Un ‘couvercle’ de magma à Yellowstone // A magma ‘cap’ at Yellowstone

Après la découverte d’une double chambre magmatique sous Yellowstone il y a quelques années, des scientifiques nous informent, dans une étude récemment publiée dans la revue Nature, qu’un ‘couvercle’ de magma joue probablement un rôle essentiel pour empêcher une puissante éruption dans l’un des plus grands systèmes volcaniques actifs au monde.
Ce ‘couvercle’ de magma se trouve à environ 3,8 km sous la surface de la Terre où il retient la pression et la chaleur. Il a été découvert quand les scientifiques ont utilisé un camion vibrosismique – ou vibrateur sismique – qui génère de minuscules séismes en envoyant des ondes sismiques dans le sol. Les ondes sont renvoyées par les couches souterraines et ont révélé la profondeur où se trouve le ‘couvercle’ de magma.

Crédit photo : USGS

L’étude indique que la stabilité des systèmes volcaniques actifs est « fortement influencée » par la profondeur de stockage du magma le plus proche de la surface. Le réservoir magmatique de la croûte supérieure sous la caldeira de Yellowstone n’a pas été bien défini. On sait qu’il y a du magma sous Yellowstone, mais la profondeur et la structure exactes de sa limite supérieure restent à déterminer. Les auteurs de l’étude ont constaté que ce réservoir est toujours actif.
Comme je l’ai indiqué plus haut, en 2022, des chercheurs ont découvert que le super volcan de Yellowstone possède un double réservoir magmatique sous la caldeira, bien plus important qu’on ne le pensait. La lave est présente à de faibles profondeurs et a alimenté la dernière éruption.

 Source : USGS

Les chercheurs ont modélisé diverses conditions de roche, de fusion et de volatilité afin de déterminer les matériaux composant le ‘couvercle’ de magma ; les modélisations ont révélé un mélange de silicates fondus et de bulles d’eau supercritique au sein de la roche poreuse. Les bulles se forment lorsque le magma monte et se décompresse, ce qui provoque la séparation d’éléments comme l’eau et le dioxyde de carbone de la masse en fusion. Des éruptions peuvent se produire lorsque les bulles s’accumulent et augmentent leur flottabilité, provoquant une explosion. Cependant, contrairement à ce qu’affirment certains médias, les chercheurs pensent qu’une éruption à Yellowstone n’est probablement pas imminente.
Les données d’imagerie sismique et de modélisation informatique indiquent que le réservoir magmatique sous Yellowstone libère des gaz, mais reste stable ; les bulles s’élèvent et passent à travers la roche poreuse du ‘couvercle’ magmatique. Cependant, le contenu des bulles et de la masse en fusion est inférieur à ce qui précède généralement une éruption imminente. Il semble plutôt que le système volcanique sous Yellowstone évacue le gaz par des fissures et des canaux entre les cristaux des minéraux.
La géologie complexe de Yellowstone est un environnement difficile à analyser et les chercheurs ont eu beaucoup de mal à obtenir ces données. La diffusion des ondes sismiques a produit des images bruitées, difficiles à interpréter. Cependant, les scientifiques ont réussi à obtenir l’une des premières images « ultra nettes » de la partie sommitale du réservoir magmatique sous la caldeira de Yellowstone grâce à la technique d’imagerie sismique structurelle. Cette découverte pourrait donner des indications sur l’activité future du vaste système volcanique de Yellowstone.
Source : ABC News et autres médias américains.

Émissions gazeuses à Yellowstone (Photo: C. Grandpey)

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After the discovery of a dual magma chamber beneath Yellowstone a few years ago, geoscientists are informing us, through a study recently published in the journal Nature, that a magma cap at Yellowstone National Park is likely playing a critical role in preventing a massive eruption in one of the largest active volcanic systems in the world.

The cap made of magma is about 3.8 km below the Earth’s surface and essentially acts as a lid that traps pressure and heat below it.It was found after scientists used a vibroseis truck to generate tiny earthquakes that send seismic waves into the ground. The waves measured reflected off subsurface layers, revealing a sharp boundary at the depth where the magma cap lies.

One can read in the study that the stability of hazardous volcanic systems is « strongly influenced » by the uppermost magma storage depth. In addition, the magma reservoir at the upper crust beneath Yellowstone’s caldera has not been well constrained. We know that there is magma beneath Yellowstone, but the exact depth and structure of its upper boundary is a big question. The authors of the study have found that this reservoir has not shut down and is still dynamic.

