Le Mont Aso (Japon) a-t-il entravé un séisme? Did Mount Aso (Japan) halt an earthquake ?

drapeau-francaisLe lien entre les séismes et les volcans n’a jamais été prouvé de manière définitive. Les séismes précèdent souvent les éruptions volcaniques car des fracturations se produisent dans l’édifice volcanique sous la poussée du magma au cours de son ascension. Cependant, aucune étude n’a vraiment prouvé qu’un séisme qui se produit dans une région volcanique déclenche l’éruption de volcans situés à proximité. Les Japonais craignaient que le séisme de Fukushima en avril 2011 réveille le Mont Fuji, mais aucune éruption n’a encore eu lieu.
Un article qui vient d’être publié dans la revue Science nous apprend que le Mont Aso, l’un des volcans les plus actifs du Japon, a récemment fait obstacle à un puissant séisme qui a ensuite perdu de son intensité.
Le séisme de M 7.1 qui a secoué la ville de Kumamoto le 16 avril, 2016 a ouvert des fractures à la surface du sol sur une zone de plus de 40 kilomètres de longueur. Les scientifiques japonais ont relevé des indices qui laissent supposer que la chambre magmatique du Mont Aso, situé à environ 30 kilomètres de l’épicentre, a fait obstacle à ce puissant séisme.
Cette découverte a donné aux scientifiques un aperçu de l’interaction possible entre les volcans et les séismes. Elle est intéressante au Japon, pays particulièrement vulnérable aux séismes et aux éruptions volcaniques.
Peu de temps après le séisme de Kumamoto, les scientifiques ont visité la zone de l’épicentre et ils ont passé 10 jours à analyser les fractures ouvertes par cet événement. Ils ont découvert des fractures récentes qui se prolongeaient jusque dans la caldeira de l’Aso, du sud-ouest vers le nord-est, avant de s’arrêter brusquement à 6 kilomètres sous la surface.
Les analyses de l’activité sismique profonde sous la caldeira, là où les fractures s’arrêtaient, ont indiqué qu’il y avait une chambre magmatique à cet endroit. Les chercheurs ont conclu que les ondes sismiques se sont déplacées vers le Mont Aso à travers des roches froides et friables, mais la rencontre soudaine avec l’extrême chaleur générée par le magma sous le volcan a dispersé l’énergie vers le haut et vers l’extérieur, réduisant pas là même l’intensité du séisme et provoquant l’arrêt des fractures. Selon un chercheur: « Il s’agit du premier exemple à ce jour montrant l’interaction entre le volcan et la fracturation sismique. » Il existe toutefois  quelques autres exemples assez semblables. En 1707, les fractures ouvertes par le séisme de M 8.7 de Houei-Tokai-Nankai se sont dirigées vers le nord avant d’être interrompues par le flanc ouest du mont Fuji. De la même façon, en 1930, les fractures ouvertes par le séisme de M 7.3 dans le nord de l’archipel d’Izu ont été interrompues par le Mont Hakone.
La dernière découverte dans la région de l’Aso pourrait aider les chercheurs à anticiper avec plus de précision le déroulement des séismes en fonction de leur interaction avec les volcans. Il se pourrait que les systèmes magmatiques fassent obstacles aux fractures sismiques et, ce faisant, limitent l’intensité des séismes de manière prévisible. Cependant, l’exemple du Mont Aso ne concerne qu’un seul séisme et il serait hasardeux de vouloir généraliser.

Source: Live Science & Science Magazine.

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drapeau-anglaisThe link between earthquakes and volcanoes has never been definitely proved. Earthquakes often precede volcanic eruptions because fractures occur in the volcanic edifice under the push of magma during its ascent. However, no study has really proved that an earthquake occurring in a volcanic region triggers eruptions of nearby volcanoes. It was feared that the April 2011 Fukushima earthquake might wake up Mount Fuji, but no eruption has happened yet.

An article published online in the journal Science informs us that Mount Aso, one of the most active volcanoes in Japan, recently helped to stop a powerful earthquake before it subsided on its own.

When an M 7.1 quake struck Kumamoto on April 16th, 2016, it opened surface fractures in a zone extending over 40 kilometres. However, scientists found evidence suggesting that the powerful earthquake was halted by Mount Aso’s magma chamber, located about 30 kilometres from where the quake originated.

This finding provided scientists with a rare glimpse of how volcanoes and earthquakes may interact. This topic is of particular interest in Japan, which is particularly vulnerable to both volcanoes and earthquakes

Shortly after the Kumamoto quake, the researchers visited the epicentre and spent 10 days investigating the fractures left behind by the quake. They discovered fresh ruptures that extended into Aso’s caldera, from the southwest to the northeast edge, and they abruptly ended there, at depths of 6 kilometres below the surface.

