Record de chaleur en 2023 : le bilan de l’agence Copernicus // Heat record in 2023 : results of the Copernicus agency

Si je fais personnellement référence à d’autres sources, les médias français s’appuient sur Copernicus, le programme d’observation de la Terre de l’Union européenne, pour informer le public sur l’évolution du réchauffement climatique
Le 9 janvier 2024, Copernic a confirmé que 2023 avait été l’année la plus chaude de tous les temps. Les températures globales ont flirté avec le seuil de réchauffement mondial de 1,5°C convenu lors de la COP 21 de Paris.
Copernicus a aussi confirmé que l’année 2023 était de 1,48°C au-dessus des niveaux préindustriels et a ajouté que les 12 mois de 2024 dépasseraient probablement le seuil de 1,5 degré. Comme je l’ai déjà écrit, les scientifiques ont expliqué qu’il faudrait que la Terre se réchauffe en moyenne de 1,5 degré sur deux ou trois décennies pour franchir techniquement le seuil de 1,5°C. Franchir ce seuil une ou deux annnées n’est pas suffisant.
La chaleur record de 2023 a rendu la vie extrêmement difficile, avec des morts en Europe, en Amérique du Nord, en Chine et dans bien d’autres endroits. Le réchauffement climatique est également responsable d’événements météorologiques extrêmes comme les sécheresses, les pluies torrentielles ou les incendies de forêt à grande échelle.
Copernicus a calculé que la température moyenne à l’échelle de la planète en 2023 était d’environ un sixième de degré Celsius supérieure à l’ancien record établi en 2016, ce qui est considérable, d’autant plus que des températures record ont été enregistrées plusieurs mois d’affilée.
Plusieurs facteurs ont fait de 2023 l’année la plus chaude jamais enregistrée, mais le facteur de loin le plus important est la quantité de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, causée par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz naturel. D’autres facteurs, notamment El Niño, des oscillations naturelles dans les océans Arctique, Austral et Indien, l’augmentation de l’activité solaire et l’éruption du volcan Hunga Tonga en 2022, doivent aussi être pris en compte  Selon un climatologue australien, environ 1,3 degré Celsius du réchauffement provient des gaz à effet de serre ; 0,1 degré Celsius est dû à El Nino, le reste est attribuable à des causes moins importantes.
Les archives Copernicus ne remontent qu’à 1940 et se basent sur une combinaison d’observations et de modèles de prévision. D’autres agences, dont la NOAA et la NASA aux États-Unis, le Bureau météorologique du Royaume-Uni, remontent au milieu des années 1800 et leurs calculs pour 2023 confirment ceux de Copernicus.
L’Agence météorologique japonaise (JMA), qui utilise des techniques similaires à celles de Copernicus et remonte à 1948, a estimé que 2023 a été l’année la plus chaude avec 1,47 degrés Celsius au-dessus des niveaux préindustriels.
Bien que les observations réelles ne remontent qu’à moins de deux siècles, plusieurs scientifiques expliquent que les cernes des arbres et les carottes de glace montrent qu’il s’agit bien de l’année la plus chaude que la Terre ait connue depuis plus de 100 000 ans.
Certaines journées de 2023 ont revêtu un caractère exceptionnel. Pour la première fois, Copernicus a enregistré une journée où la température mondiale a été d’au moins 2 degrés Celsius supérieure à l’époque préindustrielle. Cela s’est produit deux fois et une troisième a failli être dans la même situation aux alentours de Noël. De plus, pour la première fois, chaque jour de l’année 2023 a été d’au moins un degré Celsius plus chaud qu’à l’époque préindustrielle. Pendant près de la moitié de l’année – 173 jours – la température mondiale a été de 1,5 degré plus chaude qu’au milieu du 19ème siècle.
Source : médias d’information internationaux.

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While I am personally referring to other sources as well, French media rely on Copernicus, the European Union Earth observation program, to inform the public about the evolution of global warming.

