Tungurahua (Equateur): Risque d’effondrement du flanc occidental // The western flank may collapse

Le dernier rapport de l’Institut de Géophysique, relayé par la Smithsonian Institution, remonte à septembre-octobre 2016. L’activité sismique sur le Tungurahua (Équateur) se situait alors à un niveau modéré. Des fumerolles étaient observées au niveau du cratère. Le rapport de l’IG a été diffusé à la fin de la dernière période éruptive du volcan (VEI 3) qui avait commencé en novembre 2011.
Aujourd’hui, ce n’est pas l’activité éruptive qui inquiète les autorités équatoriennes, mais le risque d’effondrement d’un flanc du volcan. C’est la conclusion d’une étude récente publiée dans Science Direct. Une éruption du Tungurahua, il y a environ 3 000 ans, avait provoqué un effondrement partiel du flanc ouest, provoquant une avalanche de débris qui avait couvert une superficie de 80 kilomètres carrés. Les auteurs de l’étude recommandent une surveillance étroite du volcan.
S’appuyant sur des données satellitaires, les scientifiques expliquent que l’activité récente du volcan a entraîné une déformation rapide du flanc ouest, augmentant ainsi le risque de son effondrement, ce qui causerait des dégâts importants dans les environs. Cette déformation peut s’expliquer par une accumulation de magma à faible profondeur. Si cet apport de magma se poursuit, le phénomène pourrait provoquer une accumulation de contraintes à l’intérieur du cône volcanique, entraîner une instabilité du flanc ouest, avec un risque d’effondrement.
Le  Tungurahua a une longue histoire d’effondrements de ses flancs et est fréquemment actif depuis 1999, année où une éruption a conduit à l’évacuation de 25 000 personnes. Au rythme des éruptions, le volcan s’est progressivement reconstruit au fil du temps. Le cône aux pentes abruptes atteint maintenant plus de 5 000 m de hauteur.
Source: The Watchers.

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IG’s latest report, relayed by the Smithsonian Institution, dates back to September – October 2016 when seismic activity at Tungurahua (Ecuador) was at moderate levels. Minor fumarolic emissions were rising above the crater. The report was released at the end on the volcano’s last eruptive period which had started in November 2011, with a VEI 3.

Today, it is not the volcanic activity that worries Ecuadorian authorities, but a potential flank collapse mentioned by a new research paper published in Science Direct. A previous eruption of Tungurahua, around 3 000 years ago, had caused a partial collapse of the west flank, leading to an avalanche of debris that covered an area of 80 square kilometres. The authors of the study recommend a close monitoring of the volcano.

Relying on satellite data, the new research explains that the volcano’s recent activity has led to significant rapid deformation on the western flank, increasing the risk of its collapse, which would cause significant damage to the surrounding area. This deformation can be explained by shallow, temporary magma storage beneath the west flank. If this magma supply is continued, the sheer volume can cause stress to accumulate within the volcanic cone and trigger new instability of the west flank and its potential collapse.

 Tungurahua has a long history of flank collapse and has also been frequently active since 1999, when its activity led to the evacuation of 25 000 people from nearby communities. Since then, the volcano has steadily been rebuilt over time. The steep-sided cone is now more than 5 000 m high.

Source: The Watchers.

Eruption du Tungurahua en avril 2011 (Crédit photo :Wikipedia)

Prévision volcanique et principe de précaution

Heureusement qu’il y a le principe de précaution. Côté prévision éruptive, ça patauge un peu depuis quelque temps.

Sur l’Ile de la Réunion, on nous annonçait une éruption « imminente » du Piton de la Fournaise depuis le mois de décembre 2019. Tous les ingrédients étaient présents pour que le volcan se manifeste à nouveau, mais son humeur n’était pas éruptive à ce moment-là. Il a fallu attendre le 10 février 2020 pour que la lave montre le bout de son nez, avant de disparaître quelques jours plus tard..

Comme je l’expliquais précédemment, la prévision éruptive n’a qu’une importance relative à la Réunion dans la mesure où les éruptions se déroulent en général dans l’Enclos Fouqué qui est une zone désertique.

Le seul principe de précaution consiste, pour la Préfecture, à interdire l’accès de l’Enclos aux randonneurs. La mesure est facile à appliquer étant donné que l’entrée dans le site se fait par un portail qu’il suffit de cadenasser.