Investigations of seismic activity deep under the caldera where the ruptures stopped indicated that there was a chamber holding magma at that very spot. The researchers concluded that energy waves from the quake travelled toward Mount Aso through cool, brittle rock, but the sudden encounter with the extreme heat generated by rising magma under the volcano dispersed the energy upward and outward, sapping the strength of the quake’s flow and stopping the rupture. Said one researcher : « This is the first case concerning the interaction between the volcano and co-seismic rupturing as we know so far. » However, other examples might represent similar activity. In 1707, ruptures generated by the M 8.7 Houei-Tokai-Nankai earthquake extended northward and eventually terminated at the western side of Mount Fuji. In 1930, the rupturing of the M 7.3 North Izu earthquake was interrupted at the Hakone volcano.

This discovery could help researchers more accurately anticipate earthquakes’ duration relative to their interaction with volcanoes. What it might mean for earthquakes is that magmatic systems might segment faults and, by doing so, limit the size of earthquakes in a predictable way. However, the current example at Mount Aso only concerns one earthquake and it would be potentially hazardous to generalize to future earthquakes.

Source: Live Science & Science Magazine.

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Le Mont Aso: Un bouclier anti-sismique? (Photo: F. Gueffier)

Quelques nouvelles de l’Etna // A few pieces of news of Mt Etna

drapeau-francaisDans une mise à jour publiée le 10 octobre 2016, l’INGV indique que deux mois après l’ouverture d’une petite bouche de dégazage dans la partie orientale de la Voragine, un événement explosif a eu lieu dans la Bocca Nuova – ou dans la zone située entre ce cratère et la Voragine – en début d’après-midi le 10 octobre. C’était la première activité éruptive observée dans la Bocca Nuova après qu’elle ait été remplie de matériaux expulsés par la Voragine pendant les épisodes éruptifs de décembre 2015 et mai 2016.
L’explosion a produit une anomalie bien visible sur les images enregistrées par les caméras thermiques de la Montagnola et de Bronte, et un petit panache de cendre s’est élevé à quelques centaines de mètres au-dessus du sommet du volcan.
Au cours des semaines précédentes, le dégazage avait continué au niveau de la bouche qui s’était ouverte le 7 août dans la partie orientale de la Voragine avec, en parallèle, de rares et faibles émissions de cendre à partir de la bouche située sur le flanc supérieur E du cône du Nouveau Cratère Sud-Est . Contrairement à ce qui a été dit au cours des jours qui sont suivi l’ouverture de la bouche le 7 août, il ne semble pas y avoir eu d’activité strombolienne, mais seulement l’émission de gaz à haute température, avec de temps à autre une lueur vive qui pouvait être observée pendant la nuit.

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drapeau-anglaisIn an update released on October 10th 2016, INGV indicates that two months after the opening of a small degassing vent in the eastern part the Voragine, an explosive event occurred at the Bocca Nuova – or in the area between this crater and the Voragine – in the early afternoon of October 10th. This was the first eruptive activity observed at the Bocca Nuova after it was filled by the products from the Voragine during the December 2015 and May 2016 eruptions.

The explosion produced a distinct anomaly in the images recorded by the thermal cameras at the Montagnola and at Bronte, and a small puff of ash rose a few hundred meters above the summit of the volcano.

During the previous weeks, degassing had continued from the vent that opened in the eastern portion of the Voragine on August 7th, accompanied by very rare and rather minor emissions of ash from the eruptive vent located on the upper east flank of the New Southeast Crater cone. Contrary to what was thought in the days after the opening of the August 7th vent, there does not seem to have been any Strombolian activity at this vent, but only emission of high-temperature gas, producing sometimes some vivid glow that could be observed at night.

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Vue aérienne du sommet de l’Etna (Crédit photo: INGV)

 