On January 9th, 2024, Copernicus confirmed that 2023 had been the hottest year ever. Global temperatures flirted with the world’s 1.5°C warming threshold agreed at the Paris COP 21.

Copernicus agreed that the year was 1.48°C above pre-industrial timesand added that the 12 months of 2024 would probably exceed the 1.5-degree threshold. As I put it before, scientitsts have explained that Earth would need to average 1.5 degrees of warming over two or three decades to be a technical breach of the threshold. Breaking the thrreshold over one or two years is not sufficient.

The record heat in 2023 made life miserable and sometimes deadly in Europe, North America, China and many other places. A warming climate is also to blame for more extreme weather events like droughts, torrential rains or large-scale wildfires.

Copernicus has calculated that the global average temperature for 2023 was about one-sixth of a degree Celsius warmer than the old record set in 2016, which is considerable, all the more as recor-breaking temperatures were recorded during serveral months in a row.

There are several factors that made 2023 the warmest year on record, but by far the biggest factor was the ever-increasing amount of greenhouse gases in the atmosphere, caused by the burning of coal, oil and natural gas. Other factors including El Nino, other natural oscillations in the Arctic, southern and Indian oceans, increased solar activity and the 2022 eruption of the Hunga Tonga volcano need to be taken into account  According to an Australian climate scientist, about 1.3 degrees Celsius of the warming comes from greenhouse gases, with another 0.1 degrees Celsius from El Nino and the rest being smaller causes.

Copernicus records only go back to 1940 and are based on a combination of observations and forecast models. Other groups, including NOAA and NASA in the U.S., the Meteorological Office in the UK, go back to the mid-1800s and their results for 2023 confirm those of Copernicus.

The Japanese Meteorological Agency, which uses similar techniques as Copernicus and goes back to 1948, has estimated that 2023 was the warmest year at 1.47 degrees Celsius above pre-industrial levels.

Though actual observations only date back less than two centuries, several scientists say evidence from tree rings and ice cores suggest this is the warmest the Earth has been in more than 100,000 years.

Some temperatures in 2023 were unprecedented across the globe. For the first time, Copernicus recorded a day where the world averaged at least 2 degrees Celsius more than pre-industrial times. It happened twice and narrowly missed a third day around Christmas. And for the first time, every day of the year was at least one degree Celsius warmer than pre-industrial times. For nearly half the year – 173 days -the world was 1.5 degrees warmer than the mid-1800s.

Source : international news media.

 

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

L’activité éruptive sur le Lewotobi (île de Flores / Indonésie) s’est intensifiée au cours des derniers jours, si bien que le Centre de gestion des catastrophes (PVMBG) à fait passer le niveau d’alerte au maximum (4 sur 4) le 9 janvier 2024.
Comme je l’ai écrit dans des notes précédentes, la sismicité a augmenté sur le Lewotobi le 12 décembre 2023, et a été suivie par l’apparition de séismes de type « tornillo » indiquant des mouvements de fluides en profondeur. Cette activité a été suivie d’une éruption de 24 minutes le 23 décembre au cratère Lakilaki. Une fissure de 160 m de long sur le flanc supérieur nord-ouest émettait des panaches denses jusqu’à 300 m au-dessus du cratère.
Un panache de cendres dense s’élevant jusqu’à 1 km au-dessus du sommet a été signalé le 28 décembre. Le 1er janvier 2024, l’amplitude du tremor éruptif a augmenté et une nouvelle bouche s’est ouverte le long d’une fracture située sur le flanc supérieur SSE, avec un panache de cendres qui s’est élevé de 1 à 1,5 km au-dessus du sommet. En conséquence, le niveau d’alerte a été porté à 3 sur 4 et le public a été invité à rester, selon les zones, à 3 ou 4 km des cratères Perempuan et Lakilaki.
Au cours des jours suivants, le volcan a montré une hausse des colonnes de cendres, passant de 2,4 km au-dessus du niveau de la mer le 1er janvier à 4,3 km. le 9 janvier. Cette activité s’est accompagnée de bombes de lave incandescentes au sommet, et de coulées de lave sur les flancs du volcan.
En conséquence, le PVMBG a relevé le niveau d’alerte de 3 à 4 le 9 janvier et a émis des ordres d’évacuation aux personnes vivant à proximité du volcan. Les autorités locales ont créé deux centres d’hébergement temporaires qui accueillent actuellement environ 5 000 personnes.
Source : CVGHM, The Watchers.

