Eruption du Sakurajima (suite) // Sakurajima eruption (continued)

L’éruption du Sakurajima (Japon) se poursuit pour la troisième journée consécutive. Le volcan est de nouveau entré en éruption tôt le 25 juillet. Le niveau d’alerte est maintenu au maximum. Aucun dégât n’a été signalé. Le volcan avait déjà connu quatre épisodes éruptifs entre le 23 et le 24 juillet dans l’après-midi, avec un panache atteignant 1 200 mètres de hauteur.
Les autorités de Kagoshima ont ordonné aux habitants d’évacuer le quartier d’Arimura et une partie du quartier de Furusato, qui abritent 51 personnes.
Source : The Japan Times.
Ce matin, le temps est brumeux autour du volcan. Des panaches de vapeur sortent du sommet, mais aucun événement majeur ne peut être observé.

Voici une vidéo montrant l’éruption du 24 luillet 2022 :

—————————————-

The eruption of Sakurajima (Japan) continues for the third day in a row. The volcano erupted again early on July 25th. The alert level is kept at the maximum. There are no reports of damage.The volcano had seen four earlier eruptions between July 23rd and 24th in the afternoon, with the plume reaching as high as 1,200 meters.

Authorities in Kagoshima ordered residents to evacuate the Arimura district and part of the Furusato district, which are home to 51 people.

Source: The Japan Times.

This morning, the weather is foggy around the volcano. Steam plumes are coming out of the summit, but no major event can be observed.

Capture d’écran de l’une des webcams

Réchauffement climatique : faut-il interdire l’accès aux glaciers et à la haute montagne ?

Suite à l’effondrement du glacier de la Marmolada (11 morts) et à la canicule qui s’est abattue sur la France, la montagne fond comme neige au soleil, les glaciers reculent de plus belle et les chutes de rochers menacent les alpinistes. Dans le sillage de ce cortège d’événements, certains se demandent si l’accès à la haute montagne devrait être interdit.

De toute évidence, nous n’en sommes pas encore là. Pour la population alpine, la montagne est symbole de liberté et doit le rester, mais pour combien de temps? Comme je l’ai indiqué dans des notes précédentes, les courses en haute montagne ont perdu de leur charme à cause du danger potentiel et certaines d’entre elles, décrites par Gaston Rebuffat dans les années 1950, ne sont plus envisageables.

La course la plus populaire est sans aucun doute l’ascension du Mont Blanc. Il suffit de voir le nombre de personnes qui, telles des fourmis processionnaires, se lancent à l’assaut du sommet. Cette ascension est, elle aussi, menacée. Des éboulements se produisent de plus en plus fréquemment dans le Couloir du Goûter qui était déjà baptisé « couloir de la mort » quand je l’ai parcouru dans les années 1980. Aujourd’hui, cette appellation est tellement justifiée que le 13 juillet 2022, les compagnies de guides de Chamonix et St Gervais ont décidé de ne plus accompagner l’ascension du toit de l’Europe, temporairement et à titre préventif. Il est vrai qu’un record de température (10,4°C) a été enregistré fin juin juste sous le sommet. Sur cette vidéo, vous aurez un aperçu des chutes de blocs dans le Couloir du Goûter:

https://twitter.com/i/status/1547912931068628992

Malgré l’absence de guides et les mises en garde des autorités de Haute -Savoie, l’ascension du Mont Blanc n’est pas interdite et il y a toujours des volontaires pour jouer à la roulette russe. Cela incite le maire de Saint-Gervais à envisager la fermeture du refuge du Goûter situé à 3.850 m d’altitude, comme il l’ a déjà fait en juillet 2015, face à des risques de drame comparables sur cette voie. Il regrette de voir des alpinistes urbains désireux de « faire le Mont Blanc » à tout prix, quelles que soient les conditions de sécurité. Le premier magistrat a toujours à l’esprit le 22 juin 2022, quand un alpiniste de 73 ans a perdu la vie dans ce même Couloir du Goûter, victime d’un autre éboulement.

La cause de telles chutes de blocs est facile à comprendre. Sous l’effet de la chaleur, le permafrost qui assure la cohésion et la stabilité des parois dégèle et déclenche des effondrements. La situation est encore plus grave en 2022 car la précocité de la canicule qui n’a jamais été aussi flagrante. Les glaciologues font remarquer que glaciers alpins étaient moins endommagés à la fin du mois d’août 2021 qu’au début du mois de juillet 2022.

