Chronique d’une éruption annoncée (Islande)

L’éruption qui vient de débuter sur l’Eyjafjallajökull n’est pas vraiment une surprise. Celle qui se déroulait au col de Fimmvörduháls s’était arrêtée de manière trop soudaine pour qu’il n’y ait pas une suite. De plus, cette interruption a coincidé avec une forte secousse sismique au sud-ouest de la région.

Depuis hier soir (mardi 13 avril 2010), les événement se sont succédés rapidement. Comme je l’indiquais précédemment, un essaim sismique superficiel et très dense a commencé vers 23 heures (GMT) sous le glacier Eyjafjallajökull. Il était clair que quelque chose allait se produire sans tarder.  

Les volcanologues islandais qui étaient très vigilants depuis l’arrêt de l’activité à Fimmvörduháls ont tout de suite alerté la Protection Civile qui a fait évacuer les quelque 700 personnes qui habitent dans la zone au sud du glacier. Les fermiers ont été autorisés à s’occuper de leurs animaux, mais avec l’obligation de revenir vers un lieu plus sûr.

En début de matinée (14 avril 2010), des pilotes ont aperçu un panache de vapeur – dont la hauteur a été estimée à 3000-4000 mètres – qui perçait la couche nuageuse. Au sol, la visibilité était quasiment nulle.

Le risque principal de cette éruption réside dans la fonte de la glace sous l’effet de la chaleur. La partie sommitale du glacier a, semble-t-il, déjà fondu sur un diamètre d’environ 200 mètres, en sachant que le cratère a un diamètre de 5 km. Les volcanologues islandais redoutent maintenant une éruption phréato-magmatique comme en 1821. A cette époque, c’est un magma rhyolitique (et non du basalte comme à Fimmvörduháls) qui est monté des profondeurs. Etant plus riche en silice, il est plus visqueux, donc plus explosif et les retombées de cendre peuvent être importantes.

Les rivières qui naissent au pied du glacier ont commencé à enfler, en particulier de part et d’autre de la langue glaciaire de Gígjökull. Par précaution, la portion de la route n°1 a été fermée à la circulation dans sa partie la plus menacée, entre Skogar et  Hvolsvöllur. Devant le risque d’une inondation imminente, il a été décidé d’ouvrir une brèche dans la route à l’est du pont sur la rivière Markarfjolt pour empêcher la destruction de ce pont par le courant.

Les eaux en provenance de l’Eyjafjallajökull alimentent les Iles Vestmann en eau potable. Leur composition chimique est donc étroitement contrôlée actuellement.

Attendons maintenant la suite des événements….

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.