Navigation : le Passage du Nord-Est encore compliqué ! // Shipping : Northeast Passage still complicated !

Avec la hausse rapide des températures dans l’Arctique et la fonte tout aussi rapide des calottes glaciaires, on pensait que de nouvelles routes maritimes s’ouvriraient dans la partie nord du globe terrestre. On imaginait que les passages du Nord-Est et du Nord-Ouest deviendraient accessibles, raccourcissant les trajets de navigation entre les continents. C’était aller un peu trop vite en besogne. Les scientifiques nous expliquent aujourd’hui que la fonte rapide des glaces dans l’océan Arctique ne facilite pas, au moins pour le moment, la navigation entre l’Europe et l’Asie et vice versa. En fait, le réchauffement climatique génère une glace plus épaisse et plus dangereuse qui provoque des blocages dans les deux passages.
Le Passage du Nord-Est est une route maritime au nord de l’Eurasie ; elle relie la mer de Barents, au nord de la Scandinavie, au détroit de Béring, entre l’Extrême-Orient russe et l’Alaska. Aujourd’hui encore, cette dangereuse route commerciale est si encombrée par la glace de mer qu’il faut l’aide des brise-glaces pour la parcourir toute l’année.
Avec le recul de la banquise arctique, on a vu grandir le désir de faire circuler un plus grand nombre de navires dans le Passage du Nord-Est, que ce soit à des fins commerciales, touristiques ou militaires. Les conditions de mer varient d’une année à l’autre et aucun secteur du Passage n’est garanti d’être libre de glace à un moment donné. Un article publié en 2023, utilisant des données archivées au NSIDC, a identifié la période de l’année la plus propice à la navigation. Elle se situe à la mi-septembre, lorsque la glace de mer arctique atteint son étendue minimale.
Dès le 16ème siècle, les commerçants européens espéraient pouvoir utiliser un raccourci arctique vers l’Asie, mais le Passage du Nord-Est a déjoué les efforts de navigation pendant de nombreuses années. L’explorateur Adolf Erik Nordenskiöld a fini par traverser le Passage du Nord-Est en 1879, après avoir été prisonnier des glaces pendant 10 mois.
Le recul de la banquise a récemment rendu l’océan Arctique plus attrayant, tant pour les entités politiques désireuses d’exploiter des ressources minières et effectuer des opérations militaires, que pour les intérêts commerciaux. L’Arctique reste cependant un environnement difficile, avec un risque permanent d’accidents, tant sur le plan environnemental qu’humain.

L’étude de 2023 mentionnée ci-dessus sur le meilleur moment pour emprunter le Passage du Nord-Est s’appuyait sur deux ensembles de données du NSIDC. L’un inclut la température de brillance fournie quotidiennement par des capteurs satellitaires. L’autre inclut la température de brillance, la concentration de glace de mer et l’épaisseur de la neige. Les observations par satellite de la température de brillance – mesure de l’énergie émise par une surface – permettent aux scientifiques d’identifier différents types de surfaces occupées par la glace et par l’eau. Grâce à la température de brillance, les scientifiques peuvent détecter la fonte superficielle de la glace de mer et même faire la distinction entre une glace très récente relativement mince et une glace pluriannuelle plus épaisse. La glace mince et la glace en cours de fonte présentent moins d’obstacles à la navigation. L’identification des caractéristiques de la glace aide donc à déterminer les meilleurs itinéraires et les meilleurs moments pour les emprunter.
La glace de mer arctique ne cesse de diminuer depuis le début des mesures satellitaires en 1979. En conséquence, la navigation dans l’océan Arctique, impensable pendant la majeure partie du 20ème siècle, est plus réalisable aujourd’hui, mais seulement pendant une partie de l’année. La fenêtre pour les navires autres que les brise-glaces dans le Passage du Nord-Est s’ouvre en été et se ferme en automne. L’étude de 2023 sur le Passage du Nord-Est a identifié la fenêtre de navigation optimale en examinant les conditions dans le Passage du Nord-Est de 2002 à 2021. Le résultat est que la glace de mer dans l’océan Arctique commence généralement à fondre pour de bon en juin ou juillet et à se reformer en octobre. L’étendue de la glace de mer – la zone océanique avec une concentration d’au moins 15 pour cent de glace de mer – atteint son niveau le plus bas à la mi-septembre. De 2002 à 2021, la glace de mer dans la zone examinée par l’étude de 2023 s’étendait en moyenne sur 1,94 million de kilomètres carrés.
Avec le réchauffement continu de l’Arctique, le Passage du Nord-Est connaîtra probablement davantage d’étendues d’eau relativement libres de glace à la fin de l’été. Pourtant, comme pour le Passage du Nord-Ouest, les amas et autres concentration de glace empêchent toujours la navigation dans le Passage du Nord-Est la majeure partie de l’année sans avoir recours à des brise-glaces. Un autre facteur complique encore davantage les activités humaines au-dessus du Cercle polaire arctique : le Soleil disparaît sous l’horizon en octobre et ne réapparaît qu’en mars. Ainsi, même si la glace de mer présente moins d’obstacles qu’auparavant, le Passage du Nord-Est, comme l’ensemble de l’océan Arctique, reste et restera encore un certain temps un lieu de navigation compliqué.
Source : National Snow and Ice Data Center (NSIDC).

