Essaim sismique sur le Mont St Helens mais pas de risque d’éruption // Seismic swarm on Mt St Helens but no risk of an eruption

drapeau-francaisUn essaim sismique enregistré récemment sur le Mont St Helens a donné naissance à un grand nombre d’articles et de reportages dans la presse des Etats-Unis. Certains médias sont allés jusqu’à affirmer qu’une éruption du Mont St Helens pourrait être en préparation. En fait, la situation est loin d’être alarmante et l’USGS a rassuré tout le monde.
Voici les faits: Un essaim sismique incluant plus de 130 petits événements a été enregistré sous le mont St. Helens au cours des huit dernières semaines. La sismicité est en hausse régulière depuis le mois de mars, avec un maximum de près de 40 événements par semaine. Ils ne sont toutefois pas considérés comme dangereux et ne signifient pas le volcan est sur le point d’entrer en éruption. Les responsables de l’USGS précisent que les hypocentres des secousses ont été localisés à une profondeur de 1,5 à 6,4 kilomètres et elles sont trop faibles pour être ressenties à la surface. La plupart ont des magnitudes de M 0,5 ou moins; la plus forte secousse était de M 1,3. De nombreux autres petits séismes ont été détectés, mais ils étaient si faibles qu’ils n’ont pas pu être localisés avec précision. Les scientifiques indiquent que la répartition des séismes sur le Mt St Helens est la même qu’en 2013 et 2014. Selon l’USGS, la chambre magmatique exerce probablement une pression sur la croûte autour et au-dessus tandis que le système se recharge lentement. Bien que les séismes soient actuellement nombreux, les essaims observés dans les années 1990 étaient beaucoup plus significatifs et indiquaient une libération d’énergie beaucoup plus importante.

Une mise au point de l’ USGS indique qu’« aucune émission anormale de gaz, aucun gonflement du sol et aucune sismicité superficielle n’ont été détectés en même temps que l’essaim, et il n’y a aucun signe d’une éruption imminente. La recharge de la chambre magmatique peut se poursuivre pendant de nombreuses années sous un volcan sans qu’une éruption se produise. »
Source: Presse nord-américaine..

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drapeau-anglaisA recent seismic swarm on Mt St Helens triggered a lot of articles and reports in the U.S. news media. Some of them went as far as saying that an eruption at Mt St Helens might be in the brewing. Actually, the situation is by no means alarming and USGS has reassured everybody.

Here are the facts: A seismic swarm of more than 130 small events has been detected beneath Mount St. Helens over the past eight weeks. Earthquake rates have been steadily increasing since March, reaching nearly 40 per week, but are not considered dangerous and do not mean the volcano is about to erupt again. USGS officials say the quakes are occuring at a depth of 1.5 to 6.4 kilometres and are too small to be felt at the surface. Most have magnitudes of M 0.5 or less; the largest was M 1.3. Many smaller quakes have been detected but are so weak their locations cannot be pinpointed. Scientists say the pattern is similar to swarms seen at Mount St. Helens in 2013 and 2014. According to USGS, the magma chamber is likely imparting its own stresses on the crust around and above it, as the system slowly recharges. Although the quakes are currently numerous, swarms in the 1990s had much higher earthquake rates and energy release.

A USGS statement indicates that “no anomalous gases, increases in ground inflation or shallow seismicity have been detected with this swarm, and there are no signs of an imminent eruption. Recharge can continue for many years beneath a volcano without an eruption.”

Source: North American news media.

St Helens 2015

Cratère du Mt St Helens en juin 2015 (Photo: C. Grandpey)