As I put it above, in 2022, researchers discovered that Yellowstone’s supervolcano has substantially more magma reservoir under the caldera than previously thought. The lava is also flowing at shallow depths that fueled prior eruption.

The researchers modeled various rock, melt and volatile conditions to determine what materials the magma cap consists of ; it revealed a mixture of silicate melt and supercritical water bubbles within porous rock. The bubbles are formed as the magma rises and decompresses, causing gases like water and carbon dioxide to separate from the melt. Volcanic eruptions can occur as the bubbles accumulate and increase in buoyancy, driving an explosion. However, the researchers say that an eruption at Yellowstone is likely not imminent.

Data from seismic imaging and computer modeling indicates that the magma reservoir is actively releasing gas but remains in a stable state, with the bubbles rising and releasing through the porous rock of the magma cap. However, the bubble and melt contents are below the levels typically associated with imminent eruption. Instead, it seems the system is venting gas through cracks and channels between mineral crystals.

Yellowstone’s complex geology was a challenging environment for the researchers to obtain the data. The scattering seismic waves produced noisy data that was hard to interpret. However, the geoscientists were able to capture one of the first « super clear » images of the top of the magma reservoir beneath the Yellowstone caldera using the structural seismic imaging technique. The discovery could offer clues to future activity amid Yellowstone’s extensive volcanic system.

Source : ABC News and other U.S. News media.

Le Groenland : un pôle économique et géostratégique majeur (2ème partie)

Les géants américains de la Tech entendent bien exploiter la Route du Grand Nord, la plus courte entre l’Asie et l’Europe, pour y faire passer leurs câbles de fibre optique. Les centres de stockage des données dans lesquels se trouvent les serveurs sont climatisés pour refroidir les infrastructures ; aller chercher du froid constitue un élément clé. Certains acteurs de la Silicon Valley ont déjà installé des serveurs en Laponie suédoise ou en Islande.

On nous l’a souvent expliqué : les Américains sont très intéressés par les richesses contenues dans le sous-sol groenlandais : or, cuivre, zinc, nickel, graphite, uranium, etc. On trouve aussi des terres rares comme le néodyme qui entre dans la fabrication des aimants industriels, des systèmes de guidage de fusée, et même des moteurs d’avions. Un certain nombre de métaux, comme l’aluminium, le gallium, le germanium ou certains minerais comme le graphite sont considérés comme stratégiques pour l’industrie de Défense. Or les Américains ne produisent pas ou peu de ces matières premières qu’ils doivent envoyer en Chine pour le raffinage. Le Groenland pourrait donc servir de réserve stratégique aux États Unis, ce qui leur permettrait de moins dépendre de la Chine.

Source : Observatoire de l’Arctique

De son côté, la Chine possède 40 % des réserves des métaux stratégiques et contrôle 70% de leur production. En élargissant son emprise géostratégique sur le Groenland, la Chine pourrait atteindre entre 70% et 75% de la production des métaux rares. Dès 2010-2011, le gouvernement chinois a proposé au gouvernement groenlandais la constitution d’un cartel des producteurs de terres rares sur le même modèle que ce qui existe sur le pétrole ou le gaz naturel.

On se rend compte que la volonté de dominer le Grand Nord, que ce soit pour les Américains, les Russes ou les Chinois est avant tout une affaire de stratégie. La Chine souhaite réduire l’espace stratégique américain ou en tous cas le contester, et en même temps augmenter son propre espace stratégique pour le contrôle des ressources ainsi que son emprise spatiale. Il est amusant de voir qu’au sein du Conseil de l’Arctique où elle a, comme la France, un statut d’observateur, la Chine – qui n’a aucun littoral arctique – se présente comme “a quasi Arctic country [un pays presque arctique] .

La Chine souhaite ouvrir sa Route de la Soie du Nord (Source : Marine nationale française)

S’agissant de l’uranium, son extraction au Groenland est interdite depuis 2021 (tout comme le pétrole), à la suite de manifestations et du mouvement “Non à l’uranium”, même si la porte n’est pas complètement fermée à son exploitation en deçà d’un certain seuil. L’industriel français Orano (ex-Areva) a suspendu son programme d’exploration sans jamais avoir engagé de travaux sur le terrain. La société, qui est détenue majoritairement par l’État français, reste à disposition des autorités groenlandaises pour apporter son expertise pour une exploration et une exploitation responsable de l’uranium.

Source : Radio France et autres médias d’information internationaux.

