Antarctique : La triste marche de l’Empereur // Antarctica : The Emperor’s sad march

Une nouvelle étude publiée dans la revue Nature Communications: Earth & Environment révèle que la plus grande espèce de manchots au monde a vu sa population diminuer de 22 % au cours des 15 années de suivi de 16 colonies en Antarctique. Les populations de manchots empereurs en Antarctique ont diminué de près d’un quart car le réchauffement climatique a transformé leur habitat. L’étude alerte sur le fait que ces pertes sont bien plus importantes qu’on ne le pensait.

Crédit photo : Wikipedia

Les scientifiques ont utilisé des satellites pour étudier 16 colonies situées dans la Péninsule Antarctique, la mer de Weddell et la mer de Bellingshausen. Ces 16 colonies représentent près d’un tiers de la population mondiale de manchots empereurs. Les conclusions des scientifiques sont affolantes et beaucoup plus inquiétantes que les estimations les plus pessimistes des populations actuelles qui avaient été établies par modélisation informatique. Les chercheurs savaient que le réchauffement climatique était à l’origine de ces pertes, mais la rapidité du déclin est particulièrement préoccupante.
L’étude explique que le nombre de manchots a diminué de 22 % entre 2020 et 2024 dans les colonies observées. Ce chiffre est à comparer avec une estimation précédente faisant état d’une réduction de 9,5 % sur l’ensemble de l’Antarctique entre 2009 et 2018.
La hausse des températures amincit et déstabilise la glace sous les pattes des manchots dans leurs zones de reproduction. Ces dernières années, certaines colonies ont perdu tous leurs poussins car la glace avait cédé sous leur poids, précipitant les nouveau-nés dans la mer avant qu’ils soient assez âgés pour survivre à l’eau glacée de l’océan.
La nouvelle étude montre que le nombre de manchots est en déclin depuis le début des observations en 2009. Et ce, avant même que le réchauffement climatique ait un impact majeur sur la banquise, qui se forme le long des côtes de la région. Le réchauffement climatique reste toutefois le principal responsable de la réduction de la population de manchots, sans oublier d’autres défis tels que l’augmentation des précipitations ou la prolifération des prédateurs.
L’un des auteurs de l’étude a déclaré que les manchots empereurs constituent probablement l’exemple le plus flagrant des effets concrets du réchauffement climatique. En effet, il n’y a ni pêche ni destruction de leur habitat. Ce n’est pas, non plus, la pollution qui est à l’origine du déclin de leurs populations. C’est uniquement la température de la banquise sur laquelle ils se reproduisent et vivent qui est en cause, et c’est un signe évident du réchauffement climatique.
Selon une étude de 2020, la population de manchots empereurs compte environ 250 000 couples reproducteurs, tous situés en Antarctique. À sa naissance, le poussin manchot empereur sort d’un œuf maintenu au chaud pendant l’hiver par le mâle, tandis que la femelle part pour une expédition de pêche de deux mois. À son retour à la colonie, elle nourrit le petit par régurgitation, puis les deux parents se relaient pour se nourrir. Pour être capables de survivre seuls, les poussins doivent développer un plumage imperméable, processus qui commence généralement à la mi-décembre. La nouvelle étude a utilisé des images satellites à haute résolution prises durant les mois d’octobre et de novembre, avant que la région soit plongée dans l’obscurité hivernale.
Les prochaines études pourraient utiliser d’autres types de surveillance satellitaire, comme l’imagerie radar ou thermique, pour étudier les populations durant les mois les plus sombres, et étendre les observations aux autres colonies. Il est en effet nécessaire d’étudier le reste de la population pour vérifier si ce résultat inquiétant se généralise sur le continent. Il faut néanmoins noter que les colonies étudiées sont considérées comme représentatives de l’espèce. Les scientifiques pensent que les manchots sont susceptibles de migrer plus au sud, vers des régions plus froides dans les prochaines années, mais on ignore combien de temps ils pourront y survivre.
Selon certains modèles informatiques, l’espèce sera au bord de l’extinction d’ici la fin du siècle si rien n’est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Source: Le Monde via l’AFP.

