Eruption islandaise : que se passe-t-il ? // Icelandic eruption : what’s happening ?

2 juillet 2021 – 14 heures : Il semble que l’éruption dans la Gelgingadalur ait définitivement changé de comportement et se déroule de manière erratique. Elle est devenue totalement imprévisible. Le tremor éeuptif garde parfois une valeur élevée avant de chuter brusquement, comme cela s’est produit au cours des dernières heures.

En conséquence, le débit éruptif a de nouveau considérablement ralenti après l’activité spectaculaire observée pendant la nuit, lorsque la lave a de nouveau coulé dans la vannée de Nátthagi. Ces périodes prolongées de forte activité semblent se produire moins régulièrement que précédemment, mais sont plus violentes lorsqu’elles se déclenchent.

Voici le déroulement des événements au cours dernières heures. L’activité éruptive a commencé à s’intensifier le 1er juillet dans l’après-midi. Une coulée de lave est apparue sur le flanc du cratère vers 22h00, et des fontaines de lave ont jailli du volcan vers 02h00 le 2 juillet. À ce moment-là, la coulée de lave active avançait dans la vallée de Nátthagi. L’activité à la source a ensuite commencé à diminuer et le volcan est maintenant relativement calme. A noter qu’une petite bouche éruptive s’est ouverte peu avant 22h00 dans le champ de vision des webcams.

Une quantité assez importante de gaz et de vapeur est émise en ce moment par le cratère.

Source : Met Office islandais.

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2 juillet 2021 – 20 heures : Cela fait quelques jours que l’éruption dans la Geldingadalur montre des signes de faiblesse, mais ce soir, il n’y a plus d’incandescence ni de lave active au fond du cratère. Selon les géologues locaux, il s’agit d’une évolution très remarquable, mais il n’est pas possible de dire si l’éruption est terminée. Il peut encore y avoir une forte activité sous la surface.

Le volcan a traversé plusieurs périodes calmes depuis le début de l’éruption en mars, mais les coulées de lave sont toujours réapparues. Cependant, le volcan n’est jamais passé aussi rapidement d’un pic d’activité important comme celui d’hier à une période calme comme actuellement, et il y a toujours eu de la lave en fusion dans le cratère jusqu’à présent. Après avoir connu une chute brutale, le tremor semble se requinquer ce soir et le lave a fait sa réapparition dans le cratère. Il ne serait pas suprenant que l’on assiste à un nouveau spectacle.

Ce qui se passe actuellement en Islande me rappelle le phénomène de ‘gaz pistons’ sur le Kilauea (Hawaï) et sur d’autres volcans comme le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion). Les géologues du HVO expliquent que le phénomène de gaz pistons est provoqué par l’accumulation de gaz à l’intérieur d’une colonne de lave, ou la montée d’une poche de gaz à travers cette dernière. Le gaz pousse la lave sus-jacente (le « piston ») et il finit par percer la surface et s’évacuer. La lave s’écoule ensuite à nouveau dans la bouche éruptive. Le phénomène de ‘gaz pistons’ peut se présenter sous forme d’événements uniques ou à répétition. Il annonce parfois la fin d’une éruption avec la libération ultime des gaz qui étaient piégés sous le volcan.

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3 juillet 2021 – 7 heures : L’éruption dans la Geldingadalur semble déjouer les pronostics des volcanologues islandais qui entrevoyaient le 2 juillet la fin de l’éruption. Depuis hier soir, l’activité a repris de plus belle et un lac de lave s’agite furieusement dans le cratère d’où s’échappent plusieurs coulées. Le tremor a retrouvé un bon niveau. Pour combien de temps ?

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2 July 2021 – 14:00 : It looks as if the eruption in Gelgingadalur is definitely changing is behaviour and is going on in an erratic way. It has become totally unpredictable. The tremor sometimes keeps elevated value before dropping suddenly, which it did in the past hours.

As a consequence, the lava flow has slowed significantly again, after dramatic levels of activity overnight, when new lava flowed all the way into Nátthagi. These extended periods of high activity appear to be happening less regularly than recently, but are more powerful when they do happen. 

Here is what happened during the past hours. Eruptive activity started intensifying on July 1st in the afternoon. A lava flow appeared on the flank of the crater in the evening of July 1st around 22.00, and lava fountains spewed from the volcano by 02.00 am in July 2nd. By that time, the active lava tongue had extended into Nátthagi.

Activity at the source then started decreasing again and the volcano is now relatively quiet. It should be noted that a small eruptive vent opened shortly before 22.00, in clear view of the live webcams. Quite a large amount of gas and steam is currently coming out of the crater.

Source: Icelandic Met Office.

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2 July 2021 – 20:00 : The eruption in Gelingadalur showed signs of weakness during the past days, but this evening rhere is no glow and no molten lava in the Geldingadalir volcanic crater. According to local geologists, this is a very noteworthy development, but it is not possible to say the eruption is over. There may still be great activity below the surface.

