De l’eau sous la Chaîne des Cascades (États Unis) // Water beneath the Cascade Range (United States)

Des scientifiques de l’Université de l’Oregon ont découvert un vaste aquifère souterrain sous la Chaîne des Cascades au niveau de l’Oregon. Il contiendrait au moins 81 kilomètres cubes d’eau, soit près de trois fois la capacité du lac Mead qui alimente la Californie, l’Arizona et le Nevada.
Les chercheurs affirment que ce vaste réservoir stocké à l’intérieur de la roche volcanique aura des implications sur les ressources en eau au niveau régional et conduira à une nouvelle approche des risques volcaniques.

 

Vue de la Chaîne des Cascades aux États Unis (Source : USGS)

Le réservoir est stocké dans les roches au sommet des montagnes et ressemble à un grand château d’eau. Cette eau provient de l’infiltration des eaux de pluies et de fonte grâce à la porosité des roches volcaniques. L’étude ajoute que cet aquifère joue un rôle important dans l’hydrologie régionale et l’activité volcanique.
La Chaîne des Cascades a été façonnée par des processus volcaniques pendant des millions d’années avec des coulées de lave poreuses qui permettent une circulation d’eau en profondeur. Les chercheurs pensent que ce système de stockage d’eau pourrait sur le long terme atténuer, au moins pendant un certain temps, les effets du réchauffement climatique sur la disponibilité de l’eau. En effet, de nombreuses localités de l’Oregon dépendent des Cascades pour leur alimentation en eau.
Des analyses plus poussées des formations géologiques montrent que des aquifères semblables pourraient exister dans d’autres régions volcaniques. La présence d’un système d’eau souterraine aussi vaste pourrait avoir des conséquences sur les risques volcaniques. Les éruptions pourraient devenir plus explosives dans le cas d’une interaction du magma avec les eaux souterraines. Au final, cette situation pourrait accroître le risque volcanique le long de la chaîne des Cascades. Les modèles géologiques révèlent que l’eau stockée dans les roches volcaniques pourrait altérer la stabilité des chambres magmatiques. L’interaction entre le magma à haute température et l’eau sous pression a été associée à une activité volcanique explosive dans le passé. Les chercheurs insistent sur la nécessité de surveiller en permanence les niveaux d’eau et l’activité sismique dans la région des Cascades pour évaluer les risques potentiels.
La découverte de cet aquifère pourrait permettre de lutter contre les pénuries d’eau lors des périodes de sécheresse et lorsque la couche de neige est insuffisante. Les scientifiques estiment que l’aquifère prendra probablement des décennies pour se recharger complètement par des processus naturels. Une gestion prudente est donc essentielle.
Les hydrologues et les décideurs politiques évaluent actuellement la meilleure façon d’utiliser cette nouvelle source d’eau. Les applications potentielles comprennent l’approvisionnement en eau des zones habitées, l’irrigation des terres agricoles et le maintien de la stabilité des écosystèmes.
Des recherches sont en cours pour déterminer comment l’extraction de cette eau pourrait affecter les systèmes d’eaux souterraines. Il faut s’assurer que le pompage à long terme n’épuise pas le réservoir plus rapidement qu’il se reconstitue.
Référence :
State shifts in the deep Critical Zone drive landscape evolution in volcanic terrains, Leif Karlstrom, Nathaniel Klema, Gordon E. Grant et Daniele McKay, PNAS – https://doi.org/10.1073/pnas.2415155122

Source : The Watchers. 

Le mont Hood, le mont Jefferson et Crater Lake sont quelques uns des volcans de l’Oregon (Photo; C. Grandpey)

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Scientists from the University of Oregon have discovered a vast underground aquifer beneath Oregon’s Cascade Range, storing at least 81 cubic kilometers of water, which is nearly 3 times the capacity of Lake Mead that supplies water to California, Arizona, and Nevada.

Researchers say this vast water reservoir stored within volcanic rock has implications for regional water resources and volcanic hazards.

The lake is stored in the rocks at the top of the mountains, like a big water tower. The water comes from the infiltration of melt water thanks to the porosity of the volcanic rocks. The study indicates that this aquifer plays an important role in regional hydrology and volcanic activity.

The Cascade Range has been shaped by volcanic processes over millions of years and created porous lava flows that allow deep water circulation. Researchers believe this water storage system could serve as a long-term reservoir and mitigate, at least for some time, the effects of global warmingon water availability. Indeed, many communities in Oregon depend on water from the Cascades.

