La parole aux habitants de Vulcano (Iles Eoliennes / Sicile)….

Suite aux interdictions à répétition mises en place sur l’île de Vulcano, les propriétaires des infrastructures touristiques sont très inquiets car la saison estivale approche à grands pas. La dernière ordonnance du maire de Lipari interdisant pendant 15 jours au moins l’accès à la plage de Levante fait grincer les dents. Elle s’ajoute à l’interdiction d’accès au cratère de la Fossa et aux bains de boue. Selon les habitants de Vulcano, « le cratère nous fait vivre, l’Etat nous laisse mourir ».

On peut lire dans le communiqué diffusé à l’issue d’une réunion du “Comitato Spontaneo Vulcano” – qui réunit les habitants de l’île – que ces derniers « se retrouvent face à des circonstances d’une difficulté extrême à un moment délicat comme le début de la saison estivale, seule période où la population locale parvient à réunir le strict minimum pour survivre tout au long de l’année. »
L’ordonnance du 28 mai 2022 interdit l’accès à la plage d’eau chaude de Levante, « l’une des zones qui ont historiquement caractérisé la beauté de l’île ; un endroit où nous avons grandi en nous baignant dans des eaux thermales qui n’ont en aucun temps endommagé notre santé, ni celle des millions de touristes qui, depuis de nombreuses décennies, ont bénéficié de ce merveilleux cadeau de la nature. Du jour au lendemain, sans donner de raisons claires à cette mesure, les habitants de l’île sont privés de l’un des sites qui attirent les voyageurs des cinq continents, sans que des relevés institutionnels montrent la variation de l’activité géophysique dans la zone concernée par l’ordonnance en question. Depuis des années, la couleur de la mer prend parfois une couleur laiteuse qui, ces dernières semaines, est présentée dans les médias comme une nouveauté surprenante qui légitime la mise en place de mesures drastiques, tout en créant un alarmisme inutile qui dissuade de visiter ce site du patrimoine mondial de l’UNESCO.« 

On peut lire également dans le communiqué du “Comitato Spontaneo Vulcano”: « Plutôt que de chercher des solutions qui feraient cohabiter les mesures sanitaires avec le bien-être social et économique de la population locale, les autorités ont pris le chemin d’une interdiction aveugle qui ne tient pas compte des problèmes et des besoins des insulaires. Par exemple, la mise en place de personnel et d’infrastructures capables de surveiller jour après jour l’évolution de l’activité volcanique et d’avertir la population en cas d’urgence réelle serait une voie plus réaliste que l’étranglement de l’île. »

Le Comité regrette que « la Protection civile (qu’on ne voit presque plus sur l’île) pousse à la fermeture de l’île, tandis que les volcanologues qui effectuent au quotidien leur indispensable travail de prospection ont confié leur étonnement à divers habitants devant une mesure qu’ils jugent inutiles. »
Une autre préoccupation des Éoliens concerne l’image de Vulcano au niveau médiatique. Suite à la dernière ordonnance, de nombreux journaux ont titré « Baignade interdite à Vulcano », alors que l’île offre plusieurs autres belles plages dont l’accès est autorisé.

Source: Eolie News.

L’accès au cratère de la Fossa est interdit…

…mais on peut toujours visiter celui de Vulcanello…

(Photos : C. Grandpey)

Tourisme en Antarctique : une menace pour l’écosystème // Tourism in Antarctica : a threat to the ecosystem

