L’ADN rétablit des vérités sur Pompéi (Italie) // DNA restores truths about Pompeii (Italy)

Lorsque le Vésuve est entré en éruption en 79 après J.-C., la plupart des habitants de Pompéi ont péri. Les cendres et la pierre ponce ont recouvert la cité romaine et ses habitants, préservant des scènes de la vie quotidienne comme dans une capsule temporelle.
Les premières fouilles ont commencé en 1748, mais ce n’est qu’en 1863 que l’archéologue Giuseppe Fiorelli a mis au point une méthode permettant de réaliser des moulages en plâtre de certaines des victimes de Pompéi. Les tissus mous des corps enfermés dans la cendre s’étaient décomposés au fil du temps ; alors Fiorelli a versé du plâtre liquide dans certains contours laissés par les corps et a ainsi pu préserver les formes de 104 personnes.

Moulages dans le Jardin des Fugitifs (Photo : C. Grandpey)

L’imagination a ensuite fait son œuvre et on a essayé de comprendre ce que faisaient les habitants en fonction du positionnement de certains corps, par exemple un adulte portant un bracelet qui tenait un enfant ; on a supposé qu’il s’agissait de la mère de l’enfant. De même, on a pensé qu’il s’agissait de sœurs lors de la découverte d’un groupe de corps.
Aujourd’hui, grâce à des techniques modernes, des chercheurs des universités d’Harvard (États-Unis) et Florence ‘Italie) ont pu récupérer des fragments d’os dans le plâtre et en ont séquencé l’ADN. C’est ainsi qu’ils ont découvert qu’aucune de ces hypothèses n’était vraie. Les résultats des travaux, publiés début novembre dans la revue Current Biology, remettent en question les hypothèses admises jusqu’à présent sur le genre et la famille.
En 2015, le Parc archéologique de Pompéi a commencé à travailler sur 86 des 104 moulages réalisés à l’origine par Fiorelli. Des radiographies et des tomodensitogrammes ont montré qu’aucun des moulages ne contenait de squelette complet, mais que subsistaient des fragments d’os dans bon nombre d’entre eux.
Le Parc archéologique a invité les auteurs de l’étude publiée dans Current Biology à rechercher les fragments d’os et les dents encore accessibles dans les moulages. Les scientifiques du Parc et les auteurs de l’étude travaillent aujourd’hui sur un projet plus vaste visant à mieux comprendre la diversité génétique présente à Pompéi pendant l’Empire romain.
Certains os qui avaient été mélangés directement au plâtre des moulages sont extrêmement fragiles. Toutefois, l’équipe scientifique a pu extraire et analyser l’ADN de plusieurs fragments retrouvés dans différents sites, notamment la Maison du Bracelet d’Or, la Maison du Cryptoportique et la Villa des Mystères.

La Maison du Bracelet d’Or, une structure en terrasse décorée de fresques colorées, doit son nom à un adulte portant un bracelet, avec un enfant à califourchon sur ses genoux. À côté d’eux se trouvait un autre adulte, présumé être le père de l’enfant. Tous trois ont été retrouvés au pied d’un escalier qui menait à un jardin, tandis qu’un deuxième enfant a été découvert à quelques mètres de là, peut-être séparé des autres alors qu’ils tentaient de s’échapper vers le jardin.
On pense que les deux adultes et l’un des enfants ont été tués lorsque l’escalier s’est effondré alors qu’ils tentaient de fuir, vraisemblablement vers le port voisin.
Jusqu’à présent, les chercheurs pensaient que la personne portant le bracelet était la mère de l’enfant, mais l’analyse génétique a révélé qu’il s’agissait d’un homme adulte et d’un enfant sans lien de parenté. L’homme adulte avait probablement les cheveux noirs et la peau foncée.

