Fonte et érosion glaciaires influencent l’activité volcanique // Glacial melting and erosion influence volcanic activity

drapeau-francaisSelon une étude conduite par des chercheurs de l’Université de Cambridge et publiée dans la revue Geophysical Research Letters, la combinaison de l’érosion et de la fonte des calottes glaciaires a entraîné une augmentation importante de l’activité volcanique à la fin de la dernière ère glaciaire.
Tandis que le climat se réchauffait, les calottes glaciaires fondaient, en diminuant la pression exercée sur le manteau terrestre, ce qui a entraîné une augmentation de la production de magma et du nombre d’éruptions volcaniques. Les chercheurs ont constaté que l’érosion a également joué un rôle majeur dans le processus et pourrait avoir contribué à une augmentation des émissions de dioxyde de carbone dans l’atmosphère.
Les études précédentes visant à modéliser l’augmentation considérable de CO2 atmosphérique à la fin de la dernière ère glaciaire n’ont pas pris en compte le rôle de l’érosion, ce qui signifie que le niveau de CO2 a probablement été largement sous-estimé. En utilisant des simulations numériques capables de modéliser des paramètres tels que la vitesse d’érosion des glaciers et des calottes glaciaires, les chercheurs ont constaté que l’érosion joue un rôle aussi important que la fonte des glaces dans l’augmentation de la production de magma et l’activité volcanique qui s’ensuit.
Au cours des millions d’années écoulées, la Terre a alterné les périodes glaciaires et interglaciaires, avec une durée d’environ 100 000 ans pour chaque période. Pendant les périodes interglaciaires, comme celle que nous vivons aujourd’hui, l’activité volcanique est beaucoup plus élevée, car la pression moindre exercée par les calottes glaciaires permet aux volcans d’entrer plus facilement en éruption. Toutefois, au cours de la période de transition entre une période glaciaire et une période interglaciaire, la vitesse d’érosion augmente également, en particulier dans les zones de montagnes où de dressent des volcans.
Quand les glaciers fondent, le sol qu’ils rabotent perd jusqu’à dix centimètres d’épaisseur par an, ce qui diminue encore davantage la pression exercée sur le volcan et augmente donc la probabilité d’une éruption. Une diminution de la pression augmente la production de magma en profondeur car les roches soumises à des pressions moindres ont tendance à fondre à des températures plus basses.
Cette étude confirme les observations faites précédemment (voir ma note du 3 Mars 2015) lorsque des chercheurs ont découvert que la croûte terrestre sous l’Islande se soulève au fur et à mesure que le réchauffement climatique fait fondre les vastes calottes glaciaires de l’île, avec une correspondance entre ce soulèvement et l’activité volcanique.
Source: Université de Cambridge.

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drapeau anglaisAccording to a study by University of Cambridge rearchers and published in the journal Geophysical Research Letters, the combination of erosion and melting ice caps led to a massive increase in volcanic activity at the end of the last ice age.
As the climate warmed, the ice caps melted, decreasing the pressure on the Earth’s mantle, leading to an increase in both magma production and volcanic eruptions. The researchers have found that erosion also played a major role in the process, and may have contributed to an increase in atmospheric carbon dioxide levels.
Previous attempts to model the huge increase in atmospheric CO2 at the end of the last ice age failed to account for the role of erosion, meaning that CO2 levels may have been seriously underestimated. Using numerical simulations, which modelled various different features such as ice caps and glacial erosion rates, the researchers found that erosion is just as important as melting ice in driving the increase in magma production and subsequent volcanic activity.
Over the past million years, the Earth has gone back and forth between ice ages, or glacial periods, and interglacial periods, with each period lasting for roughly 100,000 years. During the interglacial periods, such as the one we live in today, volcanic activity is much higher, as the lack of pressure provided by the ice caps means that volcanoes are freer to erupt. But in the transition from an ice age to an interglacial period, the rates of erosion also increase, especially in mountain areas where volcanoes tend to cluster.
As glaciers melt, the ground beneath is eroded by as much as ten centimetres per year, further decreasing the pressure on the volcano and increasing the likelihood of an eruption. A decrease in pressure enhances the production of magma at depth, since rocks held at lower pressure tend to melt at lower temperatures.
This study confirms observations made previously (see my note of March 3rd 2015) when researchers discovered that the crust under Iceland is rebounding as global warming melts the island’s great ice caps, with a direct correspondence between this motion upward and volcanic activity.
Source : University of Cambridge.

