Des capteurs sismiques pour prévoir les explosions de pingos // Seismic sensors to predict the explosions of pingos

Un premier capteur sismique a été installé près du village de Sabetta, sur la Péninsule de Yamal, qui abrite le port le plus moderne de Russie. D’autres capteurs sont prévus à proximité des gisements de gaz de Bovanenkovskoye et Kharasavay.
L’objectif est de détecter l’activité sismique qui pourrait précéder la formation soudaine de nouveaux cratères susceptibles d’endommager les infrastructures industrielles dont la stabilité est déjà menacée par la fonte du permafrost. On pense que les cratères se forment lorsque le méthane, libéré en raison du réchauffement climatique dans cette région de l’Arctique, explose à l’intérieur des pingos. Un pingo est un monticule de glace recouverte de terre dans les régions arctique et subarctique; il peut atteindre jusqu’à 70 mètres de hauteur et 600 mètres de diamètre.
Les scientifiques indiquent que plusieurs milliers de pingos pourraient «exploser» et former de nouveaux cratères géants dans cette région. Au moins dix sont connus pour avoir explosé en Sibérie ces dernières années. Le plus grand cratère, de 35 mètres de profondeur et de 40 mètres de diamètre, se trouve à proximité du gisement gazier de Bovanenkovskoye. Un seul capteur est capable d’analyser en permanence les processus sismiques à 200 km à la ronde.

Le port de Sabetta est en cours de construction sur l’estuaire de l’Ob dans le cadre d’un projet de 27 milliards de dollars de la compagnie Yamal LNG. Il permettra d’exporter 16,5 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié en provenance du gisement de Yuzhno-Tambeyskoye.

Les futurs capteurs enregistreront les mouvements du sol et transféreront les informations au Centre d’expédition interrégional de l’Arctique et au Département de géophysique de l’Académie des Sciences de Russie pour un traitement et une interprétation supplémentaires. Un puits de 4 mètres de profondeur a été foré dans le pergélisol pour y installer le capteur sismique et un enregistreur capable de fonctionner en parfaite autonomie a été posé à la surface du sol. Il est prévu d’installer deux autres capteurs sur la péninsule au niveau des gisements gaziers de Bovanenkovskoye et à Kharasavay. L’agence Tass a indiqué qu’un réseau de capteurs sera installé dans le district autonome de  Iamalo-Nénètsie pour prévoir l’apparition de nouveaux cratères. Les scientifiques utilisent également la surveillance satellitaire pour prévoir les éruptions des pingos  en Arctique.

Plus d’images à cette adresse:
http://siberiantimes.com/other/others/news/first-seismic-sensor-installed-togiving-early-warning-on-new-exploding-pingos/

Source: The Siberian Times.

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The first seismic sensor has been put in the ground in close to the village of Sabetta in Yamalo-Nenets, home to Russia’s most modern port. Others are planned close to the Bovanenkovskoye and Kharasavay gas deposits.

The aim is to give warnings over seismic activity that could lead to the sudden formation of new craters, which could potentially damage key industrial infrastructure. The craters are believed to form when underground methane gas, released due to the warming climate in this Arctic region, erupts inside pingos, A pingo is a mound of earth-covered ice found in the Arctic and subarctic regions; it can reach up to 70 metres in height and up to 600 metres in diameter.

Scientists say several thousand pingos, many filled with gas, could ‘explode’ forming giant craters in this region. At least ten are known to have exploded in Siberia in recent years. The largest crater, 35 metres deep and 40 metres in diameter, is close to Bovanenkovskoye deposit. One sensor can analyse seismic processes non-stop in 200 km distance around it.

Sabetta port is being built as part of a $27 billion project by Yamal LNG on the Ob River estuary to export 16.5 million tons of liquefied gas from the Yuzhno-Tambeyskoye field. There are fears that the melting of the permafrost might affect the stability of the industrial infrastructures in the area.

Sensors will register oscillation of the ground and will transfer information about it to the Arctic Interregional Expedition Centre and United Geophysical Service of Russian Academy of Sciences for further processing and interpretation. A 4 metre-deep well was drilled in the permafrost. A sensor was installed in the permafrost and an event recorder, equipped with everything necessary for autonomous work, was left on the surface. There are plans to install two more sensors on the peninsula at Bovanenkovskoye deposit and at Kharasavay. TASS earlier reported that a network of sensors would be installed across the Yamalo-Nenets autonomous region to forecast appearance of new craters. Scientists are also using space monitoring to predict eruptions of Arctic pingos.

More pictures at this address :

http://siberiantimes.com/other/others/news/first-seismic-sensor-installed-to-give-early-warning-on-new-exploding-pingos/

Source: The Siberian Times.

