Les ours au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris

Une exposition intitulée « Espèces d’ours! » est présentée du 12 octobre 2016 au 19 juin 2017 au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris, dans la Grande Galerie de l’Evolution (36 rue Geoffroy Saint-Hilaire). Elle est ouverte tous les jours sauf le mardi, de 10 heures à 18 heures.

De nombreux rendez-vous culturels sont proposés en marge de l’exposition: Séances de films, rencontres de spécialistes, ateliers destinés au jeune public.

Vous trouverez l’ensemble des programmes à cette adresse: http://especesdours.grandegaleriedelevolution.fr/

L’exposition est une illustration parfaite de l’ouvrage « Dans les Pas de l’Ours » !

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Des empreintes de pieds millénaires près de l’Ol Donyo Lengai (Tanzanie) // Ancient footprints close to Ol Doinyo Lengai (Tanzania)

drapeau-francaisSelon un article paru dans la revue Palaeogeography, Paleoclimatology, Paleoecology, des chercheurs ont découvert et daté un ensemble de très vieilles empreintes de pieds sur des vasières au pied de l’Ol Doinyo Lengai. Ils ont relevé plus de 400 empreintes sur le site, laissées par des êtres humains il y a entre 5800 et 19100 ans.
En étudiant ces anciennes empreintes près du village d’Engare Sero, les scientifiques pourront mieux comprendre comment vivaient et se déplaçaient ces premiers Homo sapiens africains.

Certaines empreintes laissent supposer que les gens se déplaçaient en trottinant rapidement, tandis que d’autres montrent des groupes de femmes et d’enfants voyageant ensemble. Une personne semble avoir marché avec un gros orteil cassé.
Les scientifiques ont observé le site d’Engare Sero pour la première fois en 2008 et ils viennent de publier les résultats de leurs recherches après des années passées à dater et analyser les empreintes. Ils pensent que c’est la boue qui s’écoule de l’Ol Doinyo Lengai qui a donné naissance aux vasières d’Engare Sero. C’est avant de sécher que cette boue a conservé les empreintes. Il se peut toutefois que ces dernières n’aient pas été toujours visibles et que le site ait été recouvert par une autre coulée de débris en provenance du volcan il y a 10000 ou 12000 ans.
A l’origine, les scientifiques pensaient que la boue s’était formée à partir d’un nuage de cendre, ce qui ferait remonter les empreintes à environ 120 000 ans. Aujourd’hui, on pense plutôt que la cendre a été transportée par l’eau, ce qui signifie que les empreintes ne sont probablement pas aussi anciennes.
En identifiant les cristaux les plus récents enfouis dans la boue grâce à des techniques géochronologiques, les scientifiques ont conclu que les empreintes ont probablement été laissées il y a 19 100 ans, avec une marge d’erreur de quelques milliers d’années.
Maintenant que la datation est plus précise, les chercheurs veulent en savoir davantage sur la façon dont ces gens vivaient car il y a encore beaucoup de mystères à résoudre.
Le site qui prétend avoir les empreintes les plus anciennes jamais découvertes est celui de Laetoli, également en Tanzanie. Il remonterait à environ 3,6 millions d’années. Les empreintes auraient été laissées par les premiers ancêtres de l’homme, les membres de l’espèce Australopithecus afarensis, mais il existe des désaccords sur l’interprétation du site.
Source: Sciencealert.

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drapeau-anglaisAccording to an article in the journal Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, researchers have dated an ancient and rare collection of footprints on the mudflats beyond the Ol Doinyo Lengai. There are more than 400 footprints at the site, thought to have been left between 5,800 and 19,100 years ago.

By knowing more about when these ancient footprints were committed to the dirt near the village of Engare Sero, it gives scientists a unique opportunity to figure out how these early African Homo sapiens might have lived and travelled.

Some of the tracks imply that people were moving at a brisk jogging speed, while others show groups of women and children travelling together. One person appears to have been walking with a broken big toe.

Scientists were first alerted to the Engare Sero site back in 2008, but have just published their findings after years of careful research to date and explain these prints. They think that mud flowing down from Ol Doinyo Lengai formed the Engare Sero mudflats, and in the days before it dried, it managed to capture and preserve these ancient tracks. However, they might not have always been visible; the researchers suggest that the site was covered with another flow of debris from the volcano 10,000 to 12,000 years ago.

Originally, the scientists thought the mud was formed directly from an ash cloud, which would date the prints at around 120,000 years old. Now, the hypothesis is that the ash was carried down by water, which means the footprints probably aren’t quite so ancient.