Crédit photo : Parc archéologique

La Maison du Cryptoportique doit son nom au passage souterrain de la maison, dont les ouvertures couraient sur trois côtés du jardin de la propriété. Les murs de la maison étaient décorés de scènes inspirées de « L’Iliade » d’Homère. Bien que neuf personnes aient été retrouvées dans le jardin devant la maison, des moulages n’ont pu être réalisés que pour quatre d’entre elles. Deux corps semblaient s’embrasser, ce qui avait conduit les archéologues à émettre l’hypothèse qu’il s’agissait de deux sœurs, d’une mère et de sa fille, ou d’amantes.
La dernière analyse montre qu’un individu avait entre 14 et 19 ans au moment du décès, tandis que l’autre était un jeune adulte. Bien qu’il n’ait pas été possible de définir le sexe de l’un d’eux, l’autre a été génétiquement classé comme étant de sexe masculin.

 

Crédit photo : Parc archéologique

La Villa des Mystères doit son nom à une série de fresques datant du premier siècle avant J.-C. Elles représentent un rituel dédié à Bacchus, le dieu du vin, de la fertilité et de l’extase religieuse. La villa comprenait son propre pressoir à vin, ce qui était fréquent chez les familles riches de l’époque.
Plusieurs personnes ont été retrouvées dans la maison, et il est évident qu’elles sont mortes à différents moments de l’éruption. Les corps de deux adultes, probablement des femmes, et d’un enfant ont été découverts là où ils sont tombés au rez-de-chaussée de la maison, tandis que six autres restes ont été trouvés dans des dépôts de cendres superposés dans la même maison, ce qui laisse supposer qu’ils ont survécu à la première vague de l’éruption, avant de mourir plus tard.
Une personne a été retrouvée seule dans une pièce avec un fouet et cinq pièces de bronze. Elle portait une bague en fer où était gravée une figurine féminine. À proximité se trouvait un homme mince et mesurant environ 1,85 mètre.D’après les traces de ses vêtements, on a la confirmation qu’il était probablement le gardien de la villa avec un grand sens du devoir. En effet, il est resté à son poste jusqu’à la fin.

 

Photo : C. Grandpey

Les données génétiques recueillies ont aussi révélé que Pompéi était une ville cosmopolite peuplée de personnes d’origines diverses. Beaucoup d’entre elles, comme les 14 individus analysés dans l’étude, descendaient de migrants arrivés récemment de l’est de la Méditerranée, ce qui reflète des schémas plus larges de mobilité et d’échanges culturels dans l’Empire romain.
À l’époque, l’Empire romain s’étendait de la Grande-Bretagne à l’Afrique du Nord et au Moyen-Orient, et Pompéi était située à côté de l’un des ports les plus fréquentés du monde antique, où les navires arrivaient régulièrement d’Alexandrie en Égypte. En outre, cette partie du sud de l’Italie avait une histoire de connexions internationales encore plus longue. En effet, les premières colonies grecques dans la baie de Naples remontent à plus de 800 ans avant l’éruption du Vésuve. Il est donc logique que l’origine et l’apparence de la population reflètent cette histoire cosmopolite.
Source : CNN via Yahoo News, Géo, Futura Science.

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When Mount Vesuvius erupted in AD 79, it killed most of the city’s population. Ash and pumice covered Pompeii and its residents, preserving scenes of the victims of the city’s destruction like a time capsule.

Excavations first began to unearth the forgotten city in 1748, but it wasn’t until 1863 that archaeologist Giuseppe Fiorelli developed a method to make plaster casts of some of the Pompeii victims. The soft tissue of the bodies encased in ash had decomposed over time, so Fiorelli poured liquid chalk into some of the outlines left behind by the bodies to preserve the shapes of 104 people.

Narratives formed based on the positioning of some of the remains, including those of an adult wearing a bracelet who was holding a child and thought to be the child’s mother. Similarly, a group of bodies found together were suspected of being sisters.

Today, using modern techniques to restore some of the casts, researchers from the universities of Harvard (USA) and Florence (Italy) retrieved bone fragments from within the plaster and sequenced DNA from them, discovering that none of those assumptions were true. The discoveries, published early November in the journal Current Biology, challenge traditional gender and familial assumptions.

In 2015, the Archaeological Park of Pompeii began efforts to restore 86 of the 104 casts originally made by Fiorelli. X-rays and CT scans showed that while none of the casts contained complete skeletons, bone fragments were within many of them.

