Popocatepetl (Mexique)

Rien de vraiment nouveau sur le Popocatepetl dont le niveau d’alerte est maintenu à la couleur Jaune Phase 2. Cependant, de temps en temps, le volcan connaît des périodes d’activité plus intense. L’une d’elles a eu lieu les 1er et 2 juillet 2017. Trois explosions ont propulsé une colonne de cendre jusqu’à 6,7 km d’altitude.
Des retombées de cendre ont été signalées dans plusieurs villes. Le CENAPRED a rappelé à la population que l’approche du volcan et surtout de son cratère reste interdite. Les habitants sont invités à balayer les toits, les patios et les rues pour évacuer la cendre et la placer dans des sacs pour qu’elle ne pénètre pas dans les conduites d’eau. Les habitants gênés par la cendre doivent couvrir leur nez et leur bouche avec des masques ou des mouchoirs humides, protéger tout approvisionnement en eau en extérieur pour éviter la contamination, fermer les fenêtres et rester à la maison pendant les retombées de cendre.
Voici une vidéo montrant le Popocatepetl dans la matinée du 2 juillet 2017:
https://youtu.be/VvKZt1vs1bk

————————————–

Nothing really new at Popocatepetl whose alert level is still Yellow Phase 2. However, from time to time, the volcano goes through periods of more intense activity. One of these occurred on July 1st and 2nd 2017. Three explosions sent a column of ash up to 6.7 km above sea level.

Ashfall was reported in several towns. CENAPRED reminded people not go near the volcano, especially near the crater. Residents are advised to sweep roofs, patios, and streets of all ash and place the ash in bags so it does not get into the water system. Residents affected by the ashfall should cover their noses and mouths with masks or damp handkerchiefs, close any outdoor water supplies to avoid contamination, close windows, and remain at home during ashfall.

Here is a video showing Popocatepetl in the morning of July 2nd 2017:

https://youtu.be/VvKZt1vs1bk

Episode éruptif du Popocatepetl le 2 juillet 2017 (Source: CENAPRED)

 

Datation d’une éruption du Katla (Islande) // Dating of an eruption of Katla Volcano (Iceland)

Une équipe internationale de chercheurs a réussi à dater une éruption majeure du Katla (Islande) avec une marge d’erreur de quelques mois. L’éruption, qui est la plus ancienne à avoir été datée avec précision dans les hautes latitudes septentrionales, a eu lieu peu de temps avant l’implantation des premières colonies humaines, à une époque où certaines parties de l’île étaient encore couvertes de forêts.
L’équipe scientifique, qui comprenait des volcanologues, des climatologues, des géographes et des historiens, a utilisé un ensemble de données scientifiques et historiques pour situer la date de l’éruption du Katla entre la fin de l’année 822 et le début de l’année 823, quelques décennies avant l’arrivée des premiers colons. Les résultats de leur travail ont été publiés dans la revue Géology.
De la même façon que les fossiles peuvent être utilisés pour comprendre le développement et l’évolution de la vie sur Terre, différents types de preuves environnementales peuvent être utilisés pour comprendre comment était le climat sur Terre dans le passé et pour quelles raisons. Les cernes des troncs d’arbres et les carottes de glace permettent aux scientifiques de déterminer les conditions climatiques du passé et d’améliorer notre compréhension de l’interaction entre les humains et l’environnement il y a des centaines ou des milliers d’années.
Actuellement, la majeure partie de l’Islande est dépourvue de forêts. Cependant, avant l’arrivée des premiers colons à la fin du 9ème siècle, elles occupaient probablement une vaste partie du pays. Les premiers colons ont éliminé la plupart des arbres sur l’île pour établir une société basée sur l’agriculture et les arbres ne se sont jamais réapparus. En 2003, une crue de printemps de la rivière Thverá a mis à jour des centaines de troncs de bouleaux qui étaient restés enfouis pendant des siècles sous des couches de dépôts volcaniques. Cette forêt – dite de Drumbabót – est la forêt préhistorique la mieux préservée en Islande, après avoir été victime d’une éruption du Katla.
L’équipe scientifique qui a effectué l’étude avait indiqué précédemment qu’en 775 une grande éruption solaire avait provoqué une hausse brutale du niveau de carbone 14 dans l’atmosphère terrestre, susceptible d’être stockée dans le bois des arbres présents à l’époque. En mesurant le niveau de carbone 14 dans l’un des arbres de la forêt de Drumbabót, les chercheurs ont pu localiser l’année 775 dans les cernes des troncs d’arbres et compter, en allant vers l’écorce, le nombre d’années jusqu’à l’éruption du Katla qui avait signé l’arrêt de mort de ces arbres. Le cerne le plus extérieur était complètement formé et un nouveau n’était pas encore apparu, ce qui signifie que l’éruption s’est produite après l’automne 822 et avant le printemps 823, avant que la croissance de l’année suivante ait commencé. L’Islande n’a été colonisée que vers 870 ; cette forêt a donc été détruite près d’un demi-siècle avant l’arrivée des humains.
A côté du travail scientifique, l’équipe de chercheurs a également pris en compte les recherches des historiens qui ont analysé des preuves documentaires écrites en provenance d’Europe et d’Asie et ont constaté qu’il y avait eu un épisode de froid intense correspondant au moment de l’éruption du Katla.
Source: Université de Cambridge.

