Datation précise de l’éruption du Taupo (Nouvelle Zélande) // Accurate dating of the Taupo eruption (New Zealand)

En consultant les informations de la Smithsonian Institution sur le Taupo (Nouvelle Zélande), on peut lire que « le Taupo est une grande caldeira d’environ 35 km de diamètre dont les bordures sont mal définies. Aujourd’hui, la caldeira, occupée par le lac Taupo, s’est formée en grande partie à la suite de la puissante éruption Oruanui Tephra environ 22 600 ans avant notre ère. Il s’agit de la plus grande éruption connue du Taupo, avec l’émission de quelque 1 170 km3 de tephra.

Cette éruption a été précédée à la fin du Pléistocène par l’éruption explosive d’un grand nombre de dômes de lave rhyolitique au nord du lac Taupo.

De grandes éruptions explosives se sont produites fréquemment au cours de l’Holocène à partir de nombreuses bouches du lac Taupo et à proximité de ses bordures. L’éruption majeure la plus récente a eu lieu il y a environ 1 800 ans avant J.C. à partir d’au moins trois bouches le long d’une fissure orientée NE-SO et centrée sur les récifs Horomotangi. Cette éruption extrêmement violente fut la plus importante de Nouvelle-Zélande durant l’Holocène et produisit la Taupo Ignimbrite phreatoplinienne qui recouvrit l’Île du Nord sur 20 000 km2. »

Lorsque le Taupo est entré en éruption il y a 1 800 ans, l’explosion a envoyé des éclats de verre volcanique jusqu’en Antarctique. Les scientifiques ont réussi à mettre au jour certains de ces anciens débris, ce qui pourrait permettre de confirmer l’année exacte de cette énorme éruption.
Il a été extrêmement difficile de mettre la main sur les retombées de l’éruption du Taupo, ce qui a entraîné un débat de plusieurs décennies sur sa date exacte.
La datation au Carbone 14 des arbres détruits par l’explosion indique qu’elle aurait eu lieu en 232 après J.-C., mais certains scientifiques ont contesté cette date car, selon eux, les preuves pourraient avoir été contaminées et l’éruption se serait produite jusqu’à deux siècles plus tard.
Des chercheurs de l’Université de Wellington (Nouvelle-Zélande) à la recherche de débris projetés par le Taupo dans l’Antarctique occidental ont prélevé des carottes de glace à 279 mètres de profondeur et pensent avoir découvert la vérité sur l’éruption. La découverte de sept éclats de verre volcanique à la composition géochimique unique, enfouis profondément dans une carotte de glace, confirme que l’éruption s’est probablement produite à la fin de l’été et au début de l’automne de l’année 232.
Les chercheurs ont analysé la composition chimique des débris émis par le volcan, ce qui leur a permis de s’attarder sur six éclats de verre volcanique provenant de l’éruption du Taupo et sur un septième provenant d’une éruption beaucoup plus ancienne du même volcan, l’éruption d’Oruanui survenue il y a environ 25 500 ans (ou 22 600 ans selon la Smithsonian Institution).
Les sept éclats proviennent de profondeurs similaires, ce qui laisse supposer que le verre volcanique de l’éruption d’Oruanui a été enfoui près du volcan puis déterré et projeté dans l’atmosphère des milliers d’années plus tard lors de l’éruption du Taupō. Les forts vents du sud-ouest ont ensuite remobilisé les débris et les ont dispersés sur l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande, ainsi que dans tout le sud-ouest de l’océan Pacifique et jusqu’à l’ouest de l’Antarctique, à environ 5 000 kilomètres de distance. Pour déterminer à quel moment les éclats de verre ont atterri en Antarctique, les chercheurs ont examiné les couches de glace environnantes. En effet, les débris volcaniques piégés dans la glace ont permis de dater l’époque de l’éruption, car on peut la relier à l’âge modélisé de la glace.
Source  : Live Science via Yahoo Actualités.

