Explosion hydrothermale à Yellowstone // Hydrothermal explosion at Yellowstone

Une explosion hydrothermale a eu lieu dans le Biscuit Basin du Parc national de Yellowstone vers 10h00 le 23 juillet 2024, avec de gros dégâts causés au sentier d’accès. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des visiteurs en train de courirt pour se mettre en sécurité. Aucun blessé n’a été signalé.

https://www.facebook.com/watch/?v=497664519308104

L’explosion a eu lieu près du Sapphire Pool. Les explosions hydrothermales se produisent lorsque de l’eau surchauffée se transforme rapidement en vapeur sous terre. De tels événements sont relativement courants à Yellowstone. Un événement de ce type a été signalé dans le Norris Geyser Basin le 15 avril 2024 et un autre dans ce même Biscuit Basin le 17 mai 2009.
Pour anticiper des commentaires stupides, l’USGS précise que les explosions hydrothermales comme celle-ci ne sont pas le signe d’une éruption volcanique imminente et qu’elles ne sont pas provoquées par une remontée de magma vers la surface.
Source : USA Today.

Photo: C. Grandpey

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A hydrothermal explosion took place at Yellowstone National Park’s Biscuit Basin at aabout 10:00 am on July 23rd, 2024, damaging a boardwalk. Videos released on the social networks show visitors running to safety. No injuries have been reported.

https://www.facebook.com/watch/?v=497664519308104

The explosion originated near the Sapphire Pool. Hydrothermal explosions are geothermal explosions that occur when superheated water rapidly flashes to steam underground. Such events are relatively common in Yellowstone. A similar event was reported in the Norris Geyser Basin on April 15th, 2024 and another in Biscuit Basin on May 17th, 2009.

To anticipate stupid comments, USGS specifies that hydrothermal explosions like this one are not a sign of impending volcanic eruptions, and they are not caused by magma rising towards the surface..

Source : USA Today.

Peine de prison ferme pour un touriste à Yellowstone // Prison sentence for a tourist at Yellowstone

Les autorités du Parc national de Yellowstone en ont assez du mauvais comportement d’un nombre croissant de visiteurs et ont décidé de sévir. De plus en plus de touristes s’approchent trop près de la faune, avec des accidents de plus en plus fréquents. D’autres visiteurs ont été vus en dehors des les sentiers, en train de se promener à proximité de sources hydrothermales avec le risque d’être gravement brûlés ou même de mourir, comme cela s’est produit dans le Norris Geyser Basin il y a quelques années.

Le Parc national de Yellowstone a indiqué le 13 juin 2024 qu’un touriste avait été condamné à une semaine de prison ferme pour avoir pénétré sans autorisation dans une zone géothermale dangereuse. Les autorités expliquent que l’homme, âgé de de 21 ans, est entré dans la zone non-autorisée du Steamboat Geyser, le geyser le plus actif du monde et l’un des plus dangereux.

Un employé du National Park Service a indiqué avoir vu un touriste « sortir du sentier » près du geyser et avoir pris une photo de cette personne qui avait enjambé la clôture et s’était approchée à moins de 6 mètres de la bouche active du Steamboat Geyser. L’homme a simplement déclaré « qu’il avait quitté le sentier pour prendre des photos ».

Avec la photo fournie par l’employé, les autorités du Parc disposaient de suffisamment de preuves démontrant qu’une personne avait délibérément ignoré les panneaux et pénétré dans une zone hydrothermale interdite.

Le touriste a été condamné à une peine de 7 jours de prison et à une amende de 1 550 dollars. Il a également été interdit d’accès au Parc national de Yellowstone pendant deux ans. Le juge a expliqué que le but de la peine était de servir d’exemple et « dissuader le public de quitter le sentier dans ce secteur ». Il a ajouté que si chaque visiteur de Yellowstone enfreignait les règles, le Parc serait détruit et personne ne pourrait en profiter.

À l’approche de la saison estivale, il est probable que d’autres condamnations seront prononcées pour inciter les touristes à respecter les règles du Parc concernant les sources hydrothermales et la faune.

Source : Service des parcs nationaux, Fox News.

Vue du Steamboat Geyser (Photo: C. Grandpey)

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Authorities in Yellowstone National Park are getting fed up with the misbehaviour of more and more visitors to the Park. There are repeated incidents of tourists getting too close to the wildlife with ensuing accidents . Other visitors have been seen leaving the trails and boardwalks to go and walk close to geothermal sources with the risk of being badly burnt or even dyng, as happened at Norris Geyser Basin a few years ago.

Yellowstone National Park recently announced (on June 13th, 2024) that a tourist was sentenced to one week in jail after trespassing into a « dangerous » geothermal area. Officials say the 21-year-old man wandered away from the boardwalk area at Steamboat Geyser, the world’s tallest active geyser in the world, and one of the most dangerous ones.

A National Park Service employee reported seeing someone « walking off the boardwalk » near the geyser, and taking a photo of the tourist who had clearly crossed over the fence and was walking up the hillside within 6 meters of Steamboat Geyser’s steam vent. The man just said « he left the boardwalk to take photos. »Park authorities had strong evidence showing a person had willfully disregarded signs and entered a closed, thermal area.