Dans ce contexte extrême, l’éventualité d’une interdiction d’accès aux glaciers et à la haute montagne a refait surface. Elle est redoutée, mais la plupart des acteurs pensent qu’une telle décision serait une aberration. Les statistiques montrent qu’il n’y a pas d’explosion d’accidents de montagne en France en 2022; il n’y adonc pas de véritable raison d’interdire la haute montagne. Si l’approche du Mont Blanc est fortement déconseillées par les guides, il y a encore de nombreux autres itinéraires à effectuer. Soit dit en passant, les guides n’apprécient pas particulièrement l’ascension du Mont-Blanc dans sa formule actuelle, avec des processions d’alpinistes. Les compagnies de guides cherchent à vendre une expérience de haute montagne davantage que l’ascension spécifique d’un sommet.

De toute façon, réchauffement climatique ou pas, il y a toujours un risque en montagne. On sait qu’il coûterait moins cher à l’Etat de fermer la haute montagne que de surveiller certaines portions. C’est pour cela que l’on craint à Chamonix une interdiction totale de l’alpinisme, au nom du sacro-saint principe de précaution. Les guides essayent de dialoguer au maximum avec les pouvoirs publics pour éviter d’en arriver à des arrêtés préfectoraux interdisant l’accès généralisé aux glaciers.

Le 9 février 1999, une avalanche a tué 12 personnes dans le hameau de Montroc à Chamonix. Suite à ce drame, le préfet de Haute-Savoie a pris un arrêté pour interdire la pratique du ski hors piste, de la randonnée à raquettes et de l’alpinisme hors des domaines aménagés. Vingt-trois ans plus tard, seules les 250 à 300 ascensions par jour du Mont-Blanc par la voie du Goûter sont pour l’instant menacées, avec une fin de haute saison estivale avancée d’un gros mois par rapport à 2021.

Le maire de Saint-Gervais tient à relativiser la perte économique et touristique entraînée par la situation actuelle et en particulier la décision des guides d’abandonner l’accompagnement sur le Mont Blanc. Il estime qu’il y a entre 50.000 et 100.000 visiteurs quotidiens l’été dans la vallée de Chamonix. Pour faire face aux nouvelles conditions imposées par le réchauffement climatique, il propose de repenser le calendrier estival de l’alpinisme, au sortir de la saison 2022. Selon lui, il va falloir s’adapter à la nature et l’idéal serait de démarrer la saison vers mi-mai, avant d’effectuer une pause en juillet-août et de reprendre en septembre. Le problème, c’est qu’il existe un vrai divorce entre le business du Mont-Blanc et les besoins réels de la montagne d’ouvrir plus tôt. En effet, la compagnie du Mont-Blanc – qui gère les remontées mécaniques – ne souhaite pas décaler sa saison de la sorte… Les négociations promettent d’être rudes!

 Les glaciers alpins seront-ils un jour interdits ? (Photo: C. Grandpey)

Les guides de Chamonix tirent la sonnette d’alarme

Au mois de septembre 2021, huit membres de la Compagnie des guides de Chamonix se sont rendus à l’Assemblée nationale où ils ont présenté à la commission Montagne un livret sur les conséquences du réchauffement climatique sur la vie en montagne. Le fascicule est intitulé Les guides de montagne et le changement climatique, une histoire d’adaptation. Le texte a pour but de documenter les conséquences du réchauffement sur les milieux naturels montagnards et sur les activités humaines. Il a été conçu par le Syndicat national des guides de montagne et des chercheurs du Centre de recherche sur les écosystèmes d’altitude (Crea), du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et de l’université de Grenoble. Les guides expliquent qu’ils ont un rôle de sentinelles et ils veulent rappeler que les glaciers ne sont pas que sportifs et décoratifs mais également des châteaux d’eau qui changent très vite sous l’effet du réchauffement climatique.

À travers une approche historique de la vallée de Chamonix, le livret illustre l’accélération du changement climatique et ses conséquences sur les milieux et les métiers de la montagne. Dans le massif du Mont-Blanc, la Mer de Glace a perdu 200 mètres d’épaisseur depuis le siècle dernier, avec une très nette dégradation ces dix dernières années. Dans les Alpes du Nord, l’augmentation des températures est deux fois plus rapide que dans les plaines. Selon Météo France, en 2050, les stations situées à plus de 1 500 mètres d’altitude connaîtront des journées à plus de 25 °C.

Le réchauffement climatique observé dans les montagnes est en effet plus important que dans les zones de basse altitude. Cela est dû à l’albédo, qui varie selon la couleur des surfaces réfléchissantes. En montagne, les zones blanches couvertes de neige renvoient davantage le rayonnement solaire que les roches qui sont plus sombres. À cause de l’augmentation des températures, le manteau neigeux diminue progressivement, laissant de moins en moins de zones claires réfléchissantes. Le sol à nu absorbe alors davantage la chaleur, réchauffant ainsi le climat ambiant.