 

Image webcam de l’éruption du Lewotobi le 20 janvier 2024

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L’activité sismique sur la péninsule de Reykjanes (Islande) est relativement stable et présente des valeurs faibles. Elle reste centrée entre Hagafell et Stóra Skógfell, là où se situe le centre de l’intrusion magmatique.
Le soulèvement du sol se poursuit dans la région de Svartsengi et reste relativement stable depuis l’éruption du 18 décembre 2023. La quantité de magma accumulée dans le réservoir sous Svartsengi a atteint un niveau comparable au volume qui a conduit à la formation du dyke et à l’éruption du 18 décembre 2023. Le Met Office indique qu’il existe un réel risque d’éruption dans les prochains jours… Je vous tiendrai au courant de l’évolution de la situation.
Source : Met Office islandais.

Carte de risques de la péninsule de Reykjanes (Source: Met Office)

Un bref essaim sismique a été enregistré sur le Grimsvötn (glacier Vatnajökull) par le réseau sismique le 4 janvier 2024, ce qui a incité le Met Office à élever au Jaune (niveau 2 sur 4) la couleur de l’alerte aérienne. Depuis le début du mois de décembre, on observe des signes de vidange du lac sous-glaciaire. Il se peut que la sismicité soit liée à cette vidange, mais cela n’a pas été confirmé. L’activité ne s’est pas intensifiée le 5 janvier et la couleur de l’alerte aérienne a été abaissée au Vert.

Deux nouveaux séismes ont été enregistrés sur le Grimsfjall les 10 et 11 janvier avec des magnitudes de M 3,7 et M 4,3, à de faibles profondeurs de 1,1 et 0,1 km. Le Met Office a confirmé qu’il s’agissait bien du signal d’une crue glaciaire qui a commencé sous le Vatnajökull le 11 janvier. Il ne semble pas que ce soit un événement majeur. Le débit maximum ne devrait pas dépasser 1000 m³/s et ne devrait pas endommager des infrastructures comme les routes et les ponts. Bien que l’on sache que de telles crues augmentent la probabilité d’éruptions volcaniques, rien n’indique actuellement qu’une éruption soit imminente. Le Grímsvötn connaît en ce moment une forte période activité qui dure généralement entre 60 et 80 ans. Sa dernière éruption remonte à 2011.

Des opérations de secours sont en cours à Grindavik pour tenter de retrouver un ouvrier probablement tombé dans une profonde fissure à l’intérieur de la ville. L’homme faisait partie d’une équipe travaillant pour combler les fissures ouvertes en novembre 2023.

Source: Iceland Monitor.

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En Indonésie, l’activité éruptive du Marapi (sur Sumatra) se poursuit à des niveaux élevés au cratère Verbeek. Le niveau d’alerte a été porté à 3 (sur une échelle de 1 à 4) le 9 janvier 2024 et le public a été prié de rester à 4,5 km du cratère Verbeek. Le nombre croissant de séismes volcaniques profonds et à basse fréquence indique que l’alimentation magmatique continue en profondeur. L’incandescence au niveau du cratère et la projection de matériaux incandescents après l’éruption du 3 décembre montrent que le dynamisme éruptif est passé de phréatique à magmatique. Les émissions de SO2 mesurées par satellite sont élevées.