The tourist was given a 7-day jail sentence and was also ordered to pay $1,550 in fines. He was also banned from Yellowstone National Park for two years. The judge designed the sentence to « deter the public from leaving the boardwalk in this area. » He added that if every visitor to Yellowstone disobeyed the rules, the park would be destroyed, and no-one would be able to enjoy it.

As the summer season is nearing, it is likely that more sentences will be delivered to incite people to respect the Park’s rules concerning geothermal areas and wildlife in the Park.

Source : National Park Service, Fox News.

Une information à prendre avec des pincettes !

« La baisse de pollution aggrave le réchauffement climatique ». C’est le titre d’un article publié le 13 avril 2024 sur le site web de France Info. Faut-il en conclure qu’il faut continuer à polluer pour que le réchauffement climatique ne progresse pas ?

Le titre de l’article est très maladroit et risque de faire le lit des climato-sceptiques. En effet, la pollution évoquée est seulement celle générée par les particules. On nous explique que « la disparition de la couverture d’aérosols qui réfléchit la lumière solaire vers le ciel, aggrave le réchauffement. Cela pourrait représenter jusqu’à 40% de l’augmentation de l’énergie qui réchauffe la planète entre 2001 et 2019. » L’auteur de l’article ajoute : « Lorsqu’elles sont en suspension dans l’air, les particules de pollution réfléchissent la lumière dans l’espace, et provoquent donc un refroidissement. Si on en a moins, il y a réchauffement. »

L’article ne mentionne à aucun moment le gaz carbonique ou le méthane qui sont les principaux vecteurs du réchauffement de l’atmosphère terrestre. Actuellement, les concentrations de CO2 atteignent 424,58 ppm, après avoir atteint 425 ppm au début du mois d’avril. On a affaire à ne hausse permanente. Au même moment en 2023, les concentrations étaient de 422 ppm. On se rend vite compte de la vitesse à laquelle elles augmentent. Même si la quantité de particules fines diminue, nous ne sommes pas près de voir la courbe des température diminuer sur Terre.

A noter que la photo illustrant l’article est censée représenter le bassin du Vieux Fidèle dans le Parc National de Yellowstone. C’est faux ; de toute évidence, l’auteur de l’article n’y a jamais mis les pieds !

Eruption du Vieux Fidèle

Bassin de West Thumb illustrant l’article

Photos: C. Grandpey

Super éruptions et refroidissement de l’atmosphère // Super eruptions and atmosphere cooling

Une nouvelle étude publiée dans le Journal of Climate explique qu’en entravant la lumière du soleil, les particules émises lors d’ une super éruption ne refroidissent probablement pas la température à la surface de la Terre aussi fortement qu’on l’avait estimé précédemment. La super éruption du volcan Toba (Indonésie) il y a environ 74 000 ans a déployé une énergie 1 000 fois plus puissante que l’éruption du mont St. Helens en 1980.

Image satellite du Lac Toba (Source: NASA)

S’agissant des éruptions les plus puissantes, les chercheurs se demandent depuis longtemps quel niveau de refroidissement causé par ces éruptions, et souvent appelé hiver volcanique, pourrait potentiellement constituer une menace pour l’humanité. Les études déjà effectuées s’accordent pour dire que notre planète subirait un refroidissement, mais elles divergent sur son ampleur. Les estimations varient entre 2 et 8 degrés Celsius.
La nouvelle étude, réalisée par une équipe du Goddard Institute for Space Studies de la NASA et de l’Université Columbia à New York, a utilisé une modélisation informatique de haute technologie pour simuler des super-éruptions comme celle du Toba. Les chercheurs ont alors constaté que le refroidissement post-éruption ne dépasse probablement pas 1,5 degré Celsius, même pour les événements les plus puissants.
Pour mériter le titre de « super éruption », un tel événement doit libérer plus de 1 000 kilomètres cubes de magma, avec un VEI 8, le maximum sur cette échelle. Ces éruptions sont extrêmement puissantes ; heureusement, elles sont rares. La super-éruption la plus récente s’est produite il y a plus de 22 000 ans au niveau du Lac Taupo en Nouvelle-Zélande.

Le Lac Taupo vu depuis l’espace (Source: NASA)

L’événement le plus connu est la super éruption qui a eu pour cadre le cratère de Yellowstone il y a environ 2 millions d’années.

