Quelques nouvelles volcaniques à travers le monde // A few pieces of news from around the world

Les dernières informations fournies par l’Institut de Géophysique du Pérou (IGP) indiquent que le Sabancaya (Pérou) est encore très actif. Entre le 27 novembre et le 3 décembre 2017, une moyenne de 69 explosions a été enregistrée chaque jour. Elles génèrent des colonnes de cendres qui s’élèvent à environ 3 300 mètres au-dessus du cratère. Les émissions de SO2 atteignent en moyenne 2 036 tonnes par jour. Plusieurs anomalies ont été détectées sur le Sabancaya par les satellites.

L’Alaska Volcano Observatory (AVO) indique qu’il a élevé à la couleur Jaune l’alerte aérienne du Shishaldin (Alaska) au vu de l’augmentation de l’activité sismique et infrasonique au cours des dernières semaines. Ces observations représentent une hausse par rapport à l’activité normale, mais n’indiquent pas nécessairement une éruption à court terme.

L’AVO a également abaissé l’alerte aérienne et le niveau d’alerte volcanique du Bogoslof (Alaska) le 6 décembre 2017 en raison d’une activité réduite au cours des derniers mois. La dernière activité explosive détectée sur le Bogoslof s’est produite le 30 août 2017. Au cours des trois derniers mois, aucune activité significative n’a été observée.

Le KVERT indique qu’une puissante éruption s’est produite sur le Sheveluch (Kamchatka / Russie) le 4 décembre au matin. Une explosion et l’effondrement partiel du dôme de lave ont généré une colonne de cendre qui est montée jusqu’à 10 km d’altitude avant de s’étirer vers le nord-est et vers l’est au-dessus de l’Océan Pacifique.

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The latest news provided by the Geophysics Institute of Peru indicates that Sabancaya volcano is still quite active. Between 27 November and 3 December 2017, an average of 69 explosions was recorded every day. They generate ash columns that rise about 3,300 metres above the crater. SO2 emissions reach an average of 2,036 tons per day. Several anomalies were detected on Sabancaya by the satellites.

The Alaska Volcano Observatory indicates that it is raising the Aviation Colour Code to YELLOW and the Alert Level to ADVISORY at Shishaldin Volcano based on increased seismic and infrasound activity over the past few weeks. These observations represent a departure from normal background activity, but do not necessarily indicate that an eruption will occur.

The Alaska Volcano Observatory decreased the Aviation Colour Code and the Volcano Alert Level to UNASSIGNED at Bogoslof on December 6th 2017 due to decreased activity over the previous months. The last detected explosive activity at Bogoslof occurred on August 30th, 2017. Over the past three months there has been no significant activity observed.

KVERT indicates that a powerful eruption occurred at Sheveluch volcano on December 4th in the morning. An explosion and the partial collapse of the lava dome produced an eruption column that rose up to 10 km a.s.l.and drifted both NE and SE before dissipating over the Pacific Ocean.

Eruption du Sheveluch le 4 décembre 2017

(Crédit photo: Y. Demyanchuk / KVERT)

 

Deux nouveaux volcans découverts en Antarctique // Two new volcanoes discovered in Antarctica

D’après le Prague Daily Monitor,  un journal local, une équipe de chercheurs tchèques a détecté deux volcans sous la banquise antarctique. Cependant, aucun détail n’est donné sur l’emplacement exact de ces volcans sur le continent. L’équipe scientifique, de l’Institut Astronomique Tchèque, les a localisés au moyen d’une analyse gravimétrique qui montre le champ gravitationnel de la Terre et ses anomalies locales. Les scientifiques ont nommé les volcans Dana et Zuzana, prénoms féminins répandus en République tchèque.
Les deux chercheurs ont découvert les volcans en utilisant les données gravimétriques fournies par un satellite en orbite à basse altitude autour de la Terre depuis 2009. Les données permettent de détecter différentes structures sur et sous la surface du sol. Les analyses ont révélé des phénomènes tels que des dépôts de sel ou de fer, des vallées et un ancien lit de rivière.
Les scientifiques ont complété les données gravimétriques par des informations topographiques fournies par des mesures radar qui permettent de déterminer l’altitude de la surface de la banquise et du substrat qui se trouve en dessous. Dans le cas des deux volcans, les mesures ont confirmé leur forme typique.
L’équipe scientifique a également découvert cinq lacs sous la glace antarctique. Les chercheurs les ont baptisés du nom de leurs épouses ou de leurs filles. Ce n’est pas la première fois que des noms de femmes sont à l’honneur en Antarctique. Une partie du continent porte le nom de Marie Byrd, l’épouse de l’explorateur polaire Richard Evelyn Byrd.
En plus des volcans, la méthode utilisée par l’équipe tchèque est capable de mettre en évidence des gisements de pétrole, [NDLR : …ce qui n’est pas le plus souhaitable pour l’environnement !]
Source: The Prague Daily Monitor.