Vatnajökull espace

Calotte glaciaire du Vatnajökull (Islande) vue depuis l’espace

(Crédit photo: NASA)

RCF : Très chaud et très froid dans «Vies d’Envies» [Rediffusion]

« Vies d’envies », l’émission de Chris Dussuchaud, sera rediffusée sur RCF ce dimanche 31 janvier de 16 heures à 18 heures. J’ai eu le plaisir de retrouver Michel Galliot, météorologiste de formation et spécialiste de l’Antarctique, venu en remplacement de Pierre Taverniers, souffrant. Bien que côtoyant des univers différents, nous avons eu pas mal de choses à raconter dans le cadre actuel du réchauffement climatique.
Selon le lieu où vous habitez, vous pourrez écouter l’émission aux fréquences indiquées dans le lien suivant:
http://www.info-mag-annonce.com/journal/haute-vienne/haute-vienne/hv-actualites/hv-environnement/chaud-froid-vies-denvies/

Si vous habitez loin du Limousin, pas de problème; il suffit de vous connecter sur le site Internet de la radio au moment de la rediffusion: https://rcf.fr/

RCF : Très chaud et très froid dans «Vies d’Envies»

Cette semaine, confrontation du chaud et du froid dans « Vies d’envies », l’émission de Chris Dussuchaud sur RCF. J’aurai le plaisir de retrouver Pierre Taverniers, météorologiste de formation et l’un des éminents spécialistes de l’Arctique. Bien que côtoyant des univers différents, je pense que nous aurons pas mal de choses à raconter dans le cadre actuel du réchauffement climatique.
Selon le lieu où vous habitez, vous pourrez écouter l’émission aux fréquences indiquées dans le lien suivant. Première diffusion jeudi soir de 20h à 22h. :
http://www.info-mag-annonce.com/journal/haute-vienne/haute-vienne/hv-actualites/hv-environnement/chaud-froid-vies-denvies/

La fonte du Groenland et l’élévation du niveau des océans // Greenland melting and sea-level rise