En pointillés rouges sur les cartes, les passages du NO (à gauche) et du NE (à droite), avec en trait plein, les voies de navigation actuelles (Source : Observatoire de l’Arctique)

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With fast increasing temperatures in the Arctic the rapid melting of the icecaps, it was believed that new shipping routes would open in the northern part of the world. The Northeast and Northwest passages would become accessible, shortening shipping routes between the continents. However, this was thinking a bit too fast. Scientists inform us today that melting sea ice in the fast-warming Arctic Ocean is not making it easier for sailors to navigate a legendary shortcut between Europe and Asia and vice versa. To the contrary, global warming is causing thicker, more hazardous ice to choke both passages.

The Northeast Passage is a shipping route north of Eurasia, connecting the Barents Sea north of Scandinavia to the Bering Strait between the Russian Far East and Alaska. Even today, this dangerous trade route has remained so choked with sea ice that the safest year-round ways to navigate it are by plowing through it with icebreakers.

As Arctic sea ice has retreated, interest has grown in navigating a greater variety of ships through the Northeast Passage, whether for commercial, recreational, or military purposes. Conditions vary from year to year, and no part of the passage is guaranteed to be ice free at any particular time. A paper published in 2023, using data archived at NSIDC, identified the time of year when ships are the likeliest to succeed in negotiating the route. The best window of opportunity occurs in mid-September, when Arctic sea ice reaches its minimum extent for the year.

As long ago as the sixteenth century, European traders hoped for an Arctic shortcut to Asia, but the Northeast Passage foiled navigation efforts for many years. Explorer Adolf Erik Nordenskiöld finally succeeded in traversing the Northeast Passage in 1879, after spending 10 months of the voyage locked in ice.

Sea ice retreat has recently made the Arctic Ocean more alluring—both to political entities intent on resource extraction and military operations, and to commercial interests. The Arctic remains a challenging environment, however, with an ever-present possibility of accidents requiring cleanup and rescue. S

The above-mentioned 2023 study on the optimal timing of Northeast Passage relied on two data sets from NSIDC. One includes daily brightness temperatures from passive microwave satellite sensors, and the other includes brightness temperature, sea ice concentration, and snow depth. Satellite observations of brightness temperature—a measure of the energy emitted by a surface—enable scientists to identify different kinds of icy and watery surfaces. With brightness temperature observations, scientists can detect surface melt on sea ice and even distinguish between relatively thin first-year ice and thicker multiyear ice. Both thin ice and melting ice present fewer obstacles to ship navigation, so identifying ice features helps determine the best routes to take, and the best times to take them.