Le Groenland : un pôle économique et géostratégique majeur (1ère partie)

Dès son arrivée à la Maison Blanche à l’issue de la dernière élection présidentielle, Donald Trump a fait part de son désir expansionniste : annexer le Canada, le Canal de Panama et le Groenland. Trump n’est pas le seul à être intéressé par la terre nordique qui est aujourd’hui au centre de l’attention mondiale, autant pour des raisons économiques que géostratégiques.

Cette carte montre à quel point la situation du Groenland dans l’Arctique est susceptible d’attiser les convoitises

Lors de son premier passage à la Maison Blanche, Trump avait proposé au Danemark, dont le territoire en dépend, d’acheter le Groenland, mais il s’était vu imposer un refus catégorique par la Première Ministre danoise. Il est bon de rappeler que le Groenland est resté une colonie danoise jusqu’en 1953, avant de recevoir son autonomie en 1979, renforcée en 2009.

Ce n’est pas la première fois, que les États-Unis ont envie de s’approprier le Danemark. En 1867, le président Andrew Johnson espérait racheter le Groenland au Danemark. En vain. Au lieu de cela, les États-Unis ont acheté l’Alaska à la Russie. En 1946, le président Truman a proposé aux Danois d’acheter le Groenland 100 millions de dollars en or, sans plus de succès.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les Américains ont installé plusieurs bases militaires au Groenland où ils ont exploité une mine contenant de la cryolite, un minerai utilisé dans la fabrication de l’aluminium. Durant cette période, ils ont également développé des projets nucléaires comme le grand projet Ice Worm qui consistait à creuser des tunnels sous la calotte groenlandaise. Le but était de militariser et de nucléariser le territoire. L’objectif initial était de stocker 600 missiles sous la calotte glacière. Mais le projet a été abandonné en 1967. Il s’articulait autour du Camp Century qui, aujourd’hui avec le réchauffement climatique, est en passe de devenir un désastre écologique. Voir ma note du 9 août 2016 à ce sujet :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/08/09/groenland-les-secrets-de-la-banquise-greenland-the-secrets-of-the-ice/

Tunnels à l’entrée NE de Camp Century au moment de sa construction en 1959. (Source : U.S. Army)

Sur les 17 bases américaines installées au Groenland, il n’en reste aujourd’hui plus qu’une : la base spatiale de Thulé, rebaptisée Pituffik par les Américains en 2023, que le vice-président J.D. Vance est allé visiter en mars 2025. Elle constitue une base de détection d’alerte précoce de lancement de missiles intercontinentaux en provenance de Russie. Pituffik est idéalement située près du pôle pour surveiller l’espace aérien et maritime, sur le versant arctique russe.

Si le Grand Nord représente un espace stratégique majeur pour les Américains, il en va de même pour les Russes. C’est la raison pour laquelle Moscou a construit une nouvelle génération de bateaux brise-glaces à propulsion nucléaire – les Américains sont très en retard dans ce domaine – et a installé six bases aériennes équipées de missiles, dont une se trouve sur un archipel très proche du Groenland.

Suite au désir expansionniste de Trump dans l’Arctique, Vladimir Poutine a prononcé un discours le 27 mars 2025 dans lequel il s’est dit “préoccupé par le fait que les pays de l’OTAN considèrent de plus en plus le Grand Nord comme un tremplin pour d’éventuels conflits.”

Pour Poutine, la voie maritime qui passe au nord de la Sibérie est très importante stratégiquement, car elle n’est pas contrôlable facilement par l’OTAN. Comme je l’explique dans ma conférence « Glaciers en péril », le réchauffement climatique rebat les cartes autour des routes du Nord désormais aussi attractives que les routes du Sud pour les superpuissances. La fonte de la glace va offrir de nouvelles opportunités économiques autour d’une route maritime aujourd’hui sous souveraineté russe.

Le passage du NE (en rouge) offre de nombreux avantages par rapport à la voie de navigation traditionnelle (en bleu)

Source : Radio France et autres médias d’information internationaux.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

L’Épisode 18 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) a commencé timidement dans la soirée du 16 avril 2025, avec une activité de spattering toutes les 10 à 20 secondes au niveau de la bouche nord, qui a évolué en petites fontaines en forme de dôme. La lave a débordé de la bouche nord et a alimenté une petite coulée qui s’est étalée sur une centaine de mètres. Cette activité s’est terminée brusquement à 23h21 le même jour.