Photo: C. Grandpey

Les auteurs de l’étude ont tenté de comprendre quelle était la cause de la divergence dans les estimations de température fournies par les modélisations. Il faut savoir que « les modélisations sont le principal outil permettant de comprendre les changements climatiques survenus il y a trop longtemps pour laisser des traces de leur impact ». Les scientifiques ont étudié plus particulièrement une variable qui peut être difficile à cerner : la taille des particules microscopiques de soufre injectées à des kilomètres de hauteur dans l’atmosphère.
Dans la stratosphère (entre 10 et 50 kilomètres d’altitude environ), le dioxyde de soufre gazeux émis par des volcans subit des réactions chimiques pour se condenser en particules de sulfate liquide. Ces particules peuvent influencer la température de surface sur Terre de deux manières : en réfléchissant la lumière solaire entrante (ce qui provoque un refroidissement), ou en piégeant l’énergie thermique sortante (ce qui génère une sorte d’effet de serre).
Au fil des années, ce phénomène de refroidissement a également suscité des questions sur la manière dont les humains pourraient inverser le réchauffement climatique, un concept baptisé géo-ingénierie. Il consiste à injecter volontairement des particules d’aérosol dans la stratosphère pour favoriser un effet de refroidissement.
Les chercheurs ont montré dans quelle mesure le diamètre des particules d’aérosol volcanique influençait les températures post-éruption. Plus les particules sont petites et denses, plus leur capacité à bloquer la lumière du soleil est grande. Mais estimer la taille des particules est extrêmement difficile car les super éruptions du passé n’ont pas laissé de traces physiques fiables. Dans l’atmosphère, la taille des particules change à mesure qu’elles coagulent et se condensent. Lorsque les particules retombent sur Terre et sont conservées dans des carottes de glace, elles ne laissent pas de traces physiques claires en raison du mélange et du compactage.
En simulant des super-éruptions sur une gamme de tailles de particules, les chercheurs ont découvert que les super-éruptions sont probablement incapables de modifier la température globale davantage que les plus grandes éruptions des temps modernes. Par exemple, l’éruption du mont Pinatubo aux Philippines en 1991 n’a provoqué qu’une baisse d’environ un demi-degré Celsius de la température sur Terre pendant deux ans.

Eruption du Pinatubo en 1991 et nuage d’aérosols (Source: Wikipedia)

La compréhension du refroidissement causé par les super-éruptions nécessite davantage de recherches. Selon les chercheurs de la NASA, la voie à suivre consiste à comparer des modèles de manière exhaustive, ainsi qu’à effectuer davantage d’études en laboratoire, en insistant sur les facteurs déterminant la taille des particules d’aérosols volcaniques. Compte tenu des incertitudes dans ce domaine, le recours à la géo-ingénierie via l’injection d’aérosols dans la stratosphère ne semble pas la meilleure solution.
Source : NASA.

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A new study published in the Journal of Climate. suggests that sunlight-blocking particles from a super eruption would not cool surface temperatures on Earth as severely as previously estimated.

Some 74,000 years ago, the Toba volcano in Indonesia exploded with a force 1,000 times more powerful than the 1980 eruption of Mount St. Helens.

When it comes to the most powerful volcanoes, researchers have long speculated how post-eruption global cooling – sometimes called volcanic winter – could potentially pose a threat to humanity. Previous studies agreed that some planet-wide cooling would occur but diverged on how much. Estimates have ranged from 2 to 8 degrees Celsius.

The new study, by a team from NASA’s Goddard Institute for Space Studies and Columbia University in New York used advanced computer modeling to simulate super-eruptions like the Toba event. They found that post-eruption cooling would probably not exceed 1.5 degrees Celsius for even the most powerful blasts.

To qualify as a super eruption, a volcano must release more than 1,000 cubic kilometers of magma, with a VEI 8, the maximum on the scale. These eruptions are extremely powerful and rare, fortunately. The most recent super-eruption occurred more than 22,000 years ago in New Zealand’s Lake Taupo. The best-known example may be the eruption that blasted Yellowstone Crater about 2 million years ago.

The authors of the study tried to understand what was driving the divergence in model temperature estimates because “models are the main tool for understanding climate shifts that happened too long ago to leave clear records of their severity.” They settled on a variable that can be difficult to pin down: the size of microscopic sulfur particles injected kilometers high into the atmosphere.

In the stratosphere (about 10 to 50 kilometers in altitude), sulfur dioxide gas from volcanoes undergoes chemical reactions to condense into liquid sulfate particles. These particles can influence surface temperature on Earth in two ways: by reflecting incoming sunlight (causing cooling) or by trapping outgoing heat energy (a kind of greenhouse warming effect).

Over the years, this cooling phenomenon has also spurred questions about how humans might turn back global warming – a concept called geoengineering – by intentionally injecting aerosol particles into the stratosphere to promote a cooling effect.

The researchers showed to what extent the diameter of the volcanic aerosol particles influenced post-eruption temperatures. The smaller and denser the particles, the greater their ability to block sunlight. But estimating the size of particles is challenging because previous super eruptions have not left reliable physical evidence. In the atmosphere, the size of the particles changes as they coagulate and condense. Even when particles fall back to Earth and are preserved in ice cores, they don’t leave a clear-cut physical record because of mixing and compaction.

By simulating super-eruptions over a range of particle sizes, the researchers found that super-eruptions may be incapable of altering global temperatures dramatically more than the largest eruptions of modern times. For instance, the 1991 eruption of Mount Pinatubo in the Philippines caused about a half-degree drop in global temperatures for two years.

The mysteries of super-eruption cooling invite more research. The NASA researchers say that he way forward is to conduct a comprehensive comparison of models, as well as more laboratory and model studies on the factors determining volcanic aerosol particle sizes. Given the ongoing uncertainties, geoengineering via stratospheric aerosol injection is a long way from being a viable option.

Source : NASA.