Exemple de cratère façonné par les explosions de méthane en Sibérie (Crédit photo: The Siberian Times)

 

 

Les drones au service de la volcanologie // Drones can serve volcanology

Au cours d’une mission de dix jours, une équipe de volcanologues et d’ingénieurs des universités de Cambridge et de Bristol a effectué des survols des volcans Fuego et Pacaya (Guatemala) à l’aide de drones. Les scientifiques ont pu procéder à des mesures directement dans les panaches ​​émis par ces volcans et obtenir des images réelles et thermiques.
En utilisant des capteurs légers, ils ont mesuré la température, l’hygrométrie et les données thermiques dans les panaches, et ont pris des photos de plusieurs éruptions en temps réel. C’est l’une des premières fois que des drones sont utilisés sur un volcan comme le Fuego où l’accès quasiment impossible du sommet ne permet pas d’obtenir des mesures de gaz fiables. Le financement de l’Institut Cabot a permis à l’équipe scientifique de mettre au point les techniques autorisant une telle approche. Les drones ont été pilotés avec succès à des distances allant jusqu’à 8 km et plus de 3 km de hauteur. [NDLR: En tant qu’aéromodéliste, je suppose que le pilotage des drones se fait en immersion car la distance et l’altitude me semblent importantes pour un pilotage visuel efficace].
Les chercheurs envisagent de retourner au Guatemala plus tard dans l’année avec une plus vaste gamme de capteurs, y compris un analyseur de gaz, un filtre à quatre niveaux; un système d’échantillonnage de cendre, des caméras thermiques et visuelles, et des capteurs atmosphériques.

Les drones offrent une solution inestimable pour l’échantillonnage et la surveillance in situ des émissions volcaniques, en particulier celles qui se trouvent dans des secteurs dont l’approche est dangereuse ou impossible. Les capteurs ne permettent pas seulement d’analyser les émissions volcaniques ;  ils pourraient également être utilisés à l’avenir pour alerter les populations locales dans le cas d’éruptions imminentes.
Au cours de leur mission, les scientifiques ont pu photographier le terrain et observer l’évolution rapide de la topographie du sommet de Fuego. C’est ainsi qu’ils ont constaté que le volcan ne possédait pas une, mais deux bouches éruptives actives. Les chercheurs ont également utilisé les drones pour cartographier une ravine et les dépôts à l’intérieur, formés par une récente coulée pyroclastique. Les données recueillies aideront à modéliser les voies d’écoulement des matériaux et l’impact potentiel des éruptions futures sur les zones habitées situées à proximité.

Voici une très bonne vidéo du survol du Fuego à l’aide d’un drone: https://youtu.be/r6AQR8VQl-s
Source: Université de Bristol.

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During a ten-day research trip, a team of volcanologists and engineers from the universities of Cambridge and Bristol carried out drone flights at the summits of Fuego and Pacaya volcanoes (Guatemala). They collected measurements from directly within volcanic clouds, together with visual and thermal images.

Using lightweight modern sensors they measured temperature, humidity and thermal data within the volcanic clouds and took images of multiple eruptions in real-time. This is one of the first times that unmanned aerial vehicles (UAVs) have been used at a volcano such as Fuego where the lack of close access to the summit vent has prevented robust gas measurements. Funding from the Cabot Institute has helped the team to develop technologies to enable this capability. The drones were successfully flown at distances of up to 8 km away, and at a height of over 3 km.

The group plans to return to Guatemala later in the year with a wider range of sensors including a gas analyser, a four-stage filter pack; carbon stubs for ash sampling; thermal and visual cameras, and atmospheric sensors. Indeed, drones offer an invaluable solution to the challenges of in-situ sampling and monitoring of volcanic emissions, particularly those where the near-vent region is hazardous or inaccessible. These sensors not only help to understand emissions from volcanoes, they could also be used in the future to help alert local communities of impending eruptions.

During the campaign, the scientists could perform multiple imaging flights that captured the rapidly changing topography of Fuego’s summit. These showed that the volcano was erupting from not just one, but two active summit vents. The research group also used the drones to map the topology of a barranca and the volcanic deposits within it. These deposits were formed by a recent pyroclastic flow which travelled down the barranca from Fuego. The data captured will assist in modelling flow pathways and the potential impact of future volcanic eruptions on nearby settlements.

Here is a very good video of Fuego Volcano seen by a drone: https://youtu.be/r6AQR8VQl-s

Source : University of Bristol.

Source: University of Cambridge.

Vue du sommet du Fuego, avec l’Acatenango à l’arrière-plan.