By identifying the youngest crystals buried in the mud using geochronological techniques, the scientists found the tracks could have been deposited as far back as 19,100 years ago, with a margin of error of a few thousand years.

Now that the timeframe has been narrowed, the researchers want to study more about how these people lived and socialised. There are still plenty of mysteries left to solve.

The site that claims to have the oldest footprints ever discovered is Laetoli, also in Tanzania, which is dated to around 3.6 million years ago. But those tracks would have been left by earlier human ancestors, members of the Australopithecus afarensis species, and there is some debate about the interpretation of the site.

Source : Sciencealert.

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Sommet du Lengai en décembre 2002 (Photo: C. Grandpey)

La fonte du glacier Aletsch (Suisse) déstabilise la montagne // The melting of the Aletsch glacier (Switzerland) destabilizes the mountain

drapeau-francaisIl y a quelques jours, j’évoquais sur ce blog la fonte des glaciers suisses et autrichiens qui reculent aussi vite que leurs homologues français. La fonte du glacier d’Aletsch, l’un des plus beaux de Suisse, a donné naissance à un autre problème. La glace d’amenuisant, les pans de montagne qui entourent le glacier sont fragilisés et des effondrements se produisent. Le phénomène est observé ailleurs dans le monde, en particulier en Nouvelle Zélande où les glaciers Fox et Franz Josef ont fondu si rapidement qu’il est devenu trop dangereux de les atteindre à partir du fond de la vallée. En raison de la fonte ultra rapide de ces glaciers, les parois de la vallée qui étaient autrefois maintenues en place par la glace sont désormais à l’air libre avec des risques évidents d’effondrements et autres chutes de pierres qui rendraient les randonnées trop dangereuses. Les tour-opérateurs ont donc cessé d’organiser de telles randonnées guidées sur le Franz Josef en 2012 et sur le Fox en 2014. Ces deux glaciers ont perdu chacun 3 kilomètres depuis les années 1800, ce qui correspond à environ 20 pour cent de leur longueur.

En Suisse, au cœur du Valais, un pan de montagne menace toujours de s’effondrer en aval du glacier d’Aletsch et son mouvement s’accélère, passant d’un déplacement de 20 cm par jour il y a 2 semaines à 70 cm actuellement. Cette augmentation de la vitesse peut provoquer des éboulements locaux. En conséquence, il est demandé à tous les randonneurs de respecter l’interdiction d’accès aux sentiers pédestres dans une zone de 2 km2.

Une remontée mécanique permettant d’accéder aux abords du glacier d’Aletsch subit elle aussi les effets du mouvement du pan de montagne. Les pylônes d’arrivée de la télécabine d’Aletsch Arena, qui relie Riederalp à Moosfluh, bougent de 1 centimètre par jour. Toutefois, l’exploitant des remontées avait prévu le problème puisque  il a investi l’été dernier 23 millions de francs suisses dans un système qui permet de glisser les pylônes sur un rail pour les maintenir parfaitement droits et ainsi laisser l’installation ouverte. La surveillance est permanente, avec un système d’alarme en cas de gros déplacement.

Source : Presse helvétique.

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drapeau-anglaisA few days ago, I mentioned in this blog the melting of the Swiss and Austrian glaciers which are retreatingl as fast as their French counterparts. The melting of the Aletsch Glacier, one of the most beautiful in Switzerland, has created another problem. As the ice is thinning, the mountain sides along the glacier are weakened and collapses occur. The phenomenon is observed around the world, particularly in New Zealand where the Fox and Franz Josef glaciers have melted so quickly that it has become too dangerous to reach them from the bottom of the valley, which ends a tradition dating back to more than a century. Due to the ultra rapid melting of these glaciers, the valley walls that were once held in place by the ice are now in the open air with obvious risks of collapses and other rock falls that would make them too dangerous to hikers. Tour operators have therefore cancelled guided hikes to the Franz Josef in 2012 and to the Fox in 2014. Both glaciers have lost three kilometers from the 1800s, which corresponds to about 20 percent of their length.
In Switzerland, in the heart of Valais, a mountain side still threatens to collapse downstream of the Aletsch glacier and its movement is accelerating, from 20 cm per day two weeks ago to 70 cm currently. This increase in speed may cause local landslides. Accordingly, all hikers have been asked to respect the access ban to hiking trails in an area of 2 square kilometers.
A gondola leading to the edge of the Aletsch glacier is also affected by the movements of the mountain. The arrival pylons of the Aletsch Arena gondola that connects Riederalp to Moosfluh are moving 1 centimeter per day. However, the operator had foreseen the problem and invested 23 million Swiss francs in a system that allows to drag the pylons on a rail in order to keep them perfectly straight and thus keep the facility open. Monitoring is permanent, with an alarm system in case of major displacement.
Source: Swiss Press.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/wp-content/uploads/2016/09/aletsch.jpg