Arctic sea ice has declined since the start of the satellite record in 1979. Consequently, Arctic Ocean navigation that was unthinkable during most of the twentieth century is more practical now, but only for part of the year. The window of opportunity for non-icebreaker ships crossing the Northeast Passage opens in summer and closes in autumn. The 2023 study on the Northeast Passage pinpoints the optimal shipping window by examining conditions in the Northeast Passage from 2002 through 2021. Thecresult is that sea ice in the Arctic Ocean generally begins melting in earnest in June or July, and refreezing in October. Sea ice extent – the area of ocean with at least 15 percent sea ice concentration – bottoms out in mid-September. From 2002 to 2021, sea ice in the area examined in the 2023 study averaged 1.94 million square kilometers.

As the Arctic continues to warm, the Northeast Passage will likely experience more late-summer stretches of relatively ice-free water. Yet, like for the Northwest Passage, highly concentrated ice still prevents navigation through the Northeast Passage most of the year, unless crossing is made with an icebreaker. Further complicating human activities above the Arctic Circle, the Sun sets below the horizon in October and does not reemerge until March. So even though sea ice presents less of an obstacle than it used to, the Northeast Passage, like the entire Arctic Ocean, will remain a complicated place in which to work.

Source : National Snow and Ice Data Center (NSIDC).

Réchauffement climatique : le Mississippi au plus bas // Global warming : the Mississippi River at its lowest

On a l’habitude de dire en France que ce qui se passe aux États-Unis arrivera bientôt chez nous. S’agissant du réchauffement climatique et des problèmes qui l’accompagnent, il faut espérer que ce ne sera pas le cas! Avec la chaleur accablante et le manque de précipitations, la moitié ouest des États-Unis fait face à une grave sécheresse depuis plusieurs mois.
En raison des températures élevées, du manque de neige dans les montagnes et du manque de pluie plus en aval, les eaux du Mississippi ont chuté à des niveaux historiquement bas, avec à la clé une crise de la navigation fluviale et de l’industrie au cœur même des États-Unis.
Le Mississippi est une voie de navigation majeure, aussi bien pour le commerce que pour le tourisme. En provenance du nord du Minnesota où il prend sa source, le fleuve circule à travers les plaines du Midwest et se jette dans le Golfe du Mexique après avoir traversé la Louisiane, alimenté par de nombreux affluents à l’est et à l’ouest. Tout le commerce repose sur les eaux profondes du fleuve qui peuvent accueillir de gros navires transportant des marchandises telles que du soja, des engrais et du pétrole, ou des passagers à bord de navires de croisière.
Au cours du mois de septembre 2022, l’eau a tellement baissé que les navires se sont retrouvés coincés dans la boue et sur les bancs de sable au fond du fleuve. [NDLR : Il faut savoir que la navigation est parfois très délicate sur le Mississippi, comme l’a fort bien expliqué Samuel Langhorne Clemens, alias Mark Twain dont le pseudonyme est étroitement lié à l’histoire du fleuve.]
L’eau a tellement baissé qu’elle a révélé des restes humains et une épave vieille de 200 ans le long des berges. Dans le Missouri, les gens traversent à gué le lit du fleuve jusqu’à une île qui n’est normalement accessible que par bateau.
Sur la côte de la Louisiane, le fleuve est si bas que l’eau du Golfe du Mexique a commencé à remonter vers l’amont. On est en train de construire en toute hâte une digue sous-marine de 450 mètres de large pour empêcher l’eau salée de remonter plus en amont dans le fleuve où elle pourrait contaminer l’eau potable.
Il y a quelques mois à peine, le bassin du Mississippi était en proie aux inondations. Au cours de l’été écoulé, des précipitations jamais vues auparavant ont provoqué des inondations soudaines et des débordements de rivières dans le Kentucky, à St. Louis (Missouri), dans certaines parties de l’Illinois et à Jackson (Mississippi). Malgré ces précipitations sporadiques extrêmes, le Midwest des Etats Unis connaît aujourd’hui une sécheresse anormale. La vallée de la rivière Ohio et la partie nord du Mississippi ne reçoivent pas assez de pluie pour alimenter suffisamment le fleuve.
De la source à l’embouchure, les eaux du Mississippi ont chuté à des niveaux proches du record établi en 1988. À Memphis (Tennessee), l’eau est descendue en dessous de ce record le 17 octobre 2022, et il n’y a pas de pluie en vue.
Les scientifiques expliquent que le réchauffement climatique est responsable de cette situation. Les conditions extrêmes de sécheresse et les inondations de cette année sont conformes aux prévisions : la hausse des températures sur Terre entraîne une plus grande variabilité météorologique dans le centre des États-Unis, avec aussi bien des sécheresses intenses que des précipitations ponctuelles et abondantes. Le réchauffement climatique, provoqué par tous les gaz à effet de serre que les humains ont rejetés dans l’atmosphère, modifie le cycle de l’eau sur la planète. La hausse des températures augmente l’évaporation et modifie les courants atmosphériques et océaniques qui distribuent l’humidité à travers le monde.
La sécheresse le long du Mississippi est si intense qu’elle a mis au jour une épave vieille de plusieurs siècles. Début octobre, le faible niveau d’eau a révélé un ancien navire qui avait coulé à Baton Rouge, en Louisiane. Les archéologues pensent qu’il pourrait s’agir du Brookhill Ferry qui a coulé lors d’une tempête en 1915. C’est la première fois que le navire est entièrement exposé, mais de petites parties avaient déjà émergé des basses eaux dans les années 1990.
La baisse des eaux a également conduit à une découverte plus macabre. Le 15 octobre 2022, une femme du Mississippi a trouvé des restes humains alors qu’elle cherchait des galets avec sa famille. Ces restes sont les derniers d’une série qui a fait surface à la suite de la baisse des eaux. Comme je l’ai indiqué précédemment, plusieurs autres restes humains ont aussi été découverts dans le lac Mead (Nevada) qui connaît un niveau historiquement bas à cause de la sécheresse. En fin de compte, le faible niveau des rivières dans l’ouest de l’Amérique pourrait être une bonne nouvelle pour les médecins légistes chargés d’identifier des personnes disparues!
Adapté d’un article de Business Insider.