La sismicité à Hawaii // Seismicity in Hawaii

drapeau-francaisSi vous allez à Hawaii, ne soyez pas surpris de sentir parfois la terre trembler. Chaque année, les habitants de la Grande Ile ressentent des dizaines de petits séismes qui font partie de leur vie quotidienne. Cependant, trois événements plus significatifs ont récemment été enregistrés sur l’archipel hawaiien, rappelant aux habitants des autres îles que, eux aussi, vivent avec le risque sismique.
Ainsi, le 28 mars dernier, un séisme de M 3.6 a secoué l’isthme reliant l’ouest et de l’est de Maui. Quatre jours plus tard, un événement de M 4.2, centré à environ 88 km à l’est de Hana, sur Maui, a été ressenti à travers tout l’État d’Hawaii. Trois jours plus tard, dans la matinée du 5 avril, une secousse de M 2.8, centrée à environ 5 km au large de Diamond Head, a fait vibrer des quartiers de Honolulu. Bien que ces trois événements aient présenté une faible magnitude, ils ont été suffisamment forts pour être ressentis par la population.
En règle générale, la localisation d’un séisme fournit les premiers indices quant à sa source. Les récentes secousses enregistrées à Maui et Oahu étaient toutes situées à des profondeurs comprises entre 18 et 36 km. A de telles profondeurs, et loin des centres d’activité volcanique comme le Kilauea ou le Mauna Loa sur l’île d’Hawaii, ce sont en général les mouvements de la lithosphère sous le poids des îles qui génèrent des forces se traduisant de temps à autre par des tremblements de terre. Les contraintes subies par la lithosphère recouvrent les temps géologiques, avec des séismes qui se produisent beaucoup moins fréquemment que ceux directement liés au volcanisme actif hawaiien. Les processus volcaniques, qui peuvent rapidement modifier les conditions au sein des volcans actifs, génèrent des milliers de séismes enregistrés chaque année par le HVO.
Lorsque des séismes relativement inhabituels se produisent à une semaine d’intervalle, on peut raisonnablement se demander s’il existe un lien entre eux. Cependant, nous manquons d’informations suffisamment détaillées et nous connaissons mal les conditions en profondeur sous l’archipel hawaiien pour savoir si un petit séisme sur une île peut en provoquer un autre sur une autre île.

L’historique sismique de la région et notre expérience des tremblements de terre sont  essentiels, en particulier lorsque des séismes se produisent dans des secteurs relativement inactifs comme Maui et Honolulu. D’une manière générale, les zones où se sont produits de puissants séismes dans le passé sont susceptibles de connaître de semblables événements dans l’avenir. Par exemple, en janvier 1938, un séisme de M 6,9 a eu lieu au NE de Maui. Parmi ses effets les plus significatifs sur l’île, on relève la fissuration d’un château d’eau et la rupture de canalisations. Des bâtiments ont été également endommagés à Maui, ainsi que sur les îles d’Oahu, de Kauai et Hawaii. Il est impossible de dire si le séisme de M 4.2 enregistré le 31 mars 2016, a été causé par la même faille qu’en 1938, mais on sait qu’un séisme de M 6,9 près de Maui entraînerait aujourd’hui beaucoup plus de pertes qu’autrefois.
Prédire avec précision l’emplacement, le jour, et l’amplitude d’un séisme reste impossible. Toutefois, les secousses mineures nous rappellent que des séismes destructeurs font partie de l’histoire d’Hawaii. Les autorités et la population devront donc être prêtes à réagir rapidement et efficacement en tout point de l’État le jour où un puissant séisme se produira.
Source: HVO.

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drapeau-anglaisIf you go and visit Hawaii, don’t be surprised if you feel the earth tremble. Each year, Big Island inhabitants feel dozens of small earthquakes which are part of their way of life. But three small earthquakes recently struck the whole State of Hawaii, reminding the residents that they, too, live with earthquakes.

On March 28th, an M 3.6 quake struck beneath the isthmus connecting West and East Maui. Four days later, an M 4.2 event, centered roughly 88 km east of Hana, Maui, was felt across the State. Three days later, on the morning of April 5th, an M 2.8 earthquake, centered about 5 km off Diamond Head, shook parts of Honolulu. While all three were considered small earthquakes, they were large enough to be felt by people.

Typically, an earthquake’s location provides the first clues as to its cause. The recent Maui and Oahu earthquakes were all located at depths between about 18 and 36 km. At such depths, and away from centers of volcanic activity, such as Kilauea or Mauna Loa on Hawai‘i Island, the flexing, or bending, of the Earth’s lithosphere due to the weight of the islands produces forces that result in occasional earthquakes. Lithospheric flexure occurs over geologic time, with associated earthquakes occurring much less frequently, compared to earthquakes more directly linked to active Hawaiian volcanism. Volcanic processes, which can rapidly change conditions within active volcanoes, generate many thousands of earthquakes recorded by HVO each year.