Le Piton de la Fournaise constitue surtout un excellent laboratoire pour étudier le comportement (fantasque !) d’un volcan.

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En Islande, l’activité sismique sur la Péninsule de Reykjanes a décontenancé les scientifiques de l’Icelandic Met Office (IMO). Ces derniers sont habitués à voir des essaims sismiques faire frissonner la péninsule de temps à autre. Le phénomène est prévisible et facile à comprendre étant donné le contexte tectonique dans lequel se situe l’Islande.

Le problème, c’est que depuis quelques semaines on enregistrait une inflation de plusieurs centimètres dans un secteur de la péninsule. Annonçait-elle une prochaine éruption ? L’IMO faisait état d’une possible intrusion magmatique, démentie quelques jours plus tard. Autrement dit, personne ne savait ce qui allait se passer.

Contrairement à l’Enclos Fouqué à la Réunion, le Péninsule de Reykjanes est habitée, même si la densité de population n’est pas énorme. De plus, en cas d’éruption, l’aéroport international de Keflavik, situé à quelques encablures de la péninsule, pourrait être impacté par des nuages de cendre.

La prévision sismique ou éruptive étant impossible, les autorités islandaises ont mis en place le principe de précaution et demandé aux habitants de se tenir prêts à une évacuation en cas d’éruption. Il leur a été vivement conseillé d’être attentifs aux messages d’alerte susceptibles d’être envoyés sur leurs smartphones.

A ce jour, aucune éruption ne s’est produite sur la Péninsule de Reykjanes.

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Aux Philippines, le volcan Taal a montré, lui aussi, les difficultés de la prévision éruptive. Le PHIVOLCS n’a pas prévu l’éruption qui a débuté le 12 janvier 2020 avec des panaches de vapeur et de cendre qui sont montés à 10-15 km de hauteur. L’Institut a immédiatement relevé le niveau d’alerte à 4 (éruption dangereuse éruption imminente), sur une échelle de 5 échelons. Aux Philippines, tous les ingrédients étaient présents pour que se produise une puissante éruption (sismicité, gonflement de l’édifice volcanique, intensification des émissions gazeuses), mais l’événement majeur attendu ne s’est (heureusement) jamais produit.

Le PHIVOLCS a constamment conseillé aux autorités d’évacuer sur une vaste zone les populations menacées par le Taal. Le principe de précaution a bien fonctionné et le 19 janvier 2020, 96 000 personnes avaient quitté leurs domiciles.

A la mi-février 2020, le niveau d’alerte pour le Taal est redescendu à 2, ce qui a permis à un grand nombre de personnes de quitter les structures d’hébergement provisoires.

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Le 9 décembre 2019, le cratère de White Island (Nouvelle Zélande) explosait, projetant des nuages de cendre, d’eau et de vapeur acides à haute température. Une quarantaine de touristes se trouvaient dans le cratère au moment de l’éruption et 21 personnes ont péri, soit immédiatement, soit des suites de leurs très graves brûlures.

Au moment de l’événement ; le niveau d’alerte était à 2 sur une échelle de 5 : « Moderate to heightened volcanic unrest [Activité volcanique modérée à élevée] .» Selon les volcanologues néo-zélandais, on avait affaire à une “activité volcanique pouvant conduire à un danger éruptif,” le type même de mise en garde vague que l’on rencontre sur tous les volcans actifs de la planète. Aucune éruption ou explosion majeure n’était prévue le 9 décembre 2019, même si le volcan présentait des signes d’activité.

C’est une fois la catastrophe passée que l’on se demande ce qu’il aurait fallu faire, comment on aurait prévenir un tel événement éruptif. La mesure la plus radicale était, bien sûr, d’interdire totalement l’accès à un volcan potentiellement dangereux. La poussée de plus en plus forte du tourisme de masse rend la mise en place d’une telle mesure extrêmement difficile. On aurait pu, aussi, limiter l’accès du cratère à des petits groupes, et éviter ainsi qu’une quarantaine de personnes se fasse surprendre.

Pour le moment, l’accès à White Island est interdit et il risque fort de le rester pendant longtemps. Le traumatisme subi par les Néo-Zélandais sera long à évacuer.

