Les grottes de glace du Mauna Loa (Hawaii) et de l’Etna (Sicile) // Ice caves on Mauna Loa (Hawaii) and Mt Etna (Sicily)

drapeau-francaisSelon plusieurs scientifiques, on observe une baisse de la quantité de glace à l’intérieur des tunnels de lave qui se trouvent dans la partie supérieure du versant nord du Mauna Loa. Le phénomène est probablement à mettre en relation avec le réchauffement climatique.
Il existe deux tunnels de lave avec de la glace à l’intérieur toute l’année sur le Mauna Loa. Une récente étude fait état des changements observés depuis les premières observations effectuées en 1978. Le rapport explique que la perte de glace pourrait s’accélérer.
Une importante plaque de glace occupe encore une extrémité de la Mauna Loa Ice Cave, mais une grande partie de la glace qui recouvrait le sol à l’intérieur a disparu, laissant derrière elle des dépôts de minéraux. La grotte se trouve au-dessus de 3500 mètres au dessus du niveau de la mer. En 1978, la couche de glace, baptisée «La Patinoire», avait une épaisseur d’environ 45 centimètres et couvrait environ 260 mètres carrés. Aujourd’hui, on ne trouve plus que quelques plaques de glace éparses de quelques centimètres d’épaisseur. Les chercheurs ont constaté que la température moyenne de l’air dans la grotte était d’environ 0,1°C entre novembre 2011 et novembre 2013. Elle n’a été inférieure à zéro que pendant 37% de cette période. En plus de la température, le niveau de glace dans la grotte est également influencé par les précipitations et le débit d’air, de sorte que la sécheresse récente qui a affecté la Grande Ile pourrait avoir joué un rôle dans la disparition de la glace.
La Mauna Loa Ice Cave s’est formée il a 750 à 1500 ans, ce qui signifie qu’une partie de la glace s’est formée il y a plusieurs siècles et peut donner des indications intéressantes sur les conditions environnementales du passé. Les échantillons de vie microbienne actuellement à l’étude pourraient aider à comprendre le développement de micro-organismes sur la planète Mars qui recèle également de nombreux tunnels de lave.
La fonte de la glace a également été observée dans Arsia Cave, l’autre tunnel de lave sur le Mauna Loa, mais comme il a été découvert seulement en 2009, il est difficile de tirer des conclusions sur les changements observés au cours de la même période que la Mauna Loa Ice Cave.
Il n’y a pas de grottes de glace connues sur le Mauna Kea, qui possède moins de tunnels de lave.
Source : West Hawaii Today.
Voici plusieurs photos de la Mauna Loa Ice Cave. Leur auteur ne précise pas la date des prises de vues :
http://www.cavepics.com/html/ARSF.html

On trouve des tunnels de lave sur de nombreux autres volcans dans le monde. Plus près de nous, l’Etna recèle plusieurs d’entre eux. Un de mes meilleurs souvenirs est la visite de la Grotta del Gelo sur le flanc nord du volcan dans les années 1990. J’y suis entré avec mon fils et un ami sicilien. A cette époque il fallait être très prudent car le sol en légère pente était couvert de glace et donc très glissant. Nous avons dû utiliser une corde pour ne pas tomber et glisser vers le fond de la grotte. Il y avait un petit réseau de galeries orné de magnifiques stalactites et de stalagmites de glace. Une fois les lampes éteintes, le spectacle était magnifique, avec la transparence bleutée de la glace qui était éclairée par la lumière de l’extérieur.
Je me souviens que la Grotta del Gelo a été vandalisée quelques mois après notre visite et que son accès avait alors été interdit. Je ne sais pas quelle est la situation aujourd’hui. D’après ce que j’ai pu lire, il semble que les guides de l’Etna conduisent les touristes vers cette merveille de la Nature.
D’autres tunnels de lave (sans glace à l’intérieur) méritent une visite sur le flanc nord de l’Etna, comme la Grotta dei Lamponi, la Grotte des Framboises.

