Des pièces dans la Chaussée des Géants ! // Coins in the Giant’s Causeway !

On connaissait la tradition consistant à jeter des pièces dans la fontaine de Trevi, à Rome. Cette pratique ayant été interdite par les autorités locales, les touristes semblent s’être reportés sur la Chaussée des Géants, en Irlande du Nord.

Photo: C. Grandpey

Un rituel touristique consiste désormais à coincer des pièces dans les fissures des colonnes de basalte. Le problème est que ce rituel endommage ce site classé au patrimoine mondial, et géré par le National Trust.

Source : National Trust

Alors que le retrait des pièces devrait coûter plus de 30 000 livres sterling, le National Trust appelle les visiteurs à cesser cette pratique afin de protéger ce célèbre site et à respecter le principe de « ne laisser aucune trace » lors de leur visite.
Un rapport du British Geological Survey a conclu que les pièces coincées dans les joints et les fissures de la roche ont un impact néfaste sur le basalte de la Chaussée des Géants, tant sur le plan esthétique que physique. Le rapport révèle que la fracturation et la désagrégation du basalte, au niveau des zones où des pièces ont été insérées, résultent de la « délamination expansive des pièces lors de leur oxydation ». En d’autres termes, les pièces rouillent et gonflent jusqu’à atteindre trois fois leur épaisseur initiale ; elles exercent ainsi une pression considérable sur la roche environnante et provoquent son effritement. Des traces d’oxydes de cuivre, de nickel et de fer tachent également les pierres là où les pièces se corrodent. Il faut savoir que de nombreuses pièces possèdent un cœur en un métal donné, recouvert d’une fine couche d’un autre métal. Depuis 1992, les pièces britanniques dites « en cuivre » sont constituées d’un noyau en acier recouvert d’une mince couche de cuivre, tandis que les pièces de 5, 10 et 20 pence sont en acier nickelé. Lorsque la corrosion s’installe, l’acier se dégrade souvent plus rapidement et se sépare de la couche métallique extérieure. Ce phénomène de délamination provoque l’effritement du basalte. La corrosion des pièces est ici accélérée par l’exposition fréquente aux embruns salins, tandis que la composition bimétallique des pièces favorise leur dégradation rapide.

La Chaussée des Géants attire des visiteurs du monde entier ; la diversité des pièces retrouvées coincées dans les rochers témoigne de cette variété de provenances. Si la plupart des visiteurs viennent du Royaume-Uni ou de la zone euro, d’autres arrivent d’Extrême-Orient, des États-Unis ou d’ailleurs. Le National Trust, en partenariat avec le Causeway Coast and Glens Heritage Trust, a fait appel à des spécialistes pour retirer le plus grand nombre possible de pièces sur dix sites pilotes, sans causer de dommages supplémentaires. L’opération ayant été un succès, le National Trust espère que toutes les pièces restantes seront bientôt retirées et invite désormais les visiteurs à apporter leur aide en s’abstenant d’en déposer de nouvelles.

Photos: C. Grandpey

Il est à noter que les touristes pourront prendre des photos et ainsi signaler via une application dédiée les dépôts de pièces et les traces des dégâts causés. Une fois la photo prise, ils pourront ajouter de nombreuses informations, notamment le type de danger observé. Comme l’écrit le directeur du National Trust, « nous ne voulons pas forcément plus de visiteurs, mais de meilleurs visiteurs. » C’est une manière de responsabiliser les touristes tout en récoltant des données à grande échelle.
Le National Trust est une organisation caritative de conservation du patrimoine qui protège et entretient plus de 40 000 colonnes sur la Chaussée des Géants. Ce site est non seulement le premier d’Irlande du Nord à avoir été inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, mais il bénéficie également d’autres désignations importantes, notamment celles de zone d’intérêt scientifique particulier (ASSI), de zone spéciale de conservation (ZSC) et de réserve naturelle nationale.
Si les géologues affirment que la Chaussée a été formée par une coulée de lave basaltique il y a 60 millions d’années, à l’époque de l’ouverture de l’Atlantique Nord, des légendes attribuent sa création au géant irlandais Finn McCool. Selon l’une d’elles, il aurait construit une chaussée pour traverser la mer d’Irlande et affronter son rival, le géant écossais Benandonner. Ce dernier aurait arraché la majeure partie de la chaussée pour empêcher Finn de retourner en Écosse. Une autre légende raconte que la Chaussée fut bâtie pour permettre à Finn de retrouver une jeune Écossaise dont il était épris.