Selon Météo France, la quasi-totalité des domaines skiables des Alpes ne seront vraisemblablement plus opérationnels en 2100, même en prenant en compte l’enneigement artificiel. En 2022, on vient d’assister à la fermetures successive au ski d’été des glaciers de Tignes, Val d’Isère et des Deux-Alpes. Dès le début de l’été, les conditions ne sont plus réunies pour aller en montagne pour des courses de neige. En effet, le dégel du permafrost de roche rend la pratique de la montagne plus dangereuse causant des éboulis ou des décrochements de plaques rocheuses. Ainsi, la voie normale de la Tour Ronde (3793 m d’altitude) sur l’arête frontière entre la France et l’Italie devient très tôt dans l’été une zone de rochers instables.

Le livret mentionne également la nécessité pour les guides de changer de paradigme, c’est-à-dire de ne plus viser à tout prix l’ascension de certains sommets. Concrètement, 64% des accompagnateurs mettent déjà en place des actions pour diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre via le covoiturage, la réduction des déplacements et la sensibilisation des clients.

Les guides indiquent par ailleurs que les transformations des écosystèmes montagnards sont « trop rapides pour le vivant. » Afin de s’adapter au réchauffement climatique, les espèces migrent plus haut en altitude pour trouver des conditions climatiques favorables. Elles peuvent également s’acclimater en évoluant génétiquement, mais cette adaptation, lente, n’est pas assez rapide face au réchauffement. C’est par exemple le cas du lagopède alpin (Lagopus muta helveticus), qui monte d’année en année et qui ne pourra le faire indéfiniment. De plus, les paysages changent également et verdissent (voir ma note du 18 juin 2022) ce qui n’est pas sans conséquences sur les activités de montagnes, avec modification des itinéraires et les points de vue historiques.

Source: Reporterre.

La Mer de Glace en 1956 et en 2022. Le glacier est le symbole de la catastrophe climatique en montagne (Photo: C. Grandpey)

Eruption du Sakurajima (Japon) // Eruption of Sakurajima Volcano (Japan)

Le Sakurajima (Japon) est entré en éruption le 24 juillet 2022. Le niveau d’alerte volcanique est passé de 3 à 5, le plus élevé. Les matériaux éjectés par le volcan sont retombés jusqu’à 2,5 kilomètres du cratère, mais il n’est fait état d’aucun blessé suite à l’éruption qui s’est produite vers 20h05 (heure locale). Il a été demandé au public d’évacuer la zone concernée par l’éruption.
Ce n’est que la deuxième fois que le niveau d’alerte maximum est appliqué à un volcan japonais après l’éruption de 2015 sur l’île de Kuchinoerabu, dans la préfecture de Kagoshima.
À la suite de l’éruption, le Premier ministre japonais a demandé à son gouvernement de recueillir rapidement des informations sur les dégâts causés et de mettre en place des moyens afin de faciliter l’évacuation des habitants et des randonneurs.
Depuis le 18 juillet, la JMA a observé des déformations de surface indiquant une expansion du volcan.
Source : The Japan Times.

A noter que la ville de Kagoshima qui se trouve à proximité du volcan est connue pour les exercices de prévention et les simulations d’évacuation auxquelles la population est régulièrement soumise. Au Japon,on ne plaisante pas avec la sécurité.

—————————————–

A noter que la ville de Kagoshima qui se trouve au pied du volcan est connue pour les exercices de préventions et les simulations d’évacuations auxquelles la population est soumise régulièrement. Au Japon, on ne badine pas avec la sécurité.

Sakurajima (Japan) erupted on July 24th, 2022. The volcano alert level was raised from 3 to 5, the highest level. The material ejected by the volcano fell as far as 2.5 kilometers from the crater, but there were no immediate reports of injuries following the eruption that occurred around 8:05 p.m., (local time). The public was asked to evaacuate.

It is just the second time the highest alert level has been applied to a Japanese volcano following the 2015 eruption on Kuchinoerabu Island in Kagoshima Prefecture.

In the wake of the eruption, the Japanese Prime Minister has instructed his government to swiftly gather information on any damage caused and to set up ways to help local residents and hikers to evacuate.

Since July18th, JMA has observed minor crustal movements indicating expansion of the volcano.

Source: The Japan Times.

It should be noted that the city of Kagoshima which lies close to the volcano is known for the prevention exercises and evacuation simulations to which the population is regularly subjected. In Japan, they don’t mess with security.

Le Sakurajima et la ville de Kagoshima (Source: Wikipedia)