—————————————

An international group of researchers has dated a large eruption of Katla volcano in Iceland to within a few months. The eruption, which is the oldest volcanic eruption to be precisely dated at high northern latitudes, occurred shortly before the first permanent human settlements were established, when parts of the now mostly treeless island were still covered with forest.

The team, which included volcanologists, climatologists, geographers and historians among others, used a combination of scientific and historical evidence to pinpoint the eruption date of the Katla volcano between late 822 and early 823, decades before the earliest settlers arrived. Their results are reported in the journal Geology.

In a similar way to how fossils can be used to understand the development and evolution of life on Earth, different types of environmental evidence can be used to understand what the Earth’s climate was like in the past and why. The ‘fingerprints’ contained in tree rings and ice cores help scientists to estimate past climatic conditions and extend our understanding of the interaction between humans and the environment hundreds and thousands of years back in time.

Currently, Iceland is for the most part treeless. However, before the first permanent settlers arrived in the late 9th century, it was most likely covered by extensive woodland. Early settlers harvested most of the trees they found on the island to establish an agricultural-based society, and the trees never recovered. In 2003, a spring flood of the Thverá River exposed hundreds of birch trees which had been buried for centuries beneath layers of volcanic sediment. The so-called Drumbabót forest is the best-preserved prehistoric forest in Iceland, and had been buried by an eruption of the nearby Katla volcano.

The team behind the current study have previously confirmed that in 775, a large solar flare caused a spike in radiocarbon levels in the Earth’s atmosphere, which would be stored in the wood of trees that were alive at the time. By measuring the radiocarbon levels in one of the Drumbabót trees, the researchers were able to pinpoint the year 775 in the tree rings, and measure outward to the bark to count the number of years to the Katla eruption, when the tree died. The outermost tree ring had completely formed and a new one had not yet started, meaning that the eruption occurred after autumn 822 and before spring 823, before the next year’s growth had begun. Iceland was not settled until around 870, so this particular forest was destroyed almost half a century before humans arrived.

In addition to the scientific results, the team also involved historians who analysed written documentary evidence from Europe and Asia, and found that there was a severe cold spell consistent with the timing of the reconstructed Katla eruption.

Source: University of Cambridge.

La dendrochronologie permet de déterminer l’âge des arbres et de dater certains événements naturels.

Explosion phréatique au Plateau de Dieng (Indonésie) // Phreatic explosion at the Dieng Plateau (Indonesia)

Au cœur de l’île de Java, le Plateau de Dieng est connu pour ses explosions phréatiques qui ont été très mortelles dans le passé. Ainsi, 40 personnes ont été tuées par des blocs et de la boue à haute température en 1928. L’événement le plus meurtrier a eu lieu en 1979 lorsque 142 personnes sont mortes d’asphyxie par CO2 hautement concentré. Tous ces événements sont décrits dans un chapitre de mon livre « Killer Volcanoes« .
Selon les médias locaux, une éruption phréatique a eu lieu dans le cratère Sileri du Plateau de Dieng le dimanche 2 juillet 2017 vers 12h00. Les projections ont atteint une cinquantaine de mètres de hauteur.
Au moment de l’événement, il y avait une vingtaine de touristes dans le cratère Sileri. Quelques uns ont été légèrement blessés et évacués vers le dispensaire de Batur.
Il est demandé aux touristes et aux habitants de quitter l’endroit et la zone du cratère car de nouvelles explosions peuvent se produire.