The Archaeological Park of Pompeii invited the study team to research the bone fragments and teeth that were accessible due to earlier damage to the casts. Together, park scientists and the study authors are working on a larger project to better understand the genetic diversity present in Pompeii during the Roman Empire.

Some bones were mixed directly in with plaster used in the casts and incredibly fragile, but the team was able to extract and analyze DNA from multiple fragments. The remains studied had been found at different sites including the House of the Golden Bracelet, the House of the Cryptoporticus and the Villa of the Mysteries.

The House of the Golden Bracelet, a terraced structure decorated with colorful frescoes, was named for an adult found wearing the item and with a child astride on their hip. Next to them was another adult, presumed to be the child’s father. All three were found at the foot of a staircase that led out to a garden, while a second child was discovered a few meters away, possibly separated from the rest as they tried to escape to the garden.

It is believed the two adults and one of the children were killed when the staircase collapsed as they tried to flee, presumably to the nearby port.

Traditionally, researchers assumed the bracelet-wearing person to be the child’s mother. But the genetic analysis revealed the pair to be an unrelated adult male and child. The adult male likely had black hair and dark skin.

The House of the Cryptoporticus was named for the home’s underground passageway with openings that ran along three sides of the property’s garden. The home’s walls were decorated with scenes inspired by Homer’s “The Iliad.” While nine people were found in the garden in front of the home, casts could only be made for four of them. Two bodies appeared to be embracing, leading archaeologists to hypothesize that they were two sisters, a mother and daughter, or lovers.

The new analysis showed that one individual was 14 to 19 years old at the time of death, while the other was a young adult. While sex estimation wasn’t possible for one of them, the other was genetically classified as a male.

The Villa of the Mysteries gets its name from a series of frescoes, dating back to the first century BC, that depict a ritual dedicated to Bacchus, the god of wine, fertility and religious ecstasy. The villa included its own winepress, common for wealthy families at the time.

Multiple people were found in the house, and it was clear they died during different points of the eruption. The bodies of two adults, thought to be women, and a child were discovered where they fell on the home’s lower floor, while six more sets of remains ended up in overlaying ash deposits in the same home, suggesting they survived the first wave of the eruption, only to die later.

One person was found alone in a room with a whip and five bronze coins and wore an engraved iron ring bearing a female figurine. The man was thin and about 1.85 meters tall, and based on the traces of his clothes, he was likely the villa’s custodian who remained at his post until the end.

The genetic data collected during the research revealed that Pompeii was a cosmopolitan city full of people with diverse backgrounds. Many descended from recent immigrants to Pompeii from the eastern Mediterranean, which reflects broader patterns of mobility and cultural exchange in the Roman Empire.

At the time, the Roman Empire extended from Britain to North Africa and the Middle East, while Pompeii was located next to one of the ancient world’s busiest ports, where ships regularly arrived from Alexandria in Egypt. Besides, this part of southern Italy had an even longer history of international connections. Indeed, the first Greek settlements in the Bay of Naples go back more than 800 years before the eruption of Mount Vesuvius. So it makes sense that the background and appearance of the population would have reflected this cosmopolitan history.

Source : CNN via Yahoo News, Géo, Futura Science.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Dans ma note « Volcans du monde » du 8 novembre 2024, j’indiquais qu’un puissant épisode explosif aavait eu lieu sur le Sheveluch (Kamchatka) le 7 novembre 2024 à 9h20 (UTC). La couleur de l’alerte aérienne a été élevée au Rouge. On a appris les jours suivants que les cendres se sont propagées jusqu’à 430 km de distance, perturbant les vols régionaux. Les éruptions ont presque entièrement détruit un nouveau dôme baptisé « 300 ans de l’Académie des Sciences de Russie (RAS) » édifié sur le versant d’un dôme plus ancien. Les éruptions ont également déposé des cendres sur plus de 7 000 km2 à l’est du volcan, y compris sur des villes comme Klyuchi, à 50 km du Shiveluch, ou Oust-Kamchatsk, à 100 km au sud-est du volcan où les autorités locales ont fermé les jardins d’enfants et les écoles.