Vue du glacier d’Aletsch (Crédit photo: Dirk Beyer / Wikipedia)

Activité sismique à grande profondeur en Californie // Deep seismicity in California

drapeau-francaisUne nouvelle étude publiée début octobre dans la revue Science nous apprend que des sismologues qui travaillaient sur le terrain en Californie du Sud ont détecté une activité sismique à une profondeur surprenante.

L’activité sismique profonde ou faible est souvent très difficile à contrôler, en particulier dans les zones urbaines, en raison de la distance entre les capteurs et du bruit causé par la circulation et les activités industrielles. Afin de mieux étudier ces micro signaux, un groupe de chercheurs a installé des détecteurs le long de la faille Newport-Inglewood (NIF), qui s’étire sur près de 80 kilomètres entre Culver City et Newport Beach, en Californie du Sud *.
On sait que la plupart des dégâts sont infligés par les séismes les plus puissants, mais les petits séismes comme ceux observés le long de la NIF se produisent beaucoup plus fréquemment, et leur localisation peut être utilisée pour mettre en évidence des failles actives et leur profondeur.
En filtrant le bruit, les chercheurs ont constaté que l’activité le long de la NIF était extrêmement profonde et fréquente comparée à des failles semblables dans la région. Ils se sont donc concentrés sur ce qui semble être le prolongement profond de la faille Newport-Inglewood dans le manteau supérieur. Les chercheurs pensent que ces signaux pourraient conduire à une meilleure compréhension de la profondeur à laquelle les séismes se produisent, et pourraient permettre de mieux comprendre la structure de la faille.
La profondeur surprenante de ces séismes soulève des questions sur la surveillance sismique. Les scientifiques ne savent pas si ces petites secousses se produisent à grande échelle et si on ne les a pas détectées sur d’autres failles en raison de la difficulté à contrôler les petits séismes profonds, ou si la NIF est unique avec une sismicité profonde qui s’étend jusqu’au manteau supérieur.
La faille Newport-Inglewood est également remarquable pour la fréquence de ses séismes. Ces derniers suivent d’habitude une loi d’échelle qui prédit le rapport entre le nombre de petits et grands séismes qui se produisent sur un segment spécifique d’une faille. Ce rapport est généralement constant. Cependant, les sismologues présents sur la FNI ont constaté que dans les parties les plus profondes de la faille le nombre de petits séismes est beaucoup plus important que le nombre de grands séismes. Ils pensent que ce rapport différent le long de la NIF est peut-être dû à des changements de température, de pression ou à la minéralogie des roches à ces profondeurs. Des recherches supplémentaires seront nécessaires pour en déterminer la véritable cause.
La fréquence et la profondeur différentes des séismes sur la NIF pourraient également signifier que la profondeur maximale de l’activité sismique est peut être beaucoup plus grande qu’on le pensait jusqu’à présent. Par exemple, le séisme de 2012 à Sumatra (Indonésie) a eu lieu sous l’Océan Indien à une bien plus grande profondeur que celle à laquelle les sismologues s’attendaient sur la base des mesures précédentes de sismicité. Depuis cet événement, les chercheurs se demandent si la même chose pourrait se produire sur des failles continentales, comme en Californie.
Jusqu’à présent, les recherches ne montrent pas que ces régions de failles profondes produisent des séismes plus puissants. Le dernier événement majeur le long de la faille Newport-Inglewood  a été le séisme de Long Beach, d’une magnitude de M 6.4, qui s’est produit au sud de Los Angeles le 10 mars 1933.
Source: Live Science

* En 2015, des scientifiques ont découvert une fuite d’hélium naturel en Californie du Sud. Ce phénomène a prouvé que la faille Newport-Inglewood était plus profonde qu’on le pensait, avec une connexion directe entre la surface de la Terre et le manteau. Les chercheurs ont trouvé des niveaux élevés de l’hélium-3 dans des puits de pétrole jusqu’à 3 kilomètres de profondeur dans le comté d’Orange, le long d’un tronçon de 48 kilomètres entre le Westside de Los Angeles et Newport Beach.