drapeau-francaisSelon une étude publiée récemment dans la revue Nature Climate Change, la hausse globale des températures a probablement une incidence sur la calotte glaciaire du Groenland – et sur sa contribution à l’élévation du niveau de la mer – plus grande que les scientifiques le pensaient jusqu’à présent. Les changements récents subis par la neige et la glace qui recouvrent l’île semblent avoir affecté la capacité de la calotte glaciaire du Groenland à stocker l’excès d’eau, ce qui signifie qu’une plus grande quantité d’eau de fonte se déverse probablement dans l’océan.
C’est une mauvaise nouvelle car la fragile calotte de glace du Groenland a déjà perdu plus de 9 trillions de tonnes de glace dans le siècle passé. Sa vitesse de fonte ne cesse de s’accélérer avec la hausse des températures. La NASA estime que la calotte glaciaire du Groenland perd environ 287 milliards de tonnes de glace chaque année, en partie à cause de la fonte de surface et en partie en raison de la production d’icebergs.
La nouvelle étude se concentre sur une partie de la calotte glaciaire connue sous le nom anglais de « firn », une couche de neige compacte pas encore transformée en glace. C’est une partie importante de la calotte glaciaire en raison de sa capacité à piéger et à stocker l’excès d’eau avant que cette dernière s’échappe à la surface ; c’est aussi un processus essentiel qui permet de freiner l’élévation du niveau de la mer qui, autrement, serait causé directement par le ruissellement de l’eau de fonte.
Jusqu’à récemment, de nombreux scientifiques pensaient que la plus grande partie du « firn » du Groenland avait toujours la capacité de piéger l’eau de fonte. Mais la dernière étude montre que ce n’est probablement plus le cas. Grâce à des observations sur le terrain, les scientifiques ont montré que la formation récente de couches de glace denses près de la surface de la calotte glaciaire rend plus difficile la pénétration de l’eau liquide dans le « firn », ce qui signifie qu’elle est obligée de s’échapper à la surface.
Les chercheurs ont mené leur étude en examinant les carottes de glace extraites du « firn » de l’ouest du Groenland entre 2009 et 2015. Ils voulaient savoir si les étés particulièrement chauds qui avaient provoqué une fonte importante en 2010 et 2012, pouvaient avoir affecté la calotte glaciaire. En examinant les carottes, les chercheurs ont constaté que la très abondante eau de fonte de ces années s’était écoulée à l’intérieur du « firn » où elle s’était transformée en gros morceaux baptisés «lentilles de glace ».
Les carottes ont montré que les « lentilles » avaient grossi rapidement entre 2009 et 2012. Puis, à partir de 2012, il s’est produit un autre changement. La fonte très intense de l’été 2012 n’a pas entraîné une forte augmentation de la couche de glace. Au lieu de cela, les chercheurs ont pu observer que la couche de glace avait forcé l’eau de fonte à ruisseler à la surface.
Le phénomène n’est pas seulement inquiétant s’agissant de l’élévation du niveau des océans. Les chercheurs indiquent que l’augmentation du ruissellement pourrait conduire à certains processus de rétroaction qui vont entraîner encore plus de fonte à l’avenir. L’eau de ruissellement peut tailler des canaux à la surface de la calotte glaciaire et créer des zones recouvertes de neige fondante, ce qui peut entraîner une réduction de l’albédo – la capacité de surface de la calotte glaciaire à réfléchir la lumière solaire. Si cette surface absorbe plus de lumière solaire au lieu de la réfléchir, les températures de surface augmenteront et provoqueront une accélération de la fonte de la glace.
Ces changements du « firn » sont irréversibles. Sa formation par accumulation d’une nouvelle neige à la surface du Groenland peut prendre des décennies, et pourrait même ne pas avoir lieu dans un contexte de réchauffement climatique.
Cette étude ne concerne que l’ouest du Groenland, de sorte que les scientifiques ne peuvent pas dire avec certitude si leurs conclusions sont applicables à l’ensemble de l’île. Il serait donc intéressant de mener des études similaires ailleurs sur la calotte glaciaire. .
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisAccording to a new study published in the journal Nature Climate Change, rising global temperatures may be affecting the Greenland ice sheet – and its contribution to sea-level rise – in more serious ways that scientists imagined. Recent changes to the island’s snow and ice cover appear to have affected its ability to store excess water, meaning more melting ice may be running off into the ocean than previously thought.
This is bad news for the precarious Greenland ice sheet, which scientists say has already lost more than 9 trillions tons of ice in the past century, and whose melting rate only continues to increase as temperatures keep warming up. NASA estimates that the Greenland ice sheet is losing about 287 billion tons of ice every year, partly due to surface melting and partly due to the calving of large chunks of ice.
The new study focuses on a part of the ice sheet known as « firn » – a layer of built-up snow that slowly freezes into ice over time. It’s considered an important part of the ice sheet because of its ability to trap and store excess water before it’s able to run off the surface of the glacier, an essential service that helps mitigate the sea-level rise that would otherwise be caused by the runoff water.
Until recently, many scientists have assumed that most of Greenland’s firn space is still available for trapping meltwater. But the new research shows that this is likely no longer the case. Through on-the-ground observations, the scientists have shown that the recent formation of dense ice layers near the ice sheet’s surface are making it more difficult for liquid water to percolate into the firn – meaning it’s forced to run off instead.
The researchers conducted their study by examining ice cores drilled into West Greenland’s firn between 2009 and 2015. They wanted to find out how a series of particularly warm summers, which caused especially significant melting events in 2010 and 2012, might have affected the ice sheet. By examining the cores, the researchers found that the deluge of meltwater in recent years had trickled into the firn and frozen into chunks called « ice lenses. »
The cores suggested that the lenses thickened quickly between 2009 and 2012. Then, starting in 2012, another change took place. The very intense melt of summer 2012 did not result in a strong increase of the ice layer. Instead, the researchers could observe how the ice layer forced the meltwater to run off along the surface.
This is not only a concern on the basis of its possible contribution to sea-level rise. The researchers also suggest that an increase in runoff could lead to certain feedback processes that will cause even more melt to occur in the future. Runoff water can carve channels into the ice sheet’s surface and create slushy areas, which can cause a reduction in albedo – the ability of the ice sheet to reflect sunlight away from its surface. With more sunlight being absorbed, rather than reflected, surface temperatures could become even warmer and cause melt rates to accelerate.
And these changes to the firn are largely irreversible. While new firn can form as more snow falls and accumulates on Greenland’s surface, the process can take decades – and might not be able to occur at all in a warming climate.
This particular study was only conducted in West Greenland, so the scientists can’t say for sure whether their findings apply to the entire island. It would be enlightening to conduct similar studies elsewhere on the ice sheet.
Source: Alaska Dispatch News.

Bédiaire

Bédière au Groenland: rivière alimentée par les eaux de fonte (Photo: Wikipedia)