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Une catastrophe majeure s’est produite en 2025 lorsqu’un immense iceberg a bloqué l’accès à la plus grande colonie de manchots empereurs connue au monde.
L’île Coulman, dans la mer de Ross en Antarctique, abrite l’une des plus importantes colonies de manchots empereurs au monde. Un iceberg de plus de 13 km de long s’est détaché de la plateforme glaciaire de Nansen au début du printemps 2025 et a dérivé lentement vers le nord. Fin juillet, il s’est immobilisé sur le passage emprunté par les manchots adultes pour rejoindre leurs zones de reproduction depuis le large.
C’était le pire moment pour les manchots. En juin, les femelles avaient pondu leurs œufs et étaient parties chasser en mer, laissant les mâles s’occuper des nids durant le rude hiver antarctique. Lorsque les mères ont tenté de revenir quelques semaines plus tard, l’iceberg avait bloqué leur passage. Résultat : environ 70 % des poussins n’ont pas survécu.

Source: Presse australienne.

La Marche de l’Empereur : le très beau documentaire de Luc Jacquet pourrait bien devenir le témoignage d’une époque révolue…

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New research published in the journal Nature Communications: Earth & Environment shows that the world’s largest penguin species declined 22% in the 15 years that scientists monitored 16 colonies in Antarctica.

Emperor penguin populations in Antarctica have shrunk by almost a quarter as global warming transforms their icy habitat. The study warns that the losses are far worse than previously imagined.

Scientists used satellites to assess 16 colonies in the Antarctic Peninsula, Weddell Sea and Bellingshausen Sea, representing nearly a third of the global emperor penguin population. What they found was probably about 50% worse than even the most pessimistic estimate of current populations using computer modeling. Researchers know that global warming is driving the losses but the speed of the decline is a particular cause for alarm.

The study explains that numbers declined 22% in the 15 years to 2024 for the colonies monitored. This compares with an earlier estimate of a 9.5% reduction across Antarctica as a whole between 2009 and 2018.

Rising temperatures are thinning and destabilizing the ice under the penguins’ feet in their breeding grounds. In recent years, some colonies have lost all their chicks because the ice has given way beneath them, plunging hatchlings into the sea before they were old enough to cope with the freezing ocean.

The new research suggests penguin numbers have been declining since the monitoring began in 2009. That is even before global warming was having a major impact on the sea ice, which forms over open water adjacent to land in the region. However, the culprit is still likely to be global warming, with other challenges for the penguins, such as higher rainfall or increasing encroachment from predators.

One of the authors of the study said that emperor penguins are probably the most clear-cut example of where global warming is really showing its effect. There’s no fishing. There’s no habitat destruction. There’s no pollution which is causing their populations to decline. It’s just the temperatures in the ice on which they breed and live, and these are obvious signs of global warming.

Emperor penguins number about a 250,000 breeding pairs, all in Antarctica, according to a 2020 study. A baby emperor penguin emerges from an egg kept warm in winter by a male, while the female in a breeding pair embarks on a two-month fishing expedition. When she returns to the colony, she feeds the hatchling by regurgitating and then both parents take turns to forage.To survive on their own, chicks must develop waterproof feathers, a process that typically starts in mid-December. The new research uses high resolution satellite imagery during the months of October and November, before the region is plunged into winter darkness.

Future research could use other types of satellite monitoring, like radar or thermal imaging, to capture populations in the darker months, as well as expand to the other colonies. It is necessary to look at the rest of the population to see if this worrying result transfers around the continent, although the colonies studied were considered representative. Scientists say there is hope that the penguins may go further south to colder regions in the future, but it is not clear how long they are going to last out there.

Computer models have projected that the species will be near extinction by the end of the century if humans do not reduce greenhouse gas emissions.

Source : Le Monde through AFP.