Dans les jours suivant, l’activité éruptive s’est calmée et le couleur de l’alerte aérienne a été ramenée à l’Orange. Le KVERT indique malgré tout que le dôme continue à croître sur le versan SO du Vieux Sheveluch avec de puissantes émissions de gaz et de vapeur.

Image satellite du panache de cendres le 8 novembre (Source : NASA)

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Le volcan de boue Cacahual (également connu sous le nom d’El Aburrido) à Antioquia (Colombie) a connu une éruption majeure le 11 novembre 2024. Elle a blessé au moins huit personnes et causé des dégâts importants aux habitations voisines. Trois enfants qui avaient inhalé de la fumée ont perdu connaissance momentanément. L’éruption a généré une grande boule de feu, qui a affecté plusieurs localités et provoqué l’évacuation de 16 familles. 35 enfants ont également été transférés dans une école locale pour assurer leur sécurité. Les éruptions de ce volcan de boue peuvent être violentes. L’une d’elles en 1992 a fait sept morts et 20 blessés.
Le Cacahual fait partie de la ceinture de volcans de boue de Sinú, une région qui s’étend du golfe d’Urabá à Barranquilla, et où des centaines de volcans de boue se sont formés au cours de millions d’années en raison de processus géologiques. Ces formations résultent du diapirisme de la boue pendant lequel l’activité bactérienne sur les boues riches en sédiments produit des gaz qui peuvent déclencher des éruptions.
Source : Servizio Geologico Colombiano (SGC).

 

Image extraite de l’une des nombreuses vidéos (elles sont de mauvaise qualité) mises en ligne sur les réseaux sociaux.

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L’activité éruptive semble avoir diminué au cours des dernières heures sur le Lewotobi Laki-laki (île de Flores / Indonésie) mais les éruptions des derniers jours ont perturbé le trafic aérien dans la région. Malgré les promesses faites après l’éruption de l’Eyjafjallajökull (Islande) en 2010, aucune mesure n’a été prise pour installer des systèmes de détection de cendres dans les avions.
En raison de l’éruption du Lewotobi, trois compagnies aériennes australiennes ont annulé leurs vols à destination et en provenance de Bali. Les immobilisations des avions ont affecté les vols de Jetstar, Qantas et Virgin Australia les 12 et 13 novembre 2024, avec des passagers bloqués dans les aéroports.
L’alerte aérienne a commencé le 10 novembre lorsque le Lewotobi Laki-laki est entré en éruption avec une colonne de cendres de 9 km de hauteur. L’événement a tué neuf personnes et a provoqué l’évacuation de plus de 15 000 autres à proximité du cratère. Les vents d’est ont poussé la cendre volcanique au-dessus de l’aéroport de Denpasar à Bali ainsi que dans l’espace aérien au sud de ce dernier.

Le 12 novembre, les panaches de cendres s’élevaient encore à 9 km au-dessus du sommet.
Un article de presse indiquait le 12 novembre qu’environ 2 700 logements devraient être construits pour reloger les personnes évacuées.
Source : PVMBG, The Guardian et journaux indonésiens.

Image webcam du Lewotobi le 14 novembre 2024

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Le niveau d’alerte du Karangetang (Indonésie) a été relevé à 3 (sur une échelle de 1 à 4) le 11 novembre 2024 en raison d’une hausse de la sismicité. Des panaches de vapeur et de gaz s’élèvent jusqu’à 50 m au-dessus du sommet. Le public est prié de rester à 2,5 km de Kawah Dua (cratère nord) et du cratère principal (cratère sud) avec une extension à 3,5 km le long des flancs ouest, sud-ouest, sud et sud-est.

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Une hausse de l’activité sismique est observée sur le Lokon-Empung (Indonésie) depuis le 31 octobre 2024. Entre 32 et 154 séismes d’origine volcanique, peu profonds, sont enregistrés chaque jour. En conséquence, le niveau d’alerte a été relevé de 2 à 3 (sur une échelle de 1 à 4) le 10 novembre, et le public est invité à rester à au moins 3 km du cratère.

