L’Eyjafjöll à peine calmé en Islande, voici que Enzo Boschi – président de l’INGV – annonce une prochaine éruption de l’Etna en Sicile! Le scientifique italien a déjà fait parler de lui à la fin du mois de mars en indiquant que le volcan sous-marin Marsili, à 150 km au SO de Naples, avait toutes les chances de « se désintégrer et provoquer à tout moment un tsunami qui engloutirait l’Italie du sud ».
C’est une nouvelle secousse sismique de M2,3 enregistrée le 21 avril à 5h06 (UTC) et à une profondeur de 5,5 km entre l’Etna et les Monts Péloritains qui a poussé E. Boschi à faire ce pronostic. Elle fait suite à d’autres secousses enregistrées en mars et en avril (voir ma note du 9 avril) avec, en particulier, un essaim sismique le 2 avril le long de la faille de Pernicana. E. Boschi et ses collègues font remarquer qu’une telle activité le long de cette faille a souvent conduit à une reprise d’activité de l’Etna, ce qui s’est d’ailleurs vérifié le 8 avril avec une émission de cendre au niveau de la bouche au pied du Cratère SE. Il n’est donc pas impossible que le géant sicilien sorte prochainement de sa torpeur.
Quant à savoir si une nouvelle éruption de l’Etna provoquera un panache de cendre susceptible d’entraîner une fermeture de l’aéroport de Catane, voire de perturber le trafic aérien en Europe, les scientifiques italiens ne se risquent à aucun pronostic!
Source : Agence de presse italienne ANSA
Commentaire personnel :
En y réfléchissant bien, ces effets d’annonce ne font pas avancer la prévision volcanologique. Dire que le volcan sous-marin Marsili est susceptible de se désintégrer et de provoquer un tsunami dévastateur est certes spectaculaire, mais c’est la même chose que de dire que le super-volcan de Yellowstone est susceptible d’entrer en éruption. C’est bien de le rappeler, mais ça ne sert à rien si on est incapable d’en dire plus!
Il en va de même pour l’Etna. Dire que des éruptions sont susceptibles de se produire quand la sismicité s’accompagne de mouvements de la faille de Pernicana, ce n’est pas vraiment un scoop. Là aussi, on aimerait avoir plus de précisions : La prochaine éruption prendra-t-elle la forme d’activité sommitale inoffensive pour les populations ? Y aura-t-il ouverture de fractures latérales avec des coulées de lave à basse altitude susceptibles d’atteindre les zones habitées ? Au stade où restent les affirmations d’Enzo Boschi, ce n’est pas de la prévision volcanique ! On sait très bien que l’Etna est un volcan actif et qu’il entre en éruption relativement fréquemment. Une prévision digne de ce nom devrait donner des informations plus précises. Le problème, c’est que la volcanologie n’a pas encore franchi ce pas !
Cela étant dit, je pense que l’Etna ne tardera pas à se manifester. Les épisodes sismiques de début avril ainsi que l’irrégularité du trémor – qui aconnu une nouvelle hausse le 21 de ce mois – montrent que le magma est en train de s’accumuler sous le volcan. Quand et où la lave sortira-t-elle? Personne n’est capable de le dire!

Le relevé thermique réalisé par l’INGV lors d’un survol le 15 montrait un sommet plutôt froid, espérons que le magma ne cherche pas une sortie plus bas…
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Ah, les effets d’annonce… Nous sommes entrés dans une époque où ne pas communiquer est grave; quitte à communiquer des éléments sans importance, ce qui a pour effet de lisser les informations. Le relief est aplani et on ne sait plus ce qui est important: la hausse des prix de la baguette à Plougastel ou la pollution aux particules diesel en ville…
Personnellement je me suis même posé la question d’un complot au sujet du nuage islandais: comment font les Indonésiens avec le Semeru, les Guatémaltèques avec le Fuego (si proche de l’aéroport…), les Japonais avec le Sakurashima… De qui se moque-t-on? Je ne vois que 2 explications:
_ la bureaucratie européenne
_ une expérience grandeur nature de l’impact de la pollution par l’aviation
Il y a une différence entre passer au milieu d’un panache comme en 82 au Galunggung et voler à 100km d’un panache…
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