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It is current practise in France to say that what is happening in the U.S. will soon arrive in our country. Here is what’s happening in Western U.S. which has been facing a severe drought for several months. Climate change and global warming are the real cause of the situation.

Because of the high temperatures, the lack of snow in the mountains and the lack of rain further downstream, the waters of the Mississippi River have fallen to historic lows, driving a shipping and industry crisis in the heart of the US.

The Mississippi is a major channel for shipping and tourism, running from northern Minnesota down through the Midwest plains and emptying through Louisiana, with numerous tributaries stretching east and west. All that boat-based commerce relies on the river’s deep waters, which can accommodate large vessels carrying cargo like soybeans, fertilizer and oil, or cruise-line passengers.

For the past month, though, the water has dwindled so low that ships are getting stuck in the mud and sandbars at the river bottom.

The water receded so much that it revealed human remains and a 200-year-old shipwreck along the river’s new banks. In Missouri, people are walking across the dry, exposed riverbed to an island that’s normally only accessible by boat.

On the Louisiana coast, the river is so low that ocean water from the Gulf of Mexico began pushing upstream. There is a race to build a 450-meter-wide underwater levee to prevent saltwater from creeping further up the river, where it could contaminate drinking water.

Just a few months ago, the Mississippi River basin was flooding. This summer, historic rainfall caused flash flooding and overflowing rivers in Kentucky, St. Louis, Missouri, parts of Illinois, and Jackson, Mississippi. Despite these extreme sporadic rainfall events, the Midwest is in an abnormal drought. The Ohio River Valley and the Upper Mississippi are not getting enough rain to feed the giant river.

Up and down the Mississippi, waters have dropped to levels approaching the record low set in 1988. In Memphis, Tennessee, the waters plunged below that record on October 17th, 2022. And there is no rain in sight.