Bien qu’aucune activité éruptive n’ait été signalée sur le Gamalama (Halmahera), le nombre de séismes volcaniques profonds enregistré quotidiennement a considérablement augmenté jusqu’au 4 janvier 2024. Le PVMBG explique que le risque le plus probable est un événement phréatique. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4). Il est demandé aux visiteurs et à la population de ne pas s’approcher du cratère dans un rayon de 1,5 km.
Source : PVMBG.

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Une forte activité éruptive est actuellement observée sur le Sangay (Equateur) avec de nombreuses explosions quotidiennes. Les panaches de cendres et de gaz s’élèvent jusqu’à 8 km au-dessus du cratère. Les images de la webcam montrent une incandescence au niveau du cratère sommital tandis que des matériaux incandescents dévalent le flanc SE jusqu’à 1,8 km du cratère. Des retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs localités sous le vent. Plusieurs coulées pyroclastiques ont emprunté la ravine SE les 6 et 7 janvier. Dans la matinée du 8 janvier, une coulée pyroclastique a de nouveau descendu la ravine SE et des retombées de cendres ont été signalées dans la région de Guamote-Chimborazo. Le niveau d’alerte est maintenu au jaune, le deuxième niveau sur une échelle de quatre couleurs.
Source : Instituto Geofisico.

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L’activité éruptive se poursuit à des niveaux modérés sur le Nevado del Ruiz (Colombie). Les événements sismiques indiquant la fracturation de roches ont augmenté en nombre et en intensité. Ces événements sont observés dans des zones allant jusqu’à 4 km du cratère Arenas, à des profondeurs de 1 à 7 km. Un séisme de M 3,9 a été enregistré le 3 janvier et ressenti par les responsables du Parque Nacional Natural Los Nevados et par les habitants de Manizales, à 27 km au nord-ouest du volcan. La sismicité a ensuite diminué. Le niveau d’alerte reste au Jaune, niveau III (le deuxième niveau sur une échelle de quatre niveaux), et le public est prié de rester en dehors des zones de sécurité autour du cratère Arenas.
Source : Servicio Geológico Colombiano.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

Eruptive activity at Lewotobi (Flores Island / Indonesia) further increased over the past days, prompting the Volcanology and Geological Disaster Mitigation Center (PVMBG) to raise the Alert Level to the highest (4 of 4) on January 9th, 2024.

As I put it in previous posts, seismicity at Lewotobi increased on December 12th, 2023, and was followed by the emergence of “tornillo” earthquakes indicating fluid movement at depth. This activity was followed by a 24-minute-long eruption on December 23rd at the Lakilaki Crater. A 160 m long fissure on the upper NW flank emitted dense white plumes up to 300 m above the crater.

A dense ash plume rising to 1 km above the summit was reported on December 28th. On January 1st, 2024, the amplitude of the eruptive tremor increased and a new vent opened along a fissure located on the upper SSE flank, with an ash plume that rose 1 – 1.5 km above the summit. As a result, the Alert Level was raised to 3 out of 4, and the public was asked to stay 3 or 4 km away from the Perempuan and Lakilaki craters.

During the next days, t volcano exhibited an increase in the height of the ash columns, from 2.4 km above sea level on January 1st to 4.3 km. on January 9th. This activity was accompanied by incandescent lava bombs at the summit, and lava flows on the flanks.

As a result, PVMBG raised the Alert Level from 3 to 4 on January 9th and issued evacuation orders to people living near the volcano. Local authorities have established two temporary shelters, which are currently accommodating about 5 000 people.

Source : CVGHM, The Watchers.

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Seismic activity on the Reykjanes Peninsula (Iceland) is relatively stable and shows low values. It remains centered between Hagafell and Stóra Skógfell, where the center of the intrusion is situated.

Ground uplift continues in the Svartsengi area and has been relatively stable since the eruption on December 18th. The amount of magma accumulated in the reservoir beneath Svartsengi has reached a level comparable to the volume that led to the formation of the magma conduit and the subsequent eruption on December 18th, 2023. This suggests that there is an increased risk of an eruption in the coming days… I will keep you updated on this blog.

Source ; Icelandic Met Office.