When relatively infrequent earthquakes occur within a week of one another, it’s reasonable to wonder whether they might be closely linked. However, we lack sufficiently detailed information and understanding of conditions at these depths beneath Hawaii to explain why one small earthquake would lead to another, islands apart.

Awareness of relevant earthquake history and experiences is essential, especially when earthquakes occur and are felt in relatively inactive regions like Maui and Honolulu. In general terms, areas where large earthquakes have occurred in the past are expected to continue to experience large earthquakes in the future. For instance, in January 1938, an M 6.9 earthquake occurred northeast of Maui. Among its extreme effects on Maui, there were cracked water catchment and broken water pipelines. Buildings were also damaged on Maui, as well as on Oahu, Kauai, and Hawaii. It’s not possible to say if the M 4.2 earthquake on March 31st, 2016, ruptured the same fault as in 1938, but an M 6.9 earthquake near Maui today would result in far greater losses now than then.

Predicting the precise location, time, and magnitude of a future earthquake is still not possible. Small earthquakes, however, remind us that damaging earthquakes are part of Hawaii’s history, and we must understand how to prepare and respond effectively across the entire State when a large earthquake strikes.

Source: HVO.

Hawaii earthquakes

Sur cette carte, les points rouges indiquent les 3 séismes enregistrés fin mars-début avril 2016, tandis que les points bleus montrent les séismes mineurs observés sur la Grande Ile entre le 28 mars et le 14 avril 2016 (Source: USGS / HVO)

Ruapehu (Nouvelle Zélande)

drapeau francaisUn essaim sismique d’origine volcanique est enregistré sous le lac de cratère du Ruapehu depuis le 26 avril 2016. Cela fait plusieurs années que de tels essaims n’ont pas été observés sur le volcan. Dans le même temps, la température du lac sommital est en hausse depuis la fin 2015 et, depuis la mi-avril 2016, la température de l’eau est passée de 25 à 40°C. Ce n’est pas la première fois qu’une telle hausse se produit. La température avait déjà augmenté de manière analogue en mars 2011, avril 2014 et février 2015.
Aucune modification significative n’a été observée dans les gaz volcaniques, la chimie de l’eau du lac et aucun débordement n’a eu lieu.
Les derniers événements ne justifient donc pas une modification du niveau d’alerte du Ruapehu qui reste à 1 tandis que la couleur de,l’alerte aérienne est maintenue au Vert.
Pour terminer, il faut insister sur le fait que l’évolution de la situation sur le Ruapehu n’a aucun lien avec la petite activité éruptive observée le 27 avril dernier à White Island.
La denière éruption du Ruapehu a eu lieu le 25 septembre 2007.
Source: GeoNet.

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drapeau-anglaisA volcanic earthquake swarm has been recorded beneath the Crater Lake of Mount Ruapehu since April 26th, 2016. Swarms of volcanic earthquakes like these have been uncommon on Ruapehu in recent years. Besides, the temperature of the Crater Lake has been rising since late 2015 and since mid-April 2016 the temperature has risen from 25 to 40 °C. Similar temperatures and rate of temperature increase were observed in March 2011, April 2014 and February 2015.

No other changes in other parameters like volcanic gas, lake chemistry or lake overflow have been observed.
The last changes changes at Ruapehu are not considered sufficient to change the Volcanic Alert Level. They are not related to the volcanic eruption that occurred at White Island on Wednesday, April 27th. Mount Ruapehu remains at Volcanic Alert Level 1 and the Aviation Color Code is Green.

The most recent eruption occured on September 25th, 2007

Source: GeoNet.

Ruapehu lac

Lac de cratère du Ruapehu (Photo: C. Grandpey)