À noter qu’en Écosse, l’île de Staffa est l’équivalent de la Chaussée des Géants avec en prime la célèbre grotte de Fingal…

Photos: C. Grandpey

Source : The National Trust.

°°°°°°°°°°

Une traduction douteuse !

La Chaussée des Géants – Giant’s Causeway en anglais – est un bel exemple d’erreur de traduction par les Français , ou d’une méconnaissance de la grammaire par les Britanniques.

D’un point de vue grammatical, le mot ‘giant’ étant au singulier, la traduction devrait être ‘La Chaussée du Géant’. De toute évidence, les traducteurs officiels se sont référés à la légende mentionnée ci-dessus qui fait intervenir deux géants et ils n’ont pas voulu faire de jaloux.

Dans ce cas, la correction grammaticale aurait été d’appeler le site ‘The Giants’ Causeway. Pour respecter la grammaire anglaise et le génitif saxon (autrefois appelé cas possessif), l’apostrophe aurait dû être placée après ne nom pluriel, et non entre le nom singulier et le s.

Beaucoup vont me dire que je cherche la petite bête. Il est vrai que quand on voit le nombre de fautes de grammaire qui jalonnent les articles de presse anglais et français aujourd’hui, l’erreur de traduction du site irlandais passe inaperçue Et puis, pour respecter le légende, il était plus logique de faire entrer en jeu les deux géants.

——————————————-

One knew the tradition consisting in throwing coins in the Trevi Fountain of Rom.a. The tradition has been forbidden by local authoritis and it seems tourists are having a revenfr with the Giant’s Causeway in Northern Ireland. A ritual by tourists consists in wedging coins into the cracks in the basalt rock columns of the Causeway. The problem is that the ritual is causing damage to the World Heritage Site which is managed by the National Trust.

With removal of coins expected to cost more than £30,000, the National Trust is appealing to visitors to stop the practice to protect the famous Northern Ireland landmark and to follow advice to “leave no trace” during a visit.

A report by the British Geological Survey has concluded that the coins wedged into the joints and cracks in the rock is having a detrimental impact on the basalt rock of the Giant’s Causeway, both aesthetically and physically. The report has found that fracturing and disintegration of the basalt rock adjacent to joints and cracks into which coins have been inserted is the result of the ‘expansive delamination of the coins upon oxidation’. In other words, the coins are rusting, and expanding to three times their original thickness, which puts huge pressure on the surrounding rock causing it to crumble. Unsightly streaks of copper, nickel and iron oxides are also staining the stones where the coins are corroding. Many coins have a centre of one metal, with a thin coating of another. UK ‘copper’ coins, since 1992, have a steel core with only a thin layer of copper on the outside, while 5, 10 and 20 pence pieces are nickel-plated steel. When coins start to corrode, the steel often corrodes faster and separates from the different metal of the outer layer. This delamination causes the basalt to flake. The coins here also have accelerated corrosion because they are often soaked in saltwater spray and the mixture of metals means they break down faster.

The Giant’s Causeway attracts visitors from all over the world and the coins found wedged in the rocks show the wide range of visitors. Most are from the UK or the Euro-zone , but others are from the far east, USA or elsewhere.

The National Trust, in partnership with Causeway Coast and Glens Heritage Trust employed specialists in stone conservation to remove as many of the coins as they could without causing further damage on ten test locations. The trial was successful, so it is hoped that all the remaining coins will also soon be removed. The National Trust is now appealing to visitors to help by not adding any more. It is worth noting that tourists will now be able to take photos and use a dedicated app to report debris and signs of damage. Once a photo is taken, they can add various details, such as the type of hazard observed. As the director of the National Trust writes, « We don’t necessarily want more visitors, but better visitors. » This is a way to foster a sense of responsibility among tourists while gathering data on a large scale.

The National Trust is a conservation charity which protects and cares for more than 40,000 columns at the Giant’s Causeway, which is not only Northern Ireland’s first UNESCO World Heritage Site but benefits from a number of other important designations. They include being an Area of Special Scientific Interest, a Special Area of Conservation and a Natural Nature Reserve.

While geologists will say that the causeway was created by an outpouring of basalt lava 60 million years ago around the time the North Atlantic was opening up, there are also legends that it was formed by an Irish giant Finn McCool. In one, he created a causeway to get across the Irish Sea to face his rival, the Scottish giant Benandonner, who tore up most of the causeway to prevent Finn from getting back to Scotland. Another legend has it that the causeway was built so Finn could meet a Scottish maid he was enamoured with.

Source : The National Trust.

°°°°°°°°°°

A questionable translation !

The *Chaussée des Géants* in French – or « Giant’s Causeway » in English – is a good example of either a translation error by the French or a lack of grammatical understanding on the part of the British.
Grammatically speaking, since the word « giant » is singular, the translation ought to be « La Chaussée du Géant. » Clearly, the official translators were influenced by the aforementioned legend which involves two giants and didn’t want to leave anyone out.
In that case, the grammatically correct name would have been « The Giants’ Causeway. » To adhere to English grammar rules regarding the Saxon genitive (formerly known as the possessive case), the apostrophe should have been placed after the plural noun, rather than between the singular noun and the « s. »
Many might say I am splitting hairs. Admittedly, given the number of grammatical errors found in English and French press articles these days, the translation error regarding the Irish site goes largely unnoticed. Besides, to stay true to the legend, it made more sense to involve both giants.

La Chaussée des Géants et le passé volcanique de l’Irlande // The Giant’s Causeway and Ireland’s volcanic past

Des scientifiques ont fait une nouvelle découverte concernant l’histoire de la Chaussée des Géants.
Leurs travaux ont révélé que le passé volcanique de l’Irlande du Nord, à l’origine des 40 000 colonnes de basalte caractéristiques de la Chaussée, s’est déroulé sur une période beaucoup plus courte qu’on ne le pensait.

Les chercheurs ont découvert que les événements volcaniques survenus dans la région ont formé les roches, y compris la Chaussée, en seulement 5,5 millions d’années, soit huit millions d’années de moins que les estimations précédentes.
Le paysage de la Chaussée des Géants s’est formé lors d’une intense activité volcanique, qui a propulsé la roche en fusion à travers des fissures à l’intérieur de la Terre. Les épaisses coulées de lave se sont ensuite refroidies, contractées et fissurées, créant ainsi environ 40 000 colonnes de basalte.

Un géochronologue du British Geological Survey (BGS) a déclaré que les recherches menées par le Geological Survey of Northern Ireland (GSNI) et le BGS ont permis de reconstituer une nouvelle chronologie de l’activité volcanique en Irlande du Nord. Ces recherches ont permis aux scientifiques de situer l’activité volcanique à l’origine de la Chaussée des Géants dans un contexte global beaucoup plus précis qu’auparavant. Elles ont affiné notre compréhension de la chronologie des événements volcaniques en Irlande du Nord.

De ce fait, les scientifiques peuvent établir des liens plus sûrs entre ces événements volcaniques en Irlande et des sites remarquables observés ailleurs, notamment en Écosse. Les travaux des scientifiques ont également permis de relier les processus ayant conduit à la formation de la Chaussée des Géants à un événement volcanique d’envergure mondiale, attesté dans des roches aussi éloignées que le Groenland il y a environ 60 millions d’années.
On pensait auparavant que les premières coulées de lave du plateau d’Antrim, en Irlande du Nord, s’étaient produites des millions d’années avant les basaltes de Staffa et la formation de la grotte de Fingal en Écosse, mais il est désormais possible de les relier avec beaucoup plus de certitude à une même activité volcanique.

Les chercheurs ajoutent que ce constat s’applique également à la Chaussée des Géants, aux formations de l’île de Rum, aux montagnes de Mourne dans le sud-est de l’Irlande du Nord, et au magmatisme de l’île de Skye. En analysant les échelles de temps et la chronologie à haute résolution, les chercheurs ont pu établir des liens avec divers autres sites, notamment dans les Hébrides intérieures en Écosse, les formations volcaniques de Mull, Rum et l’île de Skye, et, dans une perspective plus large, avec le Groenland et les îles Féroé.
Source : Irish Examiner.

On ne peut parler de la Chaussée des Géants sans évoquer la légende qui y est attachée et qui est en relation étroite avec la géologie de la région. On raconte que deux géants ennemis vivaient de chaque côté de la mer : Benandonner en Ecosse, Finn McCool en Irlande. Chacun souhaitait en découdre, mais il n’existait aucun bateau assez grand pour les transporter et leur permettre d’aller s’affronter. L’Irlandais construisit alors une chaussée reliant les deux rives, the Giant’s Causeway. Mais lorsque Finn McCool vit l’immensité du géant écossais, il se réfugia chez sa femme qui le déguisa en nourrisson. Devant la taille du bébé, Benandonner prit peur et, redoutant le père, il s’enfuit et regagna l’Écosse, en détruisant la chaussée derrière lui pour que l’Irlandais ne puisse pas le suivre. Il ne reste donc de cette chaussée que les formations rocheuses basaltiques qui constituent aujourd’hui la Chaussée des Géants, l’un des sites naturels les plus visités d’Irlande du Nord.

Côté écossais, l’île de Staffa et sa grotte de Fingal est magnifique elle aussi. Elle fut une intarissable source d’inspiration pour les artistes de l’époque victorienne. William Turner la peignit, Sir Walter Scott la décrivit comme l’un des endroits les plus extraordinaires qu’il ait jamais admirés. Le lieu a également inspiré Jules Verne qui y a dépeint la scène finale de son roman Le Rayon vert. Lorsque Felix Mendelssohn découvrit les coulées de lave à marée basse, il exprima son enthousiasme par la composition d’une pièce symphonique intitulée Les Hébrides.

Photos: C. Grandpey

————————————————–

Scientists have made a new discovery about the history of the Giant’s Causeway rock formation.

New research has revealed that Northern Ireland’s volcanic past, which created the Causeway’s distinctive 40,000 basalt columns, happened over a much shorter period than previously thought.

It was discovered that volcanic events around the region formed rocks, including the Causeway, in just 5.5 million years, which is eight million years less than previous estimates.

The Giant’s Causeway’s distinctive landscape was formed during intense volcanic activity, which forced molten rock up through cracks in the earth. Thick lava flows then cooled, contracted and cracked, creating about 40,000 basalt columns.

A geochronologist at the British Geological Survey (BGS) said the cutting-edge research by the Geological Survey of Northern Ireland (GSNI) and the BGS has reconstructed a new timeline for volcanic activity across Northern Ireland. It has allowed researchers to place the volcanic activity that led to the formation of the Giant’s Causeway within a much more precise global context for the first time.

The research has significantly updated the understanding of when specific volcanic events happened in Northern Ireland. As a result, scientists can more confidently connect those events to activity and landmarks elsewhere, including Scotland. It also connects the processes that caused the development of the Giant’s Causeway to a globally significant volcanic event seen in rocks as far away as Greenland about 60 million years ago.

The first lava flows of Northern Ireland’s Antrim Plateau were previously thought to have occurred millions of years before the Staffa basalts and the formation of Fingal’s Cave, but they can now be connected much more definitively as part of the same volcanic activity. Researchers said it is the same for the Giant’s Causeway with formations on Rum, the Mourne Mountains, and magmatism in Skye. By looking at the timescales and the high-resolution timeline, researchers are able to match it up with various other locations, particularly in the Inner Hebrides in Scotland, the volcanics of Mull, Rum, the Isle of Skye, and taking a bigger view, looking at Greenland and the Faroe Islands.”

Source : Irish Examiner.

https://www.irishexaminer.com/

One cannot speak of the Giant’s Causeway without mentioning the legend associated with it, which is closely linked to the region’s geology. The story goes that two feuding giants lived on opposite sides of the sea: Benandonner in Scotland and Finn McCool in Ireland. Each longed for a fight, but no ship existed large enough to transport them and allow them to confront each other. The Irishman then built a causeway connecting the two shores, the Giant’s Causeway. But when Finn McCool saw the immensity of the Scottish giant, he sought refuge with his wife, who disguised him as an infant. Seeing the baby’s size, Benandonner became frightened and, fearing the father, fled back to Scotland, destroying the causeway behind him so that the Irishman could not follow. All that remains of this causeway are the basalt rock formations that today make up the Giant’s Causeway, one of Northern Ireland’s most visited natural sites… not forgetting the magnificent formations of the Scottish island of Staffa and its Fingal’s Cave, which was an inexhaustible source of inspiration for Victorian artists. William Turner painted it, and Sir Walter Scott described it as one of the most extraordinary places he had ever seen. The site also inspired Jules Verne, who set the final scene of his novel Le Rayon vert (The Green Ray) there. When Felix Mendelssohn discovered the lava flows at low tide, he expressed his enthusiasm by composing a symphonic piece entitled The Hebrides.

La fête du Kesada sur le Bromo (Indonésie) // The Kesada festival on Mt Bromo (Indonesia)

Hier 26 juin 2021 était jour de fête sur le Bromo avec le Yadnya Kasada. Les festivités durent un mois. Elles remontent à la légende du 15ème siècle qui entoure la princesse du royaume hindou javanais de Majapahit et de son mari.

C’était le deuxième Yadnya Kasada depuis le début de la pandémie de Covid-19 en Indonésie. Le festival ne peut pas se tenir dans un autre endroit, et encore moins virtuellement.

Chaque année, des membres de la communauté hindoue des Tengger se rassemblent sur la lèvre du cratère du Bromo pour jeter des fruits, des légumes, des fleurs et même des chèvres et des poulets dans le cratère. Une longue file de fidèles gravit les marches qui conduisent au sommet du volcan. Ils espèrent ainsi s’attirer les bonnes grâces des dieux et apporter la prospérité à leur communauté. Certains fidèles apportent des échantillons de leurs propres récoltes ; ils espèrent que les jeter dans le volcan leur portera chance et que leurs champs seront fertiles pour de bonnes récoltes.

Debout sur les pentes abruptes internes du cratère, d’autres villageois qui n’appartiennent pas à la communauté Tengger tentent d’attraper les offrandes à l’aide de filets et de sarongs avant qu’elles disparaissent dans le cratère. Cela ne fait pas partie du rituel mais reflète la nécessité de ne pas gaspiller la nourriture.

Voir mon post du 14 août 2014 pour plus de détails sur la légende et le festival : https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2014/08/14/le-bromo-et-la-fete-du-kesodo-ile-de-java-indonesie/

————————————-

Yesterday June 26th, 2021 was a day of festival on Mt Bromo with the Yadnya Kasada. The month-long festival dates back to the 15th-century legends of the Javanese Hindu Majapahit kingdom’s princess and her husband.

It was the second Yadnya Kasada festival since the Covid-19 pandemic hit Indonesia. It can’t be held in another place or be done virtually

Every year people from the Hindu Tengger community gather from the surrounding highlands to throw fruit, vegetables, flowers and even livestock such as goats and chickens into Mount Bromo’s crater. A long line of worshippers can be seen climbing the stairs to the top of the volcano in the hopes of pleasing Hindu gods and bringing prosperity to their communities. Some worshippers carry their own crops in the hopes that casting them into the volcano will bring good luck and that their fields will be fertile for good harvests.

Standing on the crater’s steep slopes, other villagers who are not members of the Tengger tribe try to catch the offerings using nets and sarongs before they disappear into the crater

This is not part of the ritual but reflects the need not to waste the food.

See my post of August 14th, 2014 for more details about the legend and the festival :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2014/08/14/le-bromo-et-la-fete-du-kesodo-ile-de-java-indonesie/

Offrande au Bromo

 Vue du Bromo et de son cratère

Vue de la communauté Tengger au pied du volcan

(Photos : C. Grandpey)

Rapid Ohi’a Death in Hawaii // Ohi’a en danger de mort à Hawaii

Ce n’est pas de la volcanologie, mais le sujet est étroitement lié au volcan Kilauea à Hawaï. Ceux qui ont visité le Parc National ont forcément admiré la superbe Metrosideros polymorpha, la ōhi’a lehua, dont les fleurs rouges illuminent la végétation.
Il existe une légende hawaïenne liée à l’Ohi’a et à Pele, la déesse du feu et des volcans hawaiiens. Cette légende raconte que si vous cueillez cette fleur, il pleuvra le même jour. Selon la légende, Pele rencontra un jour un beau guerrier nommé Ohi’a. Elle lui demanda de l’épouser, mais Ohi’a avait déjà promis son amour à Lehua. Pele entra en furie quand Ohi’a refusa sa demande en mariage et elle le transforma en arbre tordu.
Lehua connut un grand chagrin. Les dieux eurent pitié d’elle et estimèrent qu’il était injuste de séparer Ohi’a et Lehua. C’est pourquoi ils ont  transformé Lehua en fleur sur l’arbre Ohi’a afin que les deux amants soient unis à jamais. La légende raconte que si vous cueillez cette fleur, vous séparez les amoureux, et ce jour-là il pleuvra.

La réalité d’aujourd’hui est très différente de la légende, mais aussi très inquiétante. En effet, les ohi’a sont victimes d’un fléau, la Rapid Ohi’a Death (ROD) – mort rapide de l’ohi’a – une maladie fongique qui attaque et tue les arbres sur la Grande Ile d’Hawaï. Ce champignon obstrue le système vasculaire de l’arbre, privant d’eau la canopée, et peut tuer les arbres très rapidement. L’ohi’a est une espèce clé dans les forêts hawaïennes, et la ROD peut causer des perturbations majeures dans l’écosystème, avec un impact négatif sur les traditions culturelles, les ressources naturelles et la qualité de vie. Les fleurs sont présentes sur les couronnes qui ornent la tête de la déesse Pele.
Les ohi’a infectés peuvent avoir des branches entières couvertes de feuilles brunes. L’aubier de l’arbre peut présenter des taches sombres et une odeur fruitée, bien que les signes du champignon ne soient pas forcément visibles à l’extérieur de l’arbre. Des tests supplémentaires sont nécessaires pour confirmer la présence de ROD, car l’ohi’a peut également mourir d’autres maladies, de sécheresse et de blessures. On rencontre essentiellement la ROD sur l’île d’Hawaï, bien que des cas aient également été détectés à Maui, O’ahu et Kaua’i.
Le bois du 1000ème ohi’a du Parc national des volcans vient d’être prélevé pour voir s’il est infecté par la ROD. Le personnel du parc recueille des copeaux et les échantillons sont analysés en laboratoire. Si la ROD est confirmée, l’arbre est abattu et couvert pour empêcher une propagation de la maladie dans la forêt environnante.
La ROD a été confirmée sur plus de 100 arbres dans le parc. Depuis sa découverte, la ROD a tué plus de 500 000 arbres sur la Grande Ile d’Hawaii.
Les visiteurs du Parc peuvent aider à prévenir la propagation de la ROD en nettoyant leurs chaussures avant et après une randonnée sur les sentiers. La plupart des entrées de sentiers les plus fréquentés ont une station de brossage des chaussures ; toute la boue et les graines présentes sur les chaussures peuvent être brossées et grattées. Les visiteurs sont priés de ne pas apporter de bois d’ohi’a dans le Parc. On trouvera toutes les recommandations à cette adresse :