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A catastrophic breeding failure unfolded in 2025 after a massive iceberg blocked access to the largest known emperor penguin colony of its kind.

Coulman Island, located in Antarctica’s Ross Sea, hosts one of the world’s most significant emperor penguin colonies. An iceberg more than 13 km long broke off from the Nansen Ice Shelf in early spring 2025 and slowly drifted north. By late July, it had wedged itself directly in the path adult penguins rely on to travel from open water to their breeding grounds.

The timing couldn’t have been worse. By June, female emperor penguins had laid their eggs and gone to sea to hunt, leaving the males to tend the nests through the harsh Antarctic winter. When the mothers tried to return weeks later, the iceberg blocked the path and roughly 70% of the chicks didn’t survive.

Source: Australian news media.

Hawaï : Ōhi‘a lehua toujours menacé // Hawaii : Ōhi‘a lehua still under threat

Dans deux notes publiées en novembre 2015 et mai 2017, j’ai alerté sur une maladie qui menace de tuer les ohi’a lehua à Hawaï. L’Ōhi’a lehua (Metrosideros polymorpha) est l’un des arbres les plus répandus et les plus populaires à Hawaï et le premier arbre indigène à coloniser la lave récemment émise par les volcans. C’est un arbre qui possède une très forte signification culturelle ; il symbolise la force, la beauté et la sainteté. Il est considéré comme la manifestation physique de Kū, l’une des quatre principales divinités hawaïennes. Les fleurs de lehua rouges, orange et jaunes sont un symbole de Pele, la déesse du feu et des volcans. L’‘ōhi‘a est intimement lié à l’art du hula; ses fleurs et son feuillage ornent fréquemment les danseurs.

Aujourd’hui, la maladie qui tuait les arbres il y a dix ans est toujours présente et les scientifiques nous expliquentt qu’« elle pourrait détruire la plupart des forêts d’‘ohi‘a de la Grande Île d’ici 20 ans. » Lors de la découverte de cette maladie mystérieuse, on s’est rendu compte qu’elle étai causée par un champignon, le Ceratocystis fimbriata. Elle provoque le brunissement rapide des feuilles d’une seule branche ou de toute la couronne de l’arbre, entraînant souvent sa mort en quelques semaines. Cette maladie pourrait modifier l’évolution du paysage volcanique et des écosystèmes forestiers d’Hawaï, mettant en danger les oiseaux, les invertébrés et les communautés végétales sur les îles.

Les chercheurs sont désormais engagés dans une course contre la montre. Ils estiment que la plupart des vastes forêts d’ohi’a de l’île d’Hawaï pourraient disparaître d’ici 20 ans si la maladie n’est pas enrayée. C’est pourquoi des équipes de scientifiques tentent de mieux comprendre le fonctionnement de cette maladie fongique afin d’aider les agents du Forest Service et le gouvernement fédéral à mieux protéger les forêts vulnérables. Des avancées prometteuses ont récemment été réalisées. Ces mesures comprennent un nouveau répulsif contre les coléoptères. Il est censé éloigner les minuscules insectes qui contribuent à infecter les arbres avec le virus. Une subvention d’un million de dollars a également été accordée pour étudier si la chimie rend certains arbres plus résistants que d’autres. En janvier 2024, un groupe de travail multi-agences a publié un plan quinquennal de lutte contre la maladie. La mise en œuvre de ce plan pourrait nécessiter jusqu’à 8 millions de dollars par an, soit environ le double du montant prévu dans les plans précédents.
Les scientifiques expliquent que le réchauffement climatique accélère la disparition des ohi‘a. Avec la hausse des températures, les plantes et les mauvaises herbes envahissantes à croissance rapide étouffent les jeunes ohi‘a et d’autres espèces végétales indigènes sur le sol forestier. Les périodes de sécheresse prolongée liées au réchauffement climatique stressent davantage les o‘hi‘a, et les tempêtes plus fréquentes les laissent avec des branches cassées et l’écorce exposée. Ces facteurs les rendent plus vulnérables à la maladie.