Scientists say that climate change is the culprit. This year’s extreme conditions of both drought and floods is consistent with what scientists have been predicting and observing: Rising global temperatures are driving more weather variability in the central US, fueling both more severe droughts and one-off rainfall events. Climate change, driven by all the greenhouse gasses that humans have released into the atmosphere, is changing the planet’s water cycle. Rising temperatures are increasing water evaporation and changing the atmospheric and ocean currents that distribute moisture across the globe.

The severe drought along the river is so intense that it uncovered a centuries-old shipwreck. In early October, low water levels revealed the old sunken ship along the banks of the Mississippi River in Baton Rouge, Louisiana. Archaeologists believe these remains may be from the Brookhill Ferry that sunk in a storm in 1915. Though this is the first time the ship has been fully exposed, it’s not a new discovery. Small parts of the vessel emerged from low waters in the 1990s.

The river’s receding waters also led to a more gruesome discovery. On October 15th, 2022 a Mississippi woman found human remains while searching for rocks with her family on the dry banks of the river. They are the latest in a bevy of discoveries to surface from receding waters. Over the summer, multiple set of remains were found in Nevada’s Lake Mead, which fell to historically low levels amid the severe drought. IUn the end, the rivers’ low level in western America could be good news news for experts tasked with solving missing persons cases.

Adapted from an article in Business Insider.

 Carte montrant le niveau de sécheresse aux Etats Unis à la mi-octobre

 

Photos: C. Grandpey

Nome (Alaska) et le réchauffement climatique : une affaire d’adaptation (2ème partie // Nome (Alaska) and global warming : a matter of adaptation (part 2)

La fonte de la glace de mer et les nouvelles stratégies internationales.
La Russie ne se contente pas de construire des ports. Au cours de la dernière décennie, les autorités russes ont de plus en plus exprimé leur désir de faire de l’Arctique une sphère d’expansion militaire et économique, pour contrer ce qu’ils perçoivent comme une menace des États-Unis et de l’OTAN pour les intérêts russes dans la région. Les images satellite publiées en avril 2021 montrent que la Russie étend ses capacités militaires dans l’Arctique en construisant de nouvelles bases et en modernisant celles qui existent déjà.
L’influence des différents acteurs entrera en jeu lorsqu’il s’agira de contrôler les réserves de pétrole, les minéraux dans les fonds marins et les ressources poissonnières dans la région. Le réchauffement des océans pousse les bancs de poissons vers le nord, dans les zones arctiques où des nations rivales pourraient s’affronter à propos des droits de pêche. La mer de Béring, partagée par la Russie et les États-Unis, abrite déjà environ 40 % des stocks américains de poissons et de crabes et est en concurrence avec la Nouvelle-Angleterre au niveau de la rentabilité. La région pourrait devenir un point de conflit et intensifier les tensions avec les États-Unis.
La flotte de pêche de l’Alaska a eu un aperçu de cette possibilité de conflit en août 2020, lorsque la marine russe a conduit des opérations militaires à l’intérieur de la zone économique américaine de la mer de Béring. Il a été demandé à tous les bateaux américains présents dans la zone de bien vouloir l’évacuer. La marine américaine a réagi, quoique tardivement, en effectuant ses propres manoeuvres militaires au mois de mars.
Alors que le changement climatique redessine la carte de l’Arctique, les accords régionaux sur les stocks de poissons, les routes maritimes, les programmes de recherche et l’extraction des ressources devront être étroitement contrôlés pour protéger ce qui était autrefois surnommé avec optimisme le Pôle de la Paix par Mikhaïl Gorbatchev, le dernier président de l’ère soviétique.