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According to the Prague Daily Monitor, a local newspaper, Czech researchers have detected two volcanoes under Antarctic ice layer. However, no details are given about the exact location of the volcanoes on the continent. The team, from the Czech Astronomical Institute (ASU), has detected them by means of a gravimetric analysis that shows the Earth’s gravitational field and its local anomalies. The scientists named the volcanoes Dana and Zuzana, which are female first names widespread in the Czech Republic.

The two researchers discovered the volcanoes by using the gravimetric data supplied by a special satellite that has been orbiting the Earth at a low altitude since 2009. The data enable to detect various structures on and below the ground surface. The analyses helped detect phenomena such as salt or iron deposits, valleys and a long defunct former river bed.

The scientists complemented the gravimetric data by topographic information provided by radar measurements, which ascertain the altitude of both the surface and the ground surface below the ice layer. In the case of the two volcanoes, the measurements confirmed their shape typical of volcanoes.

Members of the scientific team have also uncovered five lakes under the Antarctic ice, naming them all after their wives or daughters. It is not by chance that female names have a tradition in Antarctica. A part of the continent bears the name of Marie Byrd, the wife of polar explorer Richard Evelyn Byrd.

Apart from volcanoes, the method developed by the team can also be used to detect oil deposits.

Source: The Prague Daily Monitor.

Source: Wikipedia

Agung (Bali / Indonésie) : Pilotage à vue // Visual monitoring

Dans les années 2000, j’assistais à une conférence donnée à l’Université de Lyon par le regretté François Le Guern, géochimiste et ancien membre de l’équipe Tazieff. Il a débuté ses propos en ces termes : « Je ne sais pas, nous ne savons pas, prévoir une éruption volcanique ». Cette phrase me revient sans cesse à l’esprit en observant les incertitudes qui entourent actuellement l’éruption de l’Agung. Plus qu’à des prévisions, les scientifiques indonésiens et étrangers se livrent à un jeu de pronostics. La grande question est de savoir si l’éruption prévue – à condition qu’elle ait lieu – ressemblera à celle de 1963 qui reste le seul point de repère digne de ce nom. En effet, on ne sait que très peu de choses, pour ne pas dire rien, sur l’histoire éruptive de l’Agung. Si l’on consulte la base de données de la Smithsonian Institution, on se rend vite compte que l’on manque cruellement d’informations sur les éruptions de 1808 et 1843, les seuls événements répertoriés avant celui de 1963. Les informations concernant cette dernière éruption s’appuient largement sur les témoignages de personnes ayant assisté à la colère du volcan.

Sur le plan scientifique, aucun paramètre n’indique à coup sûr la suite des événements. Les sismographes s’agitent de temps en temps et montrent clairement qu’un magma juvénile est apparu dans les entrailles du volcan. On a assisté à une inflation de l’édifice au mois de septembre avant le réveil du volcan, mais la tendance s’est stabilisée depuis. Les observations du cratère  révèlent la présence d’un amas de lave incandescente qui occupe moins de la moitié du gouffre. Certains volcanologues locaux pensent que le cratère pourrait se remplir et atteindre le point de débordement à la mi décembre. Les données satellitaires révèlent une anomalie thermique sur le volcan, ce qui semble tout compte fait assez normal. Il serait intéressant d’avoir les informations fourniess par l’interférométrie radar mais, à ma connaissance, rien n’a été diffusé à ce sujet. Les émissions de SO2 n’atteignent pas les sommets.

Nous sommes donc dans une situation d’attente. Les autorités indonésiennes ont appliqué le principe de précaution et mis à l’abri les populations vivant à moins de 10 km du cratère. C’est une sage décision, même s’il n’est pas facile de garder pendant des semaines des dizaines de milliers de personnes dans des centres d’hébergement provisoires. Il faut tout de même savoir, comme je l’ai fait remarquer précédemment, que la zone d’exclusion présente des failles et qu’un grand nombre de paysans continuent à s’occuper de leurs lopins de terre et de leur bétail sur les pentes de l’Agung. Gare à eux si le volcan se réveille brutalement !

