Les vautours de l’Etna

Chaque jour, quand je m’assied devant mon ordinateur pour faire un tour du monde des volcans actifs, je suis éberlué de voir le nombre d’internautes qui restent scotchés aux webcams de l’Etna, en quête du moindre soupir du volcan ! Chaque bouffée de cendre, chaque soubresaut est méticuleusement observé. A croire que certains ne dorment pas et passent leur temps à attendre le prochain paroxysme, voire la prochaine éruption !

Personnellement, même si j’aime bien le volcan sicilien, je ne fais pas preuve d’un tel attachement. Le tremor et le profil sismique en disent suffisamment long sur le comportement du volcan pour savoir s’il va se manifester violemment dans les minutes à venir. Inutile donc de rester rivé des heures devant son écran tel un vautour en train de repérer sa prochaine victime depuis le haut d’une falaise !

L’apparition des webcams est un plus indiscutable pour l’observation des volcans, même si ces caméras ne font guère avancer les choses en matière de prévision éruptive et donc de prévention volcanique.  Malgré leurs bienfaits, toutes ces webcams installées sur l’Etna ou le Stromboli détruisent le charme d’autrefois. Il y a une vingtaine d’années, il fallait aller sur le terrain (qui n’était pas interdit comme aujourd’hui!) ou avoir des contacts fiables pour décrire les humeurs de ces volcans. On glanait des photos qui permettaient une certaine exclusivité, d’autant qu’on ne mitraillait pas avec le film argentique comme aujourd’hui avec les appareils photo numériques. A l’heure actuelle, tout est banalisé et je dois dire que je ne frémis plus guère devant un nuage de cendre ou une fontaine de lave, tant ces images foisonnent sur le web (la toile, devrais-je dire). Il est vrai aussi que j’ai eu la chance de voir plusieurs fois de tels phénomènes extraordinaires en Sicile ou ailleurs dans le monde.

Au final avec cette banalisation de l’événement volcanique, j’ai tendance à m’éloigner de ce monde et à rechercher les émotions dans d’autres domaines. Le réchauffement climatique – qui m’inquiète fortement pour les générations à venir – a guidé mes pas vers les glaciers et les terres nordiques où je retrouve de nouvelles sensations. En septembre dernier, j’éprouvais la même fascination devant les effondrements du Columbia Glacier que devant l’avancée d’une coulée de lave sur l’Etna. Au sein de l’ambiance glacée des terres nordiques, avec les oiseaux et les loutres de mer autour du bateau, je retrouvais un bonheur qui m’avait quitté depuis pas mal de temps sur les volcans…

Coulee-Etna-blog

Columbia-blog

Passage du chaud au froid !  (Photos:  C. Grandpey)

Une réflexion au sujet de « Les vautours de l’Etna »

  1. J’ai vu l’autre mais pas encore l’un ! ! ! Je crois quand même qu’un fleuve de lave doit être plus impressionnant qu’un effondrement de front glaciaire.

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  2. Of course, lava fountains may seem at first glance more spectacular , but the polar regions and their evolution give us at least no less beauty and emotion ( not quite an amateur in this area , a bit more, that’s why say it:) . Thank you Claude for the wonderful post. Really a problem of global warming now probably worth in the first place , especially considering that according to some experts in the not too distant future, it is its effects can have a direct effect on the activation of volcanic and seismic activity:)

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    1. Thank you for your comment. I did not mention in my note the possible effect of global warming on volcanic and seismic activity, but several scientists have explained that this aspect should not be neglected.

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  3. Je ne suis pas un scientifique et non explorateurs , je suis un petit employé qui trouve intéressant de voir ce que la terre offre tant . Et les volcans sont également inclus.
    Les webcams sont ma fenêtre dans ce monde , parce que même si j’étais déjà dans le voisinage de l’Etna , à plusieurs reprises, en Islande et dans les îles Canaries : Je suis juste un touriste .
    Je ne sais pas si je vais jamais fais dans ma vie pour voir la lave incandescente directement, mais ces petits Webcams moi j’ouvre un oeil à un spectacle fascinant .
    Peut-être que je n’ai pas compris votre article correctement, mais ce qui ne va pas si je peux encore être excité à propos un autre foyer de l’Etna ?