Further analysis of geological formations suggests that similar aquifers may exist in other volcanic regions. The presence of such a large underground water system might have implications for volcanic hazards. Eruptions could become more explosive when magma interacts with groundwater and increases the risks posed by Cascade Range volcanoes. Geological models indicate that water stored within volcanic rocks could alter the stability of magma chambers. The interaction between hot magma and pressurized water has been associated with explosive volcanic activity in the past. Researchers focus on the need for continued monitoring of both water levels and seismic activity in the Cascade region to assess potential risks.

The discovery of this aquifer could provide an important buffer against water shortages with increasing droughts and declining snowpack levels. Scientists estimate that the aquifer may take decades to fully recharge through natural processes and this makes careful management essential.

Hydrologists and policymakers are now evaluating how best to utilize this newly discovered water source. Potential applications include augmenting municipal water supplies, supporting agricultural irrigation, and maintaining ecosystem stability.

Research is ongoing to determine how extraction might affect groundwater systems and whether long-term pumping could deplete the reservoir faster than it can be replenished.

Reference:

State shifts in the deep Critical Zone drive landscape evolution in volcanic terrains, Leif Karlstrom, Nathaniel Klema, Gordon E. Grant, and Daniele McKay, PNAS – https://doi.org/10.1073/pnas.2415155122

Source : The Watchers.

Conséquences des incendies à Los Angeles // Consequences of the wildfires in Los Angeles

Les conséquences des incendies qui ont ravagé Los Angeles continuent d’affecter la région. D’innombrables structures ont été détruites, le bilan humain est toujours en hausse et de nombreuses personnes qui ont tout perdu tentent de survivre à la catastrophe.
Les récentes pluies torrentielles qui se sont abattues sur le sud de la Californie ont certes aidé les pompiers dans leurs efforts pour éteindre les dernières braises, mais elles ont également entraîné des eaux de ruissellement toxiques dans l’océan. Les services sanitaires du comté de Los Angeles ont émis un bulletin d’alerte :
« En raison des pluies récentes et de la présence de plus en plus grande de débris d’incendie le long des eaux océaniques, il a été décidé de fermer ces eaux océaniques entre Las Flores State Beach et Santa Monica State Beach. Les eaux de ruissellement, les débris d’incendie et les polluants dans l’eau et sur le sable peuvent contenir des produits chimiques toxiques ou cancérigènes. […]
La fermeture restera en vigueur jusqu’à nouvel ordre. Les utilisateurs de la plage sont priés d’éviter tout contact avec l’eau et le sable. »
Comme le savent la plupart des surfeurs, surfer après une pluie peut entraîner de sévères problèmes sanitaires. Si l’on ajoute à cela les produits chimiques utilisés pour lutter contre l’incendie et les débris laissés par les incendies, on obtient un cocktail toxique.

Source : presse californienne.

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The fallout from the devastating fires in Los Angeles continue in the region with untold structures lost, a still rising death toll, and scores of people attempting to outlive the disaster

The recent hravy rainfall across Southern California helped firefighters in their efforts to extinguish the lingering embers, but also funneled toxic runoff into the ocean. The County of Los Angeles Department of Public Health issued an advisory:

“Due to recent rainfall and the increase in fire debris along these ocean waters, an Ocean Water Closure has been declared for Las Flores State Beach to Santa Monica State Beach. Fire debris runoff and pollutants in the water and on the sand may contain toxic or carcinogenic chemicals. […]

The closure will remain in effect until further notice. Beach users are cautioned to avoid water and sand contact.”

As most surfers know, surfing after a rain can lead to some nasty infections. But when you add in the chemicals used to fight the fire, and the debris from the wreckage, that’s one toxic cocktail.

Source : Californian news media.

…mais on ne s’ennuie pas à Hawaï ! // …but they don’t get bored in Hawaii !