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drapeau-anglaisScientists say they are noticing a decline in the ice supply in lava tubes high up on Mauna Loa’s north flank, with climate change likely a factor.
There are two lava tubes known to have ice year-round on Mauna Loa, and a recently published study documented the changes in one first surveyed in 1978. The report warns that additional ice loss could occur rapidly. The perennial ice still largely blocks one end of the lava tube, simply called the Mauna Loa Ice Cave, but a large ice floor has disappeared, leaving behind mineral deposits.
The cave sits above 3,500 metres above sea level. In 1978, the ice sheet, known as the “Skating Rink,” was about 45 centimetres thick and covered about 260 square metres. Sporadic spots of ice a few centimetres thick are now found instead. The researchers found air temperatures in the cave to average about 0,1°C from November 2011 to November 2013. Temperatures dropped below freezing 37% of the time.
In addition to temperature, ice levels in the caves also are influenced by precipitation and airflow, so that a recent drought on the island could have played a role in the sheet’s demise.
The lava tube is between 750 and 1,500 years old, which means that some of the ice could have formed centuries ago and hold clues to past environmental conditions. The samples of microbial life in the ice cave which are being studied could shed light on the development of microorganisms on Mars, which also is known to have many lava tubes.
Ice melting also has been observed in the Arsia Cave on Mauna Loa, but since that tube was discovered in 2009, it’s not clear how much the supply might have changed over the same time frame.
There are no known ice caves on Mauna Kea, which has fewer lava tubes.
Source: West Hawaii Today.
Here are a few photos of the Mauna Loa Ice Cave. Their author did not indicate the date of the shots:
http://www.cavepics.com/html/ARSF.html

Lava tubes can be found on many other volcanoes in the world. Closer to us, Mount Etna conceals several of them. One of my best memories is the visit of the Grotta del Gelo on the northern flank of the volcano in the 1990s. I got into it with my son and a Sicilian friend. By that time, you needed to be very careful as the slopy ice-covered ground was slippery. We had to use ropes in order not to fall and slide down to the bottom of the cave. There was a small network of galleries inside the cave which was full of stalactites and stalagmites of ice. Once you turned off your torchlights, the show was great, with the blue colour of the ice illuminated by the light from the outside.
I can remember the Grotta del Gelo was vandalised a few months after our visit and that its access had been forbidden. I don’t know what the situation is like today. From what I read; it seems Etna guides are leading people to that natural wonder.
Other lava tubes (with no ice in them) are worth a visit on Mt Etna’s northern flank, like the Grotta dei Lamponi.

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Etna: Stalactites de glace et Grotta dei Lamponi  (Photos: C. Grandpey)

Vous avez dit COP 21?

Les élections régionales ont largement occulté la COP 21 ces dernières heures. A se demander si elle existe toujours. La totalité de la presse fait ses gros titres sur des élections dont la moitié de la population se fiche éperdument vu que 50% des Français ne se sont pas déplacés pour aller voter, sans compter ceux qui ont préféré la couleur blanche de leur bulletin à celle des partis politiques. .
Il faut faire de gros efforts pour trouver un article ou une rubrique consacrée à la COP21, donc à notre environnement et à celui de nos enfants, ce qui me semble au moins aussi important que les sempiternels débats politiques qui animent les chaînes de radio et de télévision dans une indifférence qui a tendance à se généraliser. Les invités y brassent du vent sans produire la moindre énergie renouvelable.
Le site web de la radio France Info est l’un des rares à s’attarder sur la COP 21 et la rubrique d’Anne-Laure Barral n’incite pas vraiment à l’optimisme : « De nombreuses interrogations persistent ». « De nombreux points cruciaux restent encore sur la table ». « Il est difficile de prévoir les contours de l’accord de Paris ». « Finalement, la question qui se pose à Paris est la suivante : le monde est-il prêt à basculer vers la fin des énergies fossiles, alors que les scientifiques nous disent que le temps presse ? Toutes ces questions restent en suspens ».
J’ai toujours été très sceptique, voire pessimiste devant cette grand’ messe de l’environnement dont l’organisation va coûter très cher aux contribuables français pour des résultats qui seront de toute évidence très modestes. Il ne faut pas compter sur des mesures contraignantes quand on connaît les positions des grandes puissances, ne serait-ce qu’au niveau de l’Arctique. La banquise et les glaciers vont continuer à fondre. Les ours polaires et les morses peuvent se lamenter et continuer à pleurer !
J’ai toujours en tête ce vieux proverbe amérindien plein de sagesse : « Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants. »

