Volcan Taal (Philippines) : Un sacré pétard ! // A very dangerous explosive volcano

Il va falloir suivre avec attention l’évolution de l’éruption du Taal car l’histoire du volcan montre qu’il peut être particulièrement méchant. Voici un résumé de ce que j’écrivais dans mon livre « Killer Volcanoes », aujourd’hui épuisé.

Plusieurs évents éruptifs parsèment le fond du Lac Taal au centre duquel se dresse Volcano Island. Cette île, d’un diamètre d’environ cinq kilomètres, a été le siège des dernières éruptions.

Une population importante s’est installée autour du Lac Taal, facile d’accès depuis la capitale, et très prisé des Philippins qui apprécient sa beauté. De plus, de nombreuses fermes d’élevage de poissons ont envahi les lieux de sorte que l’île voit sa population augmenter régulièrement, malgré l’interdiction d’installation de structures permanentes décrétée par le PHILVOCS.

L’éruption de 1911 est la plus meurtrière de l’histoire du Taal. Précédées d’une forte sismicité,  de violentes explosions précèdent l’éruption proprement dans l’évent central du volcan avec de puissants épisodes explosifs phréatiques. Le vacarme des détonations est perçu à 500 kilomètres. Elles sont accompagnées de surges ou déferlantes basales qui  entraînent la mort de 1334 personnes. La cendre retombe en abondance sur les villages situés autour de la caldera. La couche atteint une épaisseur de 25 à 80 cm. Poussée par le vent, elle arrive jusqu’à Manille.

L’éruption de 1965 se produit dans le secteur du cône Tabaro, petit évent adventif sur le flanc sud-ouest de l’île. Elle débute le 28 septembre par des explosions modérées qui deviennent phréatomagmatiques et particulièrement violentes. La nouvelle bouche éjecte des matériaux jusqu’à 20 kilomètres d’altitude. Il ne fait aucun doute que l’on assiste à une redoutable éruption plinienne qui s’accompagne de déferlantes basales extrêmement rapides qui se déplacent jusqu’à 4 km de distance et déclenchent des tsunamis. Des villages sur les berges du lac sont détruits et deux cents personnes périssent dans le cataclysme.

La dernière éruption de 1977 débute le 3 octobre dans la partie nord-est du cratère formé en 1976. On observe de faibles émissions de cendre qui incitent les autorités à faire évacuer la population de l’île bien que cette activité explosive soit relativement modérée. Le panache le plus haut s’élève à seulement cinq cents mètres au-dessus du volcan. Aucune victime n’est à déplorer.

Ces différents événements expliquent les appels à la prudence et les mises en garde du PHIVOLCS. Déferlantes basales et tsunamis font partie de l’histoire du Taal et sont appelés à se reproduire un jour ou l’autre.

+++++++++

Situation le 13 janvier 2020 à 7 heures (heure française): Le dernier bulletin du PHIVOLCS indique que l’éruption du Taal continue et que la sismicité reste élevée, ce qui traduit la poursuite de l’intrusion magmatique sous l’édifice volcanique.

Malgré l’éruption, l’aéroport international de Manille, situé à 65 km du volcan, a repris ses activités. Il est toutefois demandé aux passagers de s’assurer auprès de leurs compagnies que les vols sont maintenus.

°°°°°°°°°

12 heures : Dans sa dernière mise à jour de16 heures- heure locale (9 heures – heure française), le PHIVOLCS indique qu’après un bref déclin de l’activité, l’éruption du Taal a repris de plus belle avec de petites  fontaines de lave sporadiques et une activité phréato-magmatique dans le Cratère Principal. Elle a généré des panaches de vapeur et de cendre d’environ 2 km de hauteur. De nouvelles bouches éruptives se sont ouvertes sur le flanc nord, donnant naissance à des fontaines de lave de 500 mètres de hauteur.
Depuis la dernière mise à jour, d’importantes retombées de cendre ont affecté plusieurs zones au sud-ouest de Volcano Island.
Le PHIVOLCS rappelle au public que cette cendre peut causer des problèmes de santé. Il est conseillé à la population d’éviter l’inhalation de la cendre et d’utiliser des masques ou un chiffon humide pour se rendre à l’extérieur des maisons. Les automobilistes doivent conduire avec une extrême prudence car la cendre peut entraîner une mauvaise visibilité et, lorsqu’elle est mouillée, rendre les routes glissantes.
La sismicité reste élevée avec plusieurs événements ressentis par la population. Comme je l’ai expliqué précédemment, une telle activité sismique intense correspond probablement à la poursuite d’une intrusion magmatique sous l’édifice volcanique, avec le risque d’une activité éruptive plus intense.

————————————————

The evolution of the Taal eruption will have to be monitored carefully because the history of the volcano shows that it can be particularly nasty. Here is a summary of what I wrote in my book « Killer Volcanoes« , now out of print.