L’ʻohiʻa est ce que les chercheurs appellent un arbre « clé de voûte » pour Hawaï, car il permet l’existence de nombreuses plantes indigènes, insectes, oiseaux et l’écologie globale. L’ʻohiʻa joue également un rôle essentiel dans la cosmologie et les croyances hawaïennes traditionnelles. Il est étroitement lié à Pele, la déesse hawaïenne du feu et des volcans, et à Ku, le dieu hawaïen de l’énergie primordiale et de la guerre. Dans un haʻi moʻolelo (légende), Pele, la déesse du feu, rencontre un jeune guerrier nommé ʻŌhiʻa et lui demande de vivre avec elle. Cependant, ʻŌhiʻa a déjà promis son amour à une femme nommée Lehua. Folle de jalousie, Pele provoque une éruption de l’Halemaʻumaʻu et décide de tuer ʻŌhiʻa et Lehua. Détruisant tout sur son passage, Pele finit par trouver les deux amants blottis l’un contre l’autre dans une cachette. Elle les encercle avec des coulées de lave, mais avant qu’ils soient dévorés par le feu, l’ʻaumakua (ancêtre déifié) de Lehua transforme ʻŌhiʻa en arbre, et Lehua en fleur, afin que les deux amoureux soient ensemble pour toujours. On dit encore aujourd’hui que cueillir une fleur de lehua ʻōhiʻa sépare les amoureux et qu’il pleuvra, la pluie symbolisant leurs pleurs.

Les danseurs de hula cueillaient souvent les fleurs et les feuilles de lehua ʻōhiʻa pour confectionner des lei (couronnes) et faire des offrandes à Laka, la déesse hawaïenne du hula. Des recherches ont montré que les champignons ne sont pas présents dans les feuilles, les graines ou les fleurs de ʻōhiʻa ; cependant, la cueillette est susceptible de créer des blessures microscopiques, susceptibles de provoquer une infection. Depuis 2016, le Merrie Monarch Festival , le plus grand concours de hula au monde, encourage l’utilisation d’autres plantes pour confectionner les lei afin de limiter la cueillette dans les forêts, où les ʻōhiʻa sont les plus vulnérables.

La maladie de la mort rapide de l’ʻohi‘a – Rapid ‘Ōhi‘a Death (ROD) – a été détectée dans certaines zones forestières de Kauai, Oahu et Maui, mais elle n’a pas encore explosé sur ces îles comme elle l’a fait sur la Grande Île. Selon le Service des forêts, au cours de la dernière décennie, la maladie a tué entre 1 et 2 millions d’arbres à Hawaï.
Les chercheurs tentent de comprendre ce qui rend certains arbres plus résistants que d’autres. Un projet de recherche se concentre sur les glucides, éléments constitutifs des défenses chimiques des plantes. Ils examinent si les arbres génétiquement capables de stocker davantage de glucides peuvent mieux résister à la maladie. Ce projet de trois ans vient s’ajouter à une autre étude visant à collecter des boutures et des graines d’ʻohi‘a sur le terrain, puis à les utiliser pour faire pousser de nouveaux arbres en pépinière afin de déterminer lesquels sont génétiquement les plus résistants au champignon.
Tout le monde s’accorde également à dire que l’installation de clôtures dans les forêts d’ʻohi‘a de la Grande Île permettrait d’éradiquer presque entièrement la maladie. Ces barrières empêcheraient l’entrée des porcs sauvages, des chèvres et autres ongulés susceptibles de propager les spores du champignon d’arbre en arbre. Cependant, l’installation et l’entretien de clôtures sur la très vaste étendue de forêts sont tout à fait impossibles et trop coûteux. Le Park Service dispose d’environ 270 km de clôtures dans le Parc national des Volcans sur Big Island pour empêcher l’entrée de ces ongulés. L’entretien et l’inspection de ces clôtures représentent un travail colossal. Des caméras ont été installées dans les forêts pour surveiller le comportement des animaux.
En 2025, la maladie continue de se propager et de plus en plus d’ʻohiʻa meurent. Une fois de plus, les restrictions budgétaires imposées par l’administration Trump ne contribueront pas à résoudre le problème. Il n’existe actuellement aucun remède contre la mort rapide de lʻŌhiʻa ; cependant, la sensibilisation à la maladie a progressé à Hawaï. Des efforts sont déployés pour enrayer la propagation dans de nouvelles régions, mais chacun doit contribuer. Si les Hawaïens ne parviennent pas à collaborer, la mort rapide d’ʻŌhiʻa pourrait potentiellement anéantir toutes les forêts d’ʻōhiʻa restantes, et des aspects importants de la culture hawaïenne pourraient être perdus à jamais.