La glace de mer : un élément essentiel de l’Arctique.
La glace de mer ne protège pas seulement les côtes arctiques des violentes tempêtes hivernales. C’est aussi un élément essentiel de la chaîne alimentaire. Les algues qui poussent sous la glace nourrissent les larves de poissons et les minuscules crustacés qui sont une source de nourriture pour la plupart des habitants de l’océan. Les mammifères marins comme les phoques et les ours polaires ont besoin de la glace de mer pour chasser et mettre bas. De plus, les populations autochtones côtières de l’Alaska dépendent de la glace de mer pour la chasse de subsistance. Un phoque peut nourrir une famille en viande pendant un an. Dans les communautés autour de Nome, les produits d’épicerie sont acheminés par avion à grands frais. Une pastèque peut coûter 50 dollars et une dinde de Thanksgiving congelée jusqu’à 60 dollars! A Nome, la chasse n’est pas un passe-temps, c’est une une nécessité.
Le dernier rapport du GIEC indique que « l’augmentation des événements météorologiques et climatiques extrêmes expose les gens à une insécurité alimentaire aiguë et réduit la sécurité de l’eau ; les impacts les plus importants sont observés dans de nombreux endroits et/ou communautés de l’Arctique, en particulier chez les peuples autochtones ». Les communautés en question commencent déjà à s’adapter. Certains ont commencé à chasser l’orignal qui se déplace maintenant vers le nord dans la toundra à mesure que la nouvelle végétation prend racine dans le pergélisol en train de dégeler. Sur la côte, la goberge commence à remplacer le saumon et l’omble chevalier qui occupaient autrefois le nord de la mer de Béring.
Même la vieille plaisanterie qui disait que les Esquimaux avaient cent mots pour parler de la neige n’est plus à l’ordre du jour dans un monde qui se réchauffe. Certains indigènes de l’Alaska ont commencé à utiliser le néologisme yup’ik usteq pour désigner l’érosion rapide causée par le climat et le dégel du pergélisol.

Un maître mot : ADAPTATION !
Adaptation est un mot-clé pour les communautés de l’Arctique qui doivent faire face aux réalités du changement climatique. Elles devront créer de nouvelles traditions et les régimes alimentaires changeront.
Nome peut encore être en mesure de s’adapter à la nouvelle situation sans trop de pertes si la ville sait anticiper le changement. Lorsque le Crystal Serenity a été le premier grand navire de croisière à traverser l’Arctique en 2016, Nome a été l’une de ses premières escales lors du voyage de 32 jours. Plus de 1 000 passagers ont dépensé leur argent dans les commerces de la ville. Aujourd’hui, après la pause due à la pandémie de COVID-19, 27 paquebots de croisière devraient s’arrêter à Nome cet été.
Une étude menée par le Nome Visitor Center estime que chaque touriste d’un croisiériste rapporte plusieurs centaines de dollars aux magasins locaux et aux voyagistes. Mais les gros bateaux acheminent aussi des marchandises, des matériaux de construction, du carburant et de la nourriture dont le prix diminuerait, rendant la vie plus abordable pour la population.
Cependant, un port en eau profonde à Nome pourrait également poser des problèmes. Plus de trafic signifie un risque accru d’introduction d’espèces invasives collées aux coques des navires étrangers, ce qui pourrait détruire un écosystème dans le détroit de Béring qui est déjà sous la pression du changement climatique. L’augmentation du bruit due à la récente augmentation de la navigation perturbe déjà l’écosystème océanique. Des poissons et des mammifères marins sont partis et le bruit perturbe le mode de vie des autochtones. Plus de navires signifie aussi plus de gaz d’échappement qui noircissent ce qui reste de glace de mer et accélèrent le processus de fonte.
L’ancien maire de Nome, l’un des premiers partisans de l’expansion du port, affirme que le projet vise davantage à protéger la communauté qu’à profiter du changement climatique. Plus l’Arctique se réchauffera, plus les bateaux passeront par le détroit de Béring. Nome doit se préparer à cela, mais aussi aux conséquences. Une expansion du port, bien faite, devrait inclure des mesures de contrôle permettant d’éloigner le trafic des frayères ou des alevinières à certaines périodes de l’année.
Les premiers habitants de l’Alaska ont survécu et prospéré dans l’un des environnements les plus hostiles de la planète grâce à un processus d’adaptation continue.

Selon l’ancien premier magistrat, la recherche d’opportunités dans une région en évolution rapide, qu’il s’agisse d’un meilleur accès aux ressources minérales, de voies de navigation plus efficaces ou de nouvelles zones de pêche, constitue une forme d’adaptation à la situation actuelle.
Source : Yahoo Actualités.