Vers 3heures du matin (heure locale) le 22 avril 2025, une activité de spattering est apparue au niveau de 2 évents qui avaient percé la bouche éruptive nord. Alors que cette activité s’intensifiait, on a vu une coulée de lave très rapide débouler de la bouche éruptive sud à 3h22.

On a ensuite aperçu une fontaine en dôme dans la bouche éruptive sud qui s’est transformée en un puissant jet de lave et les deux bouches ont fait jaillir des fontaines de plus de 200 mètres de hauteur à la sud et 50 mètres à la nord. On a alors assisté à un véritable délire éruptif, tandis que les coulées de lave envahissaient le plancher de l’Halema’uma’u

Après 10 heures d’activité intense de fontaines de lave spectaculaires, l’Épisode 18 s’est terminé à 13h28 (heure locale) le 22 avril 2025. Les bouches éruptives nord et sud ont cessé leur activité quasiment au même moment.

Environ 5 millions de mètres cubes de lave ont été émis, avec un débit estimé à environ 140 mètres cubes par seconde. Les coulées de lave ont recouvert plus de 60 % du plancher de l’Halemaʻumaʻu.
On a enregistré une déflation sommitale de 13 microradians au cours de cet épisode dont la fin a coïncidé avec un passage rapide de la déflation à l’inflation et une baisse rapide de la sismicité. Ces données laissent supposer qu’un 19ème épisode éruptif est fort probable dans quelques jours.

Source : HVO et observations personnelles.

Image webcam de l’Épisode éruptif 18

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Cela fait quelque temps que des épisodes éruptifs animent le Cratère SE de l’Etna (Sicile). Les derniers ont eu lieu les 15, 18 et 22 avril 2025. L’INGV indique qu’une activité strombolienne démarre dans le cratère, accompagnée d’un nuage de gaz et de cendre, avec une coulée de lave sur le versant SE du cône. L’événement est annoncé par une hausse du tremor dont la source se trouve généralement à 2900 mètres d’altitude, sous le Cratère SE.

 Source: INGV

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En Islande, bien que l’activité sismique ait diminué ces dernières semaines, la région de la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar continue de connaître entre 80 et 150 petits séismes par jour.
L’éruption du 4 avril a été brève, débutant et se terminant le même jour. Dans son sillage, une inflation du sol a commencé rapidement, mais a depuis considérablement ralenti.
Bien que la situation actuelle ne montre aucun signe immédiat d’une nouvelle éruption, la région reste étroitement surveillée.

Source: Met Office.

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Toujours en Islande, bien qu’aucun signe d’une nouvelle éruption imminente ne soit observé sur la péninsule de Reykjanes, les scientifiques islandais s’inquiètent du système volcanique de Ljósufjöll, sur la péninsule de Snæfellsnes, où une série de séismes a été enregistrée à la mi-avril. Cependant, le Met Office explique qu’une éruption serait probablement précédée d’une hausse de l’activité sismique et de la déformation du sol, mais ces signes annonciateurs pourraient être brefs.
L’activité sismique s’est intensifiée sur le système volcanique de Ljósufjöll depuis la mi-2021, centrée autour des lacs Grjótárvatn, Langavatn et Háleiksvatn. Un système GPS a été installé à l’automne 2024 à Hítardalur pour suivre la déformation du sol. À ce jour, aucune déformation significative n’a été détectée. Toutefois, l’activité sismique à des profondeurs de 15 à 20 km montre que les récents séismes ont peut-être plus une origine magmatique que tectonique.

Source : Met Office.

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De fréquentes explosions accompagnées de panaches de cendres et de gaz sont toujours observés sur le Poás (Costa Rica). Les émissions de cendres s’élèvent généralement à environ 200 m au-dessus du cratère. L’incandescence à la Boca A est parfois visible la nuit.
Une forte phase explosive a débuté le 21 avril 2025 et a duré cinq minutes. Un panache de cendres provenant de la Boca A s’est élevé à 4,5 km au-dessus du cratère, et des matériaux à haute température (environ 250 °C) ont été éjectés vers l’ouest. Des retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs localités. De petits événements éruptifs ont été enregistrés le 22 avril. Le même jour, des mesures sur le terrain ont révélé que les émissions de gaz dépassaient 1 000 t/j. Le niveau d’alerte volcanique reste à 3 et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue à l’Orange.