Several eruptive vents dot the bottom of Taal Lake at the centre of which stands Volcano Island. This island, about five kilometres in diameter, has been the site of the latest eruptions.
A large population settled around Lake Taal, easily accessible from the capital, and very popular with Filipinos who appreciate its beauty. In addition, many fish farms have invaded the area so that the population of the island increased regularly, despite the ban on the installation of permanent structures decreed by PHILVOCS.

The 1911 eruption was the deadliest in the history of Taal. Preceded by strong seismicity, violent explosions preceded the eruption itself in the central vent of the volcano with powerful phreatic explosive episodes. The noise of detonations could be heard 500 kilometres away. They were accompanied by surges which caused the deaths of 1334 people. Huge amounts of ash fell in on the villages located around the caldera. The layer was up to 25 to 80 cm thick. Pushed by the wind, it reached Manila.

The 1965 eruption occurred in the area of ​​the Tabaro cone, a small adventive vent on the southwest flank of the island. It began on September 28th with moderate explosions which became phreatomagmatic and particularly violent. The new vent ejected materials up to 20 km a.s.l. It was undoubtedly a dreadful plinian eruption accompanied by extremely rapid surges that travelled as far as 4 km and triggered tsunamis. Villages on the banks of the lake were destroyed and two hundred people perished in the disaster.

The last eruption of 1977 began on October 3rd in the northeastern part of the crater formed in 1976. There were low ash emissions which incited the authorities to evacuate the population of the island although this explosive activity was relatively moderate. The tallest plume rose five hundred metres above the volcano. No casualties were reported.

These various events explain PHIVOLCS’ calls to caution and  warnings. Surges and tsunamis are part of the history of Taal Volcanoand are bound to happen again sooner or later.

+++++++++

Latest news at 7 a.m. (French time): The latest PHIVOLCS bulletin indicates that the Taal eruption continues and that seismicity remains elevated, which indicates magmatic intrusion is going on beneath the volcanic edifice.
Despite the eruption, Manila International Airport, located 65 km from the volcano, has resumed operations. Passengers are however requested to check with their companies to ensure that flights are maintained.

°°°°°°°°°°

Midday noon: In its 4 p.m. update, PHIVOLCS indicates that after a brief waning of activity, Taal’s eruption resumed immediately with weak sporadic lava fountaining and phreatomagmatic activity at the Main Crater that generated steam-laden plumes approximately 2 km tall. New lateral vents have opened up on the northern flank releasing 500m lava fountains.

Since the last update, heavy ashfall from the ongoing eruptions of Taal has reportedly fallen in several areas southwest of the volcano island.

PHIVOLCS reminds the public that ashfall can cause health problems. Affected populations are advised to avoid inhalation of ash and use facemasks or wet cloth or towel when going outdoors. Motorists are advised to drive with extreme caution as ash can cause poor visibility and, when wet, can make roads slippery.

Seismicity is still high with several events felt by the population. As I put it before, such intense seismic activity probably signifies continuous magma intrusion beneath the Taal edifice, which may lead to more intense eruptive activity.

Crédit photo: Wikipedia

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Toujours pas d’éruption ! // Still no eruption!

Dans son dernier bulletin du 13 janvier 2020, l’OVPF indique que suite à la courte crise enregistrée le 7 janvier dernier, l’activité sismique s’est poursuivie sous le Piton de la Fournaise avec 8, 9, 11 et 1 séismes volcano-tectoniques superficiels enregistrés sous les cratères sommitaux les 8, 9, 10 et 11 janvier.

Une nouvelle crise sismique a été enregistrée le 12 janvier sous la zone sommitale du volcan avec 41 événements superficiels. Au total, 51 séismes ont été enregistrés au cours de cette même journée.

Aucune déformation rapide de la surface du sol n’a été enregistrée au cours de cette crise, ce qui montre que le magma n’a pas quitté le réservoir magmatique superficiel qui continue toutefois à se pressuriser comme le montre la poursuite de l’inflation de l’édifice.

L’OVPF précise que ce processus de pressurisation peut durer plusieurs jours à plusieurs semaines avant que de déclenche une éruption. Il peut aussi s’arrêter sans donner lieu à brève échéance à une éruption.

L’éruption n’était donc pas aussi « imminente » que cela. Les « fous furieux du volcan » vont devoir faire preuve de patience…

Source : OVPF.

————————————————-

In its latest bulletin of January 13th, 2020, OVPF indicates that following the short crisis recorded on January 7th, seismic activity continued beneath Piton de la Fournaise with 8, 9, 11 and 1 shallow volcano-tectonics earthquakes recorded under the summit craters on January 8, 9, 10 and 11.
A new seismic crisis was recorded on January 12th under the summit area with 41 shallow events. A total of 51 earthquakes were recorded during that same day.
No rapid deformation of the soil surface was recorded during this crisis, which shows that magma has not yet left the surface reservoir which continues to pressurize as shown by the continued inflation of the edifice.
OVPF specifies that this pressurization process can take several days to several weeks before triggering en eruption. It can also stop with no eruption in the short term.
This means that an eruption was not really « imminent » and « the crazy folks of the volcano » will have to be patient …
Source: OVPF.