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The melting of the sea ice: new international strategies.

Russia isn’t just building up ports. For the past decade, the country’s leaders have increasingly voiced their desire to make the Arctic a sphere of military and economic expansion, to counter what they perceive as U.S. and NATO challenges to Russian interests in the region. Satellite imagery released in April 2021 showed Russia expanding its military capabilities in the Arctic by building new bases and modernizing existing ones.

Influence will matter when it comes to control of the region’s petroleum reserves, seabed minerals, and seafood. Warming oceans are pushing global fish stocks northward, into polar areas where rival nations could clash over fishing rights. The Bering Sea, shared by Russia and the U.S., is already home to approximately 40% of U.S. fish and crab stocks, and rivals New England for the most profitable U.S. fishery. This could become an unexpected flash point and intensify tensions with the U.S.

The Alaskan fishing fleet got a glimpse of what that could look like in August 2020, when the Russian navy conducted military operations inside the U.S. economic zone of the Bering Sea and warned all boats in the area to get out of their way. The U.S. Navy responded, belatedly, by conducting its own operations inside the Arctic Circle in March.

As climate change redraws the Arctic map, regional cooperation over fish stocks, shipping routes, research programs, and resource extraction will be vital to protect what was once optimistically dubbed the Pole of Peace by the last Soviet President, Mikhail Gorbachev.

Sea ice: an essential element of the Arctic.

Sea ice doesn’t just protect Arctic coasts from savage winter storms. It’s also an essential element of the region’s and the world’s food web. Algae growing underneath feeds the fish larvae and tiny crustaceans that are the food source for most ocean inhabitants, and marine mammals like seals and polar bears need the ice floes to hunt and give birth. Furthermore, Alaska’s coastal Indigenous populations rely on sea ice for subsistence hunting. One seal can keep a family in meat for a year. In communities around Nome – where groceries are flown in at great expense – a watermelon can cost $50 and a frozen Thanksgiving turkey up to $60. In Nome, hunting is not a pastime, it’s a lifeline.

The latest IPCC report noted that “increasing weather and climate extreme events have exposed … people to acute food insecurity and reduced water security, with the largest impacts observed in many locations and/or communities in … the Arctic, especially for Indigenous Peoples.” Already communities are starting to adapt. Some have started hunting moose, a once foreign species that is now moving northward into the tundra as new vegetation takes root in the thawing permafrost. On the coast, pollock is starting to replace the cold-loving salmon and arctic char that used to dominate the northern Bering Sea.

Even the old joke about Eskimos having a hundred words for snow needs to be updated in a grim vocabulary for a warming world. Some Alaska natives have started using the Yup’ik neologism usteq to refer to rapid, climate-driven erosion and ground collapse caused by permafrost melt.

A key word : ADAPTATION !

Adaptation is the climate world’s anodyne word for the decisions that must be made as threatened communities face the realities of irrevocable change. Dictionaries will have to be updated, communities will have to craft new traditions, and diets will change.

Nome may yet be able to adapt to the new situation with minimal loss if it can get ahead of the change. When the Crystal Serenity became the first large cruise ship to traverse the Arctic in 2016, Nome was one of its first stops on the 32-day voyage, bringing in more than 1,000 day-trippers eager to spend money at its businesses. Now, following a COVID-19 pandemic pause, 27 cruise liners are scheduled to stop at Nome this summer.

A study undertaken by the Nome Visitor Center estimates that each cruise-line tourist brings in several hundreds of dollars to local shops and tour companies. But bigger boats also mean that the cost of bringing in goods, from construction materials to fuel, watermelons, and frozen turkeys, would go down, making life more affordable for residents.

However, a deepwater port in Nome could bring problems as well. More traffic means an increased risk of introducing invasive species stuck to the hulls of foreign vessels, which could devastate a Bering Strait ecosystem already under pressure from climate change. Increased noise from the recent uptick in shipping is already disturbing the ocean ecosystem, driving fish and marine mammals away and disrupting the Native subsistence lifestyle. More ships mean more exhaust fumes that blacken what sea ice remains, accelerating the melting process.

