Un volcan de méthane en Californie // A methane volcano in California

drapeau-francaisCela fait plus de deux mois (depuis le 23 octobre 2015) que le méthane s’échappe d’un puits de stockage sur le site d’Aliso Canyon, dans la région de Los Angeles. Il a entraîné l’évacuation de milliers de maisons et la quantité de gaz à effet de serre répandue dans l’atmosphère correspond aux rejets de plus de six centrales au charbon. C’est un véritable volcan de méthane. Le gaz qui s’échappe du site avait été traité avec une substance odorante afin qu’une fuite puisse être détectée rapidement (le méthane est inodore à l’état naturel). Avec une fuite d’une telle ampleur, la substance odorante provoque des nausées, des maux de tête, des saignements de nez, et d’autres effets indésirables. La Southern California Gas Company (SoCalGas) a relogé temporairement 2300 ménages et s’efforce d’évacuer 1500 autres familles.
Aujourd’hui, les habitants poursuivent SoCalGas en justice sous prétexte que la société n’a jamais remplacé une soupape de sécurité qui aurait pu arrêter la fuite et, plus généralement, pour des négligences de maintenance du site.
SoCalGas essaye d’éviter une catastrophe sanitaire et climatique majeure. Les ouvriers travaillent 24 heures sur 24 pour réduire l’émission de gaz. Jusqu’à présent, quelque 80 000 tonnes de méthane se sont échappées du site, selon les estimations de l’Environmental Defense Fund (EDF) qui observe attentivement la situation. La fuite, qui a été réduite d’environ 40 pour cent depuis le 23 Octobre 2015, demeure la plus grande émission quotidienne de méthane, comparée à toutes les autres sources de pétrole et de gaz en Californie.
En plus des effets locaux de la fuite, le méthane est un contributeur important au changement climatique. Ce gaz représente environ 10% des émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis. Il se décompose plus rapidement que le CO2, mais sur une période d’un siècle, il piège environ 25 fois plus de rayonnement solaire.
Il y a environ 400 autres puits de stockage comme celui Aliso Canyon aux Etats Unis. Ce n’est pas la première fois qu’une fuite de gaz naturel cause des problèmes. En 2001, une fuite du gaz naturel stocké dans d’anciennes mines de sel à Hutchison dans le Kansas a provoqué une série d’explosions, tuant deux personnes et détruisant plusieurs bâtiments. En 2010, un gazoduc a explosé à San Bruno, en Californie, tuant huit personnes et en blessant 66 autres.
Alors que les États-Unis s’efforcent d’abandonner le charbon et d’opérer une transition vers les énergies renouvelables et les usines de gaz naturel, la fracturation hydraulique contribue également au développement rapide du gaz naturel. On transporte, stocke et brûle de plus en plus de gaz à travers les Etats-Unis.
Source: ThinkProgress: Au bas de l’article, vous verrez l’impact en temps réel de la fuite de méthane d’Aliso Canyon: http://thinkprogress.org/climate/issue/

