Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : le repos du guerrier

De toute évidence, ce sont les grandes vacances pour le Piton de la Fournaise sur l’île de la Réunion. La dernière éruption remonte au 10 août 2023. Depuis cette époque, il n’y a eu aucun signe de reprise d’activité, que ce soit au niveau de la sismicité ou de l’inflation de l’édifice volcanique. La réalimentation en magma et la pressurisation du réservoir superficiel ont cessé. Le volcan est entré dans une phase de repos qui, selon l’OVPF, pourrait se prolonger. Les scientifiques expliquent que ce comportement du Piton correspond à une dynamique de long terme de l’activité volcanique qui alterne entre des périodes de forte activité et des périodes de repos de plusieurs années consécutives sans éruption..

Suite à ces dernières analyses, le préfet de La Réunion a décidé de lever la phase de vigilance du dispositif ORSEC. Les dernières restrictions réglementaires sur l’accès du public à l’Enclos seront donc levées. Toutefois, le préfet appelle les randonneurs à la prudence et au respect des règles de sécurité en matière de randonnée en haute montagne. En particulier, il est fortement préconisé de suivre les itinéraires balisés au sein de l’Enclos.

Comme avait commencé à le faire son prédécesseur, il serait peut-être judicieux que le préfet actuel profite du repos du Piton pour reprendre contact avec les organismes concernés pour mettre sur pied des plans de visite du Piton de la Fournaise en période éruptive. Cela pourrait éviter la fermeture systématique de l’Enclos dès que les signes annonciateurs d’une éruption apparaissent sur les instruments de l’OVPF.

Source : OVPF, Réunion la 1ère.

Photo: C. Grandpey

Le réchauffement climatique et l’eau (2ème partie) : les phénomènes extrêmes

Comme je l’ai écrit dans ma note du 18 juin 2025, le changement climatique augmente la probabilité et la gravité des phénomènes météorologiques extrêmes tels que les inondations et les sécheresses. La hausse globale des températures accroît la quantité d’humidité que peut contenir l’atmosphère, ce qui entraîne une multiplication des tempêtes et des fortes pluies, mais aussi, paradoxalement, des périodes de sécheresse plus intenses, car l’eau s’évapore davantage des terres et les schémas météorologiques mondiaux se modifient. Le GIEC ne cesse de rappeler que chaque degré supplémentaire de réchauffement de la planète accroît les risques de sécheresse et d’inondation, ainsi que les dommages sociétaux qui en découlent.
Selon la Banque Mondiale, les catastrophes liées à l’eau ont fait la Une de l’actualité au cours des 50 dernières années et représentent 70 % de tous les décès liés aux catastrophes naturelles. Depuis 2000, les catastrophes liées aux inondations ont augmenté de 134 % par rapport aux deux décennies précédentes.

Le nombre et la durée des sécheresses ont également augmenté de 29 % au cours de cette même période. La plupart des décès liés à la sécheresse se sont produits en Afrique.

Le Sahel est l’une des régions du monde qui subit le plus durement les effets de la sécheresse

Afin de réduire l’impact de ces phénomènes extrêmes – inondations et sécheresses – le rapport des Nations Unies propose quelques pistes. Par exemple, des écosystèmes aquatiques sains et une meilleure gestion de l’eau peuvent réduire les émissions de gaz à effet de serre et offrir une protection contre les risques climatiques.
Il est indispensables de protéger les zones humides telles que les mangroves, les herbiers marins, les marais et les marécages qui sont des puits de carbone très efficaces ; ils absorbent et stockent le CO2, contribuant ainsi à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les zones humides servent également de protection contre les phénomènes météorologiques extrêmes. Elles constituent un bouclier naturel contre les ondes de tempête et absorbent l’excès d’eau et de précipitations. Grâce aux plantes et aux micro-organismes dont elles regorgent, les zones humides permettent également de stocker et de purifier l’eau.

 Les mangroves sont des puits de carbone très efficaces (Photo: C. Grandpey)

Le rapport des Nations Unies recommande le développement des systèmes d’alerte précoce en cas d’inondations, de sécheresses et d’autres risques liés à l’eau. Ces systèmes peuvent réduire considérablement les risques de catastrophe. Selon l’OMM, un avertissement lancé 24 heures avant l’arrivée d’une tempête peut contribuer à réduire de 30 % les dommages qui s’ensuivent.
Pour finir, l’agriculture intelligente, qui a recours à l’irrigation au goutte-à-goutte et à d’autres moyens d’utiliser l’eau plus efficacement, peut contribuer à réduire la demande en eau douce.

Source : Nations Unies.

Épisode 26 de l’éruption du Kilauea (Hawaï)

Comme prévu par le HVO, l’activité précurseur de l’Épisode 26 du Kilauea a débuté dans le cratère de l’Halemaʻumaʻu à 23h26 (heure locale) le 19 juin 2025, lorsque la lave a commencé à déborder de la bouche nord en formant des fontaines en dômes.

Vers 1h45 (heure locale) le 20 juin, les puissantes fontaines de lave tant attendues (de plus de 300 mètres de haut) ont jailli de la bouche nord, offrant le spectacle somptueux habituel.

L’Épisode 26 a pris fin vers 10h25 (heure locale) après 11 heures d’activité totale. Les fontaines de lave ont été observées pendant un peu plus de 8 heures. L’inclinomètre au sommet du Kilauea a enregistré plus de 18 microradians de déflation durant cet épisode. La fin de l’éruption a coïncidé avec un passage rapide de la déflation à l’inflation au sommet et une diminution de l’intensité du tremor. Un 27ème épisode est donc probable dans les prochains jours.

Images webcam de l’éruption

———————————————–

As predicted by HVO, precursory activity of Kilauea’s Episode 26 started within Halemaʻumaʻu Crater at 11:26 p.m. (local time) on 19 June 2025 when lava began overflowing from the north vent, with dome-shpted fountains. At 01:45 or so (local time) on 20 June, the expected powerful lava fountains, over 300 meters high) rose from the north vent, producing the usual sumptuous show.

Episode 26 ended around 10:25 a.m. (local time) after 11 hours of total activity. The lava fountains were observed for just over 8 hours. The summit tiltmeter recorded more than 18 microradians of deflation during this episode. The end of the eruption was coincident with a rapid change from deflation to inflation at the summit and a decrease in seismic tremor intensity. A 27th episode is then likely in the coming days.

Les sargasses pourrissent la vie à la Martinique (suite)

Le 17 juin 2025, j’ai publié une note expliquant à quel point les algues sargasses envahissent la Caraïbe, en particulier l’île de la Martinique.

Le 20 juin, un article richement illustré, paru sur le site Martinique la 1ère, confirme l’ampleur du problème. Outre la commune du Robert, celles de Marigot et Sainte-Marie font face à un véritable désastre dont personne ne voit la fin. Rappelons que la prolifération des sargasses est liée au réchauffement des eaux océaniques.

https://la1ere.franceinfo.fr/martinique/sainte-marie-martinique/en-images-invasion-des-sargasses-en-martinique-paysage-de-desolation-au-marigot-et-a-sainte-marie-1597266.html

Photo: C. Grandpey