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When looking at the Smithsonian Institution’s information, one can read that « Taupo is a large, roughly 35-km-wide caldera with poorly defined margins.The caldera, now filled by Lake Taupo, largely formed as a result of the voluminous eruption of the Oruanui Tephra about 22,600 years before present (BP). This was the largest known eruption at Taupo, producing about 1,170 km3 of tephra.

This eruption was preceded during the late Pleistocene by the eruption of a large number of rhyolitic lava domes north of Lake Taupo.

Large explosive eruptions have occurred frequently during the Holocene from many vents within Lake Taupo and near its margins. The most recent major eruption took place about 1,800 years BP from at least three vents along a NE-SW-trending fissure centered on the Horomotangi Reefs. This extremely violent eruption was New Zealand’s largest during the Holocene and produced the phreatoplinian Taupo Ignimbrite, which covered 20,000 km2 of North Island. »

When Taupo erupted 1,800 years ago, the blast sent shards of glass all the way to Antarctica. Scientists have unearthed some of this ancient volcanic debris, which could help pinpoint the exact year this huge eruption took place.

Fallout from the Taupo eruption has proved extremely difficult to find, dragging out a decades-long debate over its exact timing.

Radiocarbon dating of trees that were killed by the blast indicated a date of A.D. 232, but some experts argued the evidence may have been contaminated and the eruption occurred up to two centuries later.

Researchers from the University of Wellington (New Zealand) looking for Taupo debris in West Antarctica drilled up ice cores from 279 meters below the ground and think they have found the truth about the eruption. The discovery of seven geochemically unique volcanic glass shards buried deep within an ice core confirms the likely timing of the eruption in late summer/early autumn in the year 232.

The researchers analyzed the debris’ chemical composition, which enabled them to trace six shards to the Taupo eruption and the seventh to a much earlier eruption of the same volcano, the Oruanui eruption, which occurred roughly 25,500 years ago.

The seven shards were found at similar depths, suggesting volcanic glass from the Oruanui eruption was buried near the volcano then unearthed and launched into the atmosphere thousands of years later during the Taupō eruption. Strong south-westerly winds then picked up the flying debris and dispersed it over New Zealand’s North Island, throughout the southwest Pacific Ocean and all the way to West Antarctica roughly 5,000 kilometers away. To determine when the glass shards landed in Antarctica, researchers looked at the surrounding ice layers. Indeed, volcanic debris trapped in the ice allowed them to date when the eruption occurred, because one can link it to the modeled age of the ice.

Source : Live Science via Yahoo News.

Image satellite (Source: NASA) et vue au sol (Photo: C. Grandpey) du lac Taupo.

La COP 28 de Dubaï ? À quoi bon ?

Avant même que la COP 28 débute à Dubaï dans les Emirats Arabes Unis (EAU) le 30 novembre 2023, on sait qu’il n’en sortira rien et que ce sera un échec pour notre planète. Il est bien évident qu’ayant lieu dans un pays producteur de pétrole, elle ne pourra pas déboucher sur davantage de décisions positives que la COP 24 qui a eu lieu en Pologne, dans le bassin houiller de Silésie. Sans oublier la COP 27 de 2022 à Charm El-Cheikh où la présence de six cents lobbyistes des énergies fossiles avait réussi à contrecarrer les propositions les plus ambitieuses et à annihiler toute mesure concrète. Cerise sur le gâteau, la COP 28 aura à sa tête Sultan Al Jaber, président du géant pétrolier des Emirats Arabes Unis, ADNOC. C’est à mes yeux une véritable provocation. Il est impensable de confier la présidence d’un tel événement à un représentant du lobby pétrolier, l’un des secteurs responsables de l’augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Sultan Al Jaber a appelé le 8 octobre les gouvernements à renoncer à leurs « fantasmes », en prenant comme exemple l’abandon précipité des infrastructures énergétiques existantes pour atteindre les objectifs en matière de climat. On appréciera l’état d’esprit ! Il a fait cette déclaration à l’ouverture de la Semaine du climat du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, une conférence organisée par les Nations Unies à Riyad.