Crédit photo: www.geo.mtu.edu

Le Masaya (Nicaragua) bientôt sur les réseaux sociaux // Masaya volcano (Nicaragua) soon on the social networks

drapeau-francaisLa compagnie General Electric (GE) et le gouvernement nicaraguayen sont en train d’installer un réseau de quelque 80 capteurs Wi-Fi à l’intérieur du Masaya. L’idée est de créer un système d’alerte précoce, avant une éruption.
Situé à une vingtaine de kilomètres de Managua, la capitale du Nicaragua, le volcan servira également de test pour d’autres systèmes de détection. Les capteurs collecteront des données environnementales à 360 mètres de profondeur à l’intérieur du volcan. Ils sont insérés dans des coffrets noirs robustes, conçus pour résister à l’environnement hostile d’un volcan actif. Ils enregistreront les niveaux de gaz, la température, la gravité et les données de pression atmosphérique.
L’équipe d’installation comprend un volcanologue expérimenté, un pilote de drone, des gréeurs et un ancien astronaute. Il est prévu que ces hommes enfilent des combinaisons spéciales, résistantes à la chaleur, et descendent dans le cratère du Masaya pour y installer les capteurs au cours des prochaines semaines.
Toutes les données seront rassemblées dans Predix, la base de données open-source de General Electric, puis mis à la disposition du grand public par le biais d’un site Web.
Le projet est soigneusement documenté et diffusé sur les médias sociaux. Les images et vidéos, pour beaucoup tournées avec des drones, seront partagées sur Snapchat, Twitter et YouTube. Les gens pourront également regarder sur Facebook des vidéos montrant en direct l’équipe en train d’installer les capteurs à l’intérieur du volcan.
Le projet n’est pas seulement ludique : son véritable but est de créer un système susceptible de protéger les localités situées à proximité de volcans actifs à travers le monde. Il y a environ 1500 volcans actifs sur notre planète, et tous sont en attente de leur propre accès Internet !
Source: Organes de presse américains.

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drapeau-anglaisGeneral Electric (GE) and the local government are currently installing a network of some 80 Wi-Fi sensors inside the Masaya volcano. The idea is to create an early warning system before an eruption.

Located about 20 km from Nicaragua’s capital city Managua, the active volcano is a test case for other early detection systems. The sensors will gather environmental information from 360 metres inside the volcano. They are rugged black boxes built to withstand the harsh environment of an active volcano. They will record gas levels, temperature, gravity and atmospheric pressure data.

The installation crew includes an experienced volcano explorer, a drone pilot, riggers, and a former astronaut. The men are expected to put on special heat-resistant suits and descend into Masaya to install the sensors over the next few weeks.

All the data will be collected in Predix, General Electric’s open-source database, and then made publicly available through a website.

The project is being carefully documented and publicized on social media. Images and videos, many shot with drones, will be shared on Snapchat, Twitter and YouTube. People will also be able to watch live Facebook videos of the team installing the sensors inside the volcano.

More than entertainment, the project could help create a system to protect volcano-adjacent communities everywhere. There are around 1,500 possibly active volcanoes around the world, all waiting for their own internet access.

Source : American news media.

Masaya 02

Vue du cratère du Masaya et du lac de lave (Crédit photo : INETER)

Vol de capteurs sur le Nevado del Ruiz (Colombie) // Theft of sensors on Nevado del Ruiz (Colombia)

drapeau francaisSelon le site Inside Colombia, des capteurs essentiels au système d’alerte du Nevado del Ruiz ont été dérobés lundi dernier. Le matériel volé fait partie d’un système permettant de contrôler l’activité volcanique et d’alerter rapidement 16 communautés de la région en cas de réveil du Nevado. Le vol pourrait représenter un sérieux problème pour ces zones habitées ; les autorités et les scientifiques craignent que le volcan, qui est entré en éruption en 2012, se réveille de nouveau prochainement.
Les volcanologues rencontrent cette semaine les autorités locales pour faire le point sur l’activité du volcan ces derniers temps.  En effet, l’activité sismique a augmenté sur le Nevado del Ruiz au cours des dernières semaines. Les émissions de cendres et de gaz au cours du mois écoulé ont soulevé des inquiétudes, en particulier suite au récent séisme qui a secoué la région. Un séisme volcano-tectonique a encore été enregistré samedi sous le volcan à 3 km de profondeur. la secousse a été ressentie dans la ville de Las Brisas dans la province de Manizales.
Le matériel volé n’est qu’une partie des soucis. Avec la saison des pluies, un grand nombre de voies d’évacuation sont devenues peu fiables, voire dangereuses.

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drapeau anglaisAccording to the Inside Colombia website, the sensors vital to the warning system for the Nevado del Ruiz volcano have been stolen on Monday. The stolen equipment is part of a system to measure activity from the volcano and provide and early alert to the 16 communities in its range. The theft could pose a serious risk to the communities as authorities and experts worry that the volcano, which erupted in 2012, is likely to erupt again.

Experts are meeting this week with local authorities to discuss the volcano’s recent activity. Indeed, seismic activity increased at Nevado del Ruiz over the last few weeks. Ash and gas emissions in the past month have raised concerns, especially in light of the recent earthquake in the area. A volcano-tectonic quake was recorded inside the volcano on Saturday, with a depth of about three kilometers. The quake was felt in the nearby town of Las Brisas in Manizales and in northern Tolima.

The stolen equipment is just part of the worries. Rains from the current rainy season have made many of the evacuation routes unreliable or even dangerous.

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Carte à risques du Nevado del Ruiz, avec en rouge le lahar de novembre 1985.