A brief seismic swarm at Grímsvötn (Vatnajökull) was recorded by the seismic network on 4 January, 2024, prompting the Met Office to raise the Aviation Color Code to Yellow (level 2 out of 4). Since the beginning of December there has been evidence of water drainage from the subglacial lake; the earthquakes may have been related to the drainage, but it was not confirmed. Activity did not escalate on 5 January and the Aviation Color Code was lowered to Green.

Two more earthquakes were recorded at Grimsfjall on January 10th and 11th with magnitudes of M 3.7 an M 4.3, at shallow depths of 1.1 and 0.1 km. The Met Office got the confirmation it was the sign of a glacial outburst flood that began beneath Vatnajökull glacier on January 11th. It does not look as if it will be a major event. The maximum flow is not expected to exceed 1 000 m³/s and should not impact structures like roads and bridges. While such floods are known to increase the likelihood of volcanic eruptions, there are currently no indications an eruption is imminent at the site. Grímsvötn is now in a period of increased activity, which typically lasts between 60-80 years. It last erupted in 2011.

Rescue operations are going on at Grindavik to try and find a worker who probably fell in a deep fissure inside the town. The man was part of a team working to fill in the fissures that opened in November 2023.

Source : Iceland Monitor.

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In Indonesia, eruptive activity at Marapi (on Sumatra) continues at high levels at Verbeek Crater. The Alert Level was raised to 3 (on a scale of 1-4) on January 9th, 2024 and the public was asked to stay 4.5 km away from Verbeek Crater. The increasing numbers of low-frequency and deep volcanic earthquakes indicate that magma continues to be supplied at depth. Incandescence at the crater and the ejection of incandescent material after the 3 December eruption indicate that the eruption style has changed from phreatic to magmatic; SO2 emissions measured from satellite are at high levels.

Although there was no eruptive activity reported at Gamalama (Halmahera), the number of daily deep volcanic earthquakes significantly increased by January 4th, 2024. PVMBG noted that the most likely hazard would be a phreatic event. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4). Visitors and residents are asked not to approach the crater within a 1.5-km radius.

Source : PVMBG.

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A high level of eruptive activity is currently observed at Sangay (Ecuador) with numerous daily explosions. Ash-and-gas plumes are rising as high as 8 km above the crater. Webcam images show incandescence at the summit vent and incandescent material descending the SE flank as far as 1.8 km from the crater. Ashfall has been reported in several towns downwind. Several pyroclastic flows descended the SE drainage during 6-7 January. During the morning of 8 January, a pyroclastic flow descended the SE drainage and minor ashfall was reported in the Guamote-Chimborazo area. The Alert Level is kept at Yellow, the second level on a four-color scale.

Source ; Instituto Geofisico.

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Eruptive activity continues at moderate levels on Nevado del Ruiz (Colombia). Seismic events indicating rock fracturing increased in both number an intensity. These events are located in areas up to 4 km in various directions from Arenas Crater at depths of 1-7 km. An M 3.9 earthquake was recorded on 3 January and felt by officials of the Parque Nacional Natural Los Nevados and by residents in Manizales (27 km NW). Seismicity later decreased. The Alert Level remains at Yellow, Level III (the second level on a four-level scale), and the public is asked to stay out of the restricted areas around Arenas Crater.

Source : Servicio Geológico Colombiano.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Islande : poursuite du soulèvement du sol // Iceland : ground uplift continues

L’activité sismique sur la péninsule de Reykjanes est relativement stable et faible. Elle reste centrée entre Hagafell et Stóra Skógfell, là où se situe le centre de l’intrusion magmatique. De plus, une activité sismique persiste à Fagradalsfjall depuis le 18 décembre 2023.
Le soulèvement du sol se poursuit dans la région de Svartsengi et est resté relativement stable depuis l’éruption du 18 décembre. Les modèles indiquent que la quantité de magma accumulée dans le réservoir sous Svartsengi a atteint un niveau comparable au volume qui a conduit à la formation du dyke magmatique et à l’éruption du 18 décembre 2023. Selon le Met Office, tout cela montre qu’il existe un réel risque d’éruption dans les prochains jours… On nous le dit depuis la fin de la dernière éruption; ça finira bien par arriver!
Source : MetOffice.