De plus en plus de navires avec des touristes à leur bord font escale en Antarctique, ce qui représente une menace pour les écosystèmes de la région. C’est la conclusion d’une étude menée par des chercheurs du British Antarctic Survey et de l’Université de Cambridge sur le suivi des navires de recherche, de pêche et de tourisme qui visitent régulièrement le continent. L’étude révèle que des navires en provenance de 1 500 ports du monde entier visitent l’Antarctique. Cela signifie que pratiquement chaque navire représente une source potentielle d’espèces envahissantes qui pourraient bouleverser un écosystème. Ces nouvelles espèces pourraient créer des habitats entièrement nouveaux mettant en difficulté le mode de vie des êtres vivants en Antarctique.
Les scientifiques insistent que des mesures plus strictes sont nécessaires pour s’assurer que les navires n’apportent pas d’espèces susceptibles de perturber les habitats fragiles de l’Antarctique. Ils ont utilisé des données satellitaires et des bases de données maritimes internationales pour évaluer l’impact du trafic en Antarctique, ainsi que l’origine de ces navires. Ils ont été surpris de voir que tous les navires relient des parties autrefois isolées de l’Antarctique à plus de 1 500 ports dans le monde.
Chaque espèce marine qui peut s’accrocher à la coque d’un navire et survivre au voyage vers l’Antarctique peut devenir une menace invasive. Ces créatures, comme les moules, les balanes, les crabes et les algues, sont particulièrement inquiétantes, car elles se fixent aux coques, dans un processus appelé «encrassement biologique». Les moules, par exemple, peuvent survivre dans les eaux polaires et se propager facilement, menaçant la vie sur les fonds marins. Leur filtrage de l’eau altère la chaîne alimentaire ainsi que la chimie de l’eau qui les entoure.
Les scientifiques expliquent que les espèces indigènes de l’Antarctique sont restées isolées au cours des 15 à 30 derniers millions d’années. Cela explique pourquoi des espèces envahissantes seraient une grande menace pour la biodiversité. Le risque de perdre une espèce totalement unique est beaucoup plus élevé en Antarctique.
Le tourisme est réglementé dans la région ; les navires de tourisme doivent suivre des protocoles de biosécurité. Toutefois, l’étude révèle que le tourisme représente 67% des visites en Antarctique, suivi par la recherche, qui représente 21%, et la pêche 7%.
Selon l’Association internationale des voyagistes de l’Antarctique, la saison 2019-2020 a vu plus de 70 000 personnes visiter la région. Alors que l’industrie touristique a été perturbée par la pandémie, ce nombre n’a cessé d’augmenter depuis les années 1950 où quelques centaines de visiteurs en provenance du Chili et d’Argentine ont débarqué pour la première fois dans les îles Shetland du Sud. Les chercheurs préviennent qu’il s’agit d’une augmentation qui a d’autres conséquences. En effet, partout où ces navires vont, il y a d’autres types d’impacts humains sur l’environnement, qu’il s’agisse de rejets accidentels de déchets, de pollution, de collisions avec la faune ou de nuisances sonores.
On a vu que l’étude révèle que de très nombreux ports dans le monde envoient des navires en Antarctique. C’est pourquoi le British Antarctic Survey appelle à des « protocoles de biosécurité améliorés » et à des mesures de protection de l’environnement pour protéger les eaux de l’Antarctique. Cela signifie inspecter les coques des navires avec des caméras et les nettoyer plus fréquemment. De telles mesures sont particulièrement importantes « alors que la température des océans continue d’augmenter en raison du changement climatique. Nous savons que nous courons à la catastrophe si nous laissons les choses en l’état ».
Source : La BBC.

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More and more cruise ships are making stops in Antarctica with a threat to the region’s ecosystems. This is the conclusion of a study by researchers from the British Antarctic Survey and the University of Cambridge tracking research, fishing and tourist vessels that routinely visit the continent. It reveals that ships from 1,500 ports around the globe visit Antarctica. It means that almost anywhere could be a potential source for invasive species that could completely change an ecosystem. They could create entirely new habitats that would make it harder forAntarctic animals to find their own place to live.

The scientists say that more stringent measures are needed to ensure that ships do not bring species that could disrupt Antarctica’s fragile habitats. They used satellite data and international shipping databases to work out the weight of Antarctic traffic, as well as the origin of those ships. They were surprised to see that the global movement of vessels links otherwise isolated parts of Antarctica to more than 1,500 ports all around the world.