Photos: C. Grandpey

Source : Médias d’information hawaïens.

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In two posts released in November 2015 and May 2017, I alerted to a disease that was threatening to kill ohi’a lehua trees in Hawaii. Ōhi‘a lehua (Metrosideros polymorpha)is one of the most common and popular trees in Hawaii and the first native tree to colonize young lava. It is a tree with immense cultural significance, symbolizing strength, beauty, and sanctity. It is considered the physical manifestation of Kū, one of the four principal Hawaiian deities. The red, orange, and yellow lehua blossoms are a symbol of Pele, the goddess of fire and volcanoes. The ‘ōhi‘a is entwined with the art of hula, with its flowers and foliage frequently adorning the dancers.

Today, we learn that the disease that was killing the trees ten years ago is still present and scientusts warn that « it could kill most of the Big Island’s ‘ohi‘a forests within 20 years. »

It was ten years ago, that the mysterious new disease was found sweeping through Hawaii’s native ‘ohi‘a forests. It was caused by a fungus, Ceratocystis fimbriata. Known as ‘ōhi‘a wilt, or Rapid ‘Ōhi‘a Death (ROD), it causes the rapid browning of the leaves on a single limb or in the entire tree crown and the tree often dies within weeks. This has the potential to change the evolution of the volcanic landscape and forest ecosystems in Hawaii, putting Hawaiian birds, invertebrates, and plant communities at risk.

Now, researchers are in a race against time. They say most of the vast ‘ohi‘a forests on Hawaii island might be gone in the next 20 years if the disease is not stopped. This is why teams of scientists are trying to better understand how the fungal disease works to help state and federal land managers better protect the vulnerable forests. Recently, some promising developments have occurred. They include a novel beetle repellent to keep away the tiny bugs that help infect the ‘ohi‘a trees with the virus, and a $1 million grant to study whether the chemistry makes some trees more resistant than others. However, more money will be needed. In January 2024, a multi-agency working group released a five-year plan to fight the disease. State land officials say carrying the plan out could require as much as $8 million per year, about double the amount called for in earlier plans.

Scientists explain that global warming is hastening the ‘ohi‘a die-off. Warming conditions lead fast-growing invasive plants and weeds to choke out young ʻohiʻa trees and other native plant species on the forest floor. Extended drought linked to global warming further stresses the o‘hi‘a trees, and more frequent storms leave them with broken branches with exposed bark. Those factors make them more vulnerable to the disease.

The ʻohiʻa is what researchers call a “keystone” tree for Hawaii, supporting scores of native plants, insects, birds and the overall ecology. The ʻohiʻa also plays an integral role in traditional Hawaiian cosmology and belief. It is closely linked to Pele, the Hawaiian goddess of fire and volcanoes and Ku, the Hawaiian god of primal energy and war.