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Une hausse’ de l’activité a été enregistrée sur le Paluweh (arc volcanique de la Sonde / Indonésie) au cours des deux premières semaines de novembre. Une forte odeur de soufre a également été signalée. Le 10 novembre 2024, le niveau d’alerte a été relevé de 1 à 2 (sur une échelle de 4), et le public a été invité à rester à au moins 2 km du cratère.
Source : PVMBG.

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Selon le Met Office islandais, une éruption sur la péninsule de Reykjanes en novembre est peu probable. En fait, personne ne sait quand la lave percera la surface.
Selon les dernières données et l’expérience des événements passés, le Met Office pense que la pression ne sera pas suffisante pour déclencher une éruption ce mois-ci. Le soulèvement du sol et l’accumulation de magma sous Svartsengi ont continué au même rythme ces dernières semaines. L’activité sismique le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkagígaröð reste relativement faible.
On estime que la quantité de magma nécessaire pour déclencher une nouvelle intrusion ou une éruption est d’au moins 23 millions de mètres cubes. Le Met Office nous rappelle que 15 millions de mètres cubes s’étaient accumulés fin octobre.
Source : Met Office

L’inflation à Svartsengi le 14 novembre 2024 (Source: Met Office)

Le 11 novembre 2024 marque le premier anniversaire de ll’essaim sismique dévastateur qui a entraîné l’évacuation de Grindavík. Un récent rapport du cabinet du Premier ministre souligne que des décisions devront être prises concernant l’avenir de la municipalité de Grindavík, dont les finances seront autrement réduites à néant. Bien que 1 600 habitants soient officiellement recensés dans la ville, la population réelle est plus proche de 100 résidents. S’agissant de la reconstruction, le rapport met l’accent sur la patience, compte tenu de l’incertitude entourant la durée de l’activité volcanique dans la région.
Source : Iceland Review.

Grindavik encore sous la menace de la lave? (Crédit photo: Icelnd Review)

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Les images satellites de novembre 2024 montrent une activité continue sur le Nyamuragira (RDC). De fortes anomalies thermiques étaient visibles au niveau du cratère principal sur les images satellites des 2 et 12 novembre. Selon l’Observatoire Volcanologique de Goma (OVG), les émissions de dioxyde de soufre identifiées dans les données satellitaires atteignaient 7 000 tonnes par jour le 7 novembre. Les émissions de gaz ont été attribuées à la fois au Nyamuragira et au Nyiragongo.

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Alors que l’activité éruptive se poursuit au sommet du volcan, majoritairement au niveau de la zone cratèrique nord, l’île de Stromboli (Sicile) a de nouveau été envahie par la boue. Le village de Ginostra, le plus touché, est resté sans électricité pendant la nuit du 10 au 11 novembre. Les coulées de boue se multiplient avec les forte pluies suite à l’incendie qui s’est déclenché le 12 août 2022 lors du tournage d’un film et qui a fait disparaître une vaste surface de végétation.

Source : presse italienne.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity in the world:

In my post “Volcanoes of the World” of November 8th, 2024, I wrote that a powerful explosive episode had occurred at Sheveluch (Kamchatka) on November 7th, 2024 at 09:20 (UTC). The aviation color code was raised to Red. We learnt the following days that the ash cloud had spread as far as 430 km away, disrupting regional flights. The eruptions almost completely destroyed a new dome named “300 years of the Russian Academy of Sciences (RAS)” built on the slope of an older dome. The eruptions also deposited ash over more than 7,000 km2 to the east of the volcano, including on cities such as Klyuchi, 50 km from Shiveluch, or Ust-Kamchatsk, 100 km southeast of the volcano where local authorities closed kindergartens and schools.

In the following days, the eruptive activity subsided and the aviation color code was lowered to Orange. KVERT nevertheless indicates that the dome continues to grow on the SW side of Old Sheveluch with powerful gas and steam emissions.

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A major eruption took place at the Cacahual (also known as El Aburrido) mud volcano in Antioquia (Colombia) on November 11th, 2024. It injured at least eight people and caused significant damage to nearby homes. Three children were affected by smoke inhalation and lost consciousness momentarily. The eruption produced a large fireball, affecting multiple communities and prompting evacuation of 16 families. 35 children were also transferred to a local school to ensure their safety. The eruptions of this mud volcano can be violent. One of them in 1992 resulted in seven deaths and 20 injuries.