As a consequence, any marine species that can cling to the hull of the ship and survive the journey to Antarctica could pose an invasive threat. Creatures, including mussels, barnacles, crabs and algae, are of particular concern, because they attach themselves to hulls, in a process termed « biofouling ». Mussels, for example, can survive in polar waters and spread easily, threatening marine life on the seabed. Their water filtering alters the marine food chain and also the chemistry of the water around them.

The scientists explain that Antarctica’s native species have been isolated for the last 15-30 million years. This makes invasive species one of the biggest threats to its biodiversity. The chance of losing a species that is completely unique is much higher in Antarctica.

Tourism is regulated in the region; tourist ships have to follow biosecurity protocols. But the study reveals that tourism accounts for 67% of visits to Antarctic locations, followed by research, which accounts for 21% and fishing, 7%.

According to the International Association of Antarctic Tour Operators, the 2019-2020 season saw more that 70,000 people visit the region. And while the industry has been disrupted by the pandemic, that number has been increasing steadily since the first few hundred visitors from Chile and Argentina arrived in the South Shetland Islands in the 1950s. The researchers warn that it is an increase that has other consequences. Indeed, anywhere these ships go, there are other kinds of human impact on the environment, whether that is accidental release of waste, pollution, collisions with wildlife or noise disturbance.

Since the study reveals that many more ports around the world are linked to the region, the British Antarctic Survey is calling for « improved biosecurity protocols » and environmental protection measures to protect Antarctic waters. This means inspecting ship hulls with cameras and cleaning them more frequently. Such measures are particularly important « as ocean temperatures continue to rise due to climate change. We know a disaster will happen if we leave things as they are ».

Source: The BBC.

Source: Wikipedia

Touristes en Antarctique (Source: Wikipedia)

Nouvelles de La Palma // News from La Palma

6 heures : A ce jour, la lave du Cumbre Vieja a détruit 1 548 bâtiments, 64 de plus que le dernier bilan. Parmi ceux-ci, 1 242 sont à usage résidentiel, 169 à usage agricole, 69 à usage industriel, 37 à usage de loisirs et d’accueil, 15 à usage public et 16 à d’autres usages.

L’IGN a enregistré le 30 novembre 2021 plus de 330 séismes en 24 heures. C’est un nouveau record depuis le début de l’éruption. L’ancien était de 319 secousses le 17 novembre. La sismicité prédomine désormais à des profondeurs intermédiaires (entre 10 et 15 kilomètres).

Le cône principal du volcan a recommencé à émettre des cendres après une pause de plusieurs heures sans le faire. Pendant ce temps, le cône secondaire continue d’émettre de la lave et on a observé plusieurs glissements de terrain associés à des débordements.

Les autorités de La Palma ont sollicité l’aide de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) pour promouvoir la reprise économique de l’île à travers l’activité de ce secteur. Des messages publicitaires seront diffusés pour indiquer que l’île de La Palma est une destination sûre malgré l’éruption….que l’on ne peut observer qu’à bonne distance!

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18 heures : Selon l’IGN, la forte sismicité enregistrée ces derniers jours à La Palma se poursuivra dans les prochains jours. Les séismes affecteront les mêmes zones et seront localisés à une profondeur intermédiaire. Leur magnitude est susceptible de dépasser M 5,0.
L’activité est faible sur le cône principal et essentiellement fumerollienne. De petits glissements de terrain se produisent à l’intérieur du cratère de ce cône.
L’activité éruptive se concentre principalement sur le flanc nord-ouest, où l’accumulation de matériaux a formé un cône à activité strombolienne et effusive avec des coulées de lave qui ne progressent pas.
La hauteur de colonne éruptive était aujourd’hui de 3 500 mètres.

Sources: IGN.

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22 heures : Forte activité strombolienne ce soir sur le Cumbre Vieja comme le montrent cette vidéo et la capture d’image webcam au-dessous.