In haʻi moʻolelo (storytelling) Pele, the goddess of fire, met a young warrior named ʻŌhiʻa and asked him to be with her. However, ʻŌhiʻa had already pledged his love to a woman named Lehua. Enraged with jealousy, Halemaʻumaʻu erupted and Pele decided to kill ʻŌhiʻa and Lehua. Destroying everything in her path, Pele finally found the two lovers huddled together in hiding. Pele surrounded them with lava, but before she could devour them in fire, Lehua’s ʻaumakua (deified ancestor) turned ʻŌhiʻa into a tree, and Lehua into a flower on the tree so that the two lovers would be together forever. It is said that if you pick the ʻōhiʻa lehua flower, you are separating the lovers and it will rain, which is symbolic of the lovers crying.

Hula dancers would often collect its flowers and leaves to craft lei and make offerings to Laka, the Hawaiian goddess of hula. Research has shown that the fungi are not present in ʻōhiʻa leaves, seeds, or blossoms; however, the act of picking could create microscopic wounds, which would lead to infection. Since 2016, the Merrie Monarch Hula Competition, the largest hula competition in the world, has encouraged the use of other lei plants to limit gathering in the forests, where ʻōhiʻa are most vulnerable.

Rapid ‘Ōhi‘a Death (ROD) has been found in some forest pockets of Kauai, Oahu and Maui but has yet to explode across those islands as it has on the Big Island. In the past decade, the disease has killed between 1 and 2 million trees in Hawaii, according to the U.S. Forest Service.

Researchers are trying to figure out what makes some trees more resilient than others.A research project focuses on carbohydrates as the building blocks of the chemical defenses in the plants. They will examine whether trees genetically capable of storing more carbohydrates can better fend off the disease when it strikes. The three-year project complements a separate effort to collect ʻohi‘a cuttings and seeds from the forest, then use them to grow new trees in a nursery to determine which are genetically the most resistant to the fungus.

Everybody also agrees that installing fences across the Big Island’s ‘ohi‘a forests would almost entirely stamp out Rapid ʻOhi‘a Death. The barriers would keep out the pigs, goats and other invasive hoofed animals that can spread the fungus spores from tree to tree. But installing fences across the huge area of forests and maintaining them simply isn’t feasible and too expensive. The park service has about 270 km of fencing across the Big Island’s Volcanoes National Park to keep out those hoofed animals. Maintaining and inspecting the fences is a huge job. Cameras have been installed in the forests to spy on the animals.

In 2025, the disease is still spreading and more ʻohiʻa trees are dying. Once again, budget cus imposed by the Trump administration will not help solve the problem. There is currently no cure for Rapid ʻŌhiʻa Death; however, awareness on the disease has progressed throughout Hawaiʻi. Efforts are being focused on stopping the spread into new regions, but everyone needs to do their part. If Hawaiians fail to work together, Rapid ʻŌhiʻa Death could potentially wipe out all the remaining ʻōhiʻa forests, and important aspects of Hawaiian cultural could be lost forever.

Source : Hawaiian news media.

L’iceberg A23a n’entrera pas en collision avec la Géorgie du Sud // Iceberg A23a will not collide with South Georgia

Cela aurait pu être une catastrophe pour la biodiversité en Antarctique, mais ce n’en sera pas une. L’A23a, le plus gros iceberg au monde avec ses mille milliards de tonnes de glace menaçait de s’immobiliser contre la Géorgie du Sud, une île britannique située entre l’Antarctique et l’Amérique du Sud, avec un risque certain pour la faune locale. Il s’est finalement échoué, à près de 70 kilomètres des côtes. après avoir dérivé pendant cinq ans, et il finira par se briser en plusieurs morceaux qui continueront de dériver librement dans l’océan Austral.

J’avais attiré l’attention sur la menace que représentait l’A23a dans plusieurs notes sur ce blog le 17 août et le 15 décembre 2024, ainsi que le 25 janvier 2025. Il n’entrera donc pas en collision avec la Géorgie du Sud pour le bonheur des manchots et des otaries. Si la masse de glace était venue s’amarrer contre l’île, cela aurait compliqué considérablement la vie des oiseaux qui auraient vu s’allonger considérablement la distance entre la zone de nidification et la zone d’alimentation. Des milliers de poussins auraient forcément péri.

