Nouvelles du Sabancaya (Pérou) // News of Sabancaya (Peru)

Le dernier bulletin de l’INGEMMET pour la semaine du 29 janvier au 4 février 2018 indique que l’activité du Sabancaya connaît une baisse pour la deuxième semaine consécutive. On observe une moyenne de 22 explosions par jour. La sismicité est essentiellement dure à des mouvements de fluides sous l’édifice volcanique. Lors des explosions, les panaches de cendre montent en général à environ 3500 mètres au-dessus du cratère. Les inclinomètres révèlent que le volcan connaît une phase de déflation. Les émissions de SO2 atteignaient 3388 tonnes par jour le 31 janvier 2018.

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INGEMMET’s latest update for the week January 29th to February 4th, 2018 indicates that Sabancaya’s activity has been declining for the second week in a row. There is an average of 22 explosions per day. Seismicity is essentially caused by movements of fluids beneath the volcanic edifice. During explosions, ash plumes usually rise about 3,500 metres above the crater. Inclinometers reveal that the volcano is experiencing a phase of deflation. SO2 emissions reached 3;388 tonnes per day on January 31st, 2018.

Séquence éruptive sur le Sabancaya le 30 janvier 2018 (Source : IGP)

Séismes sur le Bárðarbunga (Islande) // Earthquakes on Bárðarbungua (Iceland)

Un séisme de magnitude M 4,9 a été enregistré dans la partie nord de la caldera Bárðarbunguaskja à 19h24 (TU) le 30 janvier 2018. Le séisme est le plus puissant depuis la fin de l’éruption dans l’Holuhraun le 28 février 2015. Le 27 octobre 2017, deux autres séismes, chacun de M 4,7, avaient déjà été enregistrés et ils étaient à l’époque les plus significatifs dans la caldeira Bárðarbunguaskja depuis la fin de l’éruption. Les volcanologues islandais pensent qu’il est peu probable qu’il y ait une nouvelle éruption. Le 30 janvier 2018, trois séismes ont été enregistrés dans la partie nord-est du Bárðarbunga, avec des magnitudes de M 3,7, M 2,9 et M 3,8. Une trentaine de répliques ont été observées dans la région depuis le début de l’essaim qui a débuté juste avant 18 heures le 30 janvier.
Source: Iceland Review.
Il convient de noter que tous ces séismes sont très superficiels, avec des profondeurs comprises entre 1 km et 2,8 km. Il se peut qu’ils aient été causés par des mouvements du substrat sous le glacier. Il ne faut pas oublier qu’à cause du réchauffement climatique, les glaciers fondent en Islande avec une tendance du sol à rebondir. Ce phénomène entraînera probablement une hausse de la sismicité dans le pays.

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An M 4.9 earthquake was recorded on the north side of the Bárðarbunguaskja caldera at 7.24 pm on January 30th 2018. The quake has been the strongest since the volcanic eruption in Holuhraun ceased on February 28th, 2015. On October 27th, 2017, two earthquakes, each of them M 4.7, were already measured and they were at the time the strongest ones that had been measured in Bárðarbunguaskja since the end of the eruption. Local volcanologists think it is unlikely there will be another eruption. Earlier on January 30th, three earthquakes were measured on the north-east side of Bárðarbunga, with magnitudes of M 3.7, M 2.9 and M 3.8. Around 20-30 aftershocks have been measured in the area since the swarm that began right before 6 pm last night.

Source: Iceland Review.

It should be noted that all these quakes were very shallow, with depths between 1 km and 2.8 km. They may have been caused by movements of the substrate beneath the glacier. One should not forget that because of global warming glaciers are melting in Iceland with a tendency of the ground to uplift. This phenomenon will probably cause more seismicity in the country.

Dernière sismicité sur le Vatnajökull (Source: IMO)

Hausse du niveau d’alerte du Mont Zao (Japon) // The alert level has been raised on Mount Zao (Japan)

L’Agence Météorologique Japonaise (JMA) a fait passer le niveau d’alerte de 1 à 2 sur le Mont Zao le 30 janvier 2018, exactement une semaine après qu’une éruption du volcan Moto-Shirane ait tué un homme, blessé près d’une douzaine d’autres personnes et bloqué des skieurs pendant plusieurs heures.
Le Mont Zao fait partie d’un complexe volcanique à la limite des préfectures de Yamagata et de Miyagi. Le point culminant est de 1 841 mètres.
Le niveau d’alerte actuel signifie que les gens doivent éviter de s’approcher du cratère. La JMA précise qu’il y a possibilité d’une éruption mineure car un certain nombre de petits mouvements du sol ont été détectés, ainsi qu’un léger gonflement du sol dans une zone.
Selon l’Agence, une activité sismique provoquée par des mouvements de fluides hydrothermaux et de gaz sous le volcan a été observée pendant 31 minutes à partir de 14h18. le 30 janvier. Cette activité était plus intense que celle enregistrée dimanche et mardi matin en début de matinée. Les autorités locales de Yamagata ont émis un avis d’évacuation pour les zones autour du cratère et ont également conseillé à une station de ski située à proximité de rester en alerte.
L’annonce a été faite une semaine après la mort d’un membre des Forces d’autodéfense japonaises lors d’une éruption soudaine du Mont Moto-Shirane. Entre l’éruption et le 26 janvier, un peu plus de 20 000 personnes ont annulé des réservations de chambres à Kusatsu.
Comme sur le Moto-Shirane, une station de sports d’hiver très populaire se trouve sur les pentes du Mont Zao ; elle est connue pour ses «monstres de neige» qui sont façonnés par la vapeur d’eau qui gèle sur les arbres en hiver. Ses pentes regorgent de skieurs en hiver et de randonneurs pendant les autres saisons.
En septembre 2014, 63 personnes ont été tuées sur le Mont Ontake lors de la pire catastrophe volcanique au Japon en près de 90 ans.
Source: The Japan Times.