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drapeau-anglaisA new study published early in October in the journal Science informs us that seismologists working on the field in Southern California found seismic activity at deeper-than-expected levels.

Deeper or smaller seismic activity can be very difficult to monitor, especially in urban areas, due to the distance between seismicity monitors and the noise caused by traffic and industrial activities. In order to better see these so-called micro signals, a group of researchers deployed detectors along the Newport-Inglewood Fault (NIF), which stretches over nearly 80 kilometers, from Culver City to Newport Beach, in Southern California*.

Most of the damage is inflicted by large earthquakes, but these small earthquakes like the ones we observe at NIF occur much more frequently, and their location can be used to highlight active faults and their depth.

By filtering out the noise, the researchers found that activity along the NIF was unusually deep and frequent compared to similar faults in the region. They are concentrated in what appears to be the deep continuation of the Newport-Inglewood fault down into the upper mantle. The researchers said these signals could lead to a better understanding of the depths at which earthquakes can occur, and could further illuminate the structure of the fault.

The unexpected depths of these earthquakes raise questions about quake monitoring. Scientists don’t know whether these temblors are widespread and have simply been missed at other faults because of the difficulty in monitoring small, deep quakes, or, if the NIF is unique and somehow the fault has deep seismicity that extends to the upper mantle.

The Newport-Inglewood Fault is also remarkable in another way: the frequency of its quakes. Earthquakes statistically follow a scaling law that predicts the ratio between the number of small and large earthquakes that will occur on a specific fault segment. That ratio is generally constant. However, on the NIF seismologists found that for the deeper sections of the fault, the number of the small earthquakes is much larger than the number of large earthquakes. They suggested that the different ratio along the NIF could be due to changes in temperature, pressure or the mineralogy of the rocks at those depths, but said that further research is needed to determine the root cause.

The NIF’s unique frequency and depth of earthquakes could also mean that the maximum depth of seismic activity may be much deeper than was previously thought. For example, the 2012 Sumatra earthquake in Indonesia occurred deep beneath the Indian Ocean, penetrating much deeper than expected based on previous measures of seismicity. Since then, researchers have been wondering if something similar could happen on continental faults like in California

Fortunately, this research thus far does not show that these deep fault regions will produce larger earthquakes. The last major earthquake along the NIF was the M 6.4 Long Beach earthquake that struck south of Los Angeles on March 10th, 1933.

Source : Live Science.

*In 2015, scientists discovered a natural helium leak in Southern California. It revealed that the Newport-Inglewood fault was deeper than once thought, with a direct connection from the Earth’s surface to the mantle. They found high levels of helium-3 in oil wells up to 3 kilometers deep in Orange County, along a 48-kilometer stretch from Los Angeles’ Westside to Newport Beach.

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Faille Newport-Inglewood (Mine-engineer.com)

Suite à la diffusion de cette article, des précisions ont été apportées par l’ancien Directeur de l’Observatoire des Sciences de l’

Univers de Grenoble.  Je vous invite à les lire attentivement:

« Je voudrais apporter quelques précisions sur les magnitudes et les intensités. La magnitude est liée à l’énergie libérée sous forme d’ondes sismiques enregistrées par les capteurs. . L’énergie libérée totale comprend aussi l’énergie de déformation des roches et la chaleur libérée. Le rapport entre l’énergie sismique et l’énergie totale est appelé rendement sismique. On l’estime souvent (mais arbitrairement) à la valeur 0.1 .
La région épicentrale n’est pas obligatoirement la zone de plus forte intensité. Cette définition est purement théorique en supposant le séisme réduit à un point. On ne l’utilise que pour la détermination spatiale des séismes historiques. Dans la réalité, un séisme est une rupture qui se propage à quelques km/s le long d’une faille horizontalement et en profondeur d’où la notion de surface de la faille (déterminée à partir des répliques) qui intervient dans le calcul du moment sismique. On appelle foyer du séisme le lieu du départ de la rupture. L’épicentre est placé à la verticale du foyer. Si on regarde les isoséistes du séisme de Provence de 1909, les intensités maximales VIII et IX ont une enveloppe de forme elliptique allongée quasiment E-W de 25 x 10 km. L’épicentre se trouverait au centre de cette surface (entre Rognes et Lambesc). D’autre part, il existe des effets de site qui augmente le déplacement du sol donc l’intensité associée, et des effets de propagation des ondes sismiques comme par exemple en 1985 au Mexique, où les dégâts les plus importants ont été observés à Mexico située à 400 km de l’épicentre du séisme ».