La question de l’abandon des combustibles fossiles présente pourtant un caractère d’urgence au moment où les températures mondiales s’approchent du seuil de 1,5°C au-dessus des niveaux de l’ère pré-industrielle, fixé par l’accord de Paris en 2015. Selon Sultan Al Jaber, « nous ne pouvons pas débrancher le système énergétique d’aujourd’hui avant de construire le système de demain. Ce n’est tout simplement ni pratique ni possible »,

La messe est dite.

Source : France Info.

Dubaï by night (Photo : Ivan Siarbolin / Wikipedia)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde.

Au Pérou, la situation est stable sur l’Ubinas et le Sabancaya dont les niveaux d’alerte sont maintenus à la couleur Orange. L’Ubinas continue d’émettre des panaches de cendre et de gaz qui montent jusqu’à 1900 m au-dessus du sommet. Les explosions du Sabancaya génèrent des panaches qui s’élèvent à 4 km de hauteur.

Source : IGP.

L’Ubinas et son cratère (Source: IGP)

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Au Kamchatka, la couleur de l’alerte aérienne est Jaune pour le Bezymianny. Elle reste Orange pour l’Ebeko et le Sheveluch, mais aussi pour le Klyuchevskoy dont le niveau d’alerte aérienne est passé à l’Orange le 11 octobre 2023 suite à une hausse d’activité.

Source : KVERT.

Le 7 juillet 2023, des randonneurs ont escaladé le Klyuchevskoy et ont filmé un épisode d’activité :

http://www.volkstat.ru/video/2023-07-07_KLU.mp4

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La coulée de lave observée sur le Stromboli (Sicile) ces derniers jours dans la pente supérieure de la Sciara del Fuoco n’est plus alimentée par l’activité du cratère Nord et elle est en cours de refroidissement. L’activité strombolienne et de spattering est toujours présente dans la zone cratèrique Nord, ainsi que dans la zone Centre-Sud. Le tremor présente des valeurs hautes. On ne note pas de variations significatives dans l’intensité des explosions stromboliennes.

Source : INGV.

 

Vue de l’activité strombolienne le 11 octobre au soir . En bas de l’image, on aperçoit les lumières des touristes venus assister au spectacle.

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Le Kilauea (Hawaï) n’est toujours pas en éruption. La zone située juste au sud du sommet montre des signes d’activité épisodiques. Le HVO affirme qu’une éruption dans la zone entre le sud de l’Halema’uma’u et les bouches de l’éruption de décembre 1974 peut se déclencher avec peu de préavis (1 à 2 heures) pendant un des pics de cette activité. [NDLR : Heureusement, la zone est désertique et n’y a donc aucune menace pour des habitations].
L’inflation au sommet du volcan reste à son plus haut niveau depuis plus de 5 ans et est presque revenue à celui observé juste avant la dernière éruption du 10 septembre 2023.
Une forte sismicité est enregistrée sous l’extrémité sud de la caldeira du Kilauea et se prolonge vers le sud-ouest, le long de la lignes de bouches éruptives de décembre 1974. La sismicité a augmenté le 4 octobre ; elle a culminé à plus de 250 événements par jour les 5 et 6 octobre et continue d’être enregistrée dans cette zone. La plupart des secousses contenues dans l’essaim sismique au sud de la caldeira ont leurs hypocentres à des profondeurs d’environ 2,5 à 3,5 km.
Aucune activité particulière n’a été observée le long de la zone de rift est ou de la zone de rift sud-ouest.
Source : HVO.

Caldeira du Kilauea le 12 octiobre 2023

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La sismicité a commencé à augmenter sur l’Inielika (île de Flores / Indonésie) le 29 septembre 2023, avec 17 événements enregistrés le 1er octobre et 18 le 3 octobre. Le niveau d’alerte a été relevé à 2 (sur une échelle de 1 à 4) le 4 octobre en raison du risque d’éruption phréatique. Le public est prié de rester à au moins 1 km du cratère sommital et des zones de fumerolles.
Il n’y a eu que deux éruptions connues sur ce volcan. La dernière s’est produite en 2001, avec plusieurs petits cratères dont le fond est occupé par des lacs aux eaux rouges.