Cacahual is part of the Sinú Belt of mud volcanoes, a region spanning the Gulf of Urabá to Barranquilla, where hundreds of mud volcanoes have formed over millions of years due to geological processes. These formations result from mud diapirism, where bacterial activity on sediment-rich sludge produces gases that can trigger eruptions.

Source : Colombian Geological Service (SGC).

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It looks as if eruptive activity has become less intense at Lewotobi Laki-laki (Flores Island / Indonesia) but the eruptions of the past days have disruped air trafic in the region. Despite the promisses made after the Eyjafjallajökull eruption (Iceland) in 2010, no measures have been taken to install ash detecting systems in the aircraft.

Due to the Lewotobi eruption, three Australian airlines have cancelled flights to and from Bali. The groundings affected Jetstar, Qantas and Virgin Australia flights on November 12th and 13th, 2024, leaving passengers stranded.

The emergency began on November 10th when Mount Lewotobi Laki-laki volcano erupted, spewing an ash column 9 km high. The event killed nine persons and prompted the evacuation of more than 15,000 people close to the crater. Easterly winds brought volcanic ash over Denpasar airport in Bali as well the airspace to the south of the airport.

Ash plumes on 12 November still rose as high as 9 km above the summit

A news report noted on 12 November that around 2,700 housing units needed to be built for evacuees to be relocated.

Source : PVMBG, The Guardian and Indonesian newspapers.

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The Alert Level for Karangetang (Sangihe Volcanic Arc / Indonesia) was raised to 3 (on a scale of 1-4) on 11 November 2024 due to increased seismicity. Steam and gas plumes rose as high as 50 m above the summit. The public is asked to stay 2.5 km away from Kawah Dua (North Crater) and the Main Crater (South Crater) with an extension to 3.5 km along the W, SW, S, and SE flanks.

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Increased seismic activity has been observed at Lokon-Empung (Sangihe Volcanic Arc / Indonesia) since 31 October 2024. Between 32 and 154 shallow volcanic earthquakes are recorded each day. As a consequence, the Alert Level was raised from 2 to 3 (on a scale of 1-4) on 10 November, and the public is asked to stay 3 km away from the crater.

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An increase in activity was recorded at Paluweh (Sunda Volcanic Arc) in the first two weeks of November. People also reported a strong sulfur odor. On 10 November 2024, the Alert Level was raised from 1 to 2 (on a scale of 4), and the public was asked to stay 2 km away from the crater.

Source : PVMBG.

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According to the Icelandic Meteorological Office, an eruption on the Reykjanes peninsula in November is unlikely. It is wise to say that nobody knows when lava will pierce the surface.

Based on the latest data and experience from past events, the Met Office thinks that not enough pressure will have built up to trigger an eruption this month. Land uplift and magma accumulation beneath Svartsengi has continued at a similar rate in recent weeks. Seismic activity along the Sundhnúkagígaröð crater row remains relatively low.

It is estimated that the amount of magma required to trigger a new intrusion or eruption is at least 23 million cubic metres. The Met Office reminds us that 15 million cubic metres of magma had accumulated in late October.

Source : Met Office.

November 11th, 2024 marked the first anniversary of the devastating swarm of earthquakes that triggered the evacuation of the town of Grindavík. A recent report from the Prime Minister’s office noted that decisions will have to be made about the future of the Grindavík municipality, whose finances will otherwise be devastated. Although 1,600 residents are officially registered in the town, the actual population appears to be closer to 100. As for reconstruction, the report emphasises patience, given the uncertainty surrounding the duration of volcanic activity in the region.

Source : Iceland Review.

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Satellite images in November 2024 indicated continuing activity at Nyamuragira (DRC). Large thermal anomalies in the main crater were visible in 2 and 12 November satellite images. According to the Observatoire Volcanologique de Goma (OVG) sustained sulfur dioxide emissions identified in satellite data were as high as 7,000 tonnes per day on 7 November. The gas emissions were attributed to both Nyamuragira and Nyiragongo.