Des éruptions récentes sur Vénus // Recent eruptions on Venus

drapeau-francaisSelon une nouvelle étude, l’activité volcanique sur Vénus a eu lieu dans le passé géologique récent, et il se pourrait même qu’elle continue encore de nos jours.
Le volcan Idunn Mons, dans l’hémisphère sud-ouest de la planète, culmine à 2500 mètres au-dessus des plaines environnantes. En 2010, les observations effectuées par la sonde Venus Express de l’Agence Spatiale Européenne avaient révélé que Idunn Mons était un « point chaud », ce qui laissait penser que la lave avait coulé récemment, et que la zone était encore chaude.
Aujourd’hui, les dernières recherches révèlent que les observations du point chaud sur Idunn Mons vont de pair avec plusieurs coulées de lave le long du flanc E du volcan. Les chercheurs pensent que les volcans de Vénus étaient actifs dans un passé relativement récent, et le sont peut-être encore aujourd’hui.
En 2010, Venus Express avait identifié le point chaud sur Idunn Mons en utilisant le spectro-imageur VIRTIS. La majeure partie de la surface de Vénus semblait froide dans son rendu par VIRTIS, ce qui prouvait qu’elle n’avait pas changé depuis des millions d’années. En revanche, les chercheurs qui avaient étudié le point chaud pour la première fois estimaient que la région pouvait être âgée de moins de 2,5 millions d’années. Malheureusement, l’épaisse couche nuageuse qui recouvre Vénus n’avait pas permis à la sonde Venus Express d’obtenir davantage de détails du volcan et des coulées de lave.
La dernière analyse des coulées de lave sur Idunn Mons utilise des données radar collectées au début des années 1990 par la sonde Magellan de la NASA. Les scientifiques ont construit un nouveau modèle numérique afin de simuler des coulées de lave sur le sommet de la montagne et sur le flanc E, et ils ont comparé ce modèle avec les données de la sonde Magellan. Selon le nouveau modèle, ces coulées de lave sont à elles seules responsables du point chaud. C’est la première fois que sont cartographiées des coulées de lave émises par une structure volcanique censée avoir été active récemment, ou être encore active, sur un corps terrestre autre que la Terre.
Source: Space.com.
http://www.space.com/

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drapeau-anglaisAccording to a new study, volcanic activity on Venus took place in the recent geological past, and may still be happening on the planet today.

The Idunn Mons volcano in the southwestern hemisphere of Venus rises 2.5 kilometres above the surrounding plains. In 2010, observations by the European Space Agency’s Venus Express probe revealed that Idunn Mons is a « hotspot », which could mean that lava flowed at the spot recently, and that the area is still warm.

Now, the new research suggests that the hotspot observations at Idunn Mons are consistent with multiple cooled lava flows along the volcano’s eastern flank. The researchers think that Venus’ volcanoes were active in the relatively recent past, and may still be active today.

Venus Express initially identified the hotspot on Idunn Mons in 2010 using the Visible and Infrared Thermal Imaging Spectrometer (VIRTIS) instrument. Most of Venus’ surface appears cool when viewed with VIRTIS, and this is a sign that those regions haven’t changed in millions of years. By contrast, the researchers who initially studied the hotspot estimated that the region could be less than 2.5 million years old. Unfortunately, the thick clouds that cover Venus prevented the Venus Express probe from getting a more detailed look at the volcano and the lava flows.

The new analysis of lava flows on Idunn Mons uses radar data collected in the early 1990s by NASA’s Magellan probe. The scientists built a new numerical model to simulate lava flows on the top of the mountain and the eastern flanks, and compared that model with the Magellan data. According to the new model, the flank lava flows are the ones responsible for this hotspot. This is the first time lava flows from a volcanic structure which is believed to be recently or still active on a terrestrial body other than Earth have been mapped.

Source: Space.com.

 http://www.space.com/

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Carte géologique du flanc E de Idunn Mons, avec un ensemble de cinq coulées de lave identifiées à l’aide des simulations numériques et des données radar de la sonde Magellan (Source: NASA)

 

Hawaii: Un bref débordement du lac de lave // Hawaii: A brief overflow of the lava lake

drapeau-francaisComme je l’ai écrit à plusieurs reprises, le niveau du lac de lave dans le cratère de l’Halema’uma’u varie en fonction des épisodes d’inflation et de déflation qui animent le sommet du Kilauea. Ces derniers jours, la lave est montée relativement haut dans la bouche active, souvent jusqu’à dix mètres ou moins au-dessous de la lèvre. Le samedi 15 octobre, le lac de lave a débordé très brièvement entre 13 et 14 heures, et de nouveau vers 18h30 (heure locale). Les petits débordements à l’est et à l’ouest de la lèvre de l’Overlook Crater ont couvert une surface très modeste, estimée à une dizaine de mètres carrés. Cet événement a été rapidement suivi par une phase de déflation et donc une baisse du niveau du lac de lave.
Le débordement précédent avait eu lieu en avril-mai 2015.

Source : HVO.

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drapeau-anglaisAs I have put it several times, the level of the lava lake within Halema’uma’u Crater variesin concert with summit inflation and deflation episodes. In recent days, lava rose very high in the active vent, often up to ten metres or less below the rim. On Saturday, October 15th, the lava lake overflowed very briefly between 1:00 and 2:00 p.m., and again around 6:30 p.m. (local time). The small spill-overs on the east and west sides of the vent rim covered an area estimated at about 10 square metres. This event was soon followed by a return to summit deflation and a drop in the lake level .

The previous lake overflow occurred in April-May 2015.

Source: HVO.

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Crédit photo: USGS / HVO.