Bientôt un séisme au Japon? // Soon an earthquake in Japan ?

On sait que certains comportements inhabituels d’animaux sont susceptibles d’annoncer des catastrophes naturelles. Par exemple, les mouettes avaient disparu avant une éruption majeure du Stromboli en Sicile. Il y a aussi des histoires de poules qui ont cessé de pondre et d’abeilles qui ont délaissé leur ruche. De nombreux propriétaires d’animaux ont affirmé avoir vu leurs chiens et leurs chats se comporter étrangement avant un tremblement de terre. En ce moment, c’est la découverte d’un certain nombre régalecs morts qui inquiète les Japonais.

Selon Wikipedia, le régalec, roi des harengs ou ruban de mer (Regalecus glesne)  est un poisson très long dont la taille maximale n’est pas connue. Il mesure en moyenne 5 mètres, ce qui en fait le plus long des poissons osseux. On ne sait que peu de choses sur son comportement, l’essentiel des observations ayant été faites sur des spécimens échoués ou agonisants. À Taïwan, on l’a  surnommé « poisson séisme » car les rares fois où les pêcheurs l’ont découvert, c’était peu après un tremblement de terre dont l’épicentre se situait en mer. La légende veut que les poissons remontent vers la surface quand ils sont dérangés par les secousses sismiques, mais la relation entre ces deux évènements n’a pas fait l’objet de recherches scientifiques..

Il y a quelques jours, un régalec mesurant près de quatre mètres du museau à la queue a été retrouvé prisonnier d’un filet de pêche au large du port d’Imizu, dans la préfecture de Toyama, sur la côte nord. Le poisson était déjà mort et il a ensuite été transporté à l’aquarium d’Uozu pour y être étudié. Deux autres régalecs avaient été découverts dans la baie de Toyama neuf jours plus tôt.
Les régalecs – reconnaissables à leur long corps argenté et à leurs nageoires rouges – fréquentent généralement les eaux profondes et on les voit rarement en surface. Une légende raconte que lorsque les régalecs remontent dans des eaux peu profondes, c’est le signe qu’une catastrophe naturelle est proche.
Cependant, les biologistes ont une explication beaucoup plus prosaïque. Selon un professeur d’ichtyologie de l’Université de Kagoshima, «ces poissons ont tendance à remonter à la surface en profitant des courants marins lorsque leur condition physique est mauvaise, ce qui explique pourquoi ils sont si souvent morts lorsqu’on les retrouve. Le lien avec l’activité sismique existe depuis de très nombreuses années, mais il n’existe aucune preuve scientifique ; je ne pense donc pas que les gens doivent s’inquiéter ».
Néanmoins, la réputation du régalec en tant qu’indicateur d’une catastrophe imminente a été confirmée au Japon en 2010 quand une dizaine de poissons se sont échoués le long de la côte nord du pays. Quelques mois plus tard, en mars 2011, un séisme de magnitude M 9,0 a frappé le nord-est du Japon, provoquant un puissant tsunami qui a tué près de 19 000 personnes et détruit la centrale nucléaire de Fukushima.
Les scientifiques japonais ont averti qu’un puissant séisme pourrait se produire à court terme dans la Fosse de Nankai, parallèle à la côte méridionale du Japon, entre Nagoya et l’île de Kyushu. Le tsunami qui s’ensuivrait pourrait entraîner des pertes importantes en vies humaines et la destruction des zones côtières. Selon les dernières prévisions du gouvernement, un tel séisme majeur pourrait générer un tsunami de plus de 30 mètres de hauteur.
Par ailleurs, le gouvernement japonais a récemment annoncé un nouveau train de mesures dans l’éventualité d’un puissant séisme à Tokyo, avec notamment des mesures supplémentaires pour évacuer les étrangers. Ces mesures préconisent également une meilleure diffusion des informations sur les abris, les itinéraires d’évacuation et les services médicaux. Les informations seront disponibles dans un plus grand nombre de langues via des sites Internet d’information sur les catastrophes.
Source: Presse japonaise et internationale.

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It is well known that some animal unusual behaviour may announce incoming natural disasters. For instance, seagulls disappeared before a major eruption at Stromboli in Sicily. There are also stories of hens that stopped laying eggs and bees leaving their hive in a panic. Countless pet owners claimed to have witnessed their cats and dogs acting strangely before an earthquake. This time, the discovery of a number of deep-sea oarfish is worrying the Japanese as this kind of fish is traditionally thought to be harbingers of a natural disaster.

According to Wikipedia, the oarfish, king of herring or sea sliver (Regalecus glesne) is a very long fish whose maximum size is not known. It may reach 5 metres, making it the longest bone fish. Little is known about his behaviour, as most observations were made on stranded or dying specimens. In Taiwan, it has been dubbed « earthquake fish » because fishermen discovered it a few times soon after an earthquake with an epicentre at sea. Legends say that oarfish go up to the surface when disturbed by earthquakes, but the possible relationship between these two events has not been confirmed by scientific research.

A few days ago, an oarfish measuring nearly four metres from snout to tail was found tangled in a fishing net off the port of Imizu, in the north-coast prefecture of Toyama. The fish was already dead but was later taken to the nearby Uozu Aquarium to be studied. Two more oarfish were discovered in Toyama Bay nine days earlier.

Oarfish – characterised by long silver bodies and red fins – usually inhabit deep waters and the fish are rarely seen from the surface, although legend has it that when oarfish rise to shallow waters, disaster is near.

However, biologists have a more prosaic explanation. According to a professor of ichthyology at Kagoshima University, “these fish tend to rise to the surface when their physical condition is poor, rising on water currents, which is why they are so often dead when they are found. The link to reports of seismic activity goes back many, many years, but there is no scientific evidence of a connection so I don’t think people need to worry.”

Nevertheless, the oarfish’s reputation as an indicator of imminent doom was enhanced after at least 10 oarfish were washed up along Japan’s northern coastline in 2010. In March 2011, an M 9.0 earthquake struck off northeast Japan, triggering a massive tsunami that killed nearly 19,000 people and destroyed the Fukushima nuclear plant.

Experts warned that an earthquake in the Nankai Trough, which runs parallel to Japan’s southern coast from off Nagoya to the southern island of Kyushu, could be imminent and resulting tsunami could cause massive loss of life and destruction in coastal areas. The most recent government predictions suggest a tsunami more than 30 metres high could be generated by a major quake.

The Japanese government has recently announced a new package of response measures to a major earthquake beneath Tokyo, including additional steps to evacuate foreigners from the city. They also call for improved delivery of information on places to take shelter, evacuation routes and medical treatment. The information will be made available in more languages via disaster information websites.

Source : Japanese and international press.

Régalec échoué sur une plage (Crédit photo: Wikipedia)

La belle légende du Mayon // The beautiful legend of Mayon Volcano

Beaucoup de volcans sont habités par des légendes. Un certain nombre d’entre elles figurent dans le livre Mémoires Volcaniques que j’ai eu le plaisir d’écrire avec l’ami Jacques Drouin (voir colonne de droite de ce blog).

Il y a quelques jours, j’ai pu lire sur Internet la belle légende du Mayon, volcan des Philippines dont les colères inquiètent périodiquement les populations venues vivre sur ses flancs.

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Il était une fois, il y a très longtemps, dans un endroit nommé Ibalon, une belle jeune fille qui s’appelait Daragang Magayon (L’Adorable). Elle était la fille de Makusog (Le Fort), le chef de la tribu.
Un jour, Daragang Magayon se promenait près d’une rivière. En la traversant, elle trébucha sur un rocher et tomba dans l’eau. Elle fut rapidement emportée par le courant.
« Au secours ! Au secours ! » cria-t-elle. Heureusement, ses appels à l’aide furent entendus par Pangaronon (Le Fier) ​​et son garde du corps Amihan (Le Froid) qui passaient par là. Pangaronon se précipita dans la rivière et sauva Daragang Magayon de la noyade.
« Vous avez risqué votre vie pour me sauver », dit la jeune fille en pleurant. « Que puis-je faire pour vous remercier? Mon père est le chef de notre tribu. Je suis sûre qu’il récompensera votre héroïsme, quel que soit le prix à payer »

La beauté de Daragang Magayon avait tout de suite fasciné Pangaronon. Il avait réalisé qu’il avait enfin rencontré la femme parfaite. Dans le même temps, Daragang Mayon avait, elle aussi, été immédiatement attirée par le jeune homme.
Panganoron demanda à Makusog la permission d’épouser Daragang Magayon. Hélas, Makusog ne pouvait pas autoriser ce mariage. La loi tribale interdisait tout mariage en dehors du clan. En tant que chef de tribu, il devait appliquer la loi. Pourtant, en tant que père, il voulait rendre sa fille heureuse.
Patuga (L’Eruptif), le prétendant le plus ardent de Daragang Magayon, apprit l’intention de Panganoron. Pendant des années, il avait demandé à la jeune fille de l’épouser, mais en vain.
Une nuit, Patuga envoya ses hommes kidnapper Makusog. Puis, il envoya dire à Daragang Magayon que son père mourrait si elle ne l’épousait pas. Comme elle n’avait pas le choix, elle accepta. Patuga libéra Makusog. Patuga et Daragang Magayon se marièrent, mais au milieu de la cérémonie du mariage, il y eut un grand brouhaha quand arrivèrent Panganoron et ses hommes. Des combats s’ensuivirent entre les deux tribus. En quelques minutes, Panganoron blessa mortellement Patuga mais, pendant leur confrontation, une flèche empoisonnée tirée de nulle part transperça la poitrine de Daragang Magayon. Panganoron se précipita à son secours et, tandis qu’il s’agenouillait au chevet de la jeune fille en train de rendre l’âme, un ennemi lui trancha la tête.
Après la bataille, Daragang Magayon fut mise en terre et sa mort fut pleurée partout dans le pays. A l’endroit même où elle reposait, une montagne apparut mystérieusement. Cette montagne est aujourd’hui connue sous le nom de Mayon. Il se dit que même dans la mort et sous une autre forme, elle est toujours hantée par les hommes qui étaient amoureux de Daragang Magayon. Quand le Mayon entre en éruption, la légende raconte que c’est Patuga qui défie Panganoron. Mais quand le Mayon est calme, c’est Panganoron qui embrasse sa belle. Les larmes de chagrin de Panganoron se répandent comme de la pluie…

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Many volcanoes have given birth to legends. A number of them appear in the book Mémoires Volcaniques that I had the pleasure of writing with my friend Jacques Drouin. A few days ago, I could read on the Internet the beautiful legend of Mayon, a volcano in the Philippines whose eruptions periodically worry the populations that have come to live on its flanks.

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Long ago in a place called Ibalon, there lived a beautiful maiden. Her name was Daragang Magayon (the lovely one). She was the daughter of Makusog (the strong one), chief of the tribe.

One day, Daragang Magayon strolled near the river. While crossing the river, she stumbled on a rock and fell quickly in the water. She was swiftly swept down stream by the current.

“Help! Help me!” she cried. Fortunately, her cries were heard by Pangaronon (the proud one) and his bodyguard Amihan (the cold one). Pangaronon jumped into the river and saved Daragang Magayon.

“Thank you for risking your life to save me”, she cried. “How can I repay you? My father is the chief of our tribe. Surely, he will reward your heroism whatever it may take.”

Her beauty immediately captivated Pangaronon. He realized that he had finally met the perfect woman for him. At the same time, Daragang Mayon was instantly attracted to him.

Panganoron asked Makusog’s permission to marry Daragang Magayon. But Makusog could not permit them to marry. Tribal law forbade marriage outside of the clan. As tribe leader he had to enforce the law. Yet, as a father, he wanted to make his daughter happy.

Meanwhile, Patuga (the eruptive one) learned about Panganoron’s intention. Patuga was the most ardent suitor of Daragang Magayon. For years, he had been convincing her to marry him, but to no avail.

One night, Patuga and his cohorts kidnapped Makusog. Then, he sent word to Daragang Magayon that her father would die if she did not marry him. Without a choice, she acceded. Only then did Patuga release Makusog. Soon Patuga and Daragang Magayon were wed. But in the midst of the merrymaking, pandemonium broke out when Panganoron and his men arrived. Fighting ensued between teh two tribes. In a few minutes, Panganoron fatally struck Patuga. However, during the skirmish, a poisoned arrow shot from nowhere, fell on Daragang Magayon’s breast.

Panganoron rushed to her aid and as he kneeled over the dying Daragang Magayon, an enemy hacked his head off.

After the battle, Daragang Magayon was buried and her death was mourned all over the land. Where she was put to rest, a mountain mysteriously appeared.

This mountain is now known as Mayon. It is said that even in death and in another form, she is still haunted by the men who loved her. When Mayon is said to erupt, this is Patuga challenging Panganoron. But when Mayon is calm, Panganoron is embracing her. The tears of Panganoron are shed as rain at times in his grief.

Until today, many are still delighted by the love story behind the legend of the Mayon Volcano.

Le beau cône du Mayon serait-il l’incarnation de la séduisante Daragang Magayon? (Crédit photo: Wikipedia)

Mt Paektu (frontière sino-coréenne) : Missiles et légendes // Mt Paektu (Border North Korea / China) : Missiles and legends

Dans plusieurs notes publiées à partir du mois de mars 2011, j’ai expliqué que le Mont Paektu (également écrit Baekdu) en Corée du Nord inquiétait les autorités.
Le Mont Paektu est sacré pour le peuple nord-coréen. Kim Il Sung, le père fondateur de la Corée du Nord moderne, s’est livré à la guérilla pour combattre les Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale. Le Mt Paektu est aussi censé être le lieu de naissance de son fils, Kim Jong-il, qui lui succéda à la tête du pays. Les Nord Coréens font des pèlerinages sur la montagne, et les étudiants montent en chantant vers sommet.
Le Mont Paektu est un volcan endormi. Lorsqu’il s’est réveillé il y a environ mille ans, l’éruption dite « du Millénaire » (Millenium Eruption) a été l’un des événements volcaniques les plus violents de l’histoire humaine. Lorsque les scientifiques nord-coréens ont enregistré plusieurs essaims sismiques sous le volcan entre 2002 et 2005, ils furent tellement inquiets que les dirigeants ont décidé de contacter des volcanologues des États-Unis et de Grande-Bretagne, pays avec lesquels les relations n’étaient pourtant pas au beau fixe.

Pour célébrer son dernier lancement de missile, Kim Jong-Un, le leader actuel de la Corée du Nord a rendu visite au volcan sacré où son père, Kim Jong-il, était censé être né en 1942. Selon l’Agence de presse officielle de Corée du Nord, la visite de Kim Jong-Un au Mont Paektu a été pour lui l’occasion de méditer sur «les jours chargés d’émotion où il a réalisé une grande cause historique avec la naissance de la force nucléaire de son Etat, sans avoir hésité un seul instant».
La légende veut que Jong-il, le fils de Kim Il Sung, le fondateur de la Corée du Nord, soit né sur la montagne après l’apparition d’un double arc-en-ciel et d’une nouvelle étoile dans le ciel. En réalité, les archives révèlent que Jong-il est tout bêtement né en 1941 dans le village sibérien de Vyatskoye. Il est mort d’une crise cardiaque en 2011 après avoir piqué une colère monstre devant les défauts de construction d’une centrale électrique cruciale dans la province de Jagang. Selon l’agence de presse officielle de Corée du Nord, la mort de Jong-il a provoqué de multiples phénomènes paranormaux dans le pays, avec le craquement de la glace sur un lac célèbre « si fort que le craquement semblait ébranler le ciel et la terre ».
Les tensions entre la Corée du Nord et les États-Unis se sont intensifiées depuis le lancement du missile. Les États-Unis ont mené des exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud près de la péninsule coréenne.

La Corée du Nord a également effectué plusieurs essais nucléaires à proximité du Mont Paektu. A une époque, on a craint que les secousses sismiques provoquées par les explosions déstabilisent le volcan et déclenchent une éruption.

 Source: Newsweek.

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In several notes starting in March 2011, I explained that Mt Paektu (also written Baekdu) in North Korea worries that authorities.

Mount Paektu is sacred to the North Korean people. It was the site where Kim Il Sung, the founding father of modern North Korea, used guerrilla tactics to fight the Japanese during World War II, and as the supposed birthplace of his son, Kim Jong-il, who succeeded him as the country’s leader. North Koreans make pilgrimages to the mountain, and students march up its summit singing songs.

However, Mount Paektu is only asleep. When it last awoke about a thousand years ago, the so-called Millenium Eruption unleashed one of the most violent volcanic events in recorded human history. And when North Korean scientists recorded a swarm of tiny earthquakes rumbling beneath the volcano from 2002 to 2005, they were so concerned that the country leaders eventually contacted the West for help. The result was a rare collaboration of scientists from North Korea and researchers from countries like the United States and Britain with which it has hostile relations.

In celebration of his most recent missile launch, supreme leader Kim Jong Un of North Korea visited the sacred volcano where his father, Kim Jong-il, was supposedly born in 1942. According to the Korean Central News Agency, a state-run media organ, Kim’s visit to Mount Paektu gave him a moment to reflect on the « emotion-charged days when he realized the great historic cause of completing the state nuclear force without yielding even a moment. »

Legend has it that Jong-il, son of Kim Il Sung, the founder of North Korea, was born on the mountain after a double rainbow and a new star appeared in the sky. But records show that Jong Il was born in the Siberian village of Vyatskoye in 1941. Jong Il died of a suspected heart attack in 2011 after reportedly raging over construction faults at a crucial power plant in Jagang Province. According to the Korean State Central News Agency, Jong Il’s death caused multiple paranormal activities in the country, including ice cracking on a famous lake « so loud, it seemed to shake the Heavens and the Earth. »
Tensions between North Korea and the U.S. have heightened since the launch, with the U.S. carrying out large-scale, joint military drills with South Korea near the Korean Peninsula.

North Korea also performed several nuclear tests close to Mt Paektu. It was feared that the quakes triggered by the explosions might destabilize and wake up the volcano.
Source: Newsweek.

Caldeira sommitale du Mt Paektu (Crédit photo : Wikipedia).

Taranaki (Nouvelle Zélande)

drapeau-francaisL’astronaute français Thomas Pesquet a photographié le volcan Taranaki (Nouvelle-Zélande) depuis la Station Spatiale Internationale. Vu depuis l’espace, le volcan, qui se dresse au-dessus du parc national d’Egmont, semble appartenir à un autre monde.
Quelques heures après avoir partagé la photo sur les réseaux sociaux, Tgomas Pesquet a écrit sur Twitter que le Taranaki lui rappelait la chanson Imagine du groupe de rock américain A Perfect Circle (https://youtu.be/dunKAwRN3P8).
Culminant à 2518 mètres, le Taranaki un stratovolcan andésitique situé dans la partie sud-ouest de l’Ile du Nord. Il est entré en éruption en 1854 avec une activité explosive accompagnée d’émissions de cendre. Cette éruption faisait suite à plusieurs autres événements au cours des siècles précédents. La plus importante éruption des temps historiques a eu lieu vers 1655, avec des retombées de téphras sur la partie centrale de l’Ile du Nord. Plusieurs épisodes d’effondrement du volcan ont eu lieu au cours des 50 000 dernières années. Une activité explosive, parfois accompagnée de coulées pyroclastiques et de croissance d’un dôme de lave, s’est produite fréquemment au cours de l’Holocène.
Le Taranaki est lié par la légende aux montagnes qui occupent le centre de l’Ile du Nord. Le Taranaki cohabitait autrefois avec les autres volcans du plateau central: le Tongariro, le Ruapehu et le Ngauruhoe. Quand il fit des avances à une jolie colline répondant au doux nom de Pihanga, le Tongariro piqua une crise de jalousie et entra en éruption. Le Taranaki s’enfuit alors vers l’ouest, creusant au passage le lit de la rivière Whanganui. Aujourd’hui, le Taranaki est toujours vénéré et son sommet est sacré pour les Maoris de la région.

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drapeau-anglaisFrench astronaut Thomas Pesquet has captured New Zealand’s Taranaki volcano from aboard the International Space Station. The volcano, which looms large over Egmont National Park, appears small and otherworldly from the lofty heights.

A few hours after sharing the photo, Pesquet posted on Twitter that Mt Taranaki reminded him of the song Imagine by the American rock band A Perfect Circle (https://youtu.be/dunKAwRN3P8).

2518-metre-tall Taranaki volcano is an andesitic stratovolcano located in the SW part of the North Island of New Zealand. It last erupted in 1854 with a minor explosive ash activity. It was the culmination of several eruptions in the preceding few hundred years. The largest recent eruption occurred in about 1655 with widespread tephra falling across the central North Island. Multiple episodes of edifice collapse occurred in the past 50,000 years. Explosive activity, sometimes accompanied by pyroclastic flows and lava dome growth, occurred frequently throughout the Holocene.

Taranaki is linked by legend to the mountains of the central North Island. Taranaki once lived with the other volcanoes of the central plateau: Tongariro, Ruapehu and Ngauruhoe. When he made flirtatious advances towards a pretty hill named Pihanga, Tongariro erupted in a jealous fury. Taranaki fled to the west, gouging out the Whanganui River on his way. Today Taranaki is still venerated and its summit is sacred to the Maori people of the area.

taranaki

Crédit photo: Thomas Pesquet (ESA)

Devils Tower (Wyoming / Etats Unis) : De la légende à la science // Devils Tower : From legend to science

drapeau francaisSi vous lisez le livre “Dans les pas de l’Ours” de Jacques Drouin et Claude Grandpey (Editions Séquoia), vous trouverez un chapitre consacré à Devils Tower. Cette étrange structure volcanique se dresse au beau milieu de terrains sédimentaires dans l’Etat du Wyoming.

DevilsTower est surtout connue pour une belle légende amérindienne qui prétend que les stries qui parcourent le monolithe ont été provoquées par les griffes d’un ours. Mais je n’en dis pas plus ; je vous renvoie aux pages de l’ouvrage !

L’origine de cette structure phonolitique de 386 mètres de hauteur est débattue depuis des lustres et plusieurs théories se sont affrontées pour expliquer son apparition il y a quelque 49 millions d’années. Les explications les plus fréquemment avancées font état d’une montée de magma qui se serait frayé un chemin dans les couches sédimentaires sous la surface ou à l’intérieur d’une cheminée dans les profondeurs d’un volcan.

Récemment, des géologues tchèques ont appuyé cette hypothèse en comparant Devils Tower à une structure géologique semblable connue sous le nom de Bořeň dans leur pays. D’après eux, Bořeň est le vestige d’un diatrème (également appelé maar-diatrème) né d’une explosion provoquée par la rencontre du magma et de l’eau souterraine. Après cette explosion, un dôme aurait rempli le cratère et l’érosion l’aurait déchaussé au cours des millénaires suivants.

Pour démontrer que Devils Tower ressemble à Bořeň, les géologues tchèques se sont intéressés à l’agencement des colonnes du monolithe et à l’alignement des minéraux magnétiques qui se trouvent à l’intérieur. En analysant des échantillons de roches, ils ont constaté que, vers la base de l’édifice, les minéraux magnétiques en forme d’aiguilles inclus dans la roche sont disposés pratiquement verticalement, ce qui correspond à la direction prise par le magma avant sa solidification. En revanche, vers le sommet, l’orientation des minéraux devient horizontale.

En se référant à ces observations, les scientifiques ont procédé à des manipulations physiques et des simulations numériques en laboratoire.

En introduisant et en compressant du plâtre liquide dans un cône inversé où ils avaient au préalable introduit des sédiments, ils ont obtenu un monticule semblable à celui qui apparaît à l’issue de l’explosion d’un maar-diatrème. Une fois le plâtre durci, ils en ont fait une coupe et observé l’intérieur. Des colorants leur ont permis de voir le trajet suivi par le matériau compressé. Comme ils avaient également introduit des particules magnétiques,  ils ont pu étudier leur orientation, de la même façon qu’ils l’avaient fait à Devils Tower.

Les simulations informatiques ont permis d’observer la formation des colonnes de Devils Tower dans différents scénarios.

Les colonnes verticales de Devils Tower – qui s’évasent à leur base – correspondent au résultat obtenu lors de la manipulation avec un cratère en forme d’entonnoir dans le col duquel s’est formé un bouchon de lave. Dans cette partie des modèles en plâtre, l’orientation des particules magnétiques correspond à celle des minéraux de Devils Tower : on a une tendance à la verticale à la base et à l’horizontale vers le sommet.

La conclusion des scientifiques tchèques est que « Devils Tower est le vestige d’un épanchement de lave ou d’un dôme de forme aplatie qui s’est mis en place à l’intérieur d’un vaste cratère phréato-magmatique au sommet d’un édifice volcanique de type maar-diatrème ».

Si beaucoup de scientifiques admettent l’hypothèse tchèque, ils ne sont pas convaincus que ce soit la seule explication possible de la formation de Devils Tower. Il serait probablement utile d’étudier les formations de même type, mais beaucoup moins visibles, qui existent dans cette région du Wyoming.

Source : Scientific American.

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drapeau anglaisA number of hypotheses for the 49-million-year-old monolith have been put forward over the years. The most popular explanations today either refer to some magma ascent squeezed in between subsurface layers of sediments, or within a conduit deep inside a volcano.

Recently, Czech geologists supported this theory by comparing Devils Tower with a similar geological structure known as Bořeň in the Czech Republic. The researchers concluded that Bořeň is the product of a maar-diatreme, which is built by an explosion when a body of magma underground encounters groundwater. After the blast, they believe, a flat dome of lava filled the crater. Erosion ate away at the edges of that dome during the following millenniums until only the innermost portion remained at the surface.

To demonstrate the similarities between Bořeň and Devils Tower, the Czech researchers studied the distinctive shape of the Devils Tower columns and the alignment of magnetic minerals within them. By analysing rock samples, they noticed that near the base the needle-shaped magnetic minerals within the rock are generally close to vertical, the result of the direction the magma flowed before it solidified. Closer to the top of the formation, however, the orientation of those minerals becomes horizontal.

With that information in hand, the researchers turned to models, both digital and physical: The physical one involved squeezing soft plaster upward through an inverted cone full of sediment until it formed a mound atop the surface. This approximated the eruption of lava following the explosive phase of a maar-diatreme volcano. When the plaster hardened, the researchers could cut it open to examine the interior structure, highlighted by some colorant that formed stripes distorted by flow. Because they mixed in some magnetic particles as well, they could also measure their orientation just as they had done at Devils Tower.

The digital model allowed the researchers to compare columns that would be produced in different scenarios of the tower’s formation.  .

The vertical columns of Devils Tower, which splay outward near the bottom, match the pattern expected if the formation were indeed the plug in the neck of a funnel-shaped crater filled with a dome of erupted lava. In that portion of the plaster models the orientation of the magnetic particles also matches the orientation of the minerals from Devils Tower: closer to vertical around the base and horizontal near the top.

The conclusion of the Czech researchers was that “Devils Tower is a remnant of a coulee or low lava dome that was emplaced into a broad phreatomagmatic crater at the top of a maar-diatreme volcano.”

If many scientists admit the Czech hypothesis, they are not convinced it is the sole explanation for the formation of Devils Tower. It might be interesting to study the similar, if less spectacular, buttes in the vicinity of Devils Tower, which likely formed in the same way.

Source : Scientific American.

Devils-Tower-blog-01

De la légende….

Devils-Tower-blog-02

…à la dure réalité géologique

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En juin, certaines tribus amérindiennes procèdent à des cérémonies au pied du monolithe.

(Photos:  C. Grandpey)