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While eruptive activity continues at the summit of the volcano, mainly in the northern crater area, the island of Stromboli (Sicily) has once again been invaded by mud. The village of Ginostra, the most affected, was left without electricity during the night of 10 to 11 November 2024. Mudslides are increasing with heavy rains following the fire that broke out on 12 August 2022 during the filming of a movie and which burnt and wiped out a large area of ​​vegetation.
Source: Italian press.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Les glaciers à Cahors le 19 novembre 2024 !

Je présenterai le mardi 19 novembre 2024 une conférence intitulée « Glaciers en péril – Les effets du réchauffement climatique » dans le cadre de l’Université Pour Tous  de CAHORS (Lot). Elle aura lieu à 14h30 au Centre Universitaire Maurice Faure – Salle de conférences – 273 Avenue Henri Martin. Elle prendra une importance particulière après la réélection du climato-sceptique Donald Trump à la tête des États-Unis.

Tempêtes, glissements de terrain et autres catastrophes naturelles se multiplient. Elles sont souvent la conséquence du réchauffement climatique.
Lors de ses voyages à travers le monde pour étudier les phénomènes volcaniques, j’ai eu l’occasion de parcourir des terres nordiques – en particulier l’Islande, le Canada et l’Alaska – et de me rendre compte de l’impact du réchauffement climatique sur les glaciers. L’approche terrestre et les survols ne laissent pas le moindre doute sur leur recul. Plus près de nous, dans les Alpes, les glaciers sont en passe de devenir une espèce en voie de disparition.
Aucun continent ne semble épargné, pas plus l’Afrique et les neiges du Kilimandjaro que l’Asie avec la chaîne himalayenne. Une prise de conscience est urgente, faute de quoi notre société sera confrontée à de graves problèmes.
Mon exposé se poursuivra avec un diaporama d’une vingtaine de minutes, en fondu-enchaîné sonorisé, illustrant la situation glaciaire en Alaska.

A l’issue de la séance, les spectateurs pourront se procurer un CD de 160 photos de glaciers à travers le monde, ainsi que l’ouvrage « Dans les Pas de l’Ours » écrit conjointement avec Jacques Drouin.

Fonte des glaciers sur le Mont Rainier (Photo: C. Grandpey)

Le Glacier Blanc (Massif des Écrins) : un glacier en péril

Au cours de ma conférence « Glaciers en péril », j’attire l’attention sur la fonte des grands glaciers alpins comme la Mer de Glace en France ou l’Aletsch en Suisse, mais également sur le déclin de glaciers un peu moins connus, comme le Glacier Blanc dans le massif des Écrins. Les étés se succèdent et ce glacier continue de perdre en masse.

La dernière campagne de mesures, réalisée par le Parc national des Écrins cet été, montre que la fonte du Glacier Blanc s’est poursuivie en 2024. En 2022, le glacier avait déjà perdu 5 mètres d’épaisseur. En 2024, il a reculé de 16 mètres. Le front du glacier est donc remonté à 2 600 m d’altitude.

Du fait de l’enneigement exceptionnel l’hiver dernier, la fonte du Glacier Blanc pendant l’été 2024 a commencé tardivement (début août) mais a tout de suite été très intense. Le Parc National des Écrins fait état d’une perte d’un mètre d’eau pendant la première quinzaine d’août, autant qu’entre la mi-août et la mi-septembre, pour atteindre 2,78 m à la fin des mesures.

Il faut par ailleurs noter que le sable saharien, poussé par le vent du sud, a accéléré la fonte de la neige cet été. Le phénomène est bien connu : lorsque de la cendre ou du sable se dépose sur une surface de neige ou de glace, son pouvoir à réfléchir la lumière du soleil – l’albédo – diminue et la neige et la glace fondent plus vite. Le Parc explique qu’  »à la faveur du tassement et de la fonte, les couches de sable se sont concentrées en surface du manteau neigeux, a contrario des surfaces de glace où le sable a été lessivé par la circulation de l’eau de fonte. »

La carte ci-dessous et les photos prises sur le terrain confirment la fonte ultra rapide du Glacier Blanc.

Source: Parc des Écrins

Photos: C. Grandpey