L’Inielika après l’éruption de 2001 (Crédit photo : Wikipédia)

Toujours en Indonésie, l’éruption du Lewotolok (île de Lembata / Indonésie) se poursuit avec des panaches de cendres s’élevant de 200 à 700 m au-dessus du sommet. Le 9 octobre, une image de webcam a capturé des matériaux incandescents éjectés au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester à au moins 2 km du cratère sommital.
Source : CVGHM.

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La couleur de l’alerte aérienne et le niveau d’alerte volcanique du Ruby (îles Mariannes) ont été abaissés le 6 octobre 2023 car la dernière activité éruptive a été détectée les 14 et 15 septembre.
J’ai expliqué dans une note publiée à cette époque qu’une éruption s’était produite le 14 septembre 2023 à Ruby, un volcan sous-marin près de l’extrémité sud de l’arc des Mariannes. Le 16 septembre, les images satellite montraient que le panache s’était dispersé et les réseaux de surveillance n’ont détecté aucune autre activité volcanique
La précédente éruption connue de ce volcan avait eu lieu en 1995.
Source : USGS.

Image satellite de l’éruption de septembre 2023 (Copernicus / Sentinel-3)

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Le 6 octobre 2023, le niveau d’alerte volcanique du Villarrica (Chili) a été abaissé au Jaune (le deuxième niveau sur une échelle de quatre niveaux) car l’activité était revenue à des niveaux modérés et plus stables. La fréquence et l’intensité des émissions ont diminué. Une incandescence nocturne du cratère est toutefois observée et des explosions stromboliennes projettent des matériaux sur les flancs supérieurs du volcan. Le public est prié de rester à au moins 2 km du cratère.
Source : SERNAGEOMIN.

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Une lente émission de lave se poursuit sur le Great Sitkin (Aléoutiennes / Alaska). La sismicité est faible, avec seulement quelques événements quotidiens. Le niveau d’alerte volcanique reste à Watch (Vigilance) et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue à Orange.
Source : AVO.

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Une petite éruption au niveau du cratère central de Nishinoshima (Japon) a été observée lors d’un survol effectué par les garde-côtes japonais le 4 octobre 2023. Des panaches de cendres et de gaz s’élevaient jusqu’à 1,5 km au-dessus du niveau de la mer. Les émissions de gaz du cratère central étaient à des niveaux semblables à ceux observés le 20 septembre.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world.

In Peru, the situation is stable at Ubinas and Sabancaya whose alert levels are kept at Orange. Ubinas continues to emit ash and gas plumes which rise up to 1900 m above the summit. Sabancaya’s explosions generate plumes that rise 4 km high.
Source: IGP.

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In Kamchatka, the aviation color code is Yellow for Bezymianny. It is kept at Orange for Ebeko and Sheveluch. It is also Orange for Klyuchevskoy whose activity increased on 11 October 2023.

Source : KVERT.

On July 7th, 2023, several trekkers climbed Klyuchevskoy and managed to shoot an eruptive episode of the volcano.

http://www.volkstat.ru/video/2023-07-07_KLU.mp4

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The lava flow observed at Stromboli (Sicily) in recent days on the upper slope of the Sciara del Fuoco is no longer fed by the activity of the North crater and is in the process of cooling. Strombolian and spattering activity is still present in the North crater area, as well as in the South-Central area. The tremor shows high values. There are no significant variations in the intensity of the Strombolian explosions.
Source: INGV.

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Kilauea (Hawaii) is still not erupting. The area just south of the summit is showing signs of episodic unrest. HVO says that an eruption in the region from Halemaʻumaʻu south to the December 1974 vents could emerge with little notice (1-2 hours) during peaks in this activity.