Alors que le Piton de la Fournaise est inactif depuis plus d’un an à La Réunion, le Kilauea sur la Grande Île d’Hawaï n’en finit pas de jouer avec les scientifiques de l’Observatoire volcanologique. L’éruption qui a débuté le 23 décembre 2024 traverse une série d’épisodes d’activité. Le 7ème épisode avait débuté à 18h41 (heure locale) le 27 janvier et s’est terminé brusquement à 10h47 (heure locale) le 28 janvier. Les bouches nord et sud ont toutes deux cessé d’émettre de la lave à peu près au même moment. Les coulées de lave de cet épisode ont recouvert plus de la moitié du plancher de l’Halemaʻumaʻu.
On a enregistré une déflation sommitale d’environ 7 microradians pendant l’épisode 7, soit plus du double de celle enregistrée lors des épisodes 5 et 6.  La fin de l’éruption a coïncidé avec un retour à l’inflation et une diminution de l’intensité du tremor. Le retour de l’inflation indique qu’un 8ème épisode éruptif devrait débuter prochainement.
Source : HVO.

Voici le moment où l’épisode 7 a pris fin (image webcam)

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While Piton de la Fournaise has been inactive for more than oneyear onn Reunion Island, Kilauea on Hawaii Big Island never stops playing with the scientists at the Hawaiian Volcano Observatory. The eruption that started on December 23rd, 2024 is going through a series of episodes of activity. The 7th episode began at 6:41 pm (local time) on January 27th and ended abruptly at 10:47 a.m. (local time) on January 28th. Both the north and south vents stopped emitting lava at about the same time. Lava flows from this episode covered more than half of the floor of Halemaʻumaʻu.

Deflationary tilt at the summit recorded about 7 microradians during episode 7, more than twice that recorded during episodes 5 and 6.  The end of the eruption was coincident with a rapid change from deflation to inflation at the summit and a decrease in seismic tremor intensity.  The return to inflation indicates that an 8th eruptive episode is likely to start shortly.

Source : HVO.

On s’ennuie sur l’île de la Réunion ! // No eruption at Reunion Island !

On s’ennuie sur l’île de la Réunion. ! En 2024, aucune éruption n’a eu lieu au Piton de la Fournaise. Les fous du volcan scrutent le ciel et vont bientôt faire des offrandes aux dieux si la situation ne se débloque pas….

Pour les rassurer, l’OVPF fait remarquer que le Piton n’est pas mort. Le dernier bulletin couvrant l’année 2024 indique que suite à la dernière éruption – 2 juillet – 10 août 2023 – deux périodes d’inflation de l’édifice volcanique ont été enregistrées en novembre 2023 et mars 2024. Elles correspondaient à une mise en pression du réservoir magmatique superficiel situé à 1,5-2 km sous la surface. La deuxième phase d’inflation de mars 2024 s’est accompagnée d’une hausse de la sismicité sous les cratères sommitaux. La mise en pression du réservoir n’a pas été suffisante pour déclencher une intrusion magmatique vers la surface.

Depuis avril 2024, l’activité sismique est restée faible sous le Piton de la Fournaise et une légère déflation de l’édifice est enregistrée.

Après consultation des archives, l’OVPF nous apprend qu’Il faut remonter à 2013 pour connaître une année sans éruption. La dernière période sans éruption avait duré 1288 jours entre le 10/12/2010 et le 20/06/2014. L’Observatoire nous rappelle que l’activité volcanique n’est pas continue ; elle présente des fluctuations majeures à l’échelle décennale avec des cycles éruptifs entrecoupés de plusieurs années sans éruption.

Source : Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF).

Photos: C. Grandpey

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People are bored on Reunion Island. ! In 2024, no eruption took place at Piton de la Fournaise. The volcano’s madmen are scanning the sky and will soon make offerings to the gods if the situation does not improve….
To reassure them, the OVPF points out that the Piton is not dead. The latest report covering the year 2024 indicates that following the last eruption – July 2nd – August 10th, 2023 – two periods of inflation of the volcanic edifice were recorded in November 2023 and March 2024. They corresponded to a pressurization of the shallow magma reservoir located 1.5-2 km below the surface. The second phase of inflation in March 2024 was accompanied by an increase in seismicity under the summit craters. The pressurization within the reservoirwas not sufficient to trigger a magmatic intrusion towards the surface.
Since April 2024, seismic activity has remained low under Piton de la Fournaise and a slight deflation of the structure has been recorded.
After consulting the archives, the OVPF informs us that we have to go back to 2013 to observe a year without an eruption. The last period without an eruption lasted 1288 days between December 10th, 2010 and June 20th, 2014. The Observatory reminds us that volcanic activity is not continuous; it presents major fluctuations on a decadal scale with eruptive cycles interspersed with several years without an eruption.
Source : Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF).