La fête du Kesada sur le Bromo (Indonésie) // The Kesada festival on Mt Bromo (Indonesia)

Hier 26 juin 2021 était jour de fête sur le Bromo avec le Yadnya Kasada. Les festivités durent un mois. Elles remontent à la légende du 15ème siècle qui entoure la princesse du royaume hindou javanais de Majapahit et de son mari.

C’était le deuxième Yadnya Kasada depuis le début de la pandémie de Covid-19 en Indonésie. Le festival ne peut pas se tenir dans un autre endroit, et encore moins virtuellement.

Chaque année, des membres de la communauté hindoue des Tengger se rassemblent sur la lèvre du cratère du Bromo pour jeter des fruits, des légumes, des fleurs et même des chèvres et des poulets dans le cratère. Une longue file de fidèles gravit les marches qui conduisent au sommet du volcan. Ils espèrent ainsi s’attirer les bonnes grâces des dieux et apporter la prospérité à leur communauté. Certains fidèles apportent des échantillons de leurs propres récoltes ; ils espèrent que les jeter dans le volcan leur portera chance et que leurs champs seront fertiles pour de bonnes récoltes.

Debout sur les pentes abruptes internes du cratère, d’autres villageois qui n’appartiennent pas à la communauté Tengger tentent d’attraper les offrandes à l’aide de filets et de sarongs avant qu’elles disparaissent dans le cratère. Cela ne fait pas partie du rituel mais reflète la nécessité de ne pas gaspiller la nourriture.

Voir mon post du 14 août 2014 pour plus de détails sur la légende et le festival : https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2014/08/14/le-bromo-et-la-fete-du-kesodo-ile-de-java-indonesie/

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Yesterday June 26th, 2021 was a day of festival on Mt Bromo with the Yadnya Kasada. The month-long festival dates back to the 15th-century legends of the Javanese Hindu Majapahit kingdom’s princess and her husband.

It was the second Yadnya Kasada festival since the Covid-19 pandemic hit Indonesia. It can’t be held in another place or be done virtually

Every year people from the Hindu Tengger community gather from the surrounding highlands to throw fruit, vegetables, flowers and even livestock such as goats and chickens into Mount Bromo’s crater. A long line of worshippers can be seen climbing the stairs to the top of the volcano in the hopes of pleasing Hindu gods and bringing prosperity to their communities. Some worshippers carry their own crops in the hopes that casting them into the volcano will bring good luck and that their fields will be fertile for good harvests.

Standing on the crater’s steep slopes, other villagers who are not members of the Tengger tribe try to catch the offerings using nets and sarongs before they disappear into the crater

This is not part of the ritual but reflects the need not to waste the food.

See my post of August 14th, 2014 for more details about the legend and the festival :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2014/08/14/le-bromo-et-la-fete-du-kesodo-ile-de-java-indonesie/

Offrande au Bromo

 Vue du Bromo et de son cratère

Vue de la communauté Tengger au pied du volcan

(Photos : C. Grandpey)

Rapid Ohi’a Death in Hawaii // Ohi’a en danger de mort à Hawaii

Ce n’est pas de la volcanologie, mais le sujet est étroitement lié au volcan Kilauea à Hawaï. Ceux qui ont visité le Parc National ont forcément admiré la superbe Metrosideros polymorpha, la ōhi’a lehua, dont les fleurs rouges illuminent la végétation.
Il existe une légende hawaïenne liée à l’Ohi’a et à Pele, la déesse du feu et des volcans hawaiiens. Cette légende raconte que si vous cueillez cette fleur, il pleuvra le même jour. Selon la légende, Pele rencontra un jour un beau guerrier nommé Ohi’a. Elle lui demanda de l’épouser, mais Ohi’a avait déjà promis son amour à Lehua. Pele entra en furie quand Ohi’a refusa sa demande en mariage et elle le transforma en arbre tordu.
Lehua connut un grand chagrin. Les dieux eurent pitié d’elle et estimèrent qu’il était injuste de séparer Ohi’a et Lehua. C’est pourquoi ils ont  transformé Lehua en fleur sur l’arbre Ohi’a afin que les deux amants soient unis à jamais. La légende raconte que si vous cueillez cette fleur, vous séparez les amoureux, et ce jour-là il pleuvra.

La réalité d’aujourd’hui est très différente de la légende, mais aussi très inquiétante. En effet, les ohi’a sont victimes d’un fléau, la Rapid Ohi’a Death (ROD) – mort rapide de l’ohi’a – une maladie fongique qui attaque et tue les arbres sur la Grande Ile d’Hawaï. Ce champignon obstrue le système vasculaire de l’arbre, privant d’eau la canopée, et peut tuer les arbres très rapidement. L’ohi’a est une espèce clé dans les forêts hawaïennes, et la ROD peut causer des perturbations majeures dans l’écosystème, avec un impact négatif sur les traditions culturelles, les ressources naturelles et la qualité de vie. Les fleurs sont présentes sur les couronnes qui ornent la tête de la déesse Pele.
Les ohi’a infectés peuvent avoir des branches entières couvertes de feuilles brunes. L’aubier de l’arbre peut présenter des taches sombres et une odeur fruitée, bien que les signes du champignon ne soient pas forcément visibles à l’extérieur de l’arbre. Des tests supplémentaires sont nécessaires pour confirmer la présence de ROD, car l’ohi’a peut également mourir d’autres maladies, de sécheresse et de blessures. On rencontre essentiellement la ROD sur l’île d’Hawaï, bien que des cas aient également été détectés à Maui, O’ahu et Kaua’i.
Le bois du 1000ème ohi’a du Parc national des volcans vient d’être prélevé pour voir s’il est infecté par la ROD. Le personnel du parc recueille des copeaux et les échantillons sont analysés en laboratoire. Si la ROD est confirmée, l’arbre est abattu et couvert pour empêcher une propagation de la maladie dans la forêt environnante.
La ROD a été confirmée sur plus de 100 arbres dans le parc. Depuis sa découverte, la ROD a tué plus de 500 000 arbres sur la Grande Ile d’Hawaii.
Les visiteurs du Parc peuvent aider à prévenir la propagation de la ROD en nettoyant leurs chaussures avant et après une randonnée sur les sentiers. La plupart des entrées de sentiers les plus fréquentés ont une station de brossage des chaussures ; toute la boue et les graines présentes sur les chaussures peuvent être brossées et grattées. Les visiteurs sont priés de ne pas apporter de bois d’ohi’a dans le Parc. On trouvera toutes les recommandations à cette adresse :

https://cms.ctahr.hawaii.edu/rod/

J’ai déjà écrit deux articles alertant de ROD:
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2015/11/29/hawaii-lohia-lehua-en-danger-de-mort-hawaii-ohia-lehua-might-soon-disappear/

et
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2017/05/01/hawaii-ohia-lehua-en-danger-de-mort-hawaii-ohia-lehua-in-mortal-danger/

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This is not volcanology, but it is closely connected to Kilauea Volcano in Hawaii. Those who have visited the National Park have inevitably seen the very nice Metrosideros polymorpha, the ōhi’a lehua, whose red blossoms illuminate the trees.

There is an interesting Hawaiian legend tied to the Ohi’a tree and to the volcano goddess, Pele. This story explains that if you pluck this flower, it will rain on the same day. The legend says that one day Pele met a handsome warrior named Ohi’a and she asked him to marry her. Ohi’a, however, had already pledged his love to Lehua.  Pele was furious when Ohi’a turned down her marriage proposal, so she turned Ohi’a into a twisted tree.

Lehua was heartbroken, of course. The gods took pity on Lehua and decided it was an injustice to have Ohi’a and Lehua separated.  They thus turned Lehua into a flower on the Ohi’a tree so that the two lovers would be forever joined together. So remember, Hawaiian folklore says that if you pluck this flower you are separating the lovers, and that day it will rain.

Reality today is very different from the legend, but very sad too. Indeed, ohi’a trees are the victims of a calamity called Rapid Ohi’a Death (ROD), a fungal disease currently attacking and killing the trees on Hawaii Big Island. This fungus clogs the tree’s vascular system, depriving the canopy of water, and may kill the trees very quickly. Ohi’a is the keystone species in Hawaiian forests, and ROD has the potential to cause major ecosystem disturbances that will negatively impact cultural traditions, natural resources, and quality of life. The flowers can be seen on the wreaths on goddess Pele’s head.
Infected ohi‘a trees may have individual branches or entire canopies of recently dead and still attached brown leaves. The tree’s sapwood may have dark and unusual staining and a fruity odour, though signs of the fungus may not be visible on the outside of the tree. Additional testing is needed to confirm ROD, since ohi‘a may also die from other diseases, drought and injury. ROD has been found mostly on Hawaii Island, although cases have also been detected on Maui, O’ahu, and Kaua’i.

The 1,000th Ohi‘a tree has just been tested for ROD within Volcanoes National Park. Park staff collects wood chips and the samples are analyzed in a lab. If ROD is confirmed, the tree will be cut down and covered to prevent further spread of ROD into the surrounding forest.

ROD has been confirmed in over 100 ohi‘a trees in the park. Since its discovery, ROD has killed more than half a million trees on Hawaii Big Island.

Visitors to the park can help prevent the spread of ROD by cleaning their shoes before and after hiking on park trails. Most of the popular trailheads have a boot brushing station where all mud and seeds may be brushed and scraped from footwear. Visitors are asked not to bring ohi’a wood into the park. All the recommendations can be found here:

https://cms.ctahr.hawaii.edu/rod/

I have already written two posts alerting to ROD. They can be found at:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2015/11/29/hawaii-lohia-lehua-en-danger-de-mort-hawaii-ohia-lehua-might-soon-disappear/

and

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2017/05/01/hawaii-ohia-lehua-en-danger-de-mort-hawaii-ohia-lehua-in-mortal-danger/

Dans la culture hawaiienne, le lien est très fort entre l’ohi’a et la déesse Pele

Bientôt un séisme au Japon? // Soon an earthquake in Japan ?

On sait que certains comportements inhabituels d’animaux sont susceptibles d’annoncer des catastrophes naturelles. Par exemple, les mouettes avaient disparu avant une éruption majeure du Stromboli en Sicile. Il y a aussi des histoires de poules qui ont cessé de pondre et d’abeilles qui ont délaissé leur ruche. De nombreux propriétaires d’animaux ont affirmé avoir vu leurs chiens et leurs chats se comporter étrangement avant un tremblement de terre. En ce moment, c’est la découverte d’un certain nombre régalecs morts qui inquiète les Japonais.

Selon Wikipedia, le régalec, roi des harengs ou ruban de mer (Regalecus glesne)  est un poisson très long dont la taille maximale n’est pas connue. Il mesure en moyenne 5 mètres, ce qui en fait le plus long des poissons osseux. On ne sait que peu de choses sur son comportement, l’essentiel des observations ayant été faites sur des spécimens échoués ou agonisants. À Taïwan, on l’a  surnommé « poisson séisme » car les rares fois où les pêcheurs l’ont découvert, c’était peu après un tremblement de terre dont l’épicentre se situait en mer. La légende veut que les poissons remontent vers la surface quand ils sont dérangés par les secousses sismiques, mais la relation entre ces deux évènements n’a pas fait l’objet de recherches scientifiques..

Il y a quelques jours, un régalec mesurant près de quatre mètres du museau à la queue a été retrouvé prisonnier d’un filet de pêche au large du port d’Imizu, dans la préfecture de Toyama, sur la côte nord. Le poisson était déjà mort et il a ensuite été transporté à l’aquarium d’Uozu pour y être étudié. Deux autres régalecs avaient été découverts dans la baie de Toyama neuf jours plus tôt.
Les régalecs – reconnaissables à leur long corps argenté et à leurs nageoires rouges – fréquentent généralement les eaux profondes et on les voit rarement en surface. Une légende raconte que lorsque les régalecs remontent dans des eaux peu profondes, c’est le signe qu’une catastrophe naturelle est proche.
Cependant, les biologistes ont une explication beaucoup plus prosaïque. Selon un professeur d’ichtyologie de l’Université de Kagoshima, «ces poissons ont tendance à remonter à la surface en profitant des courants marins lorsque leur condition physique est mauvaise, ce qui explique pourquoi ils sont si souvent morts lorsqu’on les retrouve. Le lien avec l’activité sismique existe depuis de très nombreuses années, mais il n’existe aucune preuve scientifique ; je ne pense donc pas que les gens doivent s’inquiéter ».
Néanmoins, la réputation du régalec en tant qu’indicateur d’une catastrophe imminente a été confirmée au Japon en 2010 quand une dizaine de poissons se sont échoués le long de la côte nord du pays. Quelques mois plus tard, en mars 2011, un séisme de magnitude M 9,0 a frappé le nord-est du Japon, provoquant un puissant tsunami qui a tué près de 19 000 personnes et détruit la centrale nucléaire de Fukushima.
Les scientifiques japonais ont averti qu’un puissant séisme pourrait se produire à court terme dans la Fosse de Nankai, parallèle à la côte méridionale du Japon, entre Nagoya et l’île de Kyushu. Le tsunami qui s’ensuivrait pourrait entraîner des pertes importantes en vies humaines et la destruction des zones côtières. Selon les dernières prévisions du gouvernement, un tel séisme majeur pourrait générer un tsunami de plus de 30 mètres de hauteur.
Par ailleurs, le gouvernement japonais a récemment annoncé un nouveau train de mesures dans l’éventualité d’un puissant séisme à Tokyo, avec notamment des mesures supplémentaires pour évacuer les étrangers. Ces mesures préconisent également une meilleure diffusion des informations sur les abris, les itinéraires d’évacuation et les services médicaux. Les informations seront disponibles dans un plus grand nombre de langues via des sites Internet d’information sur les catastrophes.
Source: Presse japonaise et internationale.

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It is well known that some animal unusual behaviour may announce incoming natural disasters. For instance, seagulls disappeared before a major eruption at Stromboli in Sicily. There are also stories of hens that stopped laying eggs and bees leaving their hive in a panic. Countless pet owners claimed to have witnessed their cats and dogs acting strangely before an earthquake. This time, the discovery of a number of deep-sea oarfish is worrying the Japanese as this kind of fish is traditionally thought to be harbingers of a natural disaster.

According to Wikipedia, the oarfish, king of herring or sea sliver (Regalecus glesne) is a very long fish whose maximum size is not known. It may reach 5 metres, making it the longest bone fish. Little is known about his behaviour, as most observations were made on stranded or dying specimens. In Taiwan, it has been dubbed « earthquake fish » because fishermen discovered it a few times soon after an earthquake with an epicentre at sea. Legends say that oarfish go up to the surface when disturbed by earthquakes, but the possible relationship between these two events has not been confirmed by scientific research.

A few days ago, an oarfish measuring nearly four metres from snout to tail was found tangled in a fishing net off the port of Imizu, in the north-coast prefecture of Toyama. The fish was already dead but was later taken to the nearby Uozu Aquarium to be studied. Two more oarfish were discovered in Toyama Bay nine days earlier.

Oarfish – characterised by long silver bodies and red fins – usually inhabit deep waters and the fish are rarely seen from the surface, although legend has it that when oarfish rise to shallow waters, disaster is near.

However, biologists have a more prosaic explanation. According to a professor of ichthyology at Kagoshima University, “these fish tend to rise to the surface when their physical condition is poor, rising on water currents, which is why they are so often dead when they are found. The link to reports of seismic activity goes back many, many years, but there is no scientific evidence of a connection so I don’t think people need to worry.”

Nevertheless, the oarfish’s reputation as an indicator of imminent doom was enhanced after at least 10 oarfish were washed up along Japan’s northern coastline in 2010. In March 2011, an M 9.0 earthquake struck off northeast Japan, triggering a massive tsunami that killed nearly 19,000 people and destroyed the Fukushima nuclear plant.

Experts warned that an earthquake in the Nankai Trough, which runs parallel to Japan’s southern coast from off Nagoya to the southern island of Kyushu, could be imminent and resulting tsunami could cause massive loss of life and destruction in coastal areas. The most recent government predictions suggest a tsunami more than 30 metres high could be generated by a major quake.

The Japanese government has recently announced a new package of response measures to a major earthquake beneath Tokyo, including additional steps to evacuate foreigners from the city. They also call for improved delivery of information on places to take shelter, evacuation routes and medical treatment. The information will be made available in more languages via disaster information websites.

Source : Japanese and international press.

Régalec échoué sur une plage (Crédit photo: Wikipedia)

La belle légende du Mayon // The beautiful legend of Mayon Volcano

Beaucoup de volcans sont habités par des légendes. Un certain nombre d’entre elles figurent dans le livre Mémoires Volcaniques que j’ai eu le plaisir d’écrire avec l’ami Jacques Drouin (voir colonne de droite de ce blog).

Il y a quelques jours, j’ai pu lire sur Internet la belle légende du Mayon, volcan des Philippines dont les colères inquiètent périodiquement les populations venues vivre sur ses flancs.

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Il était une fois, il y a très longtemps, dans un endroit nommé Ibalon, une belle jeune fille qui s’appelait Daragang Magayon (L’Adorable). Elle était la fille de Makusog (Le Fort), le chef de la tribu.
Un jour, Daragang Magayon se promenait près d’une rivière. En la traversant, elle trébucha sur un rocher et tomba dans l’eau. Elle fut rapidement emportée par le courant.
« Au secours ! Au secours ! » cria-t-elle. Heureusement, ses appels à l’aide furent entendus par Pangaronon (Le Fier) ​​et son garde du corps Amihan (Le Froid) qui passaient par là. Pangaronon se précipita dans la rivière et sauva Daragang Magayon de la noyade.
« Vous avez risqué votre vie pour me sauver », dit la jeune fille en pleurant. « Que puis-je faire pour vous remercier? Mon père est le chef de notre tribu. Je suis sûre qu’il récompensera votre héroïsme, quel que soit le prix à payer »

La beauté de Daragang Magayon avait tout de suite fasciné Pangaronon. Il avait réalisé qu’il avait enfin rencontré la femme parfaite. Dans le même temps, Daragang Mayon avait, elle aussi, été immédiatement attirée par le jeune homme.
Panganoron demanda à Makusog la permission d’épouser Daragang Magayon. Hélas, Makusog ne pouvait pas autoriser ce mariage. La loi tribale interdisait tout mariage en dehors du clan. En tant que chef de tribu, il devait appliquer la loi. Pourtant, en tant que père, il voulait rendre sa fille heureuse.
Patuga (L’Eruptif), le prétendant le plus ardent de Daragang Magayon, apprit l’intention de Panganoron. Pendant des années, il avait demandé à la jeune fille de l’épouser, mais en vain.
Une nuit, Patuga envoya ses hommes kidnapper Makusog. Puis, il envoya dire à Daragang Magayon que son père mourrait si elle ne l’épousait pas. Comme elle n’avait pas le choix, elle accepta. Patuga libéra Makusog. Patuga et Daragang Magayon se marièrent, mais au milieu de la cérémonie du mariage, il y eut un grand brouhaha quand arrivèrent Panganoron et ses hommes. Des combats s’ensuivirent entre les deux tribus. En quelques minutes, Panganoron blessa mortellement Patuga mais, pendant leur confrontation, une flèche empoisonnée tirée de nulle part transperça la poitrine de Daragang Magayon. Panganoron se précipita à son secours et, tandis qu’il s’agenouillait au chevet de la jeune fille en train de rendre l’âme, un ennemi lui trancha la tête.
Après la bataille, Daragang Magayon fut mise en terre et sa mort fut pleurée partout dans le pays. A l’endroit même où elle reposait, une montagne apparut mystérieusement. Cette montagne est aujourd’hui connue sous le nom de Mayon. Il se dit que même dans la mort et sous une autre forme, elle est toujours hantée par les hommes qui étaient amoureux de Daragang Magayon. Quand le Mayon entre en éruption, la légende raconte que c’est Patuga qui défie Panganoron. Mais quand le Mayon est calme, c’est Panganoron qui embrasse sa belle. Les larmes de chagrin de Panganoron se répandent comme de la pluie…

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Many volcanoes have given birth to legends. A number of them appear in the book Mémoires Volcaniques that I had the pleasure of writing with my friend Jacques Drouin. A few days ago, I could read on the Internet the beautiful legend of Mayon, a volcano in the Philippines whose eruptions periodically worry the populations that have come to live on its flanks.

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Long ago in a place called Ibalon, there lived a beautiful maiden. Her name was Daragang Magayon (the lovely one). She was the daughter of Makusog (the strong one), chief of the tribe.

One day, Daragang Magayon strolled near the river. While crossing the river, she stumbled on a rock and fell quickly in the water. She was swiftly swept down stream by the current.

“Help! Help me!” she cried. Fortunately, her cries were heard by Pangaronon (the proud one) and his bodyguard Amihan (the cold one). Pangaronon jumped into the river and saved Daragang Magayon.

“Thank you for risking your life to save me”, she cried. “How can I repay you? My father is the chief of our tribe. Surely, he will reward your heroism whatever it may take.”

Her beauty immediately captivated Pangaronon. He realized that he had finally met the perfect woman for him. At the same time, Daragang Mayon was instantly attracted to him.

Panganoron asked Makusog’s permission to marry Daragang Magayon. But Makusog could not permit them to marry. Tribal law forbade marriage outside of the clan. As tribe leader he had to enforce the law. Yet, as a father, he wanted to make his daughter happy.

Meanwhile, Patuga (the eruptive one) learned about Panganoron’s intention. Patuga was the most ardent suitor of Daragang Magayon. For years, he had been convincing her to marry him, but to no avail.

One night, Patuga and his cohorts kidnapped Makusog. Then, he sent word to Daragang Magayon that her father would die if she did not marry him. Without a choice, she acceded. Only then did Patuga release Makusog. Soon Patuga and Daragang Magayon were wed. But in the midst of the merrymaking, pandemonium broke out when Panganoron and his men arrived. Fighting ensued between teh two tribes. In a few minutes, Panganoron fatally struck Patuga. However, during the skirmish, a poisoned arrow shot from nowhere, fell on Daragang Magayon’s breast.

Panganoron rushed to her aid and as he kneeled over the dying Daragang Magayon, an enemy hacked his head off.

After the battle, Daragang Magayon was buried and her death was mourned all over the land. Where she was put to rest, a mountain mysteriously appeared.

This mountain is now known as Mayon. It is said that even in death and in another form, she is still haunted by the men who loved her. When Mayon is said to erupt, this is Patuga challenging Panganoron. But when Mayon is calm, Panganoron is embracing her. The tears of Panganoron are shed as rain at times in his grief.

Until today, many are still delighted by the love story behind the legend of the Mayon Volcano.

Le beau cône du Mayon serait-il l’incarnation de la séduisante Daragang Magayon? (Crédit photo: Wikipedia)