J’ai publié une note sur le Plateau de Dieng en mai 2013 sur ce blog:
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2013/05/19/plateau-de-dieng-ile-de-java-indonesie-2/

Dernière minute: Un hélicoptère avec 8 personnes à son bord (4 membres d’équipage et 4 sauveteurs) s’est écrasé près du village de Candiroto alors qu’il se dirigeait vers le Plateau de Dieng pour participer aux évacuations. Le bilan définitif n’a pas été communiqué mais les villageois ont déclaré avoir vu deux cadavres sur le site de la catastrophe. Les autorités ont indiqué par la suite que les 8 personnes à bord de l’appareil sont mortes dans l’accident.

Source : ABC News.

—————————————-

At the heart of the island of Java, Dieng is known for its phreatic explosions which have been quite deadly in the pastFor instance, 40 persons were killed by blocks and hot mud in 1928. The deadliest event occurred in 1979 when 142 people died of asphyxiation by highly concentrated CO2. All these events are described in a chapter of my book “Killer Volcanoes”.

According to local news media, a phreatic eruption took place in Sileri Crater of Dieng Plateau on Sunday, July 2nd, 2017 at around 12:00. Ejections reached a height of approximately 50 metres.

At the time of the incident, there were about 20 visitors in the Sileri Crater. A few of themlm were slightly injured and evacuated to Batur Public Health Center.

The visitors and residents are asked to leave the location and the area of the crater because the incident has the potential to cause aftershocks.

I published a post about Dieng in May 2013 on this blog :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2013/05/19/plateau-de-dieng-ile-de-java-indonesie-2/

Last minute: A helicopter carrying eight people (four crewmen and four rescuers) crashed near Candiroto village in Central Java while on the way to help with evacuations near Dieng Plateau. Officials didn’t know the fate of the people on board, but villagers said they found two bodies at the crash site. Authorities later declared that all 8 passengers were killed in the accident.

Source: ABC News.

Source: Google maps.

Cratère Sikidang sur le Plateau de Dieng. Sa dernière éruption remonte à 1981. (Crédit photo: Wikipedia).

La Louisiane bientôt sous les eaux // Louisiana soon underwater

Depuis l’Antarctique où la glace continue de fondre, jusqu’à l’Arctique où une expédition a été annulée en raison de la montée des températures et des mouvements de la banquise, les effets du changement climatique se font sentir dans le monde entier. Aux États-Unis, les températures augmentent et les côtes disparaissent. L’une des régions les plus affectées est la Louisiane dont le littoral est menacé depuis des années.