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drapeau-anglaisFor more than two months (actually since October 23rd 2015) , methane has been escaping from a storage well in the Los Angeles area. It has caused the evacuation of thousands of homes and dumped more than six coal plants’ worth of greenhouse gas into the atmosphere. It is a real methane volcano. The gas leaking from the Aliso Canyon Storage Facility has been treated with an odorant, so that if there is a leak it is detected (methane is naturally odourless). At this large scale, though, the odorant has been reportedly causing headaches, nausea, nosebleeds, and other adverse reactions. SoCalGas has temporarily relocated 2,300 households and is working with another 1,500 on relocations.
Now, residents are suing, alleging that Southern California Gas Company took out and never replaced a safety valve that could have shut off the leak, and generally failed to maintain the site.
Now, the company is scrambling to stop the health and climate disaster. They are operating around the clock to gain control over the gas. Up to now, about 80,000 metric tons of methane have been released from the site, according to estimates from the Environmental Defense Fund (EDF), which has been tracking the leak closely. The leak, which has been reduced by about 40 percent since it began on October 23rd, remains the single largest output of methane per day compared with all other oil and gas sources in California.
In addition to the local effects of the leak, methane is a significant contributor to climate change. Making up about 10% of U.S. greenhouse gas emissions, methane breaks down more quickly than CO2, but over a hundred-year period, it is about 25 times more effective at trapping radiation.
There are about 400 other storage wells like the Aliso Canyon one. This is not the first time a natural gas leak has caused problems. In 2001, natural gas stored in old salt mines leaked into Hutchison, Kansas and caused a series of explosions, killing two and destroying several buildings. In 2010, a pipeline exploded in San Bruno, California, killing eight and injuring another 66.
Meanwhile, as the United States transitions away from carbon-heavy coal and more towards intermittent renewables and natural gas plants, fracking has also contributed to a natural gas boom. More and more gas is being transported, stored, and burned around the country.
Source : ThinkProgress : At the bottom of the article, you will see the real-time impact of the leaking methane: http://thinkprogress.org/climate/issue/

Methane

Site de la fuite de méthane le 14 décembre 2015 (Crédit photo: Wikipedia)

5 réflexions au sujet de « Un volcan de méthane en Californie // A methane volcano in California »

  1. Enfouir nos déchets, c’est comme glisser nos saletés sous le tapis… un jour où l’autre, le tapis se soulève !
    — (en fait, nous n’avons rien à envier aux USA, avec nos « propres » déchets nucléaires !) —
    Ces « quelques » mois de vomissement de méthane, combien de fois représentent-ils l’équivalent des rejets annuels du CO2 camouflé des Volkswagen ?
    Attendons de voir le montant l’amende éventuelle !

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      1. Merci pour vos voeux et recevez les miens en retour !
        J’ajouterai, à propos de ces enfouissements de déchets, qu’ils ne me paraissent pas du tout être une solution VIABLE : il y aura toujours un petit quelque chose pour ruiner les « meilleurs » projets. Dans le cas présent, on avait même déjà anticipé une fuite en rendant odorant le gaz enfoui : le comble pour une solution « durable » !

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  2. Bonjour,
    Mais, Phil, il ne s’agit pas à ma connaissance ici d’enfouissement de déchets mais de stockage de gaz naturel dont la composition comprend effectivement 80% de méthane.
    Enfouir du gaz revient à simuler un réservoir naturel, faut-il encore s’assurer que la constitution des sols le permette de manière durable. Pour ce qui concerne la Californie, ce réservoir est âgé d’une soixantaine d’années et semble bien se mettre à fuir de tous cotés. Je crains fort que la fuite actuelle ne soit que la partie « émergée de l’iceberg », d’où la panique actuelle autour de cet accident qui risque bien de finir par une énorme catastrophe.
    Ce procédé de stockage n’a rien d’exceptionnel, nous pratiquons de même en France et possédons une vingtaine de réservoirs de ce style dont six ou sept sont en région parisienne.
    Malgré cette actualité très explosive, je vous souhaite une excellente année 2016, ainsi qu’à Claude qu’il ne faut surtout pas oublié.
    Bien amicalement
    Pierre Chabat

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    1. Merci Pierre pour vos voeux et pour votre remarque.
      Très sceptique quant à la viabilité à long terme du stockage dans le sous-sol de déchets, dont le CO2 et chez nous les déchets radioactifs, j’ai en effet oublié que le méthane n’était pas un déchet et qu’on le stockait où on le pouvait et à moindre frais, avant de le consommer, y compris chez nous !
      Et j’ai réagi comme s’il s’agissait d’un déchet…
      Mais ce grave incident confirme la réalité du risque lié à l’enfouissement de déchets : un rejet massif de CO2 dont on croit s’être débarrassé aurait des conséquences, à la fois à court terme sur les populations locales (risque d’asphyxie), et à long terme sur l’environnement.
      Sans compter qu’il y a bien plus dangereux que le CO2…

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