Dernière minute : L’activité éruptive du Poás a persisté jusqu’au 22 avril 2025 et a culminé avec une éruption majeure vers 5 h 15 le 23 avril. Cet événement a généré un panache de cendres qui s’est élevé à 3,5 km au-dessus du cratère. Plusieurs éruptions ont été enregistrées par la suite.
En conséquence, le niveau d’alerte volcanique a été relevé au Rouge le 23 avril. En vertu de cette alerte rouge,
l’accès au Parc national du Poás est strictement interdit. Les autorités mettent en garde contre des risques extrêmes tels que des projections de blocs, des émissions de gaz à forte concentration et une accumulation rapide de cendres pouvant entraîner l’effondrement de structures. Toutes les routes menant au parc ont été fermées. Les touristes sont priés de respecter cette interdiction.
Des retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs zones de la région environnante.

Source : OVSICORI.

Éruption du 21 avril sur le Poas (Crédit photo: OVSICORI)

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Les émissions de gaz et de vapeur à White Island (Nouvelle-Zélande) contiennent souvent des cendres. Les webcams ont enregistré une augmentation de la teneur en cendre au cours des dernières semaines, et le phénomène a été identifié dans les données satellitaires. Un voile de brume est visible sur White Island depuis le continent. Les cratères d’impact observés au fond du cratère lors de récents vols d’observation indiquent qu’une activité explosive a projeté des blocs à plusieurs centaines de mètres de la bouche éruptive. De plus, les températures et les émissions de SO2 ont augmenté. En conséquence, le niveau d’alerte volcanique a été relevé à 3 (sur une échelle de 0 à 5) tandis que la couleur de l’alerte aérienne reste Orange.
Source : GeoNet.

Photo: C. Grandpey

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Suite à une hausse de l’activité strombolienne sur le Klyuchevskoy (Kamchatka) le 20 avril 2025, avec une incandescence au sommet, la couleur de l’alerte aérienne a été relevée au Jaune (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs).
Source : KVERT.

Crédit photo: KVERT

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Toujours au Kamtchatka, une forte éruption explosive a eu lieu sur le Bezymianny le 23 avril 2025, avec un panache de cendres qui est monté à 11 km d’altitude. Le nuage de cendres s’est déplacé sur environ 390 km au sud-ouest du volcan, provoquant des retombées de cendres dans plusieurs villages. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne a été relevée au Rouge, puis abaissée à l’Orange le 24 avril, trois heures après la fin de l’éruption explosive.
Source : KVERT.

Coulées de lave sur le Bezymianny le 15 avril 2025 (Crédit photo : KVERT)

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Une hausse de la sismicité a été observée dans une zone proche du cratère Furudake du Kuchinoerabujima (arc volcanique Ryukyu / Japon) entre le 7 et le 16 avril 2025. Aucun changement n’a été observé dans les zones géothermales situées à l’intérieur et autour des cratères Shindake et Furudake lors d’une visite sur le terrain effectuée le 11 avril. Les émissions de SO2 étaient faibles et aucune déformation du sol n’a été détectée. Le niveau d’alerte a toutefois été relevé à 2 (sur une échelle de 1 à 5) le 16 avril.
Source : JMA.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity in the world:

Episode 18 of the Kilauea eruption (Hawaii) began tentatively on the evening of April 16, 2025, with spattering activity occurring every 10 to 20 seconds at the northern vent, which evolved into small, dome-shaped fountains. Lava overflowed from the northern vent and fed a small flow that spread over about 100 meters. This activity ended abruptly at 11:21 PM the same day.
At approximately 3:00 AM (local time) on April 22, 2025, spattering activity appeared at two vents that had pierced the northern crater. As this activity intensified, a very rapid lava flow was observed tumbling from the southern vent at 3:22 AM. A dome-shaped fountain was then observed at the southern vent, which turned into a powerful jet of lava. Both vents erupted fountains over 200 meters high to the south and 50 meters to the north. A powerful eruption ensued, as lava flows invaded the floor of Halemaʻumaʻu.
After 10 hours of intense activity with spectacular lava fountaining, Episode 18 ended at 1:28 p.m. (local time) on April 22, 2025. The northern and southern vents ceased activity at almost the same time.
Approximately 5 million cubic meters of lava were emitted, with an estimated flow rate of approximately 140 cubic meters per second. The lava flows covered more than 60% of the floor of Halemaʻumaʻu. A summit deflation of 13 microradians was recorded during this episode, the end of which coincided with a rapid transition from deflation to inflation and a rapid decline in seismicity. These data suggest that a 19th eruptive episode is highly likely within a few days.
Source: HVO and personal observations.