Les scientifiques, qui s’inquiétaient pour la faune et la flore de cette île isolée, sont donc soulagés. Plutôt hostile aux humains, la Géorgie du Sud est une réserve de biodiversité inestimable.

Source : British Antarctic Survey.

Image satellite de l’A23a en 2024 (Source : NASA / Modis

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It could have been a disaster for biodiversity in Antarctica, but it will not be. A23a, the largest iceberg in the world with its trillion tons of ice, threatened to come to rest against South Georgia, a British island located between Antarctica and South America, with a certain risk for the local fauna. It finally ran aground, nearly 70 kilometers from the coast. after drifting for five years, and it will eventually break into several pieces that will continue to drift freely in the Southern Ocean.
I had drawn attention to the threat posed by A23a in several posts on this blog on August 17 and December 15, 2024, as well as on January 25, 2025. It will therefore not collide with South Georgia, to the delight of the penguins and sea lions. If the ice mass had come to moor against the island, it would have considerably complicated the life of the birds that would have seen the distance between the nesting area and the feeding area considerably lengthened. Thousands of chicks would have inevitably perished.
The scientists, who were worried about the fauna and flora of this isolated island, are therefore relieved. Rather hostile to humans, South Georgia is a reserve of invaluable biodiversity.
Source: British Antarctic Survey.

L’eau sous la menace du réchauffement climatique // Water under the threat of global warming

Au cours de ma conférence « Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique », j’explique que la fonte des glaciers de l’Himalaya risque de devenir un énorme problème, car l’Himalaya est le château d’eau de l’Asie. Le dernier rapport du GWM – Global Water Monitor – un groupe de scientifiques et de chercheurs dont la mission est de garder un œil sur l’eau de notre planète confirme ma mise en garde. Le rapport rappelle que notre planète est en surchauffe, ce qui « fait des ravages » sur le cycle de l’eau, et les perspectives pour 2025 ne sont pas bonnes.
Le GWM est un réseau d’organisations et d’experts individuels qui « collaborent dans le but d’offrir des données gratuites, rapides et à l’échelle mondiale sur le climat et les ressources en eau. » Le GWM analyse les informations liées à l’eau fournies par les satellites et les stations terrestres. Ces informations concernent les régimes de précipitations, les conditions atmosphériques, les niveaux d’humidité du sol, le débit des rivières et les volumes des plans d’eau.

Le dernier rapport du GWM présente des perspectives sombres pour 2025. Il met en garde contre le risque de nouvelles sécheresses susceptibles de se développer ou de s’intensifier dans le nord de l’Amérique du Sud, en Afrique australe, en Afrique du Nord, en Asie centrale, dans certaines parties de l’Amérique du Nord et en Australie occidentale. Le rapport ne contient pas seulement des projections pour cette année ; il résume également les problèmes qui ont affecté les ressources en eau en 2024.
Comme je l’ai indiqué précédemment, en 2024, la Terre a connu son année la plus chaude jamais enregistrée et les systèmes hydriques du monde entier en ont fait les frais, ce qui a perturbé le cycle de l’eau. De fortes pluies ont également provoqué des crues soudaines à grande échelle en Afghanistan et au Pakistan, tuant plus de 1 000 personnes. Les incendies provoqués par le temps chaud et sec ont brûlé plus de 52 000 kilomètres carrés au cours du seul mois de septembre, en libérant de grandes quantités de gaz à effet de serre.
Le rapport du GWM a constaté une tendance inquiétante concernant les mois de sécheresse record. En effet, ils ont été 38 % plus fréquents par rapport à la moyenne de référence de 1995-2005. À l’autre extrémité du spectre, les précipitations extrêmes en 2024 ont été 52 % plus fréquentes. En particulier, l’Afrique de l’Ouest, l’Europe et l’Asie ont connu des précipitations quotidiennes record. En 2024, les catastrophes liées à l’eau ont causé plus de 8 700 décès, déplacé 40 millions de personnes et entraîné des pertes économiques dépassant 550 milliards de dollars à l’échelle mondiale. Il faut noter que les chiffres réels sont probablement plus élevés en raison de données incomplètes et d’événements non répertoriés.
Le bilan le plus lourd en termes de tragédie humaine est venu des événements les plus dévastateurs qui se sont produits en Afrique, en Asie du Sud et en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Les inondations et la sécheresse ont déplacé plus de 30 millions de personnes en Afrique australe et dans la région du Sahel. Ces événements ont exacerbé l’insécurité alimentaire, créant des pénuries alimentaires pour plus de 30 millions de personnes.
Le rapport du GWM fait également état de plus de 520 milliards de dollars de dommages économiques à l’échelle mondiale causés par les cyclones tropicaux, et de dommages écologiques causés par les sécheresses et les incendies liés à la déforestation dans la forêt amazonienne. Dans sa conclusion, le rapport du GWM indique que « nous devons nous préparer et nous adapter à des événements extrêmes inévitablement plus graves. Cela peut signifier des protections plus efficaces contre les inondations, le développement d’une production alimentaire et d’un approvisionnement en eau plus résistants à la sécheresse, et de meilleurs systèmes d’alerte précoce. L’eau est notre ressource la plus essentielle, et ses extrêmes comptent parmi les plus grandes menaces auxquelles nous sommes confrontés. »
Source : Global Water Monitor (GWM).