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Seismic activity on the Reykjanes Peninsula is relatively stable and shows low values. It remains centered between Hagafell and Stóra Skógfell, where the center of the intrusion is situated. Additionally, there is ongoing seismic activity in Fagradalsfjall, persisting since December 18th, 2023.

Ground uplift continues in the Svartsengi area and has been relatively stable since the eruption on December 18th. Yhe models indicate that the amount of magma accumulated in the reservoir beneath Svartsengi has reached a level comparable to the volume that led to the formation of the magma conduit and the subsequent eruption on December 18th, 2023. This suggests that there is an increased risk of an eruption in the coming days… We have been told this since the end of the last eruption; it may happen eventually!

Source : Met Office.

 

Vue du soulèvement Du sol à Svartsengi (Source : Icelandic Met Office)

Moins d’avions pour sauver le planète ? // Fewer planes to save the planet ?

Au moment où les compagnies prévoient un doublement du trafic aérien en 20 ans, on peut se poser des questions sur l’impact des avions sur le climat. Au printemps 2020, avec la crise sanitaire du Covid-19, de nombreux vols ont été annulés partout sur Terre. La conséquence a été immédiate : sur l’ensemble de l’année, les émissions de gaz à effet de serre de l’aviation civile ont drastiquement baissé de 60 %. Ces gaz résultent principalement de la combustion de kérosène dans les réacteurs, avec des émissions de dioxyde de carbone (CO2), un gaz à effet de serre qui s’accumule dans l’atmosphère et dont les émissions représentent entre 2,5 % et 3,5% des émissions anthropiques de CO2 dans le monde.

Les avions en vol rejettent des résidus du carburant qu’ils consomment. Ces particules favorisent par condensation la formation de cirrus, fins nuages vaporeux qui empêchent la chaleur de se dissiper et contribuent donc au réchauffement climatique. Ces traînées de condensation constituées de cristaux de glace, vont former des nuages artificiels autour des particules contenues dans les gaz d’échappement des avions. Les cirrus vont emprisonner la chaleur dans l’atmosphère terrestre. Des scientifiques estiment que les réduire pourrait donc permettre de ralentir la progression du réchauffement climatique.

Comme je l’ai écrit plus haut, en 2020, au cours de la pandémie de Covid, la circulation aérienne a été fortement limitée par les mesures de confinement. Durant cette période, le ciel a été plus dégagé. En absence d’avions, le nombre de cirrus a été réduit de 9%, et ceux qui se sont formés étaient un peu moins denses.

L’arrêt des avions a forcément eu un effet bénéfique immédiat sur le réchauffement climatique, mais il faut être prudent avant de tirer des conclusions hâtives. Il est vrai que les ÉMISSIONS de gaz polluants ont baissé de manière significative. Les paysages n’étaient plus recouverts de brume. En Inde, on pouvait voir la chaîne himalayenne de très loin.

Le problème, c’est que dans le même temps les CONCENTRATIONS de CO2 dans l’atmosphère ne baissaient pas. Je regardais chaque jour la Courbe de Keeling qui enregistre les concentrations de gaz carbonique sur le Mauna Loa à Hawaii et aucune baisse de concentrations ne s’est produite pendant la pandémie. A supposer (douce illusion) que nous arrêtions brutalement d’émettre des gaz à effet de serre, il faudrait plusieurs décennies avant que l’atmosphère retrouve un semblant de propreté et d’équilibre.

Avant la crise Covid, l’aviation connaissait un essor rapide.  Si cette évolution se poursuit, les émissions de carbone des avions augmenteront beaucoup l’effet de serre. De plus, elles provoqueront la formation de plus de cirrus. Vu le développement de ce mode de transport, le réchauffement provoqué par les cirrus pourrait tripler vers 2050.

Une solution pourrait résider dans l’observation par satellite. Désormais, les compagnies aériennes seraient en mesure de faire voler leurs avions sans créer de traînées de condensation. Il s’agirait d’éviter les régions dites « sursaturées de glace » et particulièrement humides de l’atmosphère. Là, des traînées de longue durée peuvent, en effet, se former. Cela impliquerait des changements d’altitude similaires à ceux que les pilotes effectuent déjà pour éviter les zones de turbulences. Le problème, c’est que les manœuvres supplémentaires effectuées par les pilotes entraîneraient l’augmentation de la consommation de carburant à hauteur d’environ 2 %.

Une autre solution réside peut-être dans la conception de nouveaux carburants. Des combustibles plus propres pourraient limiter la condensation des nuages, et les émissions de CO2 aéronautiques devraient aussi être sérieusement limitées.

En tout cas, ce ne sont pas les participants aux différentes COP qui sont en train de donner l’exemple. Le bilan carbone de ces réunions est une catastrophe.

 

Crédit photo : National Weather Service

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At a time when companies are forecasting a doubling of air traffic in 20 years, we can ask questions about the impact of planes on the climate. In spring 2020, with the Covid-19 health crisis, many flights were canceled everywhere on Earth. The consequence was immediate: over the year as a whole, greenhouse gas emissions from civil aviation fell drastically by 60%. These gases result mainly from the combustion of kerosene in reactors, with emissions of carbon dioxide (CO2), a greenhouse gas which accumulates in the atmosphere and whose emissions represent between 2.5%and 3.5% of anthropogenic emissions from CO2 in the world.

It has long been known that air travel contributes to global warming. Airplanes in flight release residues from the fuel they consume. These particles, through condensation, promote the formation of cirrus clouds, fine vaporous clouds which prevent heat from dissipating and therefore contribute to global warming. These condensation trails, made up of ice crystals, will form artificial clouds around the particles contained in aircraft exhaust gases. These cirrus clouds will trap heat in the Earth’s atmosphere. Scientists estimate that reducing them could therefore help slow the progression of global warming.
As I put it above, in 2020, during the Covid pandemic, air traffic was severely limited by containment measures. During this period, the sky was clearer. In the absence of planes, the number of cirrus clouds was reduced by 9%, and those that formed were a little less dense.
The stopping of planes necessarily had an immediate beneficial effect on global warming, but one should be careful before drawing hasty conclusions. It is true that EMISSIONS of polluting gases decreased significantly. The landscapes were no longer covered in mist. In India, one could see the Himalayan range from very far away.
The problem is that at the same time CO2 CONCENTRATIONS in the atmosphere were not dropping. I watched everyday the Keeling Curve which records carbon dioxide concentrations on Mauna Loa in Hawaii and no drop in concentrations occurred during the pandemic. Assuming (an illusion) that we suddenly stop emitting greenhouse gases, it would take several decades before the atmosphere regains a semblance of cleanliness and balance.
Before the Covid crisis, aviation was experiencing rapid growth. If this development continues, carbon emissions from aircraft will greatly increase the greenhouse effect. Additionally, they will cause more cirrus clouds to form. Given the development of this means of transport, the warming caused by cirrus clouds could triple around 2050.

One solution could lie in satellite observation. Airlines could fly their planes without creating contrails. This would involve avoiding so-called “ice-oversaturated” and particularly humid regions of the atmosphere, where, long-lasting streaks can, in fact, form. This would involve altitude changes similar to those that pilots already make to avoid areas of turbulence. The problem is that the additional maneuvers performed by the pilots would increase fuel consumption by about 2%.
Another solution may lie with the design of new fuels. Cleaner fuels could limit cloud condensation, but CO2 emissions by planes should also be strongly limited.
In any case, the participants in the different COPs are not setting the example. The carbon footprint of these meetings is a disaster.