Photo: C. Grandpey

Eruption du Taal // Eruption of Taal Volcano (Philippines)

Une éruption a débuté sur le Taal (Philippines) dont le niveau d’alerte est passé de 3 (activité magmatique) à 4 (dangereuse éruption imminente). À 17 h 30 (heure locale) le 12 janvier 2020, l’activité éruptive du cratère principal (Main Crater) s’est intensifiée et a généré un panache de vapeur et de cendre de 10 à 15 kilomètres de hauteur, traversé de fréquents éclairs. De toute évidence, on a affaire à une éruption phréato-magmatique. Des retombées de cendre ont été observées sur tout le secteur nord, jusqu’à Quezon City. Des épisodes de tremor ont été enregistrés en continu depuis 11h00, ainsi que deux séismes volcaniques de magnitudes M 2,5 et M 3,9.
Le niveau d’alerte 4 signifie qu’une éruption explosive majeure est possible à court terme. Le PHIVOLCS conseille fortement l’évacuation totale de Volcano Island (6000 habitants), ainsi que l’évacuation des zones exposées aux coulées pyroclastiques et au risque de tsunami dans un rayon de 14 kilomètres du Main Crater du Taal. Quelque 300 000 personnes pourraient devoir quitter leurs domiciles dans les prochains jours. Il est conseillé aux habitants des zones situées au nord du volcan de se prémunir contre les effets des retombées de cendre. Les autorités demandent aux aéronefs d’éviter l’espace aérien autour du Taal. L’aéroport international de Manille a dû être fermé. Les écoles seront fermées elles aussi lundi et plusieurs centres commerciaux dans les zones touchées par l’éruption ont ouvert gracieusement leurs parkings pour mettre les véhicules à l’abri des retombées de cendre.
Source: PHIVOLCS et presse locale.

——————————————-

An eruption has started at Taal Volcano (Philippines) whose alert level has been raised from 3 (magmatic unrest) to 4 (hazardous eruption imminent). As of 5:30 pm (local time) on January 12th, 2020, eruptive activity at the Main Crater intensified and generated a 10-15 kilometre steam ans ash plume with frequent volcanic lightning. It is highly likely that the eruption is phreato-magmatic. Ashfall was observed on the general north as far as Quezon City. Volcanic tremor was recorded continuously since 11:00 am, as well as two volcanic earthquakes with magnitudes M 2.5 and M 3.9.

The alert level 4 means that a hazardous explosive eruption is possible within hours to days. PHIVOLCS strongly reiterates total evacuation of Taal Volcano Island (6,000 residents) and additional evacuation of areas at high risk to pyroclastic flows and volcanic tsunami within a 14-kilometra radius from Taal Main Crater. About 300,000 people are targeted to be moved to safety in Batangas in the next few days. Areas to the north of Taal Volcano are advised to guard against the effects of ashfall. Civil aviation authorities must advise aircraft to avoid the airspace around Taal Volcano. Manilla’s international airport had to be closed. Classes will be closed on Monday and several malls in areas affected by the eruption have waived parking charges for those seeking to secure their vehicles from the ashfall.

 Source: PHIVOLCS and local newspapers.
Photo prise depuis Tagaytay City environ 2 heures après le début de l’éruption. On aperçoit Volcano Island au premier plan. (Source: Disaster Risk Reduction Management Council)

Le panache éruptif vu depuis l’espace

Lac Taal et Volcano Island (Source: Wikipedia)

Plus d’informations sur l’éruption sous-marine à Mayotte // More information on the submarine eruption at Mayotte

Après une année d’attente, les scientifiques français ont fini par découvrir la cause de la sismicité qui angoissait les Mahorais : un nouveau volcan était en train de naître au fond de l’océan. Le CNRS vient de communiquer des informations sur les dernières recherches, notamment l’analyse des séismes qui a permis de retracer la formation du volcan.

Selon l’étude publiée le 6 janvier 2020 dans la revue Nature Geoscience, les scientifiques parviennent peu à peu à reconstruire les différentes étapes de la formation du volcan et la vidange d’un réservoir magmatique  très profond, localisé à une trentaine de kilomètres sous le niveau de la mer. C’est la plus grande éruption sous-marine enregistrée à ce jour avec un volume émis estimé à 3,4 km3.