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During my conference « Glaciers at risk, the consequences of global warming », I explain that the melting of the glaciers in the Himalayas is likely to become a problem as the Himalayas are the water tower of Asia. The latest report from a large group of scientists and researchers whose mission is to keep an eye on Earth’s water agrees with may warning and says that our overheating planet is « wreaking havoc » on our planet’s water cycle and that the outlook for 2025 is grim.

The Global Water Monitor (GWM) is a network of organizations and individual experts who collaborate with the goal of offering free, rapid, and global climate and water resource data. The GWM is analyzing water-related measurements from satellites and ground stations that help deliver timely insights into rainfall patterns, atmospheric conditions, soil moisture levels, river discharge, and water body volumes.

The GWM’s latest report includes a dire outlook for 2025, warning of the potential for new droughts to develop or intensify in northern South America, southern Africa, northern Africa, Central Asia, parts of North America, and Western Australia. The report not only has projections for this year, but it also summarizes the problems that affected water resources in 2024.

In 2024, Earth experienced its hottest year on record and water systems across the globe bore the brunt, wreaking havoc on the water cycle. Heavy rainfall events also caused widespread flash flooding in Afghanistan and Pakistan, killing more than 1,000 people. Wildfires driven by the hot and dry weather burned through more than 52,000 square kilometers in September alone, releasing vast amounts of greenhouse gases.

The GWM report found a troubling trend that favors more extremely dry months. Indeed, record dry months were 38% more common compared to the 1995-2005 baseline average for global precipitation over land. On the other end of the spectrum, extreme precipitation events in 2024 were 52% more common, with West Africa, Europe, and Asia experiencing record-breaking daily rainfall events. In 2024, water-related disasters caused more than 8,700 fatalities, displaced 40 million people, and resulted in economic losses exceeding 550 billion dollars globally, with true figures likely higher due to incomplete data and events not listed.

The biggest toll in terms of human tragedy came from the most damaging events that occurred in Africa, South Asia, and Papua New Guinea. Floods and drought displaced over 30 million in Southern Africa and the Sahel region. These events exacerbated food insecurity, creating food shortages for over 30 million people.

The GWM report also notes over 520 billion dollars in economic damage globally from tropical cyclones and ecological damage from droughts and deforestation-related fires in the Amazon rainforest.

In its conclusion, the GWM report says that « we need to prepare and adapt to inevitably more severe extreme events. That can mean stronger flood defences, developing more drought-resilient food production and water supplies, and better early warning systems. Water is our most critical resource, and its extremes are among the greatest threats we face. »

Source : Global Water Monitor (GWM).