Inflation at the summit of the volcano remains at about its highest level in over 5 years and has nearly returned to the level seen just before the last eruption on September 10th, 2023.

Elevated seismicity is being recorded beneath the south end of Kīlauea caldera and extends to the southwest along the trend of December 1974 vents.  Seismicity increased on October 4th, peaked at over 250 earthquakes per day on October 5th and 6th, and continues dispersed over this area. Most of the earthquakes from the seismic swarm south of the caldera are at depths of around 2.5–3.5 km.

No unusual activity has been noted along the East Rift Zone or Southwest Rift Zone;

Source : HVO.

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Seismicity at Inielika (Flores Island / Indonesia) started increasing on 29 September 2023, with 17 events recorded on 1 October and 18 on 3 October. The Alert Level was raised to 2 (on a scale of 1-4) on 4 October due to the potential for a phreatic eruption. The public was asked to stay at least 1 km away from the summit crater and away from solfatara zones.

There were only two known eruptions at this volcano. The last one occurred in 2001, with several small craters whose bottom is occupied by temporary lakes with red water.

Still in Indonesia, the eruption at Lewotolok (Lembata Island / Indonesia) continues with ash plumes rising 200-700 m above the summit. On 9 October a webcam image captured incandescent material being ejected above the summit. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4) and the public is asked to stay at least 2 km away from the summit crater.

Source : CVGHM.

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The Aviation Color Code and Volcano Alert Level for Ruby (Mariana islands) were lowered on 6 October 2023 as the last eruptive activity was detected during 14-15 September.

I explained in a post that an eruption had occurred at Ruby, a submarine volcano, near the southern end of the Mariana arc, on September 14th, 2023. By September 16th, satellite images showed that the plume had dispersed, and monitoring networks did not detect any further volcanic activity

The previous known eruption at this volcano had taken place in 1995.

Source : USGS.

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On 6 October 2023, the Volcanic Alert Level for Villarrica (Chile) was lowered to Yellow (the second level on a four-level scale) because activity had returned to moderate and more stable levels. The frequency and intensity of emissions had declined. Nighttime crater incandescence was observed, and Strombolian explosions ejected material onto the upper flanks. The public is asked to stay at least 2 km away from the crater.

Source : SERNAGEOMIN.

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Slow lava effusion continues at Great Sitkin (Aleutians / Alaska). Seismicity is low, with only a few daily earthquakes. The Volcano Alert Level remains at Watch and the Aviation Color Code at Orange.

Source : AVO.

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A small eruption at Nishinoshima’s central crater (Japan) was observed during an overflight conducted by the Japan Coast Guard on 4 October 2023. Ash-and-gas plumes rose to 1.5 km above sea level. Gas emissions from the central crater were at similar levels to those seen on 20 September.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Champs Phlégréens : approche scientifique // Phlegrean Fields : scientific approach

Suite aux derniers événements observés dans les Champs Phlégréens, il m’a semblé intéressant de consulter les données scientifiques diffusées par l’INGV pour faire le bilan de la situation et voir si son évolution présente un sujet d’inquiétude.
A la lumière des données de suivi, il ressort :

SISMICITE : Au cours de la semaine du 2 au 8 octobre 2023, 104 séismes ont été détectés, avec une magnitude maximale de M 4,0±0,3. 44 événements ont été détectés au cours de deux essaims sismiques, le premier dans la zone Solfatara, Pisciarelli, Accademia ; l’autre dans le secteur Solfatara, Accademia. Les hypocentres se situent entre 0,44 et 2,99 km de profondeur.

S’agissant de la DEFORMATION DU SOL, phénomène bradysismique bien connu dans la région, depuis le mois de janvier 2023, le soulèvement maximal du sol est d’environ 15 ± 3 mm/mois. Au cours des deux dernières semaines, parallèlement à la hausse de l’activité sismique, il y a eu une accélération du soulèvement qui a aujourd’hui retrouvé les valeurs enregistrées précédemment en 2023. Le soulèvement enregistré à la station RITE GNSS est d’environ 109,5 cm depuis janvier 2011, dont 25,5 cm depuis janvier 2022.