    À l’automne , j’ai découvert les webcams de Klyuchevskoy pour moi , une belle, pour moi inaccessible, volcan . Toujours le matin et le soir quand il faisait jour, j’ai fait une photo de webcam. Et puis il a éclaté .

    Toutes les petites gens comme moi qui ont un intérêt dans les volcans, aiment aussi partager leur enthousiasme. Et peut-être qu’ils sont parents de jeunes volcanologues futures , qui sait … 🙂
    Je ne suis pas un vautour, je suis juste étonné.
    Marion
    (translation via google)

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    1. Halo Marion, ich sehe daß Sie deutsch sind. Ich werde also versuchen, auf Sie in der Sprache von Goethe, zu antworten. Der Titel meines Artikels « Die Geier des Ätnas » war nichts abfällig. Es war die Weise, mit ein wenigem Humor, von diesen zu sprechen, die stundenlang vor ihrem Computer warten auf einen Ausbruch des Ätnas. Wie ich habe auch geschrieben, die webcams sind wunderbare Möglichkeiten, um die Vulkane aus der Ferne zu bewundern, selbst wenn die Bilder nicht immer von hoher Qualität sind. Sie erlauben auch den Personen, die nicht reisen können, Fenster zu der Welt, nicht nur die Vulkane, zu haben. .

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      1. Mon blog continue bien sûr en français et en anglais mais, par courtoisie, j’ai préféré répondre à Marion dans sa langue natale (j’ai vu qu’elle avait utilisé le traducteur Google). Pour résumer mes propos, je lui disais que le titre de ma dernière note n’avait rien de méprisant. C’était juste une façon de parler avec humour de ceux qui épient les frasques de l’Etna. Les webcams restent de merveilleux moyens d’observer et de voyager à travers le monde. Tout le monde n’a, malheureusement, pas cette chance.

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  4. Bonjour!
    Cela amène de nombreaux débats tous très intéressants. Je ne m’arrête pas sur le titre que je trouve assez violent. Mon post va être un écho à celui de Marion.

    Tout d’abord sur la rareté. Je suis sur la même longueur d’onde. J’ai toujours préféré voyager à des endroits où peu de monde va, plutôt que d’aller dans des hauts lieux du tourisme mondial hyper fréquentés. Mais le tourisme ayant explosé, ces endroits se raréfient. Alors on peut le regretter; je suis dégoûté de grimer au Stromboli avec des gens qui rappliquent en tongs et qui passent leur temps au sommet sur leur smartphone.
    D’un autre côté, cela a permis à pas mal de monde (moi compris) d’accéder aux voyages qui étaient inaccessibles auparavant. Sans Aventures et volcans je n’aurais jamais grimpé le Semeru. Sans le web, je n’aurais jamais connu l’activité des volcans guatémaltèques et donc je n’y serais jamais allé…

    Ensuite sur la profusion de webcams: idem, cela permet de donner un peu de magie à des amateurs qui ne peuvent pas y accéder. Et cela n’empêche pas que voir cela sur place est autre chose! L’un n’empêche pas l’autre, et mon travail ne m’ayant pas permis d’aller sur un volcan depuis 2009, je peux vous garantir que suivre l’actualité des volcans (et des fois un coup d’oeil aux webcams) me fait le plus grand bien. Notamment sur les volcans italiens où je suis allé 4 fois. Et d’ailleurs les volcans italiens étant à portée de train+bateau (ce qui évite de prendre l’avion et de participer d’autant plus au changement climatique…) j’ai vraiment le sentiment qu’ils sont juste à côté. J’ai adoré aller sur des volcans lointains, mais les volcans italiens sont les seuls que j’irai à nouveau voir et revoir. Et effectivement en grande partie du fait d’une ré orientation de ma part qui fait que je ne prends plus l’avion.