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In the 2000s, I attended a lecture given at the University of Lyon by the late François Le Guern, a geochemist and former member of the Tazieff team. He began his remarks with these words: « I cannot, we cannot, predict a volcanic eruption ». This sentence keeps coming back to me as I look at the uncertainties that currently surround the eruption of Mt Agung. More than forecasts, Indonesian and foreign scientists are engaged in a game of betting. The big question is to know whether the planned eruption – if it takes place – will look like the one in 1963, which remains the only real landmark. Indeed, we know very little, if anything, about the eruptive history of Mt Agung. If one looks at the Smithsonian Institution’s database, one quickly realizes that there is a dearth of information about the eruptions of 1808 and 1843, the only events listed before that of 1963. Information about the last eruption relies heavily on the testimonies of people who witnessed the volcano’s wrath.
From a scientific point of view, no parameter indicates with certainty what will happen next. The seismographs are reacting from time to time and clearly show that juvenile magma appeared in the bowels of the volcano. There was some inflation of the edifice in September before the volcano becale active again, but the trend has since stabilized. Observations of the crater reveal the presence of a heap of incandescent lava that occupies less than half of the vent. Some local volcanologists believe that the crater could fill up and reach the overflow point by mid-December. Satellite data reveal a thermal anomaly on the volcano, which seems quite normal. It would be interesting to have more information provided by radar interferometry but, to my knowledge, nothing has been teleased in this domain. SO2 emissions are not that big.
We are therefore in a situation of waiting. The Indonesian authorities have applied the precautionary principle and sheltered populations living within 10 km of the crater. This is a wise decision, even if it is not easy to keep tens of thousands of people in temporary shelters for weeks. It is important to know, as I pointed out earlier, that the exclusion zone is flawed and that a large number of peasants continue to tend their plots of land and livestock on the slopes. of Mt Agung. They might be in trouble if the volcano wakes up suddenly!

En ce moment, l’Agung se contente d’émettre quelques panaches de vapeur…

Sécurité sur l’Erta Ale ? Pas si sûr ! // Safety on Erta Ale Volcano ? Not so sure !

Selon plusieurs agences de presse, parmi lesquelles le très sérieux site BBC News, un touriste allemand a été tué et un guide blessé dimanche dernier lors d’une visite del’Erta Ale, dans le nord-est de l’Ethiopie. Ils faisaient partie d’un groupe qui visitait le volcan. On ne sait pas qui a mené l’attaque, mais le gouvernement éthiopien a lancé une enquête.
La région de l’Afar, à cheval sur la frontière entre l’Érythrée et l’Éthiopie, est fréquentée par plusieurs groupes séparatistes. Il y a cinq ans, le Front Démocratique Révolutionnaire Afar – le plus important de ces groupes – a revendiqué la mort de cinq touristes et l’enlèvement de quatre autres dans la région d’Afar. Le groupe prône la création d’une terre Afar indépendante, qui comprendrait des régions d’Éthiopie, d’Érythrée et de Djibouti.
J’ai toujours été fasciné par cette région et tenté de visiter l’Erta Ale et la dépression du Danakil avec ses couleurs fantastiques. Cependant, je n’ai jamais effectué le voyage pour des raisons de sécurité. Je ne veux plus être accompagné par des gardes armés comme ce fut le cas lors de ma visite au volcan Pacaya au Guatemala dans les années 1990. Les agences de voyages affirment régulièrement que la sécurité n’est pas un problème dans la région de l’Erta Ale mais le dernier événement tragique prouve que ce n’est pas vrai.

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According to several press agencies, among which the very serious website BBC News, a German tourist was shot dead and a guide injured last Sunday during a visit to Erta Ale in north-eastern Ethiopia. They were part of a group which had travelled to the volcano. It is not known who carried out the attack, but the Ethiopian government has launched an investigation.

The Afar region, which straddles the border between Eritrea and Ethiopia, is known as an operating ground for several separatist groups. Five years ago, the Afar Revolutionary Democratic Front – the most prominent of the groups – claimed responsibility for the deaths of five tourists and the abduction of four others in the Afar region. The group seeks the creation of an independent Afar homeland, which would include areas of Ethiopia, Eritrea and Djibouti.

I have always been fascinated and tempted to visit Erta Ale and the Danakil depression with its fantastic colours. However, I have never performed the trip for safety reasons. I no longer want to be accompanied by armed guards as was the case when I visited Pacaya volcano in Guatemala in the 1990s. Travel agencies regularly affirm that security is not a problem in the Erta Ale region but the last tragic event proves this is not true.

Crédit photo: Wikipedia