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The Japan Meteorological Agency (JMA) raised the alert level from 1 to 2 on Mount Zao on Tuesday, January 30th 2018 exactly a week after a dramatic eruption at Mount Moto-Shirane  killed one man, injured nearly a dozen others and stranded scores of skiers for several hours.

Mount Zao is one of a cluster of volcanoes on the border of Yamagata and Miyagi prefectures whose highest point is 1,841 metres.

The current alert level means people should avoid going near the crater. JMA says there is a possibility of a small-scale eruption as a number of small earth movements were detected, along with a slight bulging of the ground in one area.

According to the Agency, volcanic tremors, caused by movements of hot subterranean water and volcanic gas, were observed over a period of 31 minutes from 2:18 p.m. on Tuesday and were larger than those recorded on Sunday and early Tuesday morning. The Yamagata Municipal Government has issued an evacuation advisory for the areas around the crater and also advised a nearby ski resort to stay on alert.

The announcement came a week after a member of Japan’s Self-Defense Forces was killed during a sudden eruption of Mount Moto-Shirane at a mountain resort in Gunma Prefecture. Between the eruption and January 26th, a little more than 20,000 people cancelled room reservations in Kusatsu.

Zao, like Moto-Shirane, is a popular resort area famed for its so called “snow monsters” that are created by water vapour freezing on trees in winter. Its slopes are packed with skiers in winter and hikers in other seasons.

In September 2014, 63 people were killed on Mount Ontake in the country’s worst volcanic disaster in nearly 90 years.

Source: The Japan Times.

Vue du cratère du Mont Zao (Source: JMA)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

Dans son dernier bulletin du 2 janvier 2018, l’OVPF indique qu’au mois de décembre 2017, on a enregistré 20 séismes volcano-tectoniques superficiels (0 à 2 km de profondeur) sous les cratères sommitaux, 2 séismes profonds (plus de 2 km de profondeur), ainsi que 298 effondrements dans le Cratère Dolomieu, au niveau des remparts de l’Enclos Fouqué et au niveau du site éruptif de juillet/août 2017.
Au cours du mois de décembre 2017, les stations GPS au sommet n’ont pas enregistré de signaux particuliers. En revanche, les stations GPS en champ lointain ont continué à enregistrer une lente inflation continue, témoin de la mise en pression d’une source profonde.

Aucune évolution majeure n’a été observée en décembre concernant la géochimie des gaz. Au sommet du Piton de la Fournaise, on continue à observer la présence de faibles concentrations en H2S et parfois SO2 dans l’air.

S’agissant du projet d’ »accompagnement du public sur les sites éruptifs » que j’avais mentionné sur ce blog il y a quelques mois, il est tombé à l’eau. C’est ce que vient de m’indiquer l’un de mes contacts sur l’Ile de la Réunion. En d’autres termes, les touristes de passage sur l’Ile au moment d’une éruption devront se contenter de la voir de loin. Depuis 2014-2015, l’accès au volcan est systématiquement interdit en période d’éruption. Depuis 2017, même les journalistes et photographes sont, eux aussi, officiellement persona non grata. Pourtant, au vu des publications dans les médias, que ce soit la presse écrite ou télévisée au moment de la dernière éruption, il semblerait que les habitués n’aient rien changé à leurs habitudes et que la Préfecture ne trouve rien à redire… Bizarre…

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In its last bulletin of January 2nd, 2018, OVPF indicates that in December 2017, the observatory recorded 20 shallow volcano-tectonic earthquakes (0 to 2 km deep) under the summit craters, two deep earthquakes (more than 2 km deep), as well as 298 collapses in the Dolomieu Crater, along the Enclos Fouqué ramparts and at the eruptive site of July / August 2017.

During the month of December 2017, GPS stations at the summit did not record any particular signals. Far-field GPS stations, on the other hand, continued to record slow, steady inflation as a source of deep pressure.

No major developments were observed in December concerning gas geochemistry. At the summit of Piton de la Fournaise, one continues to observe low concentrations of H2S and sometimes SO2.

Regarding the project of « public accompaniment on eruptive sites » that I mentioned on this blog a few months ago, it has been abandoned. This is what one of my contacts on the Island has just told. In other words, tourists visiting the Island at the time of an eruption will have to see it from afar. Since 2014-2015, access to the volcano is systematically prohibited during eruptions. Since 2017, even journalists and photographers are also officially persona non grata. However, judging from the publications in the media, be it the newspapers or on television during the last eruption, it seems that the regulars have not changed their habits and that the Prefecture did not find anything wrong … Very strange…

Crédit photo: Wikipedia