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6:00 am: To date, lava from Cumbre Vieja has destroyed 1,548 buildings, 64 more than the last toll. Of these, 1,242 are for residential use, 169 for agricultural use, 69 for industrial use, 37 for leisure and hospitality, 15 for public use and 16 for other uses.
On November 30th, 2021, IGN recorded more than 330 earthquakes in 24 hours. This is a new record since the start of the eruption. The previous one was 319 shakes on November 17th. Seismicity now predominates at intermediate depths (between 10 and 15 kilometers).
The main cone of the volcano began to emit ash again after a pause of several hours. In the meantime, the secondary cone continues to emit lava and several landslides associated with overflows have been observed.
The authorities of La Palma have requested the help of the World Tourism Organization (UNWTO) to promote the economic recovery of the island through the activity of this sector. Advertising messages will be released to indicate that the island of La Palma is a safe destination despite the eruption … which can only be seen from a distance!

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6:00 p.m : According to IGN, the significant seismicity recorded in recent days in La Palma will continue in the coming days. The earthquakes will affect the same areas and will be located at an intermediate depth. Their magnitude might exceed M 5.0.
Activity is weak on the main cone and mainly fumarolic. Small landslides occur inside the crater of this cone.
Eruptive activity is mainly concentrated on the northwest flank, where the accumulation of material has formed a cone displaying strombolian and effusive activity with lava flows which do not progress.
The height of the eruptive column was today 3,500 meters.
Sources: IGN.

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10:00 pm : There is a strong Strombolian activity at Cumbre Vieja tonight, as can be seen on the video above and the screenshot below.

Le Cumbre Vieja le 1er décembre au soir au soir

Eruption du Cumbre Vieja : coup dur pour le tourisme // Cumbre Vieja eruption : a hard blow to tourism

9 heures : Comme je l’ai indiqué précédemment, le tourisme représente avec l’agriculture la principale ressource économique de La Palma. Bien que seulement 10% de l’île soient affectés par l’éruption, cette dernière a freiné l’ardeur des agences de voyages. L’escale de la Mini Transat Eurochef 2021 aura permis de faire entrer un peu d’argent (on s’attend à ce qu’elle rapporte 1,2 million d’euros) mais la perte financière causée par l’éruption est bien réelle.

Le pont de La Toussaint devrait permettre de compenser un peu cette perte, mais un grand nombre d’établissements touristiques sont fermés et le nombre de lits a chuté. Il y avait 8.000 lits disponibles en janvier 2020 contre seulement 4 855 actuellement. Le taux d’occupation des infrastructures touristiques atteint seulement 40 % contre 70% habituellement à cette période de l’année. Au final, les hôteliers travaillent « à perte » puisque les voyagistes représentent 90 % de la clientèle en haute saison.

Source: presse espagnole.

L’éruption semblait avoir quelque peu baissé d’intensité le 30 octobre. Les panaches de cendre avaient remplacé les fontaines de lave sur les images des webcams, mais le volcan continue à déverser sa lave comme le montre une vidéo réalisée avec un drone par L’Institut géologique et minier le 30 octobre en fin d’après-midi:

9:00 am : As I indicated previously, tourism represents with agriculture the main economic resource of La Palma. Although only 10% of the island is affected by the eruption, the latter dampened the ardor of travel agencies. The 2021 Mini Transat Eurochef stopover will have brought in some money (it is expected to bring in 1.2 million euros) but the financial loss caused by the eruption is very real .
The AllSaints Day holiday should compensate a little for this loss, but a large number of tourist infrastructures are closed and the number of beds has dropped. There were 8,000 beds available in January 2020 compared to only 4,855 currently. The occupancy rate of tourist infrastructures is only 40% against 70% usually at this time of year. In the end, hoteliers make no profits since tour operators represent 90% of customers in high season.

Source: Spanish press.

The eruption appeared to have subsided somewhat on October 30th. The ash plumes had replaced the lava fountains on the webcam images, but the volcano continues to pour out its lava as shown in a video made with a drone by the Geological and Mining Institute on October 30th in the late afternoon (see above).

Le Cumbre Vieja le 31 octobre au matin