Panache éruptif du Taal (Source: Disaster Risk Reduction Management Council)

Le cratère de White Island après l’explosion (Source: Helicopter Rescue Trust)

 

Ouverture de nouvelles maisons à Pompéi (Italie) // Opening of new houses at Pompeii (Italy)

Quarante ans après avoir été fortement endommagé par un violent séisme, un joyau du site de Pompéi est à nouveau accessible au public.
Il s’agit de la Domus degli Amanti, la Maison des Chastes Amants, un bordel à l’époque romaine. La maison a été baptisée ainsi car on peut y lire cette inscription: «Les amants comme les abeilles vivent une vie douce comme le miel. J’espère que c’est vrai.» C’est la seule maison à double péristyle à avoir été préservée à Pompéi.
Les archéologues ont découvert le bâtiment pour la première fois en 1933. Il était resté enfoui dans des cendres volcaniques, comme le reste de Pompéi, pendant près de deux millénaires à la suite de l’éruption du Vésuve en 79 après JC.
La maison a été fermée pour réparation en novembre 1980, après avoir subi de graves dommages lors du séisme Irpinia, de magnitude M 6.5, qui a frappé la région de Naples et tué quelque 2 735 personnes.
La Domus del Frutteto, la Maison du Verger et la Domus della Nave Europa, la Maison du Bateau Europe, ont également été rouvertes. Dans  la Maison du Bateau Europe, les fresques ont été restaurées et il y a maintenant un nouveau système d’éclairage qui respecte les peintures. Un système de passerelle pour entrer dans les endroits les plus délicats a également été créé.
Les travaux de restauration font partie du Grand projet de Pompéi, une initiative de 113 millions de dollars sur six ans dont le but est de réparer et restaurer d’autres sections du site. Il ne faudrait pas oublier que Pompéi était en très mauvais état à cette époque, au point qu’il risquait d’être placé sur la liste des sites en péril de l’UNESCO.
Voici une belle galerie de photos montrant la maison des Amants et sa restauration:
https://www.yahoo.com/huffpost/pompeii-reopens-house-of-lovers-144039902.html

Source: Presse italienne.

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Forty years after being hit by a devastating earthquake, a building dubbed a jewel of the ancient Roman ruins of Pompeii has finally reopened to the public.

The structure is the Casa degli Amanti, the House of Lovers – a brothel during the Roman times – was so called because of a Latin inscription that reads “Lovers like bees live a sweet life like honey. I wish it were so.”  It is the only house of Pompeii with a double peristyle to have been preserved

Archaeologists first discovered the building in 1933. It had been buried in volcanic ash, along with the rest of Pompeii, for almost two millennia following the eruption of nearby Mount Vesuvius in A.D. 79.

The House was closed for repair in November 1980, however, after suffering severe damage during the M 6.5 Irpinia earthquake that struck the Naples area, killing some 2,735 people.

The Domus del Frutteto, the House of the Orchard and the Domus della Nave Europa, the European Ship House, have also been reopened. In the European Ship House, the frescoes have been restored and there is now a new lighting system that respects the paintings. A gateway system for entering the most delicate places has also been created.

The restoration work is part of the Great Pompeii Project, a six-year, $113 million initiative to repair and restore other sections of the site. One should remember that Pompeii was in poor condition by that time. The site was at risk of being placed on UNESCO’s list of heritage sites in jeopardy.

Here is a great gallery of photos of the House of Lovers and its restoration:

https://www.yahoo.com/huffpost/pompeii-reopens-house-of-lovers-144039902.html

Source : Presse italienne.

Maison des Amants (Source: Site Archéologique de Pompéi)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

Dans un bulletin publié le 14 février 2020, le PHIVOLCS indique qu’il a abaissé le niveau d’alerte du Taal (Philippines) de 3 à 2. Après l’adoption du niveau d’alerte 3 le 26 janvier 2020, l’activité volcanique au cours des trois semaines suivantes a été marquée par une diminution de la sismicité, une stabilisation des déformations du sol dans la caldeira du Taal et sur Volcano Island. De faibles émissions de vapeur et de gaz ont été observées dans le Main Crater. De plus, comme je l’ai indiqué précédemment, les émissions de SO2 sont redescendues à des niveaux faibles.
Le niveau d’alerte 2 signifie que l’activité volcanique est en baisse, en sachant qu’elle n’a pas cessé. La menace d’une éruption n’a pas disparu.
Source: PHIVOLCS.