Le Mont Paektu (Corée du Nord / Chine) // Mount Paektu (North Korea / China)

drapeau-francaisDans des notes rédigées en 2011 et 2014, j’ai écrit que la Corée du Nord avait proposé de mener des recherches avec la Corée du Sud sur l’activité volcanique du Mont Paektu (également appelé Baekdu, ou Baitu shan en chinois), considéré comme sacré par la Corée du Nord. Le Mont Paektu, qui se trouve sur la frontière avec la Chine, a connu sa dernière éruption en 1903. Avant cela, un événement majeur a eu lieu en 946 après JC. Les cendres volcaniques avaient alors atteint le Japon. Surnommé « Eruption du Millénaire », l’événement est en général classé au niveau 7 sur l’indice d’explosivité volcanique (VEI). L’éruption a modifié le paysage de façon spectaculaire, laissant derrière elle un cratère de près de 5 kilomètres de diamètre dans lequel on peut aujourd’hui admirer le Lac du Paradis. Le volcan reste actif et la région enregistre régulièrement une activité sismique.
Le Mont Paektu a récemment montré des signes d’agitation qui inquiètent les autorités nord-coréennes. Comme les scientifiques coréens ne savent que peu de choses sur le volcan, leurs homologues occidentaux ont obtenu une autorisation exceptionnelle d’accès au Mt Paektu pour déterminer si – ou quand – il pourrait se réveiller. C’est ainsi qu’en 2011 les scientifiques américains Hammond et Clive Oppenheimer ont été invités par le gouvernement de Pyongyang à travailler sur le Mt Paektu avec des scientifiques locaux suite à une série de petits séismes qui avaient fait craindre une prochaine éruption. Toutefois, l’équipe n’a pas pu se rendre de nouveau sur le volcan avant 2013 en raison des sanctions internationales et les difficultés d’obtention des autorisations pour l’importation de matériel.
De nouveaux signes récents d’activité du Mt Paektu ont fait venir – de nouveau à titre exceptionnel – une équipe scientifique internationale. Des chercheurs occidentaux, chinois, et nord-coréens ont déployé pour la première fois six sismomètres sur le versant nord-coréen du volcan afin mieux comprendre son comportement.

Il s’avère que la roche à l’intérieur du Mt Paektu n’est pas solide dans sa totalité. Il existe une zone importante de fusion partielle dans la croûte directement en dessous du volcan. Toutefois, cela ne signifie pas forcément que le volcan va connaître une éruption à court terme. Les chercheurs s’efforcent de déterminer le volume de magma stocké sous l’édifice, ainsi que son comportement dans le système d’alimentation en amont.
La prochaine étape consistera à étudier l’histoire de ce volcan après l’ « Eruption du Millénaire. » En effet, les caractéristiques des éruptions antérieures pourraient permettre aux scientifiques de prévoir la fréquence et l’intensité des éruptions futures.

Source : Presse internationale.

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drapeau-anglaisIn notes written in 2011 and 2014, I wrote that North Korea had proposed conducting research with South Korea on volcanic activity at Mount Paektu (also called Baekdu, ou Baitu shan in Chinese), considered sacred by the North.  Mount Paektu, which borders China, last erupted in 1903. Before that, a major event took place in 946 AD. Volcanic ash even reached Japan. Dubbed the « Millennium Eruption, » the explosion could be rated 7 on the Volcanic Explosivity Index. It changed the landscape dramatically, leaving behind a 5-km-wide crater, today known as Heaven Lake. The volcano remains active, with the region regularly registering regular quake activity.
Mount Paektu has recently been showing signs of life that worry North Korean authorities. As Korean scientists know little about the volcano, western scientists have been given extraordinary access to determine if — or when — it could wake up. Thus, American scientists Hammond and Clive Oppenheimer were invited by the government in Pyongyang to work with local scientists after small earthquakes beneath the volcano stirred fears it could erupt. But the team could not visit again the mountain until 2013 because of international sanctions and the convoluted process of obtaining the proper licenses for importing equipment.

More recent signs of activity at Mt Paektu have led an unprecedented international scientific study of the mountain. A team of Western, Chinese, and North Korean scientists deployed six seismometers on the North Korean side of the volcano for the first time, in an effort to better understand the volcano

It turns out the rocks below Mt. Paektu aren’t completely solid. There is a significant region of partial melt in the crust directly beneath the volcano. However, this does not mean the volcano will erupt in the short term. Researchers are still determining how much magma is stored and exactly how it fits into the plumbing of the volcano.

The next step will be to investigate the history of this volcano, beyond the Millenium Eruption. The characteristics and frequency of previous eruptions could help scientists predict future eruptions and how severe they might be.

Source : International press.

Baekdu

Cratère du Mt Paektu et Lac du Paradis (Crédit photo: Wikipedia)