The volcano has gone through several quiet periods since the eruption started in March, but the lava flow has always picked up again. However, the volcano has never before gone so quickly from a significant peak of activity like yesterday’s to a quiet period, and molten lava has always been visible in the crater before now. After a sharp drop, it seems the eruptive tremor is regaining new vigour tonight and lava has reappeared in the crater.. The volcano might be preparing a new show…

What is currently happening in Iceland reminds me of the gas-pistoning phenomenon at Kilauea (Hawaii) and other volcanoes like Piton de la Fournaise (Reunion Island). HVO geologists explain it is caused by the accumulation of gas within, or the rise of a gas pocket through, a column of lava. The gas pushes up the overlying lava (the « piston »). Eventually, the gas breaches the surface and escapes. The lava then drains back into the vent. Gas pistons can occur as single events or as a repeating series. Gas pistoning sometimes announces the end of an eruption and the final releases of the gases trapped beneath the volcano.

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July 3, 2021 – 7:00 a.m .: The eruption in Geldingadalur seems to defeat the predictions of Icelandic volcanologists who foresaw the end of the eruption on July 2nd. Since last night, activity has picked up again and a lake of lava is boiling furiously in the crater, with several lava overflows. The tremor has returned to a high level. For how long ?

Le cratère actif le 2 juillet 2021 à la mi journée (capture écran webcam)

Le cratère ce soir avec réapparition de la lave (capture écran webcam)

Vue de l’éruption le 3 juillet 2021 au matin (capture écran webcam)

Les effets du réchauffement climatique sur la région de Yellowstone // The effects of global warming on the Greater Yellowstone Area

Je fais partie de ceux qui adorent le Parc National de Yellowstone. Je l’ai visité plusieurs fois et j’y ai effectué des mesures de température des sources chaudes pour le compte de l’observatoire volcanologique.

Pourtant, aussi merveilleux qu’il soit, Yellowstone souffre du réchauffement climatique et de la hausse des températures au même titre que beaucoup d’autres endroits aux États-Unis. La situation est particulièrement inquiétante pour la faune et les écosystèmes.

Une nouvelle évaluation des effets du réchauffement climatique dans les parcs nationaux du Grand Teton et de Yellowstone met l’accent sur le risque de bouleversements à venir si la région continue de se réchauffer au rythme actuel. Depuis 1950, la température moyenne dans la région de Yellowstone a augmenté de 1,3°C. Le plus important, c’est que la région a perdu le quart de ses chutes de neige annuelles. Si la région se réchauffe, comme prévu, de 2,7 à 3,3°C d’ici 2061-2080 par rapport à la moyenne de 1986 à 2005, et de 5,5 à 6,1 °C d’ici la fin du siècle, les montagnes autour de Yellowstone auront complètement perdu leur manteau neigeux.

Cette disparition de la neige aura des répercussions sur une vaste gamme d’écosystèmes et de faune, ainsi que sur les villes et les fermes en aval qui dépendent des rivières qui prennent leur source dans ces montagnes. En plus des geysers et des sources chaudes, Yellowstone abrite l’aire de répartition la plus méridionale des populations de grizzlis en Amérique du Nord. Le parc sert de cadre à certaines des plus longues migrations d’animaux sauvages comme les élans, les antilopes, les cerfs mulets et les bisons.

La région de Yellowstone représente également le point de convergence des trois principaux bassins fluviaux de l’ouest des États-Unis : le bassin Snake-Columbia, le bassin Green-Colorado et le bassin du Missouri. Les effets du réchauffement climatique sur la région de Yellowstone ont donc des implications qui vont bien au-delà de l’impact sur le déclin de la population de truites et des perturbations de l’alimentation des grizzlis de la région. En effet, en modifiant l’approvisionnement en eau, le réchauffement climatique a un impact sur les principaux réservoirs de l’Ouest des Etats Unis, avec les villes et les fermes qui en dépendent à des centaines de kilomètres en aval.

La hausse des températures augmente également le risque d’incendies de forêt comme celui qui a ravagé Yellowstone en 1988 et celui qui a battu des records dans le Colorado en 2020.

Sans oublier que les effets du réchauffement climatique sur les parcs nationaux pourraient affecter les quelque 800 milliards de dollars de recettes touristiques dont bénéficie la région chaque année.

Un groupe de scientifiques de l’Université d’État du Montana, de l’U.S.G.S. et de l’Université du Wyoming s’est associé à des organisations locales pour lancer un évaluation climatique de la région de Yellowstone. L’objectif était de créer une base de concertation entre les parties prenantes de la région, que ce soient les populations autochtones qui y vivent depuis plus de 10 000 ans ou les agences fédérales mandatées pour entretenir les terres publiques dans la région. La perspective d’un manque de neige est le problème le plus préoccupant. Aujourd’hui, la limite moyenne de la neige en hiver se situe à environ 1 800 mètres d’altitude. D’ici la fin du siècle, avec le réchauffement climatique, elle devrait s’élever à au moins 3,000 mètres, ce qui correspond au sommet du domaine skiable de Jackson Hole dans le Grand Teton.