Nome’s former mayor, an early supporter of the port expansion, says the project about the port is more about protecting the community than profiting from climate change. The more the Arctic warms, the more boats will come through the Bering Strait. Nome has to be prepared for that and prepared for the consequences as well. A port expansion, done right, should include the authority to direct traffic away from fish-spawning grounds or nurseries at certain times of the year.

Alaska’s earliest residents not only survived but thrived in one of the harshest environments on Earth through a process of continuous adaptation. Seeking opportunities in a rapidly changing region, whether it’s better access to mineral resources, more efficient shipping routes, or new fishing grounds, is simply the newest form of adaptation.

Source: Yahoo News.

Glace de mer

Montagnes russes suite au dégel du permafrost

(Photos: C. Grandpey)

 

Nouveau satellite russe au-dessus du pôle Nord // New Russia satellite above the North Pole

Comme je l’ai déjà écrit, la Russie s’intéresse de plus en plus à l’Arctique. La fonte des glaces causée par le réchauffement climatique va permettre l’accès à de nouvelles ressources minérales et ouvrir de nouvelles voies de navigation dans la région.

C’est la raison pour laquelle la Russie vient de lancer son satellite Arktika-M pour une mission de surveillance du climat et de l’environnement dans l’Arctique. Cela répond au désir du Kremlin d’étendre les activités de la Russie dans cette région du globe.

L’Arctique s’est réchauffé deux fois plus vite que le reste de la planète au cours des trois dernières décennies et Moscou cherche à s’implanter dans la région riche en énergie en investissant dans la route maritime du Nord qui est de plus en plus libre de glace

Le satellite Arktika-M a atteint l’orbite prévue après avoir été lancé depuis la base spatiale de Baïkonour (Kazakhstan) par une fusée Soyouz. La Russie prévoit d’envoyer un deuxième satellite en 2023. Les deux engins spatiaux permettront une surveillance 24h / 24 et par tous les temps de l’Océan Arctique et de la surface de la Terre.

L’Arktika-M aura une orbite très elliptique qui le fera passer au-dessus des latitudes nordiques. Il pourra ainsi surveiller la région arctique pendant de longues périodes. Sur la bonne orbite, le satellite sera en mesure de contrôler en permanence l’Arctique et de prendre des photos toutes les 15 à 30 minutes, ce qui n’est pas possible avec des satellites en orbite au-dessus de l’équateur. Le satellite Arktika-M pourra également retransmettre les signaux de détresse des navires, des aéronefs ou des personnes vivant dans des zones reculées.

Source: CNN.

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As I put it before, Russia is very interested in the Arctic . The melting of the ice caused by global warming will open access to new mineral resources and open new shipping lanes in the region.

This is the reason why Russia has just launched its space satellite Arktika-M on a mission to monitor the climate and environment in the Arctic amid a push by the Kremlin to expand the country’s activities in the region.

The Arctic has warmed more than twice as fast as the global average over the last three decades and Moscow is seeking to develop the energy-rich region, investing in the Northern Sea Route for shipping.

The Arktika-M satellite successfully reached its intended orbit after being launched from Kazakhstan’s Baikonur cosmodrome by a Soyuz rocket. Russia plans to send up a second satellite in 2023 and, combined, the two will offer round-the-clock, all-weather monitoring of the Arctic Ocean and the surface of the Earth.

The Arktika-M will have a highly elliptical orbit that passes high over northern latitudes allowing it to monitor northern regions for lengthy periods. At the right orbit, the satellite will be able to monitor and take images every 15-30 minutes of the Arctic which can’t be continuously observed by satellites that orbit above the Earth’s equator.

The Arktika-M satellite will also be able to retransmit distress signals from ships, aircraft or people in remote areas.

Source: CNN.

Lancement du satellite Arktika-M (Source : Roscosmos)