La Geological Society of America vient de publier une étude conduite par une équipe de géologues de l’Université de Tulane qui a constaté que le littoral de la Louisiane s’affaisse 50% plus vite que prévu il y a deux ans. Ils ont découvert que la côte s’enfonce à une vitesse moyenne de 9 millimètres par an (avec une marge d’erreur de 1 millimètre). Dans certains secteurs, y compris le long du Mississippi au sud de la Nouvelle-Orléans, cette vitesse est de 12 millimètres par an.
La situation est encore plus grave car l’étude n’a pas tenu compte de l’élévation du niveau de la mer qui entame la côte à raison de 3 millimètres par an. Cela signifie que l’impact net sur la côte est en moyenne de 12 millimètres par an et atteint 15 millimètres par an dans les zones les plus touchées.
L’étude a été effectuée en analysant 274 sites le long de la côte de la Louisiane. Sur chaque site, les chercheurs ont enfoncé des tiges d’acier comportant des repères. Les différences de hauteurs des repères ont été mesurées sur des périodes de six à dix ans pour déterminer le degré d’affaissement de la surface. Les géologues ont également déposé des minéraux tels que la craie blanche au sol et ont ultérieurement collecté des échantillons pour déterminer la quantité de sédiments qui s’était déposée sur la couche de craie.
Les changements de niveau observés à la surface sont en grande partie dus aux dépôts de sédiments ou à leur absence. Dans certains cas, une importante quantité de nouveaux sédiments s’est déposée sur la côte, à tel point que ces zones se sont enfoncées sous leur propre poids. Dans d’autres cas, les zones qui auraient eu une assise assez solide pour supporter le poids de nouveaux sédiments n’en n’ont pas reçu assez, ce qui a entraîné une perte de terres.
L’apport de sédiments n’est pas le seul facteur qui provoque l’affaissement de la côte de la Louisiane. Les chercheurs ont détecté des affaissements à des profondeurs de 15 mètres ou plus en installant des points d’ancrage et en mesurant leurs variations de niveau avec le GPS. L’affaissement à cette profondeur est en grande partie provoqué par un « effet de basculement » continental, qui résulte de la hausse des terres au niveau du Cercle Polaire arctique. La terre se soulève dans l’Arctique parce que le poids de la calotte de glace est moins important suite à sa fonte et sa disparition [NDLR : Le phénomène a été observé en Islande et au Groenland]. Cette fonte de la calotte arctique est également à l’origine de la montée du niveau de la mer de 3 millimètres sur les 12 millimètres enregistrés le long de la côte de la Louisiane.
L’étude a révélé que le littoral de la Louisiane diminue plus rapidement qu’on le pensait jusqu’à présent. Des études récentes menées principalement avec des marégraphes ont révélé que l’affaissement était de 1 à 6 millimètres par an au cours des dernières décennies. Ces études prévoient des «scénarios catastrophes» de 8 à 10 millimètres par an.
Comme on peut le lire dans la dernière étude de la Geological Society of America, « Il se peut que les pires scénarios soient en passe de devenir la nouvelle norme ».

Adapté d’un article paru dans Newsweek.

—————————————

From Antarctica, where ice continues to melt, to the Arctic Sea, where a research expedition was cancelled due to rising temperatures, the effects of climate change are being felt around the globe. In the United States, temperatures are rising and coastlines are disappearing. One of the areas that has been affected the most is Louisiana, the coastline of which has been in danger for years.

The Geological Society of America published a study by a team of Tulane University geologists that found Louisana’s coastline is sinking 50 percent faster than was estimated two years ago. They discovered the coast is sinking at an average rate of 9 millimetres per year (with a margin of error of 1 millimetre). In some areas—including along the Mississippi River south of New Orleans—the rate is 12 millimetres per year.

The sinking coast doesn’t tell the whole story. The study did not take into account the rising sea level, which creeps up the coast at a rate of 3 millimetres per year. This means the net impact on the coast, or the « relative sea level rise, » averages 12 millimetres per year, and reaches 15 millimetres per year in the most highly impacted areas.

The study was conducted by testing 274 locations across the state’s coast. At each, researchers placed in the ground steel rods containing pins. The differences in the heights of the pins were measured over the course of six to 10 years to determine how much the surface had subsided. Researchers would also lay minerals such as white chalk on the ground, and later take core samples to determine how much sediment had been deposited on top of the chalk layer.

These surface-level changes are largely due to sediment deposits, or the lack thereof. In some cases, so much new sediment was deposited on parts of the coast that areas sank under its weight. In others, areas that would have had a base strong enough to support new sediment deposits were not receiving enough, causing land loss.

Sediment delivery isn’t all that is causing Louisiana’s coast to sink. Researchers charted subsidence at depths of 15 metres or more by planting anchors and then charting their rise or fall using GPS. Sinking at this depth is largely created by a continental « hinge effect, » which results from land rising at the Arctic Circle. Why is land rising at the Arctic Circle? Because weight on Arctic landforms is being lifted as the ice caps melt. These melting ice caps are also the cause of the rising sea level, which is responsible for 3 millimetres of the coast’s 12 millimetres of relative sea level rise.

The study found that the state’s coastline is subsiding at a higher rate than was previously thought. Recent studies that were conducted mostly with tide gauges found that the subsidence was occurring at 1-6 millimetres per year over the past few decades. These studies predicted « worst case scenarios » of 8-10 millimetres per year.

As the study published Wednesday notes, « perhaps worst case scenarios should be considered the new normal. »

Adapted from an article in Newsweek.

Vue de la Louisiane en 2100 si le niveau de la mer s’élève d’un mètre. Les zones inondées sont en rouge. (Source : University of Arizona).