    Conclusion: je comprends votre sentiment de voir votre passion noyée par la profusion moderne. Mais… je vous dirai comme m’a dit un ami à propos de la musique: grâce à internet il y a de tout. Et c’est parce qu’il y a de tout qu’on peut trouver son bonheur. Le fait que d’autres accèdent au même bonheur ne doit pas gâcher le sien propre. Et donc je réitère mon idée: grimpez sur le Santiaguito; vous y trouverez la rareté, la solitude, la beauté sauvage, et une activité volcanique soutenue. On peut encore trouver des endroits! Encore plus inaccessibles: Tinakula, Manam, Dukono dans les contrées éloignées du Pacifique; Barren Island dans l’océan Indien, volcans du Kamtchatka… On peut être déçu quand on a connu un endroit un peu secret et qu’il est devenu surfréquenté (j’aurais bien aimé connaître le Stromboli il y a plus de 20 ans…), peut-être faut-il juste gratter un peu plus…

    Alors: rareté ou privilège? A réfléchir! En tout cas à nouveau, bravo pour votre blog. Et n’hésitez à continuer à décrire ce que vous voyez, ce que vous aimez, quoi qu’il arrive!

    Cordialement,

    Damien

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  5. Ho vissuto 60 anni della mia vita, senza interruzione, ai piedi dell’Etna. Ho visto di presenza tutte, dico tutte , le eruzioni piccole e grandi dell’Etna dall’anno 1954 al 2006. Adesso vivo felicemente in Francia con la mia famiglia e spesso vado in Sicilia a ritrovare le mie origini, i miei affetti, le mie sensazioni di uomo innamorato di un vulcano che mi ha visto nascere e mi appartiene . E quando sono lontano dall’Etna, osservando un parossismo attraverso una web cam sento di essere un po’ piu’ vicino alla MIA TERRA. Anzi è vero che arrivo a passare delle notti bianche osservando e catturando immagini che conservo gelosamente nei miei archivi. Non sono un  »vautour » Claude, ma solo un uomo che ha « le mal du pays ». E le web cam puntate sull’Etna mi danno un poco di sollievo.
    Un saluto da Pippo Scarpinati

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    1. Ciao Pippo! Grazie per il tuo commento. La parola « vautour » non era per te. Conosco molto bene il tuo amore per il vulcano che ti ha visto nascere. Mi piaciono sempre i vulcani ma non ho più l’entusiasmo di venti anni fa quando ho scoperto l’Etna con Antonio e con te. Forse sto diventando vecchio! Adesso mi viene la voglia di visitare altre parti del mondo, anche se non ci sono vulcani.

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  6. Merci pour les réponses! Mon français est un peu rouillé . C’est pourquoi je laisse traduire et essayer de corriger google 🙂
    Surtout l’humour est difficile à traduire . Encore une fois merci à Claude !

    Il se trouve que je ne fais presque Volcan Voyage avec mon copain . Nous commençons avec l’intérêt commun pour l’Islande ( où nous avons eu la chance de faire un merveilleux tour sur le glacier Kverkfjöll ) et l’année dernière nous étions dans l’Eifel . Je ne savais pas avant combien il est à voir. « Direct » (400 km) à ma porte ! Et depuis que je suis en Sicile en 2007 , je visite les webcams quotidien.

    Claude , ce que vous avez écrit sonnait un peu ennuyé de volcans , dont je ne comprenais pas . Mais c’est parfois quand vous lisez dans les langues étrangères …
    Je ne pense pas que l’intérêt dans les volcans vous laisse , si l’intérêt dans les glaciers ajouté . Et en Islande , on peut au moins observer un lac glaciaire sur webcam . Mon endroit préféré Jökulsarlon
    Marion

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    1. C’est un bon début. L’Auvergne est une région intéressante. Elle n’a qu’un seul défaut: ses volcans ont (momentanément?) cessé de fonctionner!

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    1. Hello Anne-Marie! Mon blog est bilingue anglais-français mais est lu par des blogonautes de différentes nationalités. Par courtoisie, j’essaye de répondre dans leur langue quand j’en suis capable. Si les commentaires en anglais, italien, allemand ou espagnol (mes connaissances linguistiques s’arrêtent là!) vous intéressent, faites un copier/coller dans un traducteur automatique (Reverso par exemple). Le résultat est parfois cocasse, mais ça dépanne!

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