Outre les séismes largement ressentis par la population de l’île, des centaines de signaux sismiques d’un type plus rare ont aussi été détectés bien avant la crise, dès janvier 2018, et la plupart à partir de juin 2018. Il s’agit d’ondes monochromatiques (autrement dit des ondes dont les oscillations sont toutes à une seule fréquence, ici 15.5 s), d’une durée de 20 à 30 minutes. Ce sont des signaux très longue période (VLP) généralement associés à la résonance de structures volcaniques. L’énergie générée par les principaux événements VLP est considérable car elle équivaut à l’énergie libérée par un séisme de magnitude M 5. Les ondes de surface ont été détectées partout sur Terre. C’est une observation inédite en sismologie. Ces éléments sont compatibles avec le déplacement de Mayotte vers l’est et son enfoncement dans le plancher océanique.

L’analyse des séismes a ainsi permis de retracer l’histoire de la naissance du volcan, parfaitement illustrée par la coupe ci-dessous, obtenue à l’issue des différentes missions MayObs.

La migration rapide et ascendante de la sismicité en mai-juin 2018 a révélé une propagation du magma depuis environ 30 km de profondeur jusqu’au plancher océanique où la campagne océanique MAYOBS 1 a permis de découvrir la création d’un nouvel édifice volcanique. Une fois le conduit formé, avec un passage permettant au magma d’atteindre la surface, l’éruption a commencé en juin 2018. On a alors observé une diminution de l’activité sismique et un affaissement du réservoir magmatique en profondeur, détecté à l’aide des stations GPS.

À partir de septembre 2018, une autre phase a commencé, avec un regain de sismicité en profondeur et plus proche de Mayotte. Celle-ci était due à la vidange et à l’effondrement du réservoir magmatique entre l’île et le volcan. Le nombre d’événements VLP a également augmenté. D’après l’équipe scientifique, ils constitueraient la manifestation du réservoir magmatique entrant en résonance lors de l’évacuation du magma. Tout au long de la crise, les propriétés de la résonance changent ; c’est probablement le signe d’une modification lente de la géométrie du réservoir qui s’amincit dans un premier temps, avant de se raccourcir sous l’effet de son effondrement, phénomène observé à partir de septembre 2018.

Selon lde CNRS, « l’étude démontre l’intérêt de l’analyse de signaux faibles enregistrés à partir de stations sismiques lointaines pour étudier des épisodes volcano-tectoniques de régions peu instrumentées. »

Source : CNRS, Journal de Mayotte.

————————————-

After a year of waiting, French scientists have finally discovered the cause of the seismicity which worried the population in Mayotte: a new volcano was born at the bottom of the ocean. CNRS has just released information on the latest research, in particular the analysis of earthquakes which made it possible to trace the formation of the volcano.
According to the study published on January 6th, 2020 in the journal Nature Geoscience, scientists are gradually  reconstructing the different stages of the formation of the volcano and the drainageof a very deep magmatic reservoir, located about thirty kilometers below the sea ​​level. It is the largest underwater eruption recorded to date with an estimated volume of 3.4 km3.

In addition to the earthquakes widely felt by the population of the island, hundreds of seismic signals of a rarer type were also detected well before the crisis, from January 2018, and mostly from June 2018. These are monochromatic waves (in other words waves whose oscillations are all at a single frequency, here 15.5 s), with a duration of 20 to 30 minutes. These are very long period signals (VLP) generally associated with the resonance of volcanic structures. The energy generated by the main VLP events is considerable because it is equivalent to the energy released by an earthquake with a magnitude M 5. Surface waves have been detected everywhere on Earth. This is an unprecedented observation in seismology.
These elements are compatible with Mayotte’s displacement to the east and its sinking into the ocean floor.
The analysis of the earthquakes thus made it possible to retrace the history of the birth of the volcano, perfectly illustrated by the cross-section below, obtained after the various MayObs missions.
The rapid and upward migration of seismicity in May-June 2018 revealed a spread of magma from about 30 km deep to the ocean floor where the MAYOBS 1 ocean campaign discovered the creation of a new volcanic structure. Once the conduit formed and a passage allowed magma to reach the surface, the eruption began in June 2018. Then, there was a decrease in seismic activity and a subsidence of the magmatic reservoir in depth, detected by GPS stations.

From September 2018, another phase began, with a new start of seismicity in depth and closer to Mayotte. This was due to the drainage and collapse of the magma reservoir between the island and the volcano. The number of VLP events also increased. According to the scientific team, they might be the indication of the magmatic reservoir entering into resonance during the evacuation of magma. Throughout the crisis, the properties of resonance change; it is probably a sign of a slow change in the geometry of the reservoir, which is thinner at first, before becoming shorter due to its collapse, a phenomenon observed from September 2018.

According to CNRS, “the study demonstrates the importance of analyzing weak signals recorded from distant seismic stations to study volcano-tectonic episodes from poorly instrumented regions.”

Source: CNRS, Journal de Mayotte.