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Banquise et ours polaires sont en grand danger (Photos: C. Grandpey)

Le trafic maritime dans l’Arctique // Shipping in the Arctic

drapeau-francaisDire que l’Arctique est en train de fondre n’est pas un scoop. L’étendue de glace de mer en Octobre 2015 a été l’une des plus faibles jamais enregistrées. On le sait depuis longtemps : La situation actuelle suscite un regain d’intérêt pour le transport maritime dans l’Arctique. Il a augmenté de façon constante au cours des dernières années, jusqu’à l’an dernier où il a connu une forte baisse. Les chiffres pour 2015 ne sont pas encore disponibles, mais l’Arctique a probablement enregistré de nouveau une augmentation du nombre de navires opérant dans la région. Cosco, la plus grande compagnie maritime de Chine, vient d’annoncer qu’elle va mettre en place un service de transport régulier sur la voie maritime qui longe le nord de la Russie.
La Corée du Sud et l’Islande sont parmi les autres nations qui lorgnent sur cette voie maritime. Au cours d’une réunion qui a eu lieu en Corée début novembre, les présidents des deux pays se sont mis d’accord pour établir conjointement une route maritime dans l’Océan Arctique. Elle pourrait être disponible pendant toute l’année en 2030, et raccourcirait d’une dizaine de jours le temps de navigation pour des cargos coréens.
Mais tout n’est pas rose pour la navigation dans l’Arctique. Jusqu’à maintenant, l’essentiel du trafic maritime au nord de la Russie concernait le transport de combustibles fossiles. Le problème, c’est que la production de pétrole russe dans l’Arctique est en chute libre, en raison d’un manque d’infrastructures. Dans le même temps, un chantier naval de Louisiane a annulé la construction de deux brise-glace suite à la décision de Shell de cesser ses opérations de forage au large des côtes de l’Alaska dans le proche avenir (voir ma note du 29 septembre 2015).
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisSaying the Arctic is melting has become commonplace. The extent of Arctic sea ice this October has been one of the lowest on record. The current situation has fuelled renewed interest in Arctic shipping, which has grown steadily in recent years, until last year, when it suffered a sharp one-year decline. Figures for 2015 aren’t yet available, but the Arctic will likely see an increase in the number of ships operating in the region. China’s largest shipping company, Cosco, has just announced that it will launch regularly scheduled shipping services along Russia’s Northern Sea Route.
South Korea and Iceland are among other nations eyeing such a route. Presidents of both countries agreed at a meeting in Korea to establish an Arctic Ocean shipping route together. It could be available year-round by 2030, and would shave sailing time for Korean cargo vessels by about 10 days.
But not all signs point to an immediate spike in Arctic shipping. Up to now, most traffic on Russia’s Northern Sea Route consisted of fossil fuel shipments. However, Russia’s Arctic oil output is declining, due to a lack of infrastructure. Meanwhile, a Louisiana shipbuilder cancelled work a pair of polar class icebreakers, a move that comes in the wake of Shell’s decision to halt its operations offshore Alaska for the foreseeable future (see my note of 29 September 2015).
Source: Alaska Dispatch News.

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Photo: C. Grandpey

Glaciers et ours d’Alaska au festival de Montier-en-Der

Cette année, le Festival de Photo animalière et de Nature de Montier-en-Der (Haute-Marne) a lieu du 19 au 22 novembre.
J’y présenterai mon exposition « Alaska, des glaciers et des ours ». A l’approche de la COP 21, le réchauffement climatique imprégnera le festival et mes images des glaciers d’Alaska ne peuvent que confirmer le phénomène.
Je serai présent sur le site du Chapiteau et j’aurai plaisir à vous y rencontrer.
Le livre « Dans les pas de l’ours » sera disponible à la librairie du festival, ainsi que « Mémoires volcaniques » paru il y a quelques années chez le même éditeur.
Les informations sur le festival sont à cette adresse : http://www.festiphoto-montier.org/

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Photos : C. Grandpey