https://cms.ctahr.hawaii.edu/rod/

J’ai déjà écrit deux articles alertant de ROD:
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2015/11/29/hawaii-lohia-lehua-en-danger-de-mort-hawaii-ohia-lehua-might-soon-disappear/

et
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2017/05/01/hawaii-ohia-lehua-en-danger-de-mort-hawaii-ohia-lehua-in-mortal-danger/

—————————————————

This is not volcanology, but it is closely connected to Kilauea Volcano in Hawaii. Those who have visited the National Park have inevitably seen the very nice Metrosideros polymorpha, the ōhi’a lehua, whose red blossoms illuminate the trees.

There is an interesting Hawaiian legend tied to the Ohi’a tree and to the volcano goddess, Pele. This story explains that if you pluck this flower, it will rain on the same day. The legend says that one day Pele met a handsome warrior named Ohi’a and she asked him to marry her. Ohi’a, however, had already pledged his love to Lehua.  Pele was furious when Ohi’a turned down her marriage proposal, so she turned Ohi’a into a twisted tree.

Lehua was heartbroken, of course. The gods took pity on Lehua and decided it was an injustice to have Ohi’a and Lehua separated.  They thus turned Lehua into a flower on the Ohi’a tree so that the two lovers would be forever joined together. So remember, Hawaiian folklore says that if you pluck this flower you are separating the lovers, and that day it will rain.

Reality today is very different from the legend, but very sad too. Indeed, ohi’a trees are the victims of a calamity called Rapid Ohi’a Death (ROD), a fungal disease currently attacking and killing the trees on Hawaii Big Island. This fungus clogs the tree’s vascular system, depriving the canopy of water, and may kill the trees very quickly. Ohi’a is the keystone species in Hawaiian forests, and ROD has the potential to cause major ecosystem disturbances that will negatively impact cultural traditions, natural resources, and quality of life. The flowers can be seen on the wreaths on goddess Pele’s head.
Infected ohi‘a trees may have individual branches or entire canopies of recently dead and still attached brown leaves. The tree’s sapwood may have dark and unusual staining and a fruity odour, though signs of the fungus may not be visible on the outside of the tree. Additional testing is needed to confirm ROD, since ohi‘a may also die from other diseases, drought and injury. ROD has been found mostly on Hawaii Island, although cases have also been detected on Maui, O’ahu, and Kaua’i.

The 1,000th Ohi‘a tree has just been tested for ROD within Volcanoes National Park. Park staff collects wood chips and the samples are analyzed in a lab. If ROD is confirmed, the tree will be cut down and covered to prevent further spread of ROD into the surrounding forest.

ROD has been confirmed in over 100 ohi‘a trees in the park. Since its discovery, ROD has killed more than half a million trees on Hawaii Big Island.

Visitors to the park can help prevent the spread of ROD by cleaning their shoes before and after hiking on park trails. Most of the popular trailheads have a boot brushing station where all mud and seeds may be brushed and scraped from footwear. Visitors are asked not to bring ohi’a wood into the park. All the recommendations can be found here:

https://cms.ctahr.hawaii.edu/rod/

I have already written two posts alerting to ROD. They can be found at:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2015/11/29/hawaii-lohia-lehua-en-danger-de-mort-hawaii-ohia-lehua-might-soon-disappear/

and

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2017/05/01/hawaii-ohia-lehua-en-danger-de-mort-hawaii-ohia-lehua-in-mortal-danger/

Dans la culture hawaiienne, le lien est très fort entre l’ohi’a et la déesse Pele