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For some time now, eruptive episodes have been observed at Mt Etna‘s SE Crater (Sicily). The last ones took place on April 15, 18 and 22 2025. INGV indicates that Strombolian activity starts in the crater, with a cloud of gas and ash anad a lava flow of the SE flank of the cone. The event is announced by an increase in the tremor, the source of which is generally located at an altitude of 2,900 meters, beneath the SE Crater.

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In Iceland, although seismic activity has decreased in recent weeks, the region near the Sundhnúkagígar crater row continues to experience 80–150 small earthquakes daily.

The volcanic eruption on April 4 was brief, beginning and ending on the same day. In its wake, ground inflation began rapidly but has since slowed considerably.

While the current situation shows no immediate signs of another eruption, the region continues to be closely monitored.

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Still in Iceland, while there is no sign of an imminent new eruption on the Reykjanes Peninsula, Icelandic scientists worry about the Ljósufjöll volcanic system on the Snæfellsnes Peninsula where a series of earthquakes was recorded by mid-April. However, they say that an eruption would likely be preceded by increased seismic activity and ground deformation, but such warnings could be brief.

Earthquake activity has intensified on the Ljósufjöll volcanic system since mid-2021, centred around the lakes Grjótárvatn, Langavatn, and Háleiksvatn. A GPS system was installed in autumn 2024 in Hítardalur to track ground deformation. As of yet, none has yet been detected.

However, seismic activity at depths of 15–20 km suggest the recent quakes are possibly linked to magma movement rather than tectonic shifts.

Source : Met Office.

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Frequent explosions and ash-and-gas plumes are syill observed at Poás (Costa Rica). Ash emissions usually rise around 200 m above the crater. Incandescence at Boca A is sometimes visible at night.
A strong explosive phase began on 21 April 2025 and lasted for five minutes. A dense ash plume from Boca A rose 4.5 km above the crater, and hot material (around 250 degrees Celsius) was ejected to the W. Ashfall was reported in several municipalities. Small eruptive events were recorded on 22 April. That same day field measurements revealed that gas emissions exceeded 1,000 t/d. The volcano’s Alert Level remains at 3 and the Aviation Color Code is kept at Orange.

Latest : Eruptive activity at Poás persisted through April 22, 2025, culminating in a significant eruption at approximately 05:15 on April 23. This event produced an ash plume that rose 3.5 km above the crater. Multiple eruptions have been recorded since.

As a consequence, the Volcano Alert Level was raised to Red on April 23. Under the Red Alert, entry to Poás Volcano National Park is strictly prohibited. Authorities warn of extreme hazards such as ballistic blocks, high-concentration gas emissions, and rapid ash accumulation that can collapse structures. All roads towards the park have been closed. Tourists are urged to heed the ban.

Ashfall was reported in multiple areas in the surrounding region.

Source : OVSICORI.

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Gas-and-steam emissions at White Island (New Zealand) often contain ash. The webcams have recorded an increase in ash content in the emissions during the last few weeks and minor amounts of ash were identified in satellite data. A hazy plume is visible from the mainland coast. Impact craters visible on the main crater floor during recent observation flights indicate that explosive activity ejected rocks several hundred meters from the vent. Additionally, there were increases in temperatures and SO2 emissions. As a consequence, the Volcanic Alert Level was raised to 3 (on a scale of 0-5) and the Aviation Color Code remains at Orange.

Source: GeoNet.

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Due to an increase of Strombolian activity at Klyuchevskoy (Kamchatka) on 20 April 2025, with incandescence at the summit, the Aviation Color Code was raised to Yellow (level 2 on a four-color scale).

Source : KVERT.

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Still in Kamchatka, a strong explosive eruption took place at the Bezymianny on April 23, 2025, sending an ash plume 11 km above sea level. The ash cloud moved about 390 km SW of the volcano, causing ashfall in several villages. As a result, the Aviation Color Code was raised to Red, then lowered to Orange on April 24, three hours after the explosive eruption ended.

Source : KVERT.

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An increase in seismicity was observed beneath an area near Kuchinoerabujima’s Furudake Crater (Ryukyu Volcanic Arc / Japan) during 7-16 April 2025. No changes to geothermal areas located in and around both Shindake and Furudake craters were observed during a field survey conducted on 11 April. SO2 emissions were low and no ground deformation has been detected. The Alert Level was raised to 2 (on a scale of 1-5) on 16 April.

Source : JMA.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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