meltwater pooled at the bottom of the glacier, forming a lubricant that enabled the swift collapse.

The source of the meltwater, if it existed, remained unknown, but researchers noted that the area has steadily warmed. The weather station closest to the glacier reported the temperature increased 2 degrees Celsius over 50 years. Such warming may seem insubstantial, but it was enough for melted snow to seep below the glacier. The weather station also recorded high levels of precipitation in the 40 days leading up to the avalanche. This means the cold-based glacier responded to the climate warming.

This situation at the Aru Glacier raises concerns that future events are possible and may pose risks for inhabitants of this region. If the climate warming in the region is the primary cause of the Aru Glacier collapse, then it will not be the last one.

Source: The Washington Post.

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Le Glacier Aru avant et après l’effondrement (Crédit photo: NASA)