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Dans un bulletin émis le 15 février 2020, l’AVO indique qu’une série de petites explosions ont été détectées dans les données sismiques du Semisopochnoi (Aléoutiennes / Alaska), ce qui représente une augmentation significative de l’activité volcanique. Aucun panache de cendre n’a été observé, mais des émissions de cendres de faible intensité peuvent accompagner ces petites explosions. En conséquence, le niveau d’alerte volcanique a été élevé à Watch (Vigilance) et la couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange.

Source: Alaska Volcano Observatory.

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Comme cela se produit de temps à autre, le Merapi (Indonésie) a connu le 13 février 2020 au matin un bref épisode éruptif de moins de 2 minutes. L’explosion a généré un panache de cendre qui est monté jusqu’à 2 km de hauteur. Il est demandé à la population et aux touristes de respecter la zone de sécurité de 3 km de rayon autour du volcan.

Les images de l’éruption ont été relayées par de nombreux médias à travers le monde :

https://news.sky.com/story/indonesia-merapi-volcanos-spectacular-eruption-caught-on-camera-11933831

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De la même façon, plusieurs chaînes de télévision dont BFMTV en France ont relayé les images d’un épisode explosif observé le 4 février 2020 sur le Popocatepetl (Mexique). De tels événements se produisent de temps à autre. Ils sont généralement dus à la destruction du dôme de lave dans le cratère sous la pression des gaz.

https://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/les-images-impressionnantes-de-la-nouvelle-eruption-nocturne-du-volcan-popocatepetl-au-mexique-1223063.html

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Dans ses bulletins émis le 16 février 2020, l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)  indiquait que les dernières observations aériennes révélaient qu’aucune activité de surface n’était visible sur le site éruptif. Toutefois, un tremor résiduel était toujours enregistré par les instruments les plus proches du site éruptif où on observait un dégazage qui montrait que le magma est toujours proche de la surface.

Le bulletin du 17 février 2020 au matin indique qu’aucune reprise d’activité n’a été constatée. L’éruption s’est donc arrêtée le 16 février 2020 à 14h12.

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Here is some news about volcanic activity around the world:

In a bulletin released on February 14th, 2020, PHIVOLCS indicates that it is lowering the alert level for Taal (Philippines from 3 to 2. After stepdown to alert level 3 on January 26th, 2020, the volcanic activity in the succeeding three weeks has been characterized by a decrease in seismic activity, stabilized ground deformation of the Taal Caldera and Taal Volcano Island edifices and weak steam and gas emissions at the Main Crater. Moreover, as I indicated previously, SO2 emissions are at low levels.

Alert level 2 means that there is decreased unrest but should not be interpreted that unrest has ceased or that the threat of an eruption has disappeared.

Source: PHIVOLCS.

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In a bulletin released on February 15th, 2020, AVO indicates that a series of small explosions have been detected in seismic data at Semisopochnoi (Aleutians / Alaska), representing a significant increase in activity. No ash plumes have been observed, however low-level ash emissions may accompany these minor explosions. As a consequence, the volcanic alert level has been raised to Watch and the aviation colour code to Orange.

Source: Alaska Volcano Observatory.

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As happens from time to time, Merapi (Indonesia) went through a brief eruptive episode of less than 2 minutes in the morning of February 13th, 2020. The explosion generated an ash plume that rose up to 2 km high. The population and tourists are warned to respect the 3-km radius safety zone around the volcano.
The images of the eruption have been relayed by many media around the world:
https://news.sky.com/story/indonesia-merapi-volcanos-spectacular-eruption-caught-on-camera-11933831

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Likewise, several television channels, including BFMTV in France, relayed images of an explosive episode observed on February 4th, 2020 on Popocatepetl (Mexico). Such events happen from time to time. They are generally due to the destruction of the lava dome within the crater under the pressure of the gases.
https://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/les-images-impressionnantes-de-la-nouvelle-eruption-nocturne-du-volcan-popocatepetl-au-mexique-1223063.html

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In its updates of February 16th, 2020, the Volcanological Observatory of Piton de la Fournaise (Reunion Island) – OVPF – indicated that the latest overflights revealed that no surface activity was visible on the eruptive site. However, a residual tremor was still recorded by the instruments near the eruptive site where some degassing was observed, which showed that magma was still close to the surface.

In its update of February 17th, 2020 in the morning, OVPF explains that no new activity has been observed. The  eruption definitely stopped on February 16th at 14:12 (local time).

Souvenir de la dernière éruption du Piton de la Fournaise (Photo: C. Holveck)