L’évaluation climatique de la région de Yellowstone utilise des projections climatiques qui supposent que les pays réduisent considérablement leurs émissions de gaz à effet de serre. En revanche, si on examine des scénarios dans lesquels ces émissions continuent à croître rapidement, les différences d’ici la fin du siècle par rapport à aujourd’hui deviennent très inquiétantes.

Le principal défi pour les années à venir concernera l’eau. Il se peut que les précipitations augmentent légèrement avec le réchauffement de la température, mais elles tomberont moins sous forme de neige. De plus, une plus grande partie tombera au printemps et à l’automne, tandis que les étés deviendront plus secs. La fonte de la neige au printemps, lorsque l’eau de fonte alimente les ruisseaux et les rivières, a déjà avancé d’environ huit jours depuis 1950. Ce changement entraîne une fin d’été plus longue et plus sèche, ce qui allonge encore plus la saison des incendies de forêt.

Ces modifications du régime de l’eau affecteront les migrations de la faune qui a lieu en fonction de l’arrivée des nouvelles feuilles dans les forêts sur les pentes des montagnes chaque printemps. Le faible débit des cours d’eau et l’eau plus chaude dans les rivières à la fin de l’été menaceront la survie des poissons qui dépendent de l’eau froide, comme la truite fardée de Yellowstone.

Delon l’évaluation climatique de la région de Yellowstone, la situation variera quelque peu d’un endroit à l’autre, mais aucune zone ne sera épargnée.

Source : Yahoo News / The Conversation.

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I am one of those who love Yellowstone National Park. I have visited the park several times and performed te:mperature measurements of the hot springs on behalf of the Yellowstone Volcano Observatory.

Wonderful as it is, Yellowstone is suffering fromclimate change and increasing temperatures like so many other place in the United States. The situation is particularly serious for the wildlife and the ecosystems.

A new assessment of climate change in Grand Teton and Yellowstone national parks warns of the potential for significant changes as the region continues to heat up. Since 1950, average temperatures in the Greater Yellowstone Area have risen 1.3 degrees Celsius and potentially more importantly, the region has lost a quarter of its annual snowfall. With the region projected to warm 2.7 – 3.3°C by 2061-2080, compared with the average from 1986-2005, and by as much as 5.5 – 6.1°C by the end of the century, the high country around Yellowstone is poised to lose its snow altogether.

The loss of snow there has repercussions for a vast range of ecosystems and wildlife, as well as cities and farms downstream that rely on rivers that start in these mountains.

In addition to geysers and hot springs, Yellowstone is home to the southernmost range of grizzly bear populations in North America and some of the longest intact wildlife migrations, including the seasonal traverses of elk, pronghorn, mule deer and bison.

The area also represents the one point where the three major river basins of the western U.S. converge : Snake-Columbia basin, Green-Colorado basin, and Missouri River Basin.

The effects of climate change on the Greater Yellowstone Area are, therefore, a question with implications far beyond the impact on Yellowstone’s declining cutthroat trout population and disruptions to the food supplies critical for the region’s recovering grizzly population. By altering the water supply, it also shapes the fate of major Western reservoirs and their dependent cities and farms hundreds of kilometres downstream.

Rising temperatures also increase the risk of large forest fires like those that burnt Yellowstone in 1988 and broke records across Colorado in 2020.

And the effects on the national parks could harm the region’s nearly 800 billion dollars in annual tourism activity.

A group of scientists from Montana State University, the U.S. Geological Survey and the University of Wyoming partnered with local organizations to launch the climate assessment.

The aim was to create a common baseline for discussion among the region’s many voices, from the Indigenous nations who have lived in these landscapes for over 10,000 years to the federal agencies mandated to care for the region’s public lands.

The transition away from snow is the most striking and the most worrying outcome that the assessment anticipates. Today the average winter snowline is at an elevation of about 1,800 metres. By the end of the century, warming is forecast to raise it to at least 3,00 metres, the top of Jackson Hole’s ski areas in Grand Teton.

The climate assessment uses projections of future climates based on a scenario that assumes countries substantially reduce their greenhouse gas emissions. When looking at scenarios in which global emissions continue at a high rate instead, the differences by the end of century compared with today becomes stark.

The main challenge in the coming years will concern water. Precipitation may increase slightly as the region warms, but less of it will fall as snow. More of it will also fall in spring and autumn, while summers will become drier than they have been. The timing of the spring runoff, when winter snow melts and feeds into streams and rivers, has already shifted ahead by about eight days since 1950. The shift means a longer, drier late summer when drought can turn the landscape brown or black as the wildfire season becomes longer and hotter.

The outcomes will affect wildlife migrations dependent on the “green wave” of new leaves that rises up the mountain slopes each spring. Low streamflow and warm water in late summer will threaten the survival of coldwater fisheries, like the Yellowstone cutthroat trout.

These outcomes will vary somewhat from location to location, but no area will be untouched.

Source : Yahoo News / The Conversation.

Les courbes montrent deux scénarios possibles de hausse des températures en fonction de la réduction (en bleu) ou non réduction (en rouge) des émissions de gaz à effet de serre. La comparaison est établie en se référant à la moyenne 1900-2005 (en noir). [Source: Greater Yellowstone Climate Assessment (2021)]