On n’observe pas de variations significatives dans les PARAMETRES GEOCHIMIQUES par rapport aux données précédentes, tout en confirmant les tendances de hausse de la température et de la pressurisation du système hydrothermal, ainsi qu’une augmentation du débit des fluides émis.

Dans la zone de Pisciarelli (côté nord-est extérieur de la Solfatare), qui a connu ces dernières années les plus grandes variations dans le processus de dégazage, les émissions de CO2 du sol enregistrées en continu par la station FLXOV8 confirment les tendances enregistrées ces dernières années. En particulier, les émissions de CO2 n’ont pas varié ces derniers jours. Le capteur de température installé à proximité de la fumerolle principale de Pisciarelli a montré une valeur moyenne d’environ 95°C.

Dans la CONCLUSION de son rapport sur les Champs Phlégréens, l’INGV indique que « sur la base de l’image actuelle de l’activité volcanique décrite ci-dessus, aucun élément ne laisse entrevoir une évolution significative à court terme. » Toute modification des paramètres ci-dessus pourrait entraîner une évolution des scénarios de risques. .

Source : INGV.

Comme je l’écrivais précédemment, les variations observées dans la sismicité et la déformation du sol sont des phénomènes habituels dans les Champs Phlégréens. Les paramètres scientifiques doivent toutefois être étroitement contrôlés. La région, densément peuplée, repose à la surface d’un volcan actif dont les humeurs sont imprévisibles. S’il devait se réveiller pour de bon, il faudrait faire vite, très vite, pour mettre la population en sécurité.

Fumerolle de Pisciarelli (Source : INGV)

Vue d’ensemble de la Solfatara (Photo: C. Grandpey)

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Following the latest events observed in the Phlegrean Fields, it seemed interesting to me to consult the scientific data released by the INGV to assess the situation and see if its evolution presents a cause for concern.
In light of the monitoring data, it appears that :

SEISMICITY: During the week of October 2nd to 8th, 2023, 104 earthquakes were detected, with a maximum magnitude of M 4.0±0.3. 44 events were detected during two seismic swarms, the first in the Solfatara, Pisciarelli, Accademia area; the other in the Solfatara, Accademia sector. The hypocenters were between 0.44 and 2.99 km deep.

Regarding GROUND DEFORMATION, because of a well-known bradyseismic phenomenon in the region since January 2023, the maximum ground uplift is approximately 15 ± 3 mm/month. Over the last two weeks, alongside the increase in seismic activity, there has been an acceleration of the uplift which has today returned to the values previously recorded in 2023. The uplift recorded at the RITE GNSS station has been approximately 109.5 cm since January 2011, including 25.5 cm since January 2022.

No significant variations are observed in the GEOCHEMICAL PARAMETERS compared to previous data, while confirming the trends of increasing temperature and pressurization of the hydrothermal system, as well as an increase in the flow rate of emitted fluids.
In the Pisciarelli area (outer northeast side of Solfatare), which in recent years has experienced the greatest variations in the degassing process, CO2 emissions from the soil recorded continuously by the FLXOV8 station confirm the trends recorded in recent years. In particular, CO2 emissions have not changed in recent days. The temperature sensor installed near the main fumarole of Pisciarelli showed an average value of around 95°C.

In the CONCLUSION of its report on the Phlegraean Fields, the INGV indicates that “based on the current picture of volcanic activity described above, there is no evidence to suggest a significant evolution in the short term. » Any modification of the above parameters could lead to an evolution of the risk scenarios. .
Source: INGV.

As I put it previously, the variations observed in seismicity and ground deformation are usual phenomena in the Phlegrean Fields. However, scientific parameters must be closely controlled. The densely populated region sits on the surface of an active volcano whose moods are unpredictable. If it were to wake up for good